Palestine 13

Groupe local des Bouches-du-Rhône de l’AFPS

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Conférence-débat en présence d’Éléonore Merza-Bronstein à Manosque le samedi 10 mars 2018 à 18h30,

jeudi 1er février 2018

2018 est une année particulière pour la Palestine
Elle marque les 70 ans de la création de l’État d’Israël et de l’expulsion des Palestiniens :
C’est la Nakba - la catastrophe – que nous commémorons cette année

80% de la population arabe palestinienne a été expulsée. Plusieurs centaines de villages palestiniens et des quartiers de villes ont été détruits ou rasés.
Ce processus de nettoyage ethnique a commencé avant 1948.Il est toujours à l’œuvre aujourd’hui. La continuité et la persistance du projet colonial perdurera tant que les états et la mobilisation internationale ne seront pas assez forts pour exiger son arrêt.

De-Colonizer est une ONG Israélienne qui s’attache à rendre visible ce qui ne l’est plus depuis la destruction de 817 localités palestiniennes, de 195 localités syriennes, de 44 localités juives.

Rendez-Vous pour une Conférence-débat en présence d’Éléonore Merza-Bronstein le 10 mars accueil à 18h30 - Salle des Quintrands rue Lemoyne à Manosque

De-Colonizer est une ONG israélienne et un centre de recherche alternatif et militant basés à Tel Aviv, et cofondés par Éléonore Merza-Bronstein et Eitan Bronstein, tous deux anthropologues du politique, spécialistes de la société israélienne contemporaine et militants anticolonialistes israéliens.

De-Colonizer invite au débat, pour convaincre, pour changer les discours, pour lutter contre les oublis de l’histoire et les mémoires occultées, pour enfin pouvoir penser un autre vivre-ensemble où l’égalité ne serait pas un vain mot.

De-Colonizer se définit comme un laboratoire, au sens expérimental, offrant un espace unique de réflexions, de mises en commun, de partages, d’activités constantes, à la jonction de nombreux outils et méthodes. De-Colonizer veut contourner les frontières politiques et symboliques afin de fournir un nouvel espace extraterritorial.

« Afin de dépasser cette situation de guerre permanente, nous pensons qu’il est temps de renoncer au sionisme et nous estimons qu’Israël doit reconnaître sa responsabilité historique dans l’expulsion des PalestinienNEs, et réparer cette injustice en accordant à touTEs les réfugiéEs leur inaliénable droit au retour. Et si les PalestinienNes sont les principales victimes de ce régime, nous pensons que les JuifVEs-IsraélienNEs paient également le prix de cette conquête interrompue depuis 1948 en vivant dans une peur constante et sans espoir de paix. En d’autres termes, nous pensons qu’une des clés essentielles à notre futur est profondément enracinée dans notre passé ».


Notre article du 17 février 2017
Comte rendu de la soirée du 13 février

La salle était pleine, il aurait presque fallu pousser les murs, tant le public marseillais avait répondu à l’invitation de BDS France Marseille, de Palestine13, des Femmes en Noir et de l’Union Juive Française pour la Paix.
Il faut dire que le travail de Eleonore et Eitan Bronstein est passionnant, basé surune érudition impressionnante et un travail en réseau remarquable.

Ils étudient le conflit israélo-palestinien comme un conflit colonial, qui a commencé avant la Nakba et qui continue aujourd’hui.
Leur travail a une double vocation :
* rendre justice aux palestiniens et à leur histoire dans un rôle "d’alliés politiques"
* produire des outils de plaidoyer qui s’adressent aux israéliens (ils publient en hébreu) et aux organisations internationales. Ainsi, toutes leurs recherches sont publiées en ligne.

Ils ont présenté leur carte, qui présente les villages palestiniens (et israéliens) détruits avant la Nakba, depuis la Nakba , mais aussi ceux qui vont être détruits si la communauté internationale ne se mobilise pas. Cette carte présente aussi les localités syriennes détruites dans le Golan en 1967, destruction qui ont provoqué l’expulsion de 130 000 habitants.

Pour la réalisation de cette carte, Eleonore et Eitan Bronstein ont bénéficié du soutien du CCFD - Terre Solidaire et de la Fondation euro-méditerranéenne de soutien aux défenseurs des droits de l’Homme (FEMDH)

Vous pouvez acquérir cette carteen ligne ou en nous écrivant "PALESTINE 13 - c/o La Cimade, 8 rue Jean-Marc Cathala, 13002 Marseille" et en joignant à votre courrier un chèque de 12 euros (10 euros pour la carte et deux euros de participation aux frais de port)


compte rendu de la rencontre du 14 février à Martigues

Le collectif Palestine a choisi de transformer le « Valentin’s Day » en « Palestine’s Day », avec une conférence-débat animée par deux habitants de Tel-Aviv opposés à la colonisation.

Chercheurs et militants, Eléonore Merza-Bronstein et Eitan Bronstein-Aparicio livrent une autre vision de l’histoire d’Israël et de la Palestine.

