LA FLOTTILLE ATTAQUEE EN PLEINE MER...

CE QU’ISRAËL A FAIT LA NUIT DERNIÈRE
Publié le 30 avril à 14h par le service de communication de la Global Sumud Flotilla
• Aux premières heures du 30 avril, des forces navales israéliennes, armées, organisées et agissant sous commandement étatique, ont navigué dans les eaux internationales entre la Grèce et l’Italie, ont abordé de force des navires civils, ont systématiquement détruit les moteurs et les systèmes de navigation, brouillé les équipements de communication, puis se sont retirées. Elles ont laissé 22 bateaux, sans équipage ou avec équipage mais inopérants, sur la trajectoire d’une tempête imminente, sans aucun moyen de propulsion, de navigation ni d’appel de détresse.
• Ce n’était pas une opération défensive. Il n’y avait aucune menace. Il s’agissait de civils non armés à bord de navires humanitaires. Israël a projeté sa force militaire dans l’espace maritime européen, a exécuté une attaque coordonnée contre un convoi civil et a abandonné des gens à la mer.
POINTS CLÉS
• Piraterie et violation du droit international – Selon la CNUDM et le droit international coutumier, l’abordage forcé de navires civils en haute mer, en dehors de toute juridiction territoriale, sans le consentement de l’État du pavillon et sans mandat de l’ONU, constitue une saisie illicite. En termes clairs : de la piraterie. Les navires battaient pavillon européen. Le droit européen s’appliquait. Israël ne disposait d’aucune juridiction, d’aucune autorité ni d’aucun fondement juridique pour quelque aspect que ce soit de cette opération. Ce qui s’est produit est un acte de piraterie maritime d’État, exécuté par une force militaire contre des navires civils se trouvant dans les eaux reconnues d’une autre puissance.
• 22 navires. Plus de 180 civils. Il ne s’agit pas d’un incident clos. À l’heure actuelle, la localisation et l’état de plus de 180 civils à bord de 22 navires restent inconnus. Les forces israéliennes ont délibérément détruit leurs moyens de survie : moteurs brisés, navigation hors service, communications brouillées – puis elles se sont retirées. La tempête qui approchait n’était pas une variable inconnue. C’était la condition dans laquelle Israël s’est retiré. L’abandon planifié de civils en mer, dépouillés de toute capacité à se sauver eux-mêmes, n’est pas un dommage collatéral de cette opération. C’est l’opération elle-même.
• Une attaque militaire en eaux européennes – Cela s’est produit entre l’Italie et la Grèce. Pas au large de Gaza. Pas dans les zones contestées de la Méditerranée orientale. Dans le couloir que les forces européennes patrouillent quotidiennement, là où l’Europe affirme activement sa souveraineté contre les navires de migrants – des embarcations bien moins menaçantes qu’une marine d’État. Israël a introduit des forces armées dans cet espace, y a mené des opérations militaires offensives, et s’en est retiré sans être inquiété. Si l’Europe fait respecter sa frontière maritime face à des canots pneumatiques mais pas face à un assaut militaire étranger, la question de qui contrôle réellement cet espace trouve une réponse claire.
• L’impérialisme en actes – La capacité à mener une frappe militaire à l’intérieur de la frontière maritime d’une autre puissance, contre des navires et des citoyens de cette puissance, et à n’en subir aucune conséquence, n’est pas une anomalie. C’est l’empire. C’est l’exercice de la puissance impériale : la capacité d’agir n’importe où, contre n’importe qui, avec la certitude qu’aucun mécanisme de responsabilité ne s’activera. Israël n’a pas agi avec imprudence la nuit dernière. Il a agi avec précision, et avec la certitude que l’Europe ne réagirait pas. Cette certitude ne venait pas de nulle part.
• La complicité européenne par le silence – Aucun gouvernement européen n’a condamné l’opération. Aucun État du pavillon n’a exigé le retour de ses navires ou de ses ressortissants. Aucune institution européenne ne s’est réunie. Bruxelles se tait. Rome se tait. Athènes, dont les eaux côtières bordent le lieu de l’attaque, se tait. Un silence d’une telle ampleur, face à une telle précision, n’est pas de la passivité. C’est un choix politique. Il signale à Israël, et au monde, que les États européens toléreront l’atteinte à leur souveraineté plutôt que de rompre la relation politique qui l’a permise. C’est la définition même de la complicité.
CADRAGE
• Ce qui s’est passé la nuit dernière s’inscrit dans une doctrine plus large : l’État israélien crée les conditions de la mort – par le blocus, les bombardements, le siège – puis supprime les mécanismes de survie. Gaza est régie par cette logique depuis des années. Cette nuit dernière, cette logique a été exportée dans les eaux européennes. Les civils laissés en détresse dans une tempête ne sont pas un accident de l’opération. Ils en sont le but.
• L’absence de réaction de l’Europe n’en fait pas un spectateur. Un spectateur regarde. L’Europe finance, arme et protège diplomatiquement l’État qui vient de mener une opération militaire dans ses propres eaux. Ce n’est pas une position de spectateur. C’est un partenariat.

