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Si vous recevez cette lettre c’est qu’Israël a décidé de poursuivre sa démarche de punition collective.....

mercredi 26 avril 2017

Lettre de Marwan Barghouthi, parlementaire et dirigeant palestinien incarcéré, à ses collègues parlementaires du monde entier, à propos de la grève de la faim pour la « Liberté et Dignité ».

Mesdames et messieurs les parlementaires, chers collègues, chers amis,

Si vous recevez cette lettre c’est qu’Israël a décidé de poursuivre sa démarche de punition collective illégale et de provocation à l’encontre des prisonniers palestiniens plutôt que de répondre à leurs demandes légitimes. Cela veut dire que j’ai été encore une fois placé à l’isolement comme mes camarades grévistes de la faim. Pourtant on ne nous fera pas taire ni nous soumettre.

La grève de la faim est une action légitime et non violente pour protester, en tant que prisonniers, contre les violations de nos droits humains fondamentaux tels qu’ils sont garantis par le droit international.

Les prisonniers palestiniens sont certes aux mains de la puissance occupante, et c’est bien pour cela qu’ils sont protégés par le droit humanitaire international, mais ils ne sont pas impuissants. Nous nous sommes résolus à cette grève après des mois d’efforts pour faire entendre nos revendications légitimes. Ces exigences sont liées aux arrestations arbitraires de masse, à la torture et aux mauvais traitements, aux mesures punitives contre les prisonniers, à la négligence médicale délibérée, aux visites et au contact avec nos familles, tous ceux que nous aimons, et aussi à l’éducation. Il s’agit là des droits humains les plus élémentaires.

Chers collègues, chers amis,

je salue la solidarité que vous manifestez avec vos collègues palestiniens emprisonnés et le soutien vigoureux de parlements de par le monde aux droits du peuple palestinien, y compris le droit à l’auto-détermination, à la fin de l’occupation et à l’établissement d’une paix juste et durable sur la base du droit international.

Je fus le premier parlementaire à être arrêté, en 2002. Depuis, Israël a arrêté 70 parlementaires - plus de la moitié du Conseil législatif, le parlement palestinien- et 13 d’entre eux restent détenus à ce jour. Ceci est une insulte aux parlementaires partout dans le monde, à la démocratie et aux droits de l’Homme partout dans le monde. C’est une insulte à la liberté et la justice et il faut y répondre. Le sort infligé aux parlementaires palestiniens reflète le sort du peuple qu’ils représentent. En 50 ans la puissance occupante, Israël, a arrêté des centaines de milliers de Palestiniens, ce qui équivaut à 40 % de la population masculine du Territoire palestinien occupé. 6500 croupissent aujourd’hui dans les prisons israéliennes. Aux yeux d’Israël nous sommes tous coupables et l’accusation non déclarée c’est notre désir de liberté, notre soif de liberté, notre sacrifice pour la liberté.

Les lois israéliennes autorisent le colonialisme, les punitions collectives, la discrimination et l’apartheid. Ceux qui votent en faveur de ces lois doivent être tenus pour responsables, il me semble. Certains députés israéliens ont recommandé que l’on nous arrête. Ils sont aujourd’hui à vos côtés alors que nous, nous ne le pouvons pas.

Quant aux tribunaux israéliens, ils font intégralement partie de l’occupation coloniale et militaire qui vise à annexer notre terre et à déraciner et déplacer encore une fois notre peuple. Dans les tribunaux militaires israéliens, le taux de condamnation des Palestiniens a varié entre 90% et 99% ces dernières années ! Je le redis : nous avons là un système d’apartheid judiciaire qui criminalise l’existence et la résistance des Palestiniens, tandis que les Israéliens qui commettent des crimes contre les Palestiniens demeurent impunis.

J’ai été condamné par l’un de ces tribunaux illégitimes. J’ai refusé de reconnaître ce tribunal, d’autant plus que je suis un élu du peuple occupé. Les tribunaux de la puissance occupante m’ont condamné pour terrorisme à 5 fois la perpétuité plus 40 ans, lors de ce procès que les observateurs internationaux ont unanimement dénoncé comme un tribunal spectacle. Pas un seul pays n’a accepté ce verdict. Au cours de l’histoire, dans le monde entier, cela a été le sort des dirigeants des luttes de libération nationale. Le procès de Rivona où Mandela fut condamné à la prison à vie ne le rendit pas moins légitime et son combat non plus. Il ne fit que délégitimer davantage le régime d’apartheid qui le poursuivait.

