On fera tout pour te sortir du trou, Georges !

Le 25 mai Monseigneur Jacques GAILLOT rencontrera Georges Ibrahim Abadallah à la prison de Lannemezan. le collectif 65 de soutien à Georges dont les AFPS locales font partie vous invite à venir nombreux le soutenir.

La rencontre aura lieu dans la matinée. A l’issue de sa visite vers 11h30 Monseigneur Gaillot donnera une conférence de presse. Nous invitons donc tous ceux qui pourraient venir, directement devant la prison de Lannemezan à 11 heures le vendredi 25 mai à 11 heures.


Notre article du 1er février 2018

Avec beaucoup d’humour, mais avec une grande tendresse ,Jean Ortiz, universitaite palois que certains d’entre nous connaissent bien, nous fait part d’une lettre qu’il a reçu de Georges Ibrahim Abdallah et qui nous raconte.

On fera tout pour te sortir du trou, Georges !

Je viens de recevoir une lettre d’antan, dorée, de celles que l’on écrivait et envoyait jadis avec amour et un joli timbre. L’expéditeur a pris le temps d’en faire une « pépite » (nov-langue). Il doit l’avoir écrite de son bureau coquet et s’être fait un plaisir d’aller la poster lui-même, en respirant l’air revigorant de ce plateau de Lannemezan souvent en rébellion. Du fond de ma noirceur, j’envie sa liberté. Il nous souhaite, à lui et à moi, « plein de bonnes idées et d’heureuses initiatives ». Il ajoute « bonne année dans le bonheur et la joie de la fraternité et l’enthousiasme de la lutte et des victoires ». Comme si c’était le thème !! Il y a des gens qui ne peuvent s’empêcher de mettre de la politique partout, de tout politiser. Sans doute pour se faire remarquer. Comme si la politique était affaire de bons vœux !

Cet expéditeur téméraire, au nom bizarre et inquiétant, a osé faire figurer son adresse au dos de la lettre. « Expéditeur : Georges Ibrahim Abdallah. N° d’écrou 2388/ A 221. » La prison, c’est chouette, surtout lorsqu’on a déjà plus que purgé sa peine, et qu’on pourrait être dehors ! Heureusement que la France est un pays où fleurissent et sont protégées les libertés individuelles ! En prison, on a tout le temps d’écrire son courrier, de refaire le monde, d’expier ses convictions communistes, de s’enorgueillir d’être parmi les plus anciens prisonniers politiques. Ah ! Il est mieux là où il est... En liberté, sait-on jamais, il aurait pu conseiller les grands démocrates Erdogan et Netanyahou, invités par le jeune et ex-jupitérien président des riches, peu regardant sur la quantité de sang versé par les peuples (on s’en fiche, ils ne sont pas riches). Il paraît que Georges serait même en contact permanent avec le satrape de Caracas. Le « terroriste » embastillé à Lannemezan est né au Nord Liban, un havre de paix touristique à l’époque, le « Club Med » de l’impérialisme ; et il menace tellement « la sécurité de la France » qu’il est régulièrement invité à rester en prison, nourri, logé, blanchi aux frais de la princesse. De quoi se plaint-il ?

Plus sérieusement, mais cela fait du bien de se foutre de la poire des pommes qui nous prennent pour des idiots, le plus grave crime de Georges : être devenu un militant révolutionnaire des causes palestiniennes, libanaises, moyen-orientales...

On peut comprendre l’acharnement politique contre cet homme, lorsque l’on sait que le gouvernement israélien ne pourrait commettre ses crimes sans le soutien des États-Unis, et celui, plus filou, de la France.

Les Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises (FARL) tuent à Paris, le 18 janvier 1982, un officier étatsunien, et le 3 avril 1982, le responsable à Paris des redoutables services secrets israéliens, le Mossad. La violence des oppresseurs entraîne parfois, souvent, celle des opprimés.

Le 24 octobre 1984, Georges est arrêté à Lyon, et condamné à quatre ans de détention pour « possession d’armes et d’explosifs ». Plus tard, ce qui charge la barque, on aurait trouvé dans un appartement « loué à son nom », l’arme ayant servi aux attentats évoqués, et qui, selon la DST, lui appartiendrait. Lorsque, bien des années plus tard, Georges Abdallah a demandé une vérification par test ADN, la justice a débouté sa demande, au motif que son ADN ne figurait pas dans ses dossiers officiels. Alors, montage politico-policiaco-judiciaire ? Quel agent, et de quel service, distrait en diable, aurait pu oublier cette arme, si elle n’appartient pas à ce Georges au nom si « arabe » ?

