Massive Attack dénonce une “censure” des appels à l’aide au peuple palestinien, et lance son “syndicat”

Alors que les propos violemment anti-israéliens entendus au festival de Glastonbury continuent de faire polémique, les rappeurs de Massive Attack entendent résister aux pressions. Et protéger la liberté d’expression des artistes.
Par Thomas Richet, Publié le 18 juillet 2025
Des drapeaux palestiniens sont brandis lors du concert de Massive Attack au Lido Music Festival, à Londres, le 6 juin dernier. Kristian Buus / In Pictures via Getty Images
Le groupe de trip-hop Massive Attack monte encore au front pour défendre les droits des Palestiniens. Sur leur compte Instagram, les Bristoliens ont annoncé jeudi 17 juillet, la création d’un « syndicat » pour venir en aide aux artistes qui dénoncent l’assaut militaire israélien. Le but ? Éviter que de jeunes artistes puissent être « menacés jusqu’au silence ou l’annulation de leur carrière ». « Les scènes à Gaza nous ont émus au-delà des mots », écrivent-ils, avant de dénoncer les « intimidations » venues de leur « industrie (live et enregistré) » et d’« organismes comme UK Lawyers for Israel (UKLFI) » à la suite de leurs prises de parole sur le sujet. Leur message a depuis été relayé par des groupes et artistes aussi importants que Fontaines DC, Brian Eno ou Garbage.
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UKLFI s’est notamment illustrée dans deux affaires très médiatisées ces derniers mois. C’est cette organisation qui a officiellement dénoncé Bob Vylan à la police. Lors du festival de Glastonbury, le 28 juin, le duo punk rap britannique avait appelé la foule à scander « Mort, mort aux IDF » - « Israel Defense Forces », soit l’armée d’Israël. Depuis, ils ont été exclus par leur agence américaine United Talent Agency (UTA) et retirés de la programmation de nombreux festivals comme le Radar Festival, à Manchester.
C’est également UKLFI qui a dénoncé aux forces de l’ordre anglaises le rappeur Mo Chara — de son vrai nom Liam Óg Ó hAnnaidh —, du groupe nord-irlandais Kneecap. Accusé d’avoir brandi un drapeau du Hezbollah lors d’un concert, le 21 novembre 2024 à l’O2 Forum, à Londres, il a comparu en juin 2025 devant un tribunal pour « infraction terroriste », le mouvement islamiste chiite étant considéré comme une organisation terroriste outre-Manche.
« Ayant résisté à ces tentatives de censure, déclare Massive Attack, nous ne tolérerons pas que d’autres artistes, en particulier ceux qui sont en début de carrière ou qui se trouvent dans une situation de vulnérabilité professionnelle, soient menacés de silence ou d’annulation de leur carrière. » Et de conclure : « Si cela vous angoisse de parler haut et fort et que vous pensez qu’il est trop tard pour agir, ce n’est pas le cas. Il n’est jamais trop tard pour rejoindre ce mouvement. Tout le monde est le bienvenu. »