C’est pourquoi le compagnon de Mandela, l’icône anti apartheid Ahmed Kathrada, a lancé la « Campagne internationale pour la libération de Marwan Barghouthi et tous les prisonniers palestiniens », comme il avait lancé la « Campagne pour la libération de Mandela » avant de passer lui même 26 ans dans les prisons de l’apartheid.

C’est pour cela qu’il a lancé la campagne depuis la cellule de Nelson Mandela à Robben Island. C’est pour cela que 8 Prix Nobel, 120 gouvernements et des centaines de parlementaires, des dirigeants, des universitaires, des artistes, des intellectuels et des organisations de la société civile ont rejoint cette campagne. C’est pour cela que deux Prix Nobel, des parlements et des parlementaires m’ont nominé pour le prix Nobel de la paix, en soutien au combat pour la liberté du peuple palestinien.

Les prisonniers palestiniens ont toujours eu à subir l’injustice et la violation de leurs droits. Mais ces dernières années les autorités d’occupation israéliennes les ont même privés des droits acquis lors de précédentes grèves de la faim. C’est une escalade punitive et les mesures inhumaines prises à l’encontre des prisonniers et leurs proches ne peuvent rester sans réponse. Nous avons décidé de lancer cette grève de la faim parce que nous n’avions pas d’autre choix. Les Palestiniens souffrent et font des sacrifices afin de pouvoir jouir des droits qui sont les leurs mais dont ils sont privés. Les prisonniers palestiniens ne font pas exception à la règle.

Nous avons appelé cette grève « Liberté et Dignité ». Ces mots résonnent jusqu’au cœur et dans les cœurs de notre nation qui se bat depuis 70 ans pour qu’ils adviennent. Ce sont des mots qui résonnent aussi dans le monde, car ils font partie de notre histoire universelle et du combat contre toutes les formes d’oppression et de servitude. Ce sont ces valeurs qui sont au cœur même de l’humanité et qui sont indispensables pour que la paix advienne. Aucune paix n’est possible entre l’oppresseur et l’opprimé car oppression et paix s’excluent l’une l’autre. Il n’existe pas de paix entre le prisonnier et son geôlier. Le chemin vers la paix, c’est la liberté.

J’en appelle à vous. Parlez pour ceux qu’Israël veut réduire au silence. Je vous demande d’apporter votre soutien à ceux qui sont jetés dans de lugubres cellules pour y être oubliés. Je vous demande d’ appuyer les demandes légitimes du mouvement des prisonniers palestiniens et de défendre le droit international. Je vous demande de soutenir la liberté et la dignité du peuple palestinien afin que la paix puisse prévaloir.

Certains pensent peut-être que c’est la fin de l’histoire et que je mourrai ici, dans ma cellule, en isolement. Mais je sais, même dans cette solitude qui m’est imposée, que nous ne sommes pas seuls. Je sais que des millions de Palestiniens et bien d’autres millions de gens dans le monde sont à nos côtés. Nous nous retrouverons bientôt, libres.

Traduction Campagne française pour la libération de Marwan Barghouthi et de tous les prisonniers palestiniens

Nos actions :

Plus de 1.500 prisonniers politiques palestiniens détenus par l’occupant israélien ont entamé à l’aube une nouvelle grève de la faim illimitée. Combien de souffrance pour tenter d’obtenir des droits minimaux : santé, visite de la famille sans restriction, arrêt de la détention à l’isolement qui rend fou, fin de la détention administrative sans accusation ni procès.

Nous avons diffusé des tracts sur l’ignominie des prisons israéliennes le samedi 15 avril au métro Réformés à Marseille, nous avons reçu un bon accueil des marseillais et des touristes.

Lundi 17 avril, une quinzaine de militants, BDS, Palestine 13 et UJFP, se sont retrouvés pour une déambulation sur le Vieux Port, certains ont choisi de jeuner en solidarité : le matériel est distribué, panneaux et tracts expliquant la situation des prisonniers, détails sur le soutien à la répression, à l’occupation apporté par l’entreprise Hewlett Packard, et court texte en anglais, espagnol et italien annonçant la grève de la faim à destination des nombreux touristes qui lézardent sur l’esplanade et le long des quais.

L’accueil est souvent chaleureux, aucune agression, parfois de l’indifférence ou de l’incompréhension liée à la langue : lorsqu’ils ont lieu (souvent) les échanges sont agréables, on tente le dialogue dans toutes les langues lorsque les interlocuteurs sont grecs, turcs, allemands ou russes, beaucoup plus facile lorsque ce sont des croisiéristes pratiquant l’espagnol ou l’italien.

Pouces levés, remerciements, solidarité, soutien, Palestina, Palestine …… deux heures fortes, solidaires et la détermination de continuer tout au long de cette grève à soutenir les prisonniers en lutte. 450 tracts ont été distribués ainsi qu’une synthèse de quelques lignes en plusieurs langues.