Mais qu’importe ! Georges est le bouc-émissaire idéal. Condamné d’abord à 4 ans, il est ensuite jugé une deuxième fois, après la « découverte » de l’arme, et condamné à perpétuité. Toutes ses demandes de liberté conditionnelle ont été depuis rejetées, parce que « les convictions anti-impérialistes » du prisonnier, « très solides », « sont demeurées intactes ». C’est écrit. Des convictions ? Des qualités rares en nos temps de travestisme et de cynisme politique.

Les gouvernements étasunien, israélien et français, multiplient les pressions et les péripéties judiciaires, cherchant à faire mourir à petit feu un « otage » révolutionnaire indestructible, de haute stature, un homme aux convictions inébranlables, non négociables ; un homme digne, droit, d’idéal éthique pour lequel il a engagé sa vie. Il est des hommes qui portent en eux la dignité de tous les hommes.

Je t’embrasse, Georges, frère d’idéal, de courage... et dont l’humanité résiste à tous les écrous, à tous les trouducs qui prétendent veiller à notre bien tout en nous saignant à la fémorale (c’est plus efficace). Georges, mon frère, mon camarade, on fera tout pour te sortir du trou !
Jean Ortiz


Toujours un poing levé et une main tendue, Jean Ortiz est un internationaliste assumé.


Notre article du 26 octobre 2017
Samedi 21 octobre à Lannemezan, tous les groupes et collectifs Palestine de la région sud s’étaient donnés rendez vous devant la prison de Lannemezan pour exiger la libération immédiate de Georges Ibrahim Abdallah.

Les grilles de la prison ont longtemps résonné de nos appels solidaires. La mobilisation a été encore plus forte que les autres années. Il y avait des militants de la Ligue des Droits de l’Homme, des élus, des syndicalistes, les représentants du comité de soutien plus déterminés que jamais, les groupes Palestine de Toulouse, Bordeaux, Agen, Pau, Perpignan, Montpellier, des militants politiques de la France insoumise, du PCF, du NPA, des libertaires…

Il y avait beaucoup d’émotion le 21 à Lannemezan. Derrière les murs de béton, on sentait la vibrante présence de Georges et de tous les prisonniers solidaires écoutant les clameurs et les chants de liberté des manifestants.

Le maintien en prison de Georges Ibrahim Abdallah est un scandale , une insupportable injustice.

Michel Warscharski, l’infatigable militant anticolonialiste, était venu exprès d’Israël pour le dire aux manifestants.

Honte à ce gouvernement Macron , sourd à tous nos appels à la justice. Il n’a pas bougé un sourcil. Mais il continue d’appuyer de toute sa force pour que la porte de la prison de Lannemezan reste fermée.

Mais nous allons rester mobilisés pour Georges Ibrahim Aballah , comme nous le sommes pour Salah Hamouri et tous les prisonniers palestiniens !


34 ans de détention déjà pour le plus vieux prisonnier de France !

Georges Ibrahim Abdallah est un militant communiste libanais, combattant pour la cause palestinienne et libanaise qui a résisté alors que l’armée israélienne, en 1982, envahissait son pays avec la complicité des États-Unis.

L’opération israélienne "Paix en Galilée" a culminé dans l’horreur des massacres de Sabra et Chatila où 3 500 Palestiniens furent tués.

Arrêté à Lyon le 24 octobre 1984 Georges Ibrahim Abdallah fut condamné à la perpétuité en 1987, dont 15 ans de peine de sûreté, pour complicité dans l’assassinat d’un responsable des services secrets israéliens et d’un attaché militaire des États-Unis.

De nombreuses violations du droit ont été relevées dans les différentes procédures judiciaires menées :

* absence de "preuves criminelles" contre lui,
* liens de son premier avocat avec les services du contre - espionnage français (cet avocat, Me Mazurier du barreau de Paris, fut par la suite rayé de l’ordre des avocats),
* nouvelles charges et nouvelles preuves non incluses dans son dossier lors du premier procès en 1987 et ses défenseurs ont pu légitimement évoquer "une violation des plus graves de la procédure légale".

Le 16 octobre 2013 la Ligue des Droits de l’Homme avait déjà qualifié le maintien en détention de Georges Ibrahim d’ "acte arbitraire" et demandé sa libération.

