Dégringolade du tourisme européen en Israël

samedi 26 décembre 2015
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L’industrie touristique israélienne est en chute libre suite à l’agression contre Gaza pendant l’été 2014, au cours duquel son armée a tué 2.200 Palestiniens dont 551 enfants, en laissant le territoire dévasté.
Le nombre de touristes a été plus bas que l’année précédente pour tous les mois depuis juillet 2014. Cela a duré jusqu’en juillet de cette année 2015, où le nombre de visiteurs a fini par se retrouver presque à son niveau de 2013.

Mais l’escalade des violences en octobre et novembre, initialement provoquées par les attaques et les incursions incontrôlées dans le quartier de la mosquée al-Aqsa de Jérusalem occupée, a de nouveau fait régresser Israël.
JPEG - 54.6 ko Son riche palmarès de crimes de guerre à Gaza, fait d’Israël une destination « touristique sûre » ... difficile à vendre - Photo :APA/Mohammed Asad

Les statistiques publiées par le ministère du tourisme ce mois-ci montrent que le nombre de visiteurs en Israël en novembre a baissé de 5 % comparé au mois correspondant de l’an dernier, et est inférieur de 18 % à novembre 2013.

Mais c’est le tourisme venu d’Europe qui a le plus diminué : il y a eu 10 % moins de visiteurs européens en novembre que le même mois l’an dernier et 30 % de moins qu’en novembre 2013.
Le site web israélien Ynet attribue ce fait à « l’actuelle vague de terrorisme ».

Un déclin constant

En examinant de plus près les statistiques officielles, il apparaît qu’Israël vit actuellement un déclin important et prononcé de son tourisme de provenance européenne - son marché le plus important - déclin qui ne peut être attribué aux seuls événements récents.

Au cours des 11 mois de janvier à novembre 2013, 22,1 millions de touristes européens ont visité Israël – ce qui fait 3/4 de tous les touristes étrangers. Pendant la même période en 2014 – incluant donc l’attaque contre Gaza – 1,9 millions d’Européens étaient venus, soit 9 % de moins.

Et pourtant, loin de remonter cette année, le nombre de visiteurs européens en Israël au cours de 11 premiers mois de 2015 a encore baissé de 8 %. Au cours de cette période, les visites d’Italie ont chuté de presque 50 % depuis 2013, y compris un déclin de 26 % depuis 2014.

En comparaison avec 2013 il y a eu des baisses de 32% depuis la Finlande, 21% de Norvège, 14 % des Pays-Bas, 25 % de Pologne et 23 % d’Allemagne et d’Autriche conjointement.

La France, plus gros marché touristique en Europe, a moins fluctué. Quelque 277.000 visiteurs français sont venus entre janvier et novembre 2015, soit 4 % de moins que pour la même période en 2013.

Le tourisme britannique, deuxième du marché européen, est en baisse de 10 % depuis 2013, mais il a rebondi de 10 % depuis l’an dernier.

Les visites à Israël pendant les 11 premiers mois de l’année en provenance de l’ancienne Union soviétique, en majorité de Russie, ont chuté de près d’un quart en comparaison avec 2013 et de 17 % comparé à l’an dernier – une chute qu’Ynet attribue à la « difficile situation économique » dans ces pays.

Il y a eu 16 % moins de touristes d’Australie et de Nouvelle-Zélande pour la même période comparée à 2013. Les nouvelles d’Amérique du Nord sont légèrement meilleures pour Israël. Les visiteurs étatsuniens ont augmenté de 3 % depuis 2013, par contre 5 % moins de Canadiens sont allés en Israël.

Une destination touristique de plus en plus difficile à vendre
JPEG - 25.2 ko source:ujfp.org
Israël ne risque pas de se réjouir d’une nouvelle mise en garde des Américains émanant du Département d’État, qui évoque « des risques accrus de tensions et de sécurité ». La mise en garde avertit également les citoyens contre « l’origine arabe ou musulmane » du racisme officiel. Certains, précise-t-il, «  ont fait l’expérience d’importantes difficultés et de traitements discriminants et hostiles aux frontières et aux postes de contrôle israéliens ».

Le Ministre du tourisme israélien a mentionné dans sa dernière déclaration « le déclin significatif du tourisme » qui a commencé après l’attaque contre Gaza en juillet 2014.

Ce que montrent les chiffres dans toute leur dureté, c’est que les efforts considérables d’Israël pour se positionner sur le marché comme la destination de l’insouciance pour les amateurs de soleil ne pourront couvrir ni l’ignominie des crimes de guerre qu’il a perpétrés à Gaza ni les conséquences de son occupation violente, du colonialisme et de l’apartheid qui règnent en Cisjordanie.

Ils soulignent également la contradiction fondamentale de la propagande officielle israélienne – la hasbara [propagande] – qui voudrait à la fois qu’Israël soit un endroit fantastique à visiter, tout en étant l’endroit le plus vulnérable et le plus victimisé au monde, assiégé et occupé par de dangereux ennemis tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Pas facile de persuader les Européens avides de détente, de soleil, de culture et de bonne nourriture d’aller en Israël plutôt que, disons, en Espagne, où l’afflux touristique bat tous les records.

Des initiatives comme l’effort cocasse de Yair Lapid pour pousser les Israéliens qui se rendent à l’étranger à devenir des ambassadeurs de leur pays ne risquent pas de remédier à la situation.

JPEG - 5.1 ko un article de Ali Abunimah un journaliste palestino-américain, auteur de The Battle for Justice in Palestine. Il a contribué à The Goldstone Report : The Legacy of the Landmark Investigation of the Gaza Conflict. Il est le cofondateur de la publication en ligne The Electronic Intifada et consultant politique auprès de Al-Shabaka. JPEG - 9.6 ko

source : info Palestine.EU - http://www.info-palestine.net
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