Mardi 25 avril, nous avons écrit à nos députés et sénateurs, ainsi qu’au Président de la République, afin qu’ils interviennent auprès d’Israël, nous vous tiendrons informés de leurs réponses.

et encore
* Interpellons nos gouvernants pour qu’ils fassent respecter par leur allié israélien les conventions qu’ils ont signées, dont la Quatrième Convention de Genève. (Jean-Marc AYRAULT - Ministère des Affaires Etrangères : 37 quai d’Orsay - 75700 Paris SP 07. Tél : 01 43 17 53 53

* Envoyons un mail ou un courrier au Comité International de la Croix Rouge (CICR) qui a supprimé aux prisonniers palestiniens une des deux visites mensuelles auxquelles ils avaient droit, et exigeons qu’elle soit rétablie, comme le demandent les grévistes de la faim : President Peter Maurer : https://www.icrc.org/fr/contact#headquarters Adresse postale : 19 Avenue de la Paix - 1202 Genève. Suisse - Tél : +41 22 734 60 01 - Fax :+41 22 733 20 57.

* Intervenons partout où nous allons pour informer un maximum de monde sur les conditions de détention des prisonniers politiques palestiniens

* Faisons un don pour que l’association de défense des enfants palestiniens emprisonnés, DCI Palestine, puisse assurer leur prise en charge juridique. Ils sont 300 en détention et leur nombre ne cesse de croître : http://www.europalestine.com/spip.php?article12765

* Participons à la campagne internationale de boycott et de désinvestissement contre HP (Hewlett Packard) qui fournit des services aux prisons israéliennes (ainsi qu’à l’armée d’occupation, aux checkpoints, comme à Gaza). Consommons éthique et faisons passer le mot.


Notre article du 17 avril
En Palestine, le 17 Avril de chaque année, les Palestiniens célèbrent, avec le soutien des associations solidaires de beaucoup de pays, la Journée du prisonnier, exprimant ainsi le combat qu’ils mènent pour la liberté de leurs fils et filles détenu-e-s dans les geôles de l’armée d’occupation israélienne. Cette année, le 17 avril 2017, les prisonniers politiques palestiniens vont commencer une grève de la faim illimitée pour leurs droits de visites et pour les soins médicaux, et ce pour que leur droits de visite

La prison, un outil de domination pour Israël from plateforme palestine on Vimeo.

Israël utilise son système carcéral afin de dominer la population palestinienne et la punir en cas de résistance. Pour cela, l’armée israélienne se sert notamment de la « détention administrative », qui lui permet d’emprisonner un individu pour une période de 6 mois maximum, mais renouvelable, sans chef d’accusation clair ni procès. Aujourd’hui 7 000 Palestiniens, hommes, femmes et enfants, sont incarcérés par Israël. Rencontre sur ce thème avec Shawan Jabarin, directeur général d’Al-Haq, l’une des plus importantes ONG palestiniennes de défense des droits de l’Homme.

Le directeur du Comité palestinien pour les Affaires des Prisonniers Issa Qaraqe a appelé les membres de toutes les factions palestiniennes incarcérés dans les prisons israéliennes à se joindre à la grève de la faim de masse, qui doit commencer lundi 17 avril, Journée du prisonnier palestinien.

C’est le mouvement Fatah qui est à l’origine de l’appel et tous les prisonniers affiliés au Fatah se sont engagés à faire la grève de la faim, conduite par le dirigeant Fatah emprisonné Marwan Barghouthi.

Dima al-Wawi, 12 ans, dans les bras de son père son père après avoir été libérée d’une prison israélienne après 75 jours de détention, le 24 avril 2016 - Photo : ActiveStills/Oren Ziv

Appel à la grève de la faim de tous les prisonniers palestiniens le lundi 17 avril

Lire les revendications majeures de ces prisonniers sur le site de l’Agence Média Palestine

Qaraqe a dit que les prisonniers affiliés au Fatah représentent 65 pour cent de tous les prisonniers détenus par Israël. Selon le groupe pour les droits des prisonniers Addameer, ll y a actuellement 6.500 prisonniers palestiniens dans les geôles israéliennes.

La déclaration du comité indique que Qaraqe a appelé toutes les factions à rejoindre la grève de la faim, pour consolider « une véritable unité nationale pour s’opposer aux procédures et aux pratiques de l’administration carcérale et du gouvernement d’Israël. »

Après l’annonce de la grève de la faim, un fonctionnaire du service pénitentiaire israélien a dit qu’ils ne répondraient à aucune revendication des prisonniers, tandis que Israël TV a rapporté que les services israéliens de sécurité avaient exprimé leur crainte d’un « effondrement des conditions sécuritaires » dans les prisons pendant la grève.

