Publication d’une base de données longtemps attendue des Nations unies sur les colonies : une étape importante pour qu’Israël rende des comptes

mardi 18 février 2020
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Communiqué du Comité national palestinien de BDS (BNC)

Nous saluons cette liste onusienne longtemps attendue des compagnies complices. Certaines entreprises importantes impliquées dans les colonies illégales ne sont pas dans la base de données et doivent être ajoutées. Toutes ces entreprises doivent rendre des comptes.

La société civile palestinienne salue cette liste onusienne longtemps attendue de compagnies qui sont complices de l’entreprise de colonisation illégale d’Israël, ce qui constitue un crime de guerre selon le droit international. Nous remercions toutes les organisations des droits humains qui ont travaillé inlassablement à la publication de cet instrument important pour la transparence et la reddition de comptes.

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Respecter le droit international est la seule réponse appropriée aux tentatives par des régimes autoritaires et d’extrême-droite, menés par la Maison blanche de Trump et le gouvernement extrémiste d’Israël, de saper les droits humains et les règles de droit et d’imposer à la place la domination par le plus fort.

Reconnaissant le rôle important joué par les Nations Unies dans la fin de l’apartheid en Afrique du Sud, nous voyons la publication de cette base de données comme la première mesure significative et concrète par un organisme onusien pour faire rendre des comptes aux compagnies israéliennes et internationales qui rendent possibles les graves violations des droits palestiniens par Israël et en tirent profit.

Des mentions notables parmi les 112 compagnies complices de cette liste onusienne de la honte sont les cinq banques israéliennes majeures dans lesquelles AXA investit (Bank Hapoalim, Bank Leumi, First International Bank of Israel, Mizrahi Tefahot Bank et Israel Discount Bank), Delta Israel, le concessionnaire exclusif de Puma en Israël, et Shapir, le partenaire de CAF pour le développement du métro léger de Jérusalem. Sont aussi inclus Delek Group, Egged, General Mills, Motorola Solutions, JCB, Alstom, la compagnie nationale israélienne d’eau Mekorot, et les entreprises de voyages TripAdvisor, Airbnb, Booking.com, Edreams et Expedia.

Néanmoins, de nombreuses entreprises et banques impliquées, directement ou indirectement, dans des activités commerciales dans ou avec les colonies, ne sont pas encore incluses dans la base de données. G4S, les compagnies Hewlett Packard, Elbit Systems, Caterpillar, Hyundai Heavy Industries, Volvo, Heidelberg Cement et Cemex font partie des nombreuses autres compagnies de premier plan qui sont irréfutablement impliquées dans l’entreprise de colonisation illégale d’Israël, comme cela a été méticuleusement documenté par des groupes pour les droits humains, le groupe de recherche israélien WhoProfits et le projet américain de l’American Friends Service Committee [quaker] Investigate. Pourtant elles manquent sur la liste des Nations Unies.

Nous appelons à maintenir la pression populaire et celle de la société civile sur le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme pour qu’il respecte la résolution 31/36 du Conseil pour les droits de l’homme en résistant à la pression politique, qu’elle vienne des États-Unis, des états européens ou d’Israël, et en s’engageant à mettre constamment à jour la liste publiée.

Aucune compagnie internationale ou israélienne qui se rend complice en permettant, en facilitant ou en profitant du régime d’oppression d’Israël ne devrait jouir de l’impunité.

Il est grand temps pour toutes les institutions publiques, les conseils municipaux, les églises, les syndicats, les organisations culturelles, les universités, les fonds d’investissement et autres, de cesser d’avoir des contrats avec les compagnies sur la liste onusienne de la honte, de faire des achats de ces compagnies ou d’y investir, pour éviter toute complicité avec l’entreprise coloniale d’Israël.

Le mouvement BDS pour les droits palestiniens continuera sa lutte pacifique, soutenue par les personnes de conscience dans le monde entier, pour la liberté, la justice, l’égalité et pour mettre fin à toute complicité avec le régime d’occupation militaire, de colonialisme et d’apartheid de plusieurs décennies imposé par Israël.

