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Note de position : Euro-Med avertit d’une détérioration humanitaire inédite à Gaza

vendredi 7 juillet 2017

Genève
L’Observatoire Euro-Méditerranéen pour les droits de l’Homme a averti d’une détérioration brutale et inédite de la situation humanitaire à Gaza qui s’aggrave menaçant la vie des civils et le niveau de la prestation de services basiques, pour les deux millions habitant de la bande de Gaza, assiégée depuis 11 ans par Israël.

Le secteur de la santé fait face à un déficit de 40% des matériaux et des consommables médicaux

Euro-Med a mis en garde, dans la note de position actualisé concernant la situation a la bande de Gaza, que les habitants de Gaza vivent l’une des pires crises qu’ils ont connues depuis le début du siège imposé en 2006, signalant que tous les secteurs vitaux témoignent d’un effondrement sans précédent menaçant des dégâts à long terme. Euro-Med a affirmé que l’aggravation des crises de Gaza vient suite aux restrictions israéliennes sur le mouvement des passages commerciaux, et à la fermeture continue de tous les points de passage vers Gaza, en plus de la crise étouffante du carburant qui s’est empiré, au cours des derniers mois.

Les crises émergentes telles que la réduction des salaires des employés de l’autorité palestinienne représentent une réalité tragique pour des centaines de milliers de personnes, qui dépendent principalement de l’aide humanitaire et des secours, ce qui a frappé le secteur économique d’une manière inédite, poussant des centaines de commerçants et d’entrepreneurs de réduire leurs contributions en raison de la récession économique exacerbée rapidement au cours des derniers mois.

La note de position publié par l’Observatoire Euro-Méditerranéen a traité la réalité du secteur sanitaire à Gaza, surtout que le premier semestre 2017, a enregistré une nette détérioration du secteur de la santé. Les hôpitaux de Gaza ont confronté à une grave pénurie de médicaments et de matériels médicales de base, en raison de la fermeture quasi totale des passages. Les médicaments absents, dans l’entrepôt central des médicaments de Gaza, ont atteint 170 variétés équivalant de 33% du nombre total des variétés de médicaments essentiels, alors qu’environ 37 sur 67 variétés de médicaments de cancer sont inexistants dans les hôpitaux de la bande de Gaza, ce qui signifie que 70% des soins médicaux et des services offerts aux patients atteints de cancer sont arrêté de façon presque totale.

Selon les informations de l’administration générale de la pharmacie de Gaza obtenues par Euro-Med, le secteur de la santé fait face à un déficit de 40% des matériaux et des consommables médicaux.

Euro-Med a confirmé que le manque de médicaments et de fournitures médicales n’est pas le seul défi auquel le secteur de la santé est confronté actuellement, les hôpitaux de Gaza font toujours face à un déficit remarquable des personnels médicaux spécialisés. Le ministère de la Santé à Gaza a besoin chaque an d’employer environ 800 nouveaux employés dans le secteur de la santé et qui sont empêchés de voyager en dehors de la bande de Gaza pour recevoir des formations dans certaines spécialités, provoquant une augmentation du fardeau sur les hôpitaux, contraignant des milliers de patients d’attendre pendant des périodes allant jusqu’à 18 mois pour effectuer une opération chirurgicale urgente, au moment où les deux points de passages (Errez et Rafah) sont fermés la plupart du temps face aux conditions humanitaires et médicales.

Plus de 1000 patients par mois est le nombre des patients qui ont besoin d’être transfère en dehors de la bande de Gaza pour recevoir les traitements médicaux nécessaires, tandis que les autorités israéliennes refusent les transferts médicaux pour près de 50% des patients, selon le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), 20 000 personnes ont été inscrit pour sortir par le passage de Rafah y compris des cas humanitaires et médicaux.
Euro-Med a noté que d’après les déclarations au ministère de la Santé à Gaza, l’Autorité palestinienne refuse la majorité des transferts pour le traitement médical à l’étranger. Ce qui aggrave les conditions sanitaires pour des milliers de patients auxquels les hôpitaux de Gaza sont incapables de leur fournir les services médicaux nécessaires, coutant la vie d’au moins cinq personnes dont trois enfants durant les deux derniers jours en raison du refus de les transformer à l’étranger pour le traitement.

