Déclaration de Georges Abdallah à l’occasion de la Journée du prisonnier palestinien

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Cher« e »s Camarades, Cher« e »s ami« e »s,

Il y a juste un mois, de nombreuses activités dans différents pays ont été organisées afin de célébrer la « Journée Internationale du Prisonnier Révolutionnaire ». Aujourd’hui, nous voici rassemblé-e-s de nouveau, aussi dans différents pays, afin de célébrer la « Journée du Prisonnier Palestinien » et exprimer notre indéfectible solidarité avec les Résistant« e »s embastillé« e »s dans les geôles sionistes, soutenir de toutes nos forces leurs justes revendications, et saluer par là même la mobilisation en cours des masses populaires autour de la grève de la faim entamée ce matin derrière les abominables murs.

En 1974, « La Conférence Nationale Palestinienne » a décrété le 17 avril « Journée du Prisonnier Palestinien ». Cela n’était pas seulement destiné à dénoncer à cette occasion, la barbarie de l’occupant sioniste, les tueries, les rafles, et l’embastillement des meilleurs fils et filles de notre peuple, ni seulement destiné à honorer les Résistant« e »s captifs en rappelant aux masses populaires leurs sacrifices et leur inébranlable volonté de tenir debout face à la soldatesque sioniste.

La célébration de cette « Journée du Prisonnier Palestinien » est destinée, avant toute autre chose, à affirmer haut et fort la ferme détermination d’arracher nos camarades aux griffes de leurs criminels geôliers. En effet, à plusieurs reprises, les avant-gardes de la lutte révolutionnaire palestinienne ont assumé cette tâche avec beaucoup de courage et d’abnégation, obligeant l’ennemi à libérer des milliers de camarades captifs, sans aucune contrepartie de leur part.

Certainement, la libération des prisonniers révolutionnaires a toujours été un moment de grande effervescence populaire, et elle a participé de la façon la plus significative au rayonnement de la révolution palestinienne et à l’enrichissement de la lutte, aussi bien au niveau régional qu’au niveau international. Cependant les réactionnaires de tous bords n’ont jamais voulu cohabiter avec ce foyer révolutionnaire dans cette région si capitale pour le monde capitaliste.

Depuis le tout début des années 70 du siècle passé, la liquidation de la révolution palestinienne est à l’ordre du jour des forces impérialistes et de leurs affidés réactionnaires régionaux. Rien ne lui a été épargné. Les guerres et les massacres se sont succédé depuis, et les masses populaires y ont fait face avec les moyens et les capacités disponibles… D’innombrables batailles ont été livrées, certaines ont été perdues, d’autres ont été gagnées. Mais dans l’ensemble, et en dépit de toutes les pertes et de toutes les erreurs, les masses populaires ont pu consolider certaines réalisations dont personne ne peut aujourd’hui contester leurs portée stratégique : un cheminement historique, dont les contours sont tracés par le sang des Révolutionnaires palestiniens et dont la dynamique est pérennisée par l’engagement prématuré de ces Fleurs et autres Lionceaux de la Palestine et par la lumière, toujours plus éclairante, des flambeaux de la liberté, ces indomptables Héros résistants captifs dans les geôles sionistes…

Cher« e »s Camarades, Cher« e »s ami« e »s,

Plusieurs milliers de prisonnières et de prisonniers embastillé-e-s depuis tant d’années, pour certains depuis plusieurs décennies, incarnent aujourd’hui plus que jamais la Résistance du peuple palestinien dans la pluralité de ses expressions. Certainement la situation derrière les abominables murs est loin d’être parfaite d’un point de vue révolutionnaire comme on l’aurait souhaité… En dépit de tout l’effort déployé pour entretenir l’unité nationale, à défaut de la renforcer, les diverses initiatives de luttes, ces derniers temps, ont beaucoup souffert du manque de l’unité d’action, et n’ont pas pu surmonter les divisions, et cela même quand les initiatives ont réussi à arracher quelques revendications. Tout cela n’enlève rien, ni au rôle historique qui incombe, pour diverses raisons, à nos Héros embastillés, ni à nos devoirs de solidarité envers ces indomptables Résistants, et plus particulièrement envers ces Fleurs et Lionceaux engagés prématurément dans la lutte contre l’occupant sioniste.

Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur de ces 363 Fleurs et Lionceaux afin que leurs geôliers sionistes comprennent qu’ils ne sont jamais seuls !

Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur de la Palestine et de sa prometteuse Intifada !

La solidarité, toute la solidarité avec les résistants dans les geôles sionistes, et dans les cellules d’isolement au Maroc, en Turquie et aux Philippines et ailleurs de par le monde !

La solidarité, toute la solidarité avec les camarades révolutionnaires résistants dans les geôles en Grèce !

Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur des masses populaires kurdes et ces valeureux combattants du PKK !

La solidarité toute la solidarité avec les jeunes prolétaires des quartiers populaires !

Le capitalisme n’est plus que barbarie, honneur à tous ceux et celles qui s’y opposent dans la diversité de leurs expressions !

Ensemble Camarades, et ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons !

À vous tous, Camarades et ami« e »s, mes plus chaleureuses salutations révolutionnaires.