Libérable depuis 1999 il est toujours incarcéré et ses demandes de libération depuis cette date se sont heurtées au même acharnement judiciaire (dont l’application rétroactive de la loi sur la rétention de sûreté de 2008 à sa demande de libération de 2007, libération par ailleurs déclarée irrecevable en 2003 et 2012 malgré le jugement de la cour d’appel de Pau, favorable à une libération conditionnelle et l’avis favorable à cette libération, sous réserve d’expulsion du territoire, de la chambre d’application des peines) .

Georges Ibrahim Abdallah est aujourd’hui entré dans sa 34ème année de détention dans les prisons françaises, celle de Lannemezan à ce jour.

Symbole de la résistance, de la lutte pour le droit des peuples à disposer d’eux - mêmes et à se défendre contre une invasion étrangère et contre la colonisation, il n’a cessé d’exprimer tout au long de ces années son soutien aux luttes de résistance et en particulier celles portées par les prisonniers politiques palestiniens. Georges Ibrahim Abdallah a été membre du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP).

De sa prison, Marwan Barghouti a exprimé, en son nom et au nom de ses frères prisonniers, sa solidarité avec « le militant Georges Ibrahim Abdallah », réclamant du gouvernement français sa libération et affirmant leur solidarité avec sa juste cause, pour laquelle il s’est si longtemps sacrifié en résistant.

Ahmad Saadat, secrétaire général du FPLP, en isolement dans la prison de Ramon en Israël a déclaré : « Les partisans de la liberté dans le monde sont solidaires avec la juste cause de Georges Ibrahim Abdallah et réclament des autorités française sa libération immédiate ». En 2014, Ahmad Saadat résumait ainsi sa solidarité : « Si vous soutenez la Palestine, vous devez soutenir la libération de Georges Ibrahim Abdallah ». En 2017, il a écrit à Georges : « Tu es toujours une source de fierté et de respect ».

Pour Georges Ibrahim Abdallah, nous ne voulons en France ni régime d’embastillement, ni de Guantanamo, ni de soumission aux désirs du gouvernement de Monsieur Netanyahou ou à celui des Etats Unis, ni de raison d’Etat.

Yves Bonnet, ancien directeur des services de la DGSE a déclaré "Je pense que l’obstination française tourne à la bêtise. Elle est injustifiable et incompréhensible. C’est le moment de montrer que la République française est juste".

Nous voulons pour Georges Ibrahim Abdallah la justice et le droit.

Il est un défenseur des droits des peuples à disposer d’eux mêmes, à se défendre contre la colonisation par une puissance étrangère.

Alors que la justice a estimé par deux fois que Georges Ibrahim Abdallah devait être libéré, il est toujours victime de l’arbitraire de notre pouvoir politique.

Georges Ibrahim Abdallah doit être libéré immédiatement et retrouver sa famille au Liban où sa sécurité doit être assurée.

Le Bureau national de l’AFPS conjointement avec l’AFPS Pau


À Lannemezan (65), manifestation pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah
Le samedi 21 octobre 2017 à 14h00
Devant la gare
65300 Lannemezan


23 avril 2017
Déclaration de Georges Abdallah à l’occasion de la Journée du prisonnier palestinien

Cher« e »s Camarades, Cher« e »s ami« e »s,

Il y a juste un mois, de nombreuses activités dans différents pays ont été organisées afin de célébrer la « Journée Internationale du Prisonnier Révolutionnaire ». Aujourd’hui, nous voici rassemblé-e-s de nouveau, aussi dans différents pays, afin de célébrer la « Journée du Prisonnier Palestinien » et exprimer notre indéfectible solidarité avec les Résistant« e »s embastillé« e »s dans les geôles sionistes, soutenir de toutes nos forces leurs justes revendications, et saluer par là même la mobilisation en cours des masses populaires autour de la grève de la faim entamée ce matin derrière les abominables murs.

En 1974, « La Conférence Nationale Palestinienne » a décrété le 17 avril « Journée du Prisonnier Palestinien ». Cela n’était pas seulement destiné à dénoncer à cette occasion, la barbarie de l’occupant sioniste, les tueries, les rafles, et l’embastillement des meilleurs fils et filles de notre peuple, ni seulement destiné à honorer les Résistant« e »s captifs en rappelant aux masses populaires leurs sacrifices et leur inébranlable volonté de tenir debout face à la soldatesque sioniste.