Membres de l’ONG israélienne, De-colonizer, Eléonore Merza-Bronstein et Eitan Bronstein-Aparicio sont à l’origine d’un immense travail de cartographie des localités palestiniennes, syriennes et juives, détruites dans la Palestine historique, depuis la fin du 19ème siècle jusqu’à nos jours. A travers la richesse de leur intervention mardi soir à la MJC, c’est un autre regard sur Israël, « qui est aussi une société complexe » selon les mots d’Eléonore Merza-Bronstein, qui a été livré au public. Le parcours personnel des deux intervenants en témoigne. « Eitan est né en Argentine, ses parents ont fui la misère et se sont laissés séduire par l’idéal socialiste du kibboutz » explique Eléonore Merza-Bronstein. Arrivé à l’âge de 5 ans en Israël, Eitan « a fait l’armée sans se questionner (trois ans de service militaire pour les hommes, deux pour les femmes, Ndlr), c’est après que sa conscience politique s’est aiguisée, il a refusé de faire la guerre du Liban et quand on refuse on va en prison » précise son épouse. A partir de l’an 2000 et des « émeutes d’octobre » (la deuxième « Intifada » pour les Palestiniens) qui feront treize morts parmi les manifestants palestiniens, et les propos du premier ministre de l’époque Ehud Barak, appelant à « mettre fin aux manifestations par tous les moyens », Eitan rompt avec le sionisme.
Eitan Bronstein-Aparicio et Eléonore Merza-Bronstein, avec « leur » carte. Photo JFA

« Une voix alternative »

Pour son épouse Eléonore, auteure d’une thèse d’anthropologie sur « La citoyenneté non juive en Israël », « fille d’un musulman syrien et d’une juive algéro-alsacienne non sioniste », « la question de séparer judaïsme et sionisme n’a jamais été un problème ». D’où la volonté de promouvoir une « voix alternative en Israël », à travers l’association De-colonizer, conçue comme un lieu de rencontre entre recherche et militantisme. Une voix qui ne se contente pas d’une sorte d’histoire officielle, notamment sur la « nakba » (la catastrophe, en arabe), soit le départ forcé de populations palestiniennes en 1948, lors de la création de l’Etat d’Israël.

« L’historiographie dominante dit : "il y a eu un plan de partition de l’ONU, ils nous ont déclaré la guerre et ils ont perdu, tous les Arabes nous détestent", c’est un mythe alimenté dès l’école primaire » soulignent les deux intervenants. Pour Eléonore, « l’identité collective est bâtie sur une opposition, "leur nakba contre la Shoah", c’est la rhétorique du "eux ou nous" ». Une rhétorique à l’œuvre dans un petit film tourné à Tel-Aviv lors de la fête de l’Indépendance, où un habitant qui se définit comme « un homme de paix » considère néanmoins qu’« ils veulent nous jeter à la mer ».

« L’occupation pacifique n’existe pas »

Le mérite du film, comme de l’éclairage apporté par les deux militants de De-colonizer, est de montrer les nuances de points de vue dans une société que l’on peut pas réduire au gouvernement Netanyahu. Questionnée sur le terme « localités juives détruites », l’anthropologue précise que cette mention « est importante pour l’honnêteté historique et pour rappeler que l’occupation pacifique n’existe pas, les colons aussi paient un prix, il faut les convaincre qu’ils ont intérêt à la paix ». Quant à l’accès aux sources historiques pour mener le travail de cartographie à bien, il est possible : « il y a les archives d’Etat, celle de la Haganah (organisation para-militaire juive en Palestine, Ndlr), sur Wikipedia on trouve aussi beaucoup de choses en hébreu mais on continue à avoir un combat en termes d’interprétation, sur l’intentionnalité, il y a beaucoup de débats en Israël ». C’est aussi en faisant la lumière sur « ce pan de l’histoire israélienne nié » que la paix aura peut-être un jour la possibilité de se frayer un chemin dans cette région du monde.

Jean-François Arnichand La Marseillaise le 16 février 2017


Le 13 février
à la librairie Transit - 45, Boulevard de la Libération, 13001 Marseille

18h30 : présentation des associations et du teaser du prochain documentaire sur la Clef (et les villages détruits en 48)
19 h - 20h30 Conférence Eleonore et Eitan Bronstein

soirée organisée par Transit et BDS France Marseille
avec le soutien de Palestine13 et de l’Union Juive Française pour la Paix

Eleonore et Eitan Bronstein, viennent de publier une carte intitulée "Colonialisme en destru(a)ction" qui recense l’intégralité des localités palestiniennes, syriennes et juives détruites depuis les premières vagues de migration sioniste (fin du 19è siècle) jusqu’à aujourd’hui et même dans le futur puisque vous pourrez également y trouver les localités palestiniennes menacées de destruction. Le découpage par strates historiques (destructions pré-1948, pendant la Nakba elle-même et post-48), répercuté visuellement par l’utilisation de trois couleurs de police sur la légende et sur la carte, montre le continuum historique de la persistance du projet colonial et le futur qu’il nous dessine s’il n’y a pas de mobilisation internationale substantielle pour exiger l’arrêt de la colonisation israélienne.
"Près de 750 000 Palestinien(ne)s et quelques 130 000 Syrien(ne)s ont déjà été déplacé(e)s, il était temps qu’une carte expose leurs pertes et leur expulsion. En solidarité avec celles et ceux qui ont tout perdu, nous espérons que cette carte sera un outil éducatif mais également un outil politique pour empêcher que chiffre n’augmente encore. "


De-Colonizer est un centre de recherche alternatif et novateur sur Israël/ Palestine qui a pour but objectif de produire de nouvelles connaissances et de nouveaux outils de haut niveau, et de mettre cette rigueur scientifique à disposition du plus grand nombre en la faisant réintégrer l’espace public par des moyens aussi créatifs qu’attractifs.

