Lettre mensuelle d’information réalisée par le groupe de travail Réfugiés de l’AFPS

dimanche 26 juillet

Cette lettre veut se faire l’écho de l’actualité sur la question des réfugiés palestiniens – dans ses diverses dimensions – traitée par les médias et sites spécialisés français et étrangers. Elle fait connaître également les analyses et points de vue d’ONG ou d’organisations gouvernementales ou internationales.

Les textes sélectionnés n’engagent que leurs auteur·e·s.

NAKBA EN COURS

Communautés palestiniennes menacées d’expulsion
B’Tselem, en anglais, en hébreu et en arabe
Des milliers de résidents de dizaines de communautés palestiniennes situées dans la zone C du territoire palestinien occupé sont menacées d’expulsion imminente par les autorités israéliennes sous divers prétextes. Le blog de l’association B’Tselem, Centre israélien d’information sur les droits de l’homme dans les territoires occupés, propose une carte interactive de ces communautés, avec historique des précédentes expulsions et mises à jour régulières des tentatives actuelles reçues de chercheurs sur le terrain.

La municipalité de Jérusalem démolit deux maisons dans deux quartiers de Jérusalem-Est
B’Tselem, 9 juin 2020, vidéo, 1’30, sous-titres en anglais
Le 2 juin 2020, vers 8 heures du matin, le personnel de la municipalité de Jérusalem est arrivé avec une escorte de policiers des frontières, un policier et un bulldozer à al-Sal’ah, une zone du quartier de Jabal al-Mukkaber. Un bâtiment en construction qui devait abriter deux familles de 10 personnes, dont cinq mineurs, a été démoli. Plus tard, vers 9 h 30, le domicile d’une famille de sept membres, dont cinq mineurs, a été détruit dans le quartier de Karm a-Sheikh, à Silwan.

Les forces israéliennes démolissent une maison palestinienne à Silwan
Ali Salam, IMEMC (International Middle East Median Center), 24 juin 2020, en anglais
Le Centre d’information de Wadi Hilweh (Silwanic) a indiqué que des équipes de la municipalité de Jérusalem, appuyées par les forces spéciales et la police israéliennes, ont pris d’assaut Silwan le mardi 23 juin, encerclé la propriété de Mohammad Rajabi, et ont procédé à sa destruction. Il ne lui a pas été permis de faire appel de l’ordre de démolition émis sous prétexte de l’absence de permis de construction israélien.

Les démolitions israéliennes laissent les Palestiniens sans abri pendant la pandémie
Delinda C. Hanley, Washington Report on Middle East Affairs, juin 2020
Même au milieu de la pandémie, alors que les Israéliens et les Palestiniens étaient invités à rester dans leurs maisons, les autorités israéliennes ont continué de démolir les maisons palestiniennes et même les installations d’eau, d’assainissement et d’hygiène. Les dirigeants mondiaux sont restés silencieux, mais les agences internationales d’aide humanitaire ne l’ont pas été.

APARTHEID_ANNEXION

Le retour est notre droit et notre volonté
Badil, déclaration NAKBA n°72, 14 mai 2020, en anglais
« Le recours à la condamnation internationale s’est avéré être une stratégie inefficace qui n’a pas réussi à mettre un terme aux politiques et pratiques israéliennes d’annexion, de colonisation, de transfert et de déplacement forcés et d’apartheid en Palestine mandataire. (…) Le "Deal du siècle" refuse aux réfugiés palestiniens et aux personnes déplacées leur droit à réparation, à savoir le droit au retour dans leurs foyers, la restitution des biens et l’indemnisation. (…) Les puissants États occidentaux (l’Union européenne, ses États membres et les États-Unis) n’ont pris aucune mesure pratique pour tenir Israël responsable. Ces États ont plutôt contribué à réduire l’espace de la société civile et à criminaliser la résistance palestinienne légitime par des mesures qui équivalent à un financement conditionnel inacceptable, sous le couvert de politiques et de lois antiterroristes. »

Plan d’annexion en Cisjordanie : menace sur le traité de paix israélo-jordanien ?
La Croix, 25 juin 2020
Le roi Abdallah II, qui évoque régulièrement une « paix froide » avec l’État d’Israël, a mis en garde contre un « conflit majeur » en cas d’annexions en Cisjordanie. Des experts considèrent toutefois que le royaume, fragile économiquement et dépendant d’une aide américaine annuelle de plus d’un milliard de dollars, n’aurait pas les moyens de s’opposer frontalement au projet, validé par Washington. Les Jordaniens considèrent pourtant ce plan comme une « menace existentielle » pour leur propre pays de quelque 10 millions d’habitants, dont plus de la moitié est d’origine palestinienne.

Le « Deal » de Trump pour les Palestiniens : répercussions et réponses
Al-Shabaka, le 7 juin 2020, en anglais et en arabe
Traduit en français et publié par Chronique de Palestine le 22 juin 2020
Le « Deal of the Century » du président américain stipule que les Palestiniens reconnaissent Israël comme un État juif avec l’intégralité de Jérusalem comme capitale, renoncent au droit au retour, acceptent l’annexion de la vallée du Jourdain et des colonies illégales, et vivent dans des bantoustans. Bien que l’accord ne change pas les conditions sur le terrain pour les Palestiniens, il aide à légitimer le projet colonial israélien et encourage Israël à poursuivre, à un rythme toujours plus rapide, le vol de plus de terres palestiniennes et le déplacement forcé de plus de Palestiniens. Al-Shabaka a demandé à des membres de son réseau, Omar Shaban, Inès Abdel Razek, Jaber Suleiman, Oraib Rantawi, Randa Wahbe et Munir Nuseibah, de discuter des implications de l’accord là où ils vivent et de décrire les mesures prises – ou qui devraient être prises – pour les contrer, en mettant l’accent sur les liens entre les Palestiniens du monde entier.