La célébration de cette « Journée du Prisonnier Palestinien » est destinée, avant toute autre chose, à affirmer haut et fort la ferme détermination d’arracher nos camarades aux griffes de leurs criminels geôliers. En effet, à plusieurs reprises, les avant-gardes de la lutte révolutionnaire palestinienne ont assumé cette tâche avec beaucoup de courage et d’abnégation, obligeant l’ennemi à libérer des milliers de camarades captifs, sans aucune contrepartie de leur part.

Certainement, la libération des prisonniers révolutionnaires a toujours été un moment de grande effervescence populaire, et elle a participé de la façon la plus significative au rayonnement de la révolution palestinienne et à l’enrichissement de la lutte, aussi bien au niveau régional qu’au niveau international. Cependant les réactionnaires de tous bords n’ont jamais voulu cohabiter avec ce foyer révolutionnaire dans cette région si capitale pour le monde capitaliste.

Depuis le tout début des années 70 du siècle passé, la liquidation de la révolution palestinienne est à l’ordre du jour des forces impérialistes et de leurs affidés réactionnaires régionaux. Rien ne lui a été épargné. Les guerres et les massacres se sont succédé depuis, et les masses populaires y ont fait face avec les moyens et les capacités disponibles… D’innombrables batailles ont été livrées, certaines ont été perdues, d’autres ont été gagnées. Mais dans l’ensemble, et en dépit de toutes les pertes et de toutes les erreurs, les masses populaires ont pu consolider certaines réalisations dont personne ne peut aujourd’hui contester leurs portée stratégique : un cheminement historique, dont les contours sont tracés par le sang des Révolutionnaires palestiniens et dont la dynamique est pérennisée par l’engagement prématuré de ces Fleurs et autres Lionceaux de la Palestine et par la lumière, toujours plus éclairante, des flambeaux de la liberté, ces indomptables Héros résistants captifs dans les geôles sionistes…

Cher« e »s Camarades, Cher« e »s ami« e »s,

Plusieurs milliers de prisonnières et de prisonniers embastillé-e-s depuis tant d’années, pour certains depuis plusieurs décennies, incarnent aujourd’hui plus que jamais la Résistance du peuple palestinien dans la pluralité de ses expressions. Certainement la situation derrière les abominables murs est loin d’être parfaite d’un point de vue révolutionnaire comme on l’aurait souhaité… En dépit de tout l’effort déployé pour entretenir l’unité nationale, à défaut de la renforcer, les diverses initiatives de luttes, ces derniers temps, ont beaucoup souffert du manque de l’unité d’action, et n’ont pas pu surmonter les divisions, et cela même quand les initiatives ont réussi à arracher quelques revendications. Tout cela n’enlève rien, ni au rôle historique qui incombe, pour diverses raisons, à nos Héros embastillés, ni à nos devoirs de solidarité envers ces indomptables Résistants, et plus particulièrement envers ces Fleurs et Lionceaux engagés prématurément dans la lutte contre l’occupant sioniste.

Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur de ces 363 Fleurs et Lionceaux afin que leurs geôliers sionistes comprennent qu’ils ne sont jamais seuls !

Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur de la Palestine et de sa prometteuse Intifada !

La solidarité, toute la solidarité avec les résistants dans les geôles sionistes, et dans les cellules d’isolement au Maroc, en Turquie et aux Philippines et ailleurs de par le monde !

La solidarité, toute la solidarité avec les camarades révolutionnaires résistants dans les geôles en Grèce !

Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur des masses populaires kurdes et ces valeureux combattants du PKK !

La solidarité toute la solidarité avec les jeunes prolétaires des quartiers populaires !

Le capitalisme n’est plus que barbarie, honneur à tous ceux et celles qui s’y opposent dans la diversité de leurs expressions !

Ensemble Camarades, et ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons !

À vous tous, Camarades et ami« e »s, mes plus chaleureuses salutations révolutionnaires.

Votre camarade Georges Abdallah

dimanche 16 avril 2017

source : site UJFP


Notre article du 12 février

Jeudi dernier, s’est tenue une conférence-débat avec Romain Hunter du collectif Paca de libération de Georges Ibrahim Abdallah.

A défaut de justice, les comités de soutien espèrent une grâce présidentielle.

Il fait partie des plus vieux prisonniers politiques du monde (33 ans), dépasse même le « record » de Nelson Mandela, sauf qu’il est incarcéré en France, pays des droits de l’Homme où le statut de prisonnier politique n’existe pas.

Romain Hunter du collectif de libération Paca entouré de Benoît Hubert et Laure, membres d’Aix-Solidarité, et du représentant du Front uni des immigrations et des quartiers populaires (à gauche), associations organisatrices du débat. photo h.B.

