Compte- rendu de la Conférence-débat à Aix sur Georges Ibrahim Abdallah

dimanche 12 février 2017
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Jeudi dernier, s’est tenue une conférence-débat avec Romain Hunter du collectif Paca de libération de Georges Ibrahim Abdallah.

A défaut de justice, les comités de soutien espèrent une grâce présidentielle.

Il fait partie des plus vieux prisonniers politiques du monde (33 ans), dépasse même le « record » de Nelson Mandela, sauf qu’il est incarcéré en France, pays des droits de l’Homme où le statut de prisonnier politique n’existe pas.

JPEG - 76.4 ko Romain Hunter du collectif de libération Paca entouré de Benoît Hubert et Laure, membres d’Aix-Solidarité, et du représentant du Front uni des immigrations et des quartiers populaires (à gauche), associations organisatrices du débat. photo h.B.

Né au Liban, Georges Ibrahim Abdallah choisit la résistance face aux crimes de masse de 1982, perpétrés contre les Palestiniens par la milice phalangiste libanaise et ses alliés israéliens. Communiste marxiste, il s’engage au Front populaire pour la libération de la Palestine, devient membre des Fractions armées révolutionnaires libanaises (Farl) et entre en action, aux lendemains des massacres de Sabra et Chatila (plus de 5 000 morts).

Arrêté à Lyon en octobre 1984, il est condamné, 3 ans plus tard, à la réclusion criminelle à perpétuité « pour complicité dans l’exécution d’un responsable des services secrets israéliens en France et d’un attaché militaire américain à Paris », écopant, au passage, du rallongement d’une peine initiale de 10 ans suite à une pression des gouvernements israélien et américain, qui l’estimaient insuffisante (Son avocat à l’époque a même été reconnu agent des services secrets français).

Ecroué pour une raison non avérée, Georges Ibrahim Abdallah est toujours en prison à 66 ans bientôt, alors qu’il est par ailleurs libérable depuis 1999...

De la violence exportée

Dans ce lourd dossier, associé à d’autres faits et « semé d’irrégularités depuis le départ », Romain Hunter, militant du collectif Paca pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, a résumé, jeudi dernier au Café 3C : « D’abord on l’arrête pour de vrais faux papiers que l’Algérie lui avait donné. Il encourt 4 ans de prison maximum. Un nouveau gouvernement se met en place en 1986 à Paris où une vague d’attentats survient et lui est attribuée d’office, à lui et ses frères. Plus tard, il s’avère que la DST a fabriqué ce dossier. L’ex-directeur général, Yves Bonnet, devenu soutien d’Abdallah, l’innocente pourtant aujourd’hui. Dans ses aveux, il explique que les services secrets ont maintenu alors Georges Ibrahim Abdallah en prison à tort, sur fond d’accord entre l’Iran et la France avec des otages iraniens libérés qui étaient, eux, responsables. »

Jugement en rétroactivité (procédure interdite en droit international) passant « d’association de malfaiteurs » à « complicité d’assassinat et d’attentats », refus de libération conditionnelle demandée à 8 reprises dans une affaire où même le procureur de l’époque attribue les fameux attentats à Habib Aïdar et Fouad Saleh et non à Ibrahim Abdallah, dénonçant la « mauvaise foi des juges anti-terroristes français »... Le scandale demeure dans un silence médiatique concerté, dénué d’enquête et dans lequel plusieurs journalistes contribuent, de fait, à une « violence exportée par la France », évoque Romain Hunter qui espère une grâce présidentielle à l’image de la fin du règne Obama pour Chelsea Manning.

Houda Benallal - la Marseillaise, le 13 février 2017


Conférence-débat organisée par Aix Solidarité
et le Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires
le 9 février 2017 à 19 heures
au Café associatif « 3C », 23 boulevard Carnot, Aix

avec Romain HUNTER
en faveur de la libération de Georges Ibrahim Abdallah
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Georges Ibrahim Abdallah est un militant communiste arabe. Il a combattu pour la libération nationale de la Palestine. En 1987, il a été condamné en France à perpétuité pour complicité d’assassinat de deux diplomates à Paris, l’un israélien et l’autre américain. Il faut préciser que son pays, le Liban, était alors envahi par les troupes de l’Etat d’Israël, ce qui fait que ces actes sont considérés par certains comme des actes de résistance. Depuis 1999, il est libérable.
Malgré deux décisions favorables du Tribunal d’application des peines, ses demandes de libération ont finalement été rejetées par les juridictions supérieures. Dès lors, il se retrouve à être le plus vieux prisonnier politique de France. Il est vrai que la France ne reconnaît pas l’existence de prisonniers politiques sur son territoire ; elle ne reconnaît l’existence de prisonniers politiques qu’à Cuba ou ailleurs.
Il faut savoir que des gouvernements étrangers ont essayé de peser de tout leur poids pour obtenir son maintien en détention. Par ailleurs, d’autres personnes qui ont participé directement à des assassinats politiques ont été libérées moins de vingt ans après leur condamnation.
Compte tenu de la longévité exceptionnelle de sa peine, son cas ne peut qu’interpeller.

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Liberté d’expression à la Savine.