Pendant ce temps, la chaîne 2 d’Israël a rapport le ministre israélien de la Sécurité publique Gilad Erdan a ordonné l’installation d’un hôpital militaire pour faire en sorte que les prisonniers palestiniens en grève de la faim ne soient pas transférés dans des hôpitaux civils – qui ont jusqu’à maintenant refuser d’alimenter de force les prisonniers grévistes de la faim.

Alors que la Cour suprême israélienne a récemment décidé que l’alimentation forcée des prisonniers en grève était constitutionnelle, des médecins israéliens se sont rangés du côté de l’éthique médicale acceptée au plan international qui considère cette pratique comme une forme de torture.

Le réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens Samidoun a averti qu’il était « hautement possible » que la proposition d’un hôpital de campagne d’Erdan « soit une tentative d’imposer une alimentation forcée de masse aux prisonniers palestiniens en dehors du cadre médical civil. »

Les prisonniers protestent contre leurs conditions de détention, la surpopulation carcérale et le manque d’accès aux services de base qui a conduit à la propagation de maladies. En plus de cela, ils demandent que les visites familiales soient autorisées et que les prisonniers aient accès aux soins médicaux nécessaires.

Par Middle East Monitor

Appel à action : Agissons pendant le mois des prisonniers palestiniens !

"Addameer, association de défense des prisonniers et des droits de l’Homme appelle les activistes, militants et personnes de conscience à prendre des mesures pour la Journée des Prisonniers Palestiniens le 17 avril afin d’être solidaires de tous les prisonniers politiques palestiniens. Tous les ans, le mois d’avril est considéré comme le mois des prisonniers. Pendant ce mois, le peuple palestinien et les défenseurs de la la justice et de la libération de la Palestine du monde entier font de ce mois l’expression de leur soutien aux prisonniers politiques palestiniens en organisant des événements et des actions pour témoigner de leur solidarité avec les prisonniers palestiniens pour leur liberté."

Lire l’appel à action de l’ONG Addameer sur le site de l’Agence.

Israël doit mettre fin à sa politique « illégale et cruelle » à l’égard des prisonniers

La politique mise en œuvre par Israël depuis des décennies, qui consiste à incarcérer des Palestiniens de Cisjordanie occupée et de Gaza dans des prisons situées en Israël et à les priver des visites régulières de leur famille, est cruelle et constitue une violation flagrante du droit international, a déclaré Amnesty International, alors que des prisonniers s’apprêtent à observer une grève de la faim collective qui doit démarrer le 17 avril, à l’occasion de la Journée des prisonniers palestiniens.

Amnesty International a recueilli les témoignages de membres de familles et de prisonniers palestiniens détenus dans le système carcéral israélien, qui mettent en lumière la souffrance endurée par les familles qui sont parfois privées de la possibilité de voir leurs proches détenus pendant de nombreuses années....

Voir ces entretiens sur le site d’Amnesty International

Le message de Marwan Barghouti (Abou al-Qassam) depuis la prison de Hadarim
A notre peuple dans la patrie et dans les camps et à la diaspora à l’intérieur et à l’extérieur
A nos amis(es) à travers le monde

Je m’adresse a vous aujourd’hui de ma petite cellule d’isolement et du centre de milliers de prisonniers et en leur nom, et parmi les milliers de prisonniers qui ont décidé de livrer la bataille de la liberté et la dignité, la bataille de l’honneur et de l’héroïsme, la bataille de la grève de la faim, pour défendre notre droit à la liberté et la dignité.
Nous allons mener cette grève pour contrer la politique brutale de l’occupation qui se poursuit et s’accroit, l’enlèvement, la torture, le harcèlement, la négligence médicale et les mesures arbitraires et punitives contre les prisonniers et leur famille en les privant de leur droit de visite.
Nous confirmons notre décision de mener cette grève, quels que soient les sacrifices et la souffrance et la douleur, nous sommes fiers d’appartenir à ce peuple, et sommes capables de fermeté, de résistance pour la réalisation de nos droits garantis par le droit et les conventions internationales
Cette bataille coïncide avec la Journée des prisonniers palestiniens, journée qui rappelle que près d’un million de Palestiniens ont été victimes d’arrestations arbitraires, de tortures physiques et psychologiques et d’humiliations de tout genre dans les bastilles de l’occupation.
Votre frère
Marwan Barghouti ( Traduction:Moncef Chahed - AFPS)