LUTTE CONTRE LE COVID-19

100 premiers jours et au-delà
UNRWA_Covid-19, département Santé
Données sur la pandémie Covid-19. Supplément au rapport 2019 du département Santé de l’UNRWA. Mise à jour fin mai 2020. PDF brochure de 22 pages, en anglais.

UNRWA, spécial Covid-19
Lettre quotidienne de l’UNRWA, en arabe ou en anglais. Statistiques actualisées sur les cas de Covid-19 parmi les Réfugiés palestiniens dans la Bande de Gaza, en Jordanie, au Liban, en Syrie, en Cisjordanie.

NAKBA
http://www.badil.org/en/publication...Questions et réponses
Badil, mars 2020, en anglais
Q and A. Ce que vous devez savoir au sujet des réfugiés palestiniens et des personnes déplacées internes.
46 pages. Mise à jour de la brochure publiée par Badil.
(Et un lien vers la version française de la précédente édition (2015) réalisée par nos soins en 2018 et disponible à l’AFPS.)

Après 72 ans de Nakba, qui sont les 8,71 millions de Palestiniens déplacés ?
Badil, vidéo, textes en anglais, 2’30, fichier mp4 de 21 Mo téléchargeable.


VIVRE DANS UN CAMP

Liban : L’insécurité dans le camp de Chatila
Fatma Ben Hamad, France24, Les Observateurs, 15 juin 2020, article et vidéos
Le 7 juin, une jeune femme, son bébé dans les bras, a été tuée en traversant la rue Ariha, à l’entrée du camp de Chatila, à Beyrouth. La vidéosurveillance qui a capturé cette horrible scène a fait le tour des réseaux sociaux libanais, qui demandent justice pour une énième victime du trafic de drogue sévissant dans ce camp. Ses habitants, réfugiés et travailleurs confondus, appellent depuis des années les autorités libanaises et palestiniennes à intervenir de façon radicale contre ce fléau qui fait souvent des victimes parmi les civils. Le lendemain de l’incident, des habitants de Chatila ont marché dans les rues du camp en protestation, exigeant un déploiement sécuritaire pérenne au sein du camp. Au Liban, le quota de port d’armes est élevé : 31,9 armes pour 100 habitants. Selon Hassan Bakir, responsable communication du Fatah à Beyrouth, ces violences sont liées au taux de chômage extrêmement élevé parmi les réfugiés palestiniens au Liban.

Lire aussi Jeanine Jalkh, L’Orient-le-Jour, le 10 juin 2020
Après la mort de Wouroud, le fléau de la drogue sort de l’ombre à Sabra et Chatila et relance le débat sur la sécurité dans le périmètre des camps.

Des réfugiés trouvent leur voix dans l’écriture
Nashwa Gowanlock, Middle East Eye, 18 juin 2020
Neuf réfugiés palestiniens, six femmes et trois hommes âgés de 20 à 43 ans, racontent leurs « histoires de Chatila ». La plupart sont arrivés à Beyrouth en provenance de Syrie au cours des cinq dernières années, et un couple sont des réfugiés palestiniens de deuxième et troisième génération nés à Chatila. Sollicités par l’ONG libanaise Basmeh & Zeitooneh (The Smile & The Olive), ils ont participé en 2017 à un atelier d’écriture créative initié par l’éditeur britannique Peirene, pour construire une fiction collaborative qui ne ressemble à aucune autre. « En mettant en commun nos imaginations, nous pouvons accéder à quelque chose de totalement différent et nouveau qui dépasse les frontières – de l’individu, des nations, des cultures. Qui nous relie à notre essence humaine commune : notre créativité », estime Meike Ziervogel, porteur du projet.
« Shatila Stories », Peirene Now ! n°3, £ 12,00 (en anglais).

« Depuis plus d’un an, la douleur ne me quitte pas »
GAZA, Médecins sans frontières, 18 juin 2020
Blessée à la jambe en décembre 2018 par une balle qui a emporté environ 10 centimètres d’os de son tibia droit, Rida Moein Al Bana, 45 ans se bat toujours dans l’espoir de marcher à nouveau. Entre mars 2018 et décembre 2019, 8 800 personnes ont été blessées par les tirs de l’armée israélienne lors des « grandes marches du Retour » dans la Bande de Gaza.

UNRWA

L’UNRWA obtient 130 millions de dollars de promesses de dons
La Libre Belgique, 23 juin 2020
Lors d’une réunion extraordinaire, à l’initiative de la Jordanie et de la Suède et avec la participation de António Guterres, secrétaire général des Nation unies, qui s’est tenue le 23 juin 2020 par visioconférence, 75 gouvernements et ONG se sont engagés à donner 130 millions de dollars (environ 115 millions d’euros) pour garantir les activités de l’UNRWA. « Les besoins des réfugiés (palestiniens) augmentent en raison de la pandémie du nouveau coronavirus et de ses conséquences, la récession dans les pays d’accueil et l’instabilité politique régionale », a précisé l’Office.
En anglais sur le site de l’UNRWA.

"groupe de travail réfugiés" de l’AFPS