Le Trio Joubran à Arles le 13 juillet 2018

Le Trio Joubran en concert :
Vendredi 13 juillet à 19h30 dans le cadre des Suds à Arles
tarif : entre 23 et 34 euros

Les ouds de Samir, Wissam et Adnan Joubran et les percussions de Youssef Hbeisch laissent leurs subtils maqâms planer à l’ombre des mots du Poète disparu Mahmoud Darwich, avant de nous donner à découvrir des titres de leur futur album…

Mais aussi en Adnan JOUBRAN animera un stage de Oud
9h30 à 12h30 du mercredi 11 au vendredi 13 juillet

À l’écoute les uns des autres, composer et interpréter un morceau collectif : tel est l’objectif de ce stage de niveaux avancé et professionnel. Guidé par l’un des plus grands oudistes international, vous approfondirez vos techniques de jeu, d’écoute et de composition, tout en explorant l’art de la performance et de l’improvisation. Attentif au niveau de chaque participant, Adnan Joubran adaptera les exercices et techniques aux besoins de chacun.Niveaux avancé et professionnel - prix 150 euros

Tarif du stage 150 euros. Tarif réduit : accessible au panier sur présentation d’un justificatif (étudiants, jeunes de – 18 ans, bénéficiaires de minima sociaux (RSA), détenteurs de la carte AAH, élèves des structures partenaires.)
Formation professionnelle : 200€
Inscription auprès d’Alice Lionet :
stages@suds-arles.com / 04 90 96 06 27
Limité à 12 personnes

Contact : les Suds à Arles


Notre article du 1er novembre 2017

Ils étaient faits pour se rencontrer et jouer à l’unisson, dans une belle harmonie d’accords s’élevant au-dessus du concert de l’hypocrisie internationale qui étouffe la critique d’Israël, jugée discordante, Roger Waters, le légendaire bassiste des Pink Floyd et ardent militant pro-palestinien, va prochainement conjuguer son talent à celui de trois virtuoses de l’oud, érigés au rang d’ambassadeurs de la Palestine sur la vaste scène musicale mondiale : le Trio Joubran, composé de Samir, Wissan et Adnan Joubran, trois frères inséparables, héritiers d’une longue lignée de luthiers et oudistes palestiniens.

La défense et la diffusion de la culture palestinienne chevillées au cœur, le trio qui s’est formé en 2004 autour de l’aîné de la fratrie et leader incontesté du groupe, Samir, fort de sa carrière de soliste entamée quelques années plus tôt, est au sommet de son art.

Ovationnés partout où ils se produisent, les trois frères qui se partagent entre Nazareth, leur ville natale, Ramallah et Paris, entre deux représentations données aux quatre coins du globe, se sont imposés en l’espace d’une décennie comme les meilleurs représentants de leur pays à l’extérieur, loin du joug israélien qui l’opprime depuis plus de 70 ans, et les promoteurs les plus flamboyants de la musique médiévale palestinienne.


En s’adjoignant l’extraordinaire dextérité de Roger Waters, l’un des rares artistes de renom à appeler au boycott d’Israël sous les feux des projecteurs, avec une remarquable constance et sans craindre de troquer son habit de lumière pour celui d’artiste maudit, le Trio Joubran se transformera en un quatuor d’exception qui jouera la même partition, en laissant une place à l’improvisation mélodieuse.

De cette collaboration artistique naissante, qui ne pourra être qu’euphonique et fructueuse, n’émanera aucune fausse note et surtout pas celle, aussi grinçante qu’entêtante, de la désinformation pernicieuse qui pare de toutes les vertus la cruauté du régime d’apartheid israélien.

Le Trio Joubran sur scène en 2012


Notre article d’avril 2017

Paris gagné pour Adnan Joubran. Le jeune oudiste palestinien n’a aucun album neuf à défendre depuis le délicat Borders Behind, paru en 2014, mais il réussit à remplir l’auditorium de l’Institut du monde arabe (IMA), à Paris, samedi 18 février. Pour donner des ailes à son univers musical décloisonné, il s’est entouré d’un quartette idoine : Prabhu Edouard (tabla et autres percussions indiennes), Valentin Moussou (violoncelle) – tous les deux sur l’album –, Sylvain Barou (flûtes et duduk), Habib Meftah (percussions et voix, bouleversante, sur quelques trop courtes minutes).

L’idée, nous racontait Adnan Joubran, au moment de la sortie de cet album, est de tracer un trait d’union entre sa propre identité musicale orientale, l’lnde et le flamenco, jouant sur « les connexions qu’il pouvait y avoir entre ces trois cultures ».

Ceux qui l’entourent sur scène, à l’IMA, ont avec lui en partage cet esprit musical ouvert. Le joueur de tabla Prabhu Edouard, par exemple, qui a travaillé avec Nguyên
Lê et Jordi Savall, a sorti, fin 2016, un bel album plaidant dans ce sens (Kôlam/Lokanga – Rue Stendhal). C’est lui qui a présenté le talentueux flûtiste breton Sylvain Barou à Adnan Joubran. A l’IMA, la famille a fait le déplacement. Sa femme et son enfant (venus de Londres, où le musicien s’est installé depuis deux ans et demi), ses grands frères, Samir et Wissam, aussi. Ce sont eux qui l’on fait naître une seconde fois quand ils l’ont appelé, en 2004, à quitter le cocon familial en Palestine, pour rejoindre leur duo, à Paris. Il avait 19 ans, la trouille au ventre à l’idée de jouer en public, ignorait encore qu’une voie royale s’ouvrait devant lui.

Histoire de famille

Le trio Joubran, trois frangins joueurs de luth oriental, originaires de Nazareth, en Galilée, allait vite acquérir une popularité internationale, se produisant sur des scènes prestigieuses (le Carnegie Hall, à New York, la Salle Pleyel, l’Olympia et le Théâtre des Champs-Elysées, à Paris), tissant des liens de connivence avec le poète Mahmoud Darwich (1941-2008) – à qui ils rendront hommage dans un album (A l’ombre des mots) –, se rapprochant de cinéastes, de musiciens de tous horizons, de
chorégraphes.

« Hier, nous étions en Allemagne, avec une compagnie de danse contemporaine, raconte le musicien. Et lundi, nous entrons en studio pour enregistrer notre prochain album, prévu début 2018, avec Renaud Letang. » Un réalisateur artistique connu pour son travail, entre autres avec Keren Ann, Gonzales, Franz Ferdinand, Luz Casal, Manu Chao et Feist. Des invités, « des surprises », seront de l’aventure, nous confie, les yeux brillants de gourmandise, Adnan Joubran, avant de monter sur la scène de l’IMA. Une scène qu’il connaît pour s’y être déjà produit avec ses frères, « le Trio », comme il dit, et dont il parle toujours avec abondance. « Au-dessus de mes projets personnels, l’essentiel pour moi, c’est le Trio.

Je ne peux pas vivre sans. Il y a un attachement au-delà de la musique que l’on crée et joue ensemble. C’est notre histoire de famille. Samir vit à Ramallah, Wissam à Paris, moi à Londres. Le Trio nous permet de nous retrouver. » Borders Behind, c’est comme un projet périphérique, admet le musicien. Il a mis trois années à le concevoir et, s’il a déjà des idées en tête pour un prochain disque, rien ne presse.
Borders Behind, de Adnan Joubran 1 CD Randana-World Village/Harmonia Mundi.

Patrick Labesse
Journaliste au Monde

le site du trio Joubran

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