Votre camarade Georges Abdallah

dimanche 16 avril 2017

source : site UJFP


Notre article du 12 février

Jeudi dernier, s’est tenue une conférence-débat avec Romain Hunter du collectif Paca de libération de Georges Ibrahim Abdallah.

A défaut de justice, les comités de soutien espèrent une grâce présidentielle.

Il fait partie des plus vieux prisonniers politiques du monde (33 ans), dépasse même le « record » de Nelson Mandela, sauf qu’il est incarcéré en France, pays des droits de l’Homme où le statut de prisonnier politique n’existe pas.

Romain Hunter du collectif de libération Paca entouré de Benoît Hubert et Laure, membres d’Aix-Solidarité, et du représentant du Front uni des immigrations et des quartiers populaires (à gauche), associations organisatrices du débat. photo h.B.

Né au Liban, Georges Ibrahim Abdallah choisit la résistance face aux crimes de masse de 1982, perpétrés contre les Palestiniens par la milice phalangiste libanaise et ses alliés israéliens. Communiste marxiste, il s’engage au Front populaire pour la libération de la Palestine, devient membre des Fractions armées révolutionnaires libanaises (Farl) et entre en action, aux lendemains des massacres de Sabra et Chatila (plus de 5 000 morts).

Arrêté à Lyon en octobre 1984, il est condamné, 3 ans plus tard, à la réclusion criminelle à perpétuité « pour complicité dans l’exécution d’un responsable des services secrets israéliens en France et d’un attaché militaire américain à Paris », écopant, au passage, du rallongement d’une peine initiale de 10 ans suite à une pression des gouvernements israélien et américain, qui l’estimaient insuffisante (Son avocat à l’époque a même été reconnu agent des services secrets français).

Ecroué pour une raison non avérée, Georges Ibrahim Abdallah est toujours en prison à 66 ans bientôt, alors qu’il est par ailleurs libérable depuis 1999...

De la violence exportée

Dans ce lourd dossier, associé à d’autres faits et « semé d’irrégularités depuis le départ », Romain Hunter, militant du collectif Paca pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, a résumé, jeudi dernier au Café 3C : « D’abord on l’arrête pour de vrais faux papiers que l’Algérie lui avait donné. Il encourt 4 ans de prison maximum. Un nouveau gouvernement se met en place en 1986 à Paris où une vague d’attentats survient et lui est attribuée d’office, à lui et ses frères. Plus tard, il s’avère que la DST a fabriqué ce dossier. L’ex-directeur général, Yves Bonnet, devenu soutien d’Abdallah, l’innocente pourtant aujourd’hui. Dans ses aveux, il explique que les services secrets ont maintenu alors Georges Ibrahim Abdallah en prison à tort, sur fond d’accord entre l’Iran et la France avec des otages iraniens libérés qui étaient, eux, responsables. »

Jugement en rétroactivité (procédure interdite en droit international) passant « d’association de malfaiteurs » à « complicité d’assassinat et d’attentats », refus de libération conditionnelle demandée à 8 reprises dans une affaire où même le procureur de l’époque attribue les fameux attentats à Habib Aïdar et Fouad Saleh et non à Ibrahim Abdallah, dénonçant la « mauvaise foi des juges anti-terroristes français »... Le scandale demeure dans un silence médiatique concerté, dénué d’enquête et dans lequel plusieurs journalistes contribuent, de fait, à une « violence exportée par la France », évoque Romain Hunter qui espère une grâce présidentielle à l’image de la fin du règne Obama pour Chelsea Manning.

Houda Benallal - la Marseillaise, le 13 février 2017


Conférence-débat organisée par Aix Solidarité
et le Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires
le 9 février 2017 à 19 heures
au Café associatif « 3C », 23 boulevard Carnot, Aix

avec Romain HUNTER
en faveur de la libération de Georges Ibrahim Abdallah

Georges Ibrahim Abdallah est un militant communiste arabe. Il a combattu pour la libération nationale de la Palestine. En 1987, il a été condamné en France à perpétuité pour complicité d’assassinat de deux diplomates à Paris, l’un israélien et l’autre américain. Il faut préciser que son pays, le Liban, était alors envahi par les troupes de l’Etat d’Israël, ce qui fait que ces actes sont considérés par certains comme des actes de résistance. Depuis 1999, il est libérable.
Malgré deux décisions favorables du Tribunal d’application des peines, ses demandes de libération ont finalement été rejetées par les juridictions supérieures. Dès lors, il se retrouve à être le plus vieux prisonnier politique de France. Il est vrai que la France ne reconnaît pas l’existence de prisonniers politiques sur son territoire ; elle ne reconnaît l’existence de prisonniers politiques qu’à Cuba ou ailleurs.
Il faut savoir que des gouvernements étrangers ont essayé de peser de tout leur poids pour obtenir son maintien en détention. Par ailleurs, d’autres personnes qui ont participé directement à des assassinats politiques ont été libérées moins de vingt ans après leur condamnation.
Compte tenu de la longévité exceptionnelle de sa peine, son cas ne peut qu’interpeller.

Voir aussi sur le site de Palestine13
Liberté d’expression à la Savine.

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