La note de position publié par Euro-Med a révélé que le secteur économique a connu une récession depuis le début du siège imposé sur la bande de Gaza, incluant tous les points de passage économique en général. “Mais, le secteur économique a vécu l’une de ses plus pires situations affectant la population, durant les deux dernières années.”

Selon la note, le taux de chômage a atteint environ 43.2% au cours des premiers mois de 2017 à Gaza, contre 18.7% en Cisjordanie. Par ailleurs, le taux de personnes vivant en dessous du seuil de la pauvreté dans la bande de Gaza a atteint environ 38.8%, un pourcentage doublé deux et demi par rapport à la Cisjordanie.

Suite à la décision de l’Autorité palestinienne au mois d’avril dernier, réduisant 30% du salaire de base de ses employés estimé de 60 mille employés dans la bande de Gaza, la majorité de la population sont maintenant incapables de répondre aux besoins fondamentaux de leur famille, introduisant plus de personnes en dessous du seuil de pauvreté, affaiblissant le pouvoir d’achat de la population et coutant de lourdes pertes aux commerçants. Les restrictions sévères imposées par les autorités israéliennes sur le mouvement des passages ont directement affecté le secteur économique et ont causé l’arrêt des approvisionnements de secours et d’aide humanitaire pour des milliers de personnes à Gaza.

Selon la Chambre de Commerce et d’Industrie de Gaza, le nombre de camions entrants pour fournir les institutions internationales et arabes travaillant dans la bande de Gaza par des secours et l’aide humanitaire, a diminué de 811 camions à 4 175 camions au cours du premier trimestre de cette année, alors que le nombre total des camions entrants a baissé d’environ 10% par rapport à l’année dernière.

La note de position publié par Euro-Med a discuté également de la crise du carburant de Gaza, notant que la centrale électrique s’est arrêté à la mi-Avril dernière, qui fournis le tiers des besoins d’approvisionnement électrique de la bande de Gaza, en raison de la cessation de l’entrée du carburant industriel nécessaire pour le fonctionnement de la seule centrale électrique et après que l’autorité palestinienne a imposé des conditions à l’entrée en augmentant le prélèvement sur la société de distribution d’électricité.

Ce qui a coïncidé avec la panne des lignes égyptiennes qui fournissent de l’électricité aux provinces de Khan Younes et Rafah au sud de Gaza, et avec la fin de la subvention de Qatar alimentant Gaza par le carburant industriel, ce qui a conduit à une grave crise chez les habitants de Gaza, qui reçoivent de manière irrégulière 4 heures d’électricité par jour, arrivant parfois à deux heures seulement. En réponse à l’annonce de l’Autorité palestinienne, le 11 juin, de son intention de réduire 30% du financement mensuel à Israël, le Conseil des ministres israélien a approuvé la décision de réduire l’alimentation électrique à Gaza. La crise de l’électricité affecte directement le fonctionnement des hôpitaux de Gaza qui dépendent principalement des générateurs pour surmonter cette crise, tout en doublant la quantité de carburant nécessaire en raison des troubles des tables d’électricité. Le secteur de la santé à Gaza a besoin chaque mois d’environ 420 – 450 mille litres de diesel pour les générateurs des hôpitaux, ce qui constitue une menace constante pour la vie des centaines de patients ayant besoin de soins de santé continus au sein des hôpitaux.

Du fait du faible approvisionnement de carburant des secteurs vitaux de Gaza, les hôpitaux fonctionnent exclusivement sur les réserves de carburant fournis par l’organisme des Nations unies dans les cas d’urgence.
source :

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C’est seulement à Gaza !
Ziad Medoukh le 2 juillet 2017

C’est seulement à Gaza, une région au bord de la mer, une région méditerranéenne, qui n’a toujours pas le droit encore à un port par décision de l’armée de l’occupation.
C’est seulement à Gaza que la population vit dans une prison à ciel ouvert.

C’est seulement à Gaza, que le nombre d’habitants est en augmentation permanente, malgré les conditions de vie chaotiques, malgré l’interdiction aux malades de se soigner à l’étranger, et malgré la pénurie de médicaments, et la faiblesse des moyens médicaux.
C’est seulement à Gaza, qu’on a le droit à deux heures d’électricité par jour.
C’est seulement à Gaza que les jeunes ne pensent pas à partir et quitter leur région en dépit de toutes les conditions inhumaines sur place.
C’est seulement à Gaza que personne ne dort dans la rue malgré la précarité, et les conditions de vie très dures