Né au Liban, Georges Ibrahim Abdallah choisit la résistance face aux crimes de masse de 1982, perpétrés contre les Palestiniens par la milice phalangiste libanaise et ses alliés israéliens. Communiste marxiste, il s’engage au Front populaire pour la libération de la Palestine, devient membre des Fractions armées révolutionnaires libanaises (Farl) et entre en action, aux lendemains des massacres de Sabra et Chatila (plus de 5 000 morts).

Arrêté à Lyon en octobre 1984, il est condamné, 3 ans plus tard, à la réclusion criminelle à perpétuité « pour complicité dans l’exécution d’un responsable des services secrets israéliens en France et d’un attaché militaire américain à Paris », écopant, au passage, du rallongement d’une peine initiale de 10 ans suite à une pression des gouvernements israélien et américain, qui l’estimaient insuffisante (Son avocat à l’époque a même été reconnu agent des services secrets français).

Ecroué pour une raison non avérée, Georges Ibrahim Abdallah est toujours en prison à 66 ans bientôt, alors qu’il est par ailleurs libérable depuis 1999...

De la violence exportée

Dans ce lourd dossier, associé à d’autres faits et « semé d’irrégularités depuis le départ », Romain Hunter, militant du collectif Paca pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, a résumé, jeudi dernier au Café 3C : « D’abord on l’arrête pour de vrais faux papiers que l’Algérie lui avait donné. Il encourt 4 ans de prison maximum. Un nouveau gouvernement se met en place en 1986 à Paris où une vague d’attentats survient et lui est attribuée d’office, à lui et ses frères. Plus tard, il s’avère que la DST a fabriqué ce dossier. L’ex-directeur général, Yves Bonnet, devenu soutien d’Abdallah, l’innocente pourtant aujourd’hui. Dans ses aveux, il explique que les services secrets ont maintenu alors Georges Ibrahim Abdallah en prison à tort, sur fond d’accord entre l’Iran et la France avec des otages iraniens libérés qui étaient, eux, responsables. »

Jugement en rétroactivité (procédure interdite en droit international) passant « d’association de malfaiteurs » à « complicité d’assassinat et d’attentats », refus de libération conditionnelle demandée à 8 reprises dans une affaire où même le procureur de l’époque attribue les fameux attentats à Habib Aïdar et Fouad Saleh et non à Ibrahim Abdallah, dénonçant la « mauvaise foi des juges anti-terroristes français »... Le scandale demeure dans un silence médiatique concerté, dénué d’enquête et dans lequel plusieurs journalistes contribuent, de fait, à une « violence exportée par la France », évoque Romain Hunter qui espère une grâce présidentielle à l’image de la fin du règne Obama pour Chelsea Manning.

Houda Benallal - la Marseillaise, le 13 février 2017


Conférence-débat organisée par Aix Solidarité
et le Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires
le 9 février 2017 à 19 heures
au Café associatif « 3C », 23 boulevard Carnot, Aix

avec Romain HUNTER
en faveur de la libération de Georges Ibrahim Abdallah

Georges Ibrahim Abdallah est un militant communiste arabe. Il a combattu pour la libération nationale de la Palestine. En 1987, il a été condamné en France à perpétuité pour complicité d’assassinat de deux diplomates à Paris, l’un israélien et l’autre américain. Il faut préciser que son pays, le Liban, était alors envahi par les troupes de l’Etat d’Israël, ce qui fait que ces actes sont considérés par certains comme des actes de résistance. Depuis 1999, il est libérable.
Malgré deux décisions favorables du Tribunal d’application des peines, ses demandes de libération ont finalement été rejetées par les juridictions supérieures. Dès lors, il se retrouve à être le plus vieux prisonnier politique de France. Il est vrai que la France ne reconnaît pas l’existence de prisonniers politiques sur son territoire ; elle ne reconnaît l’existence de prisonniers politiques qu’à Cuba ou ailleurs.
Il faut savoir que des gouvernements étrangers ont essayé de peser de tout leur poids pour obtenir son maintien en détention. Par ailleurs, d’autres personnes qui ont participé directement à des assassinats politiques ont été libérées moins de vingt ans après leur condamnation.
Compte tenu de la longévité exceptionnelle de sa peine, son cas ne peut qu’interpeller.

Voir aussi sur le site de Palestine13
Liberté d’expression à la Savine.

Navigation

AgendaTous les événements