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Ils ont opéré 29 enfants palestiniens

dimanche 5 février 2017

Deux chirurgiens de l’institut Gustave-Roussy, à Villejuif, sont intervenus pendant huit jours dans la bande de Gaza. Sans matériel de pointe mais avec beaucoup de cœur.

Loin du matériel de pointe du premier centre européen de lutte contre le cancer. Loin de la vue sur le paisible parc des Hautes-Bruyères, à Villejuif. Deux pointures de la chirurgie, praticiens de l’institut Gustave-Roussy, ont raccroché la blouse pour s’envoler vers Gaza, le 21 janvier. Ils étaient de retour en France hier. Leur mission ? Huit jours pour opérer 29 petits Palestiniens en pleine zone sinistrée par le plus vieux conflit du monde, avec Israël. Des interventions impraticables sans leur expertise.
Quentin Qassemyar et Pauline Nicol ont pu pratiquer de la microchirurgie réparatrice de la face sur des enfants. Une première à Gaza.PCRF/ABDELAZEEZ NOMAN.

Mais c’est hors cadre, bénévolement, que Pauline Nicol et Quentin Qassemyar se sont occupés des jeunes patients arabes. Ils étaient sponsorisés par le Palestine children’s relief fund (PCRF), dédié aux blessures de guerre des enfants. L’ONG américaine a permis d’en soigner 4 326 au Moyen-Orient l’an dernier. « Pour la toute première fois dans la bande de Gaza, nous avons pratiqué de la microchirurgie réparatrice de la face pour des enfants. Parfois durant plus de dix heures, réalise le Dr Qassemyar, après avoir suturé son 5e patient de la journée vendredi à l’hôpital Al-Shifa. C’est infaisable ici en temps normal. Faute d’équipement et de formation. » Mais ce professionnel de la chirurgie plastique et sa consœur, spécialisée dans les opérations maxillo-faciales, sont fiers de « démontrer que c’est possible ». Avec l’aide des équipes locales, malgré « l’imagerie qui disparaît en pleine intervention quand le courant saute », « les coupures d’eau » et les « incalculables contrôles d’identité » dans les couloirs. Sous leur bistouri, des blessures par balle à gommer, d’« énormes tumeurs » à extraire, mais surtout des « malformations qui ne devraient pas exister, même à Gaza », se désole le praticien. « Simplement parce que ces gosses n’ont pas accès aux soins ».

Il raconte cette « file d’attente inimaginable » à l’entrée du bloc. Ces gens venus de très loin, « parfois à dos d’âne », « qui pleurent dans vos bras et vous demandent de rester un jour de plus ». Les impacts de balles sur leur voiture, les immeubles effondrés. « Je ne me rendais pas compte que ça allait aussi loin », admet Quentin Qassemyar.

De retour à son poste, aujourd’hui à Villejuif, avouant un « pincement au cœur », il n’oubliera pas ce « peuple adorable » qui l’a tant ému. Il promet déjà de repartir, bien que « les formalités administratives prennent des mois ». « Parce que ces gamins, je ne vois pas comment ils peuvent s’en sortir... »
Le Parisien - 30 janvier 2017

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* Message du docteur Yaghi, de la Société médicale et aide sociale de Palestine à Gaza