Traduction : CG pour BDS France
Source : BDS Movement sur le site deBDS France

lire le document de l’ONU (en anglais)

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Le communiqué du bureau national de l’AFPS

En mars 2016, le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU chargeait le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de créer une base de données des entreprises engagées dans des activités avec les colonies israéliennes en Palestine occupée. Rappelons que la colonisation d’un territoire occupé est un crime de guerre au regard du droit international, et que la quatrième convention de Genève enjoint les États à combattre toute complicité avec ces violations du droit.

Les entreprises impliquées dans les colonies israéliennes jouent un rôle essentiel dans le maintien et le développement des colonies, elles apportent une base financière pour la construction, l’entretien et l’expansion des colonies israéliennes : elles facilitent l’entreprise coloniale d’Israël et s’en rendent complice.

Cette base de données devait être publiée en mars 2017. Depuis 2016 le Haut-commissaire a subi des pressions inacceptables de la part d’Israël et de ses soutiens inconditionnels pour en empêcher la parution. Cela a amené en juillet 2019 États membres de l’ONU surtout européens à publier une déclaration affirmant l’importance cruciale que la Haute Commissaire puisse travailler et exécuter son mandat en toute indépendance et sans pression d’aucune sorte. En août 2019, 103 organisations dont l’AFPS et de nombreuses ONG ont appelé Michelle Bachelet, Haute-Commissaire à publier la base de données sans plus attendre.

Enfin, avec près de trois ans de retard la Haute Commissaire a publié la liste de ces entreprises liées à la colonisation israélienne. L’AFPS salue la parution de cette base de données. C’est incontestablement une réponse cinglante à la politique de Trump qui déclarait il y a quelques semaines qu’il ne voyait pas ce que la colonisation pouvait avoir d’illégal et qui proposait il y a quelques jours l’annexion pure et simple des colonies en Palestine occupée.

Le droit est ainsi rappelé et les entreprises qui pensaient pouvoir faire des affaires en se désintéressant des violations du Droit international et des Droits humains en Palestine sont renvoyées devant leurs responsabilités.

Deux entreprises françaises sont concernées Egis et Egis rail (filiales de la Caisse des Dépôts) et Alstom. Ce sont des entreprises que l’AFPS et ses partenaires associatifs (LDH, FIDH, Al Haq et plateforme des ONG pour la Palestine) et syndicaux (CGT, CFDT et Solidaires) avaient mises face à leurs responsabilités depuis juin 2018 lors de campagnes d’opinion pour leur implication dans le tramway de Jérusalem. Elles ont renoncé suite à cette campagne citoyenne à répondre aux nouveaux appels d’offre mais leur engagement est plus ancien et plus profond : elles doivent mainte-nant se retirer de toute implication dans la colonisation israélienne de la Palestine.

L’AFPS avec des partenaires associatifs (LDH, FIDH, Al Haq, CCFD-Terre Solidaire et Fair Finance France) et syndicaux (CGT et Solidaires) fait campagne pour que 5 banques et une société d’assurance françaises se désengagent de banques israéliennes impliquées dans la colonisation de la Palestine. Or, toutes ces banques israéliennes (Hapoalim, Leumi, First International Bank of Israël, Israël Discount Bank Mizrahi Tefahot Bank) figurent dans la base de données, ce qui confirme la justesse de cette campagne.

Notons dans la liste les entreprises de tourisme en ligne telles booking.com, Airbnb, TripAdvisor, Expedia, Opodo qui persistent malgré de nombreuses campanes d’opinion à offrir des hébergements dans les colonies.

De nombreuses entreprises (comme Caterpillar, Hyundai Heavy Industries ou Volvo) dont l’implication dans les colonies ne fait aucun doute ne figurent pas dans cette liste. Il faut donc maintenant la compléter et l’actualiser en dehors de toute pression.

Nous attendons des autorités françaises qu’elles envoient des messages très clairs aux entreprises encore présentes dans les colonies, dès lors qu’elles ont une activité en France. Nous attendons des autorités françaises qu’elles interdisent les produits des colonies israéliennes sur notre territoire. Ce serait l’occasion pour la France de dépasser les seules condamnations verbales et de montrer qu’elle entend remplir ses obligations d’État et contribuer à faire cesser les violations du droit par Israël.

Le bureau national de l’AFPS, le 13 février 2020.

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