Banksy : une nouvelle action de solidarité avec la Palestine

L’artiste britannique Banksy est aussi connu pour son art que pour ses prises de positions. Après avoir dénoncé la spéculation du marché de l’art en vendant une toile qui s’est auto-détruite, son dernier coup est un peu plus politique.

Sur le stand de la Palestine au World Travel Market de Londres (un salon international de l’industrie du voyage et non de l’art), il a fait distribuer les 6 et 7 novembre par ses représentants , 1000 affiches pour sensibiliser les visiteurs à la situation du pays.

Comme, il l’explique sur un post Instagram, il a peint une réplique de la barrière de séparation entre Israël et Palestine pour faire la promotion de son Walled Off Hotel, installé à Bethléem et qui donne sur le mur de séparation construit par Israël en Cisjordanie. Il a créé un pastiche de carte postale vintage avec la mention ironique :

Visitez la Palestine historique. L’armée israélienne a tellement aimé qu’elle n’est jamais partie !

Pour obtenir la précieuse affiche, Banksy a demandé de s’inscrire gratuitement sur internet et de se faire passer pour un agent de voyage. Ou sinon, plus simplement, tu peux la téléchargerici !

source : mouv.fr


Notre article de novembre 2017

Le street artist a célébré à sa manière le centenaire de la déclaration, première étape de la création de l’État d’Israël, en organisant mercredi une mise en scène surréaliste devant son hôtel en Cisjordanie.

Devant son hôtel en Cisjordanie occupée, l’artiste de rue britannique Banksy a organisé mercredi une drôle de « cérémonie d’excuses ». Le but de l’événement étant de détourner le centenaire de la déclaration Balfour, signée le 2 novembre 1917, qui a ouvert la voie à la création de l’État d’Israël.

Dans une mise en scène surréaliste et sarcastique, une cinquantaine d’enfants palestiniens ont été reçus pour prendre le thé avec une actrice déguisée en reine d’Angleterre. Derrière eux, sur le mur de séparation israélien qui traverse la Cisjordanie, le mot sorry (désolé) a été gravé en dessous des initiales ER pour Elizabeth Regina.

Il y a cent ans, jour pour jour, le gouvernement britannique, par la voix du secrétaire d’État aux Affaires étrangères Arthur Balfour, déclarait qu’il considérait « favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif ».
Au pied du mur de séparation israélien qui coupe la Cisjordanie, les excuses de la reine d’Angleterre mises en scène par le street artist britannique.

Ce centenaire est célébré en Israël, où ce texte est considéré comme un acte ayant encouragé les Juifs à émigrer vers la terre de leurs ancêtres et préfiguré la création de l’État hébreu en 1948. Pour les Palestiniens, en revanche, la déclaration marque le début de l’occupation qui a conduit des centaines de milliers d’entre eux à abandonner leurs maisons lors de la guerre ayant abouti à la création d’Israël et qui s’est poursuivie jusqu’à aujourd’hui.

« Ce conflit a causé tant de souffrances de tous les côtés. Je ne pensais pas qu’il était approprié de “célébrer” le rôle britannique dans ce conflit », a déclaré Banksy dans un communiqué. « Les Britanniques n’ont pas bien géré les choses ici. Quand vous organisez un mariage, il est préférable de s’assurer que la mariée n’est pas déjà mariée », ajoute-t-il.

Le gouvernement britannique a déclaré qu’il marquerait « avec fierté » l’anniversaire jeudi, en présence du premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou, invité à participer à un dîner à Londres avec son homologue britannique Theresa May.
Banksy a ouvert en mars l’hôtel Walled-Off près de Bethléem, avec toutes les chambres donnant directement sur le mur de séparation israélien. L’artiste protège de près son identité et il a été dit qu’il n’était pas présent mercredi pour la cérémonie d’excuses. C’est « une commémoration de la désastreuse déclaration Balfour qui a engendré une catastrophe pour le peuple palestinien et le Moyen Orient », a pour sa part déclaré le gérant de l’hôtel Wissam Salsaa.

source AFP/Le Figaro/AFPS


Notre article du 6 mars 2017
Envie de passer les vacances dans une chambre donnant directement sur le mur de séparation entre Israël et les Territoires palestiniens ? Révélée dans un premier temps par le quotidien britannique The Guardian, la dernière œuvre de Banksy n’est rien de moins qu’un hôtel à touristes dans l’une des zones les plus contestées du monde.