De-Colonizer est un laboratoire de recherche et d’art ouvrant un nouvel espace pour penser et créer de nouveaux pour tous ceux qui souhaitent vivre ensemble et dans une égalité réelle en Palestine/ Israël.

C’est une posture politique qui nous est chère : faire de la recherche pour tous et dépasser les cercles traditionnels des « experts ».

De-Colonizer est une invitation au débat : nous souhaitons que tous puissent se saisir de ces objets, les discuter, les critiquer, se les approprier, les diffuser, les utiliser.

Pour convaincre, pour changer les discours, pour lutter contre les oublis de l’histoire et les mémoires occultées, pour enfin pouvoir penser un autre vivre-ensemble où l’égalité ne serait pas un vain mot.

Pour cela, nous dressons la perspective d’un futur dépassant le régime colonialiste et raciste dans lequel nous vivons actuellement au profit d’un nouvel espace commun dans lequel tous seraient égaaux. Nous pensons que la tension et les cycles de violences dans lesquels nous vivons aujourd’hui prennent leur source, en 1948, dans ce qu’on appelle la Nakba (ce terme arabe qui signifie « catastrophe » ou « cataclysme » désigne l’expulsion de 750 000 PalestinienNEs et la destruction de la très grande majorité de la vie palestinienne) et que nous considérons comme le résultat inévitable des efforts menés afin de créer un État Juif au Proche-Orient. Afin de dépasser cette situation de guerre permanente, nous pensons qu’il est temps de renoncer au sionisme et nous estimons qu’Israël doit reconnaître sa responsabilité historique dans l’expulsion des PalestinienNEs, et réparer cette injustice en accordant à touTEs les réfugiéEs leur inaliénable droit au retour. Et si les PalestinienNes sont les principales victimes de ce régime, nous pensons que les JuifVEs-IsraélienNEs paient également le prix de cette conquête ininterrompue depuis 1948 en vivant dans la peur constate et sans espoir de paix. En d’autres termes, nous pensons qu’une des clés essentielles à notre futur est profondément enracinée dans notre passé.

De-Colonizer tire son nom du blog éponyme d’Eitan Bronstein Aparicio, fondateur de l’ONG Zochrot (les textes de ce blog sont reproduits dans la rubrique « Archives », catégorie « Textes »). Ce blog décrivait les chemins qu’il a lui même empruntés afin de décoloniser son identité d’Israélien. De-Colonizer a été établi en Janvier 2015 avec Eléonore Merza, anthropologue du politique et spécialiste de la société israélienne contemporaine.

De-Colonizer se définit donc comme un laboratoire, au sens expérimental, offrant un espace unique de réfléxions, de mises en commun, de partages et d’activités constantes, à la jonction de nombreux outils et méthodes : recherche, créativité, documentation/ production d’archive, activités et activisme du corps. De-Colonizer est un laboratoire virtuel qui contourne les frontières politiques et symboliques pour afin de fournir un nouvel espace extraterritorial accueillant différentes sortes d’outils et de projets.

Dans un soucis de nous adresser au plus grand nombre, cette plateforme est trilingue et vous propose une version en français, en anglais et en hébreu.

Parmi les activités menées au sein de De-Colonizer, nous organisons des tours alternatifs en Palestine/ Israël au cours desquels vous partirez à la rencontre d’IsraélienNEs opposantEs et engagéEs, des séminaires de recherche autour des notions de constructions identitaires, mémoires alternatives qui vous sensibiliseront à de nouveaux narratifs.

Nous avons également le plaisir de vous annoncer la création d’Illegallery 81, notre nouvelle galerie d’arts qui accueillent des artistes et peformeurs travaillant autour des notions de frontières, d’espaces contestés, d’(il)légitimité, de (ré)appropriation et de partage de l’espace publique. Par ailleurs, nous soutenons et sommes actifs dans la campagne internationale pour le Boycott contre Israël (BDS) que nous considérons comme un outil primordial pour un changement radical de société.

Les deux fondateurs de De-Colonizer écrivent actuellement un livre intitulé « Nakba en hébreu » qui revient sur treize ans de combats et d’expériences au sein de l’organisation Zochrot, et décrit les outils à la disposition de tous ceux qui souhaitent changer les discours dominants, y compris en zone conflictuelle et/ ou en opposition au consensus.

Voir aussi
Dans l’Humanité : Eitan Bronstein, la force du refus