« Hotel Walled-Off » est à l’image de toute l’œuvre de Banksy transfigurant poétiquement la réalité, avec ses chambres donnant directement sur la barrière de sécurité.

Walled-Off joue sur le nom d’une chaîne d’hôtels de luxe et « walled off », « coupé par le mur » en anglais.

« La pire vue du monde », a expliqué Banksy à une journaliste du Guardian pour décrire le mur de séparation barricadant les fenêtres de cet hôtel. Le mystérieux artiste de rue britannique Banksy a révélé vendredi à Bethléem sa nouvelle création dans les Territoires palestiniens, un hôtel jouxtant le mur de sécurité construit par Israël. Hotel Walled-Off est à l’image de toute l’œuvre de Banksy transfigurant poétiquement la réalité, avec ses chambres donnant directement sur le fameux mur, l’une des matérialisations les plus emblématiques d’un conflit vieux de presque 70 ans. Walled-Off joue sur le nom d’une chaîne d’hôtels de luxe et « walled off », « coupé par le mur » en anglais.

Bientôt en location ?

Des porte-parole de l’artiste soulignent que l’hôtel n’est pas seulement une œuvre d’art, mais que ses neuf chambres sont appelées à être louées ultérieurement. Banksy, dont ni l’identité ni le visage ne sont connus, n’était pas présent, laissant d’autres parler pour lui après coup. Les conflits, le mur et les Territoires palestiniens sont une source d’inspiration pour Banksy, rendu célèbre par ses peintures anonymes au pochoir dans l’espace public.

Une grande partie de la ville de Bethléem vit à l’ombre du mur. Israël a commencé en 2002 la construction de cette barrière, composée à cet endroit de blocs de béton de plusieurs mètres de haut, pour se protéger des incursions de Cisjordanie occupée en pleine vague d’attentats palestiniens au cours de la deuxième intifada. Achevée aux deux tiers, la barrière, alternant tronçons en béton et clôtures, doit atteindre à terme environ 712 km, selon l’ONU. Empiétant à 85 % en Cisjordanie, elle est pour les Palestiniens l’un des symboles les plus honnis de l’occupation israélienne. Du côté palestinien, le mur est à la fois un lieu de protestation habituel et un terrain d’expression politico-artistique. Les fresques qui le recouvrent par endroits en font une attraction.

Banksy, pro-palestinien convaincu

Banksy s’était déjà rendu à Bethléem en 2007, laissant derrière lui un certain nombre de graffitis, dont une fillette en robe fouillant au corps un soldat les bras en l’air, son fusil posé à côté de lui. Accompagné d’une quinzaine d’autres artistes, il avait séjourné en secret dans la ville où la tradition chrétienne fait naître le Christ et avait exposé ses œuvres dans une galerie éphémère installée sur la place principale, face à l’église de la Nativité.

Les profits avaient été reversés à des œuvres caritatives pour les enfants et les hôpitaux palestiniens. Certaines de ses peintures avaient atteint des centaines de milliers de dollars aux enchères. En 2005, il avait peint neuf pochoirs sur le mur. Il avait alors affirmé que le mur, appelé « barrière de sécurité » par Israël et « mur de l’apartheid » par les Palestiniens, était illégal. Le mur « est la destination touristique ultime pour les graffiteurs », disait-il.

Ses pochoirs - dont une échelle posée sur le mur, une petite fille emportée par des ballons et une fenêtre s’ouvrant sur un paisible paysage montagneux - voulaient mettre en évidence l’impact du mur sur la vie des Palestiniens. En 2015, il serait entré secrètement par un tunnel dans la bande de Gaza recluse pour peindre trois œuvres sur les murs de l’enclave palestinienne dévastée l’année précédente par une nouvelle guerre.

source : le Point et AFP

Voir le diaporama sur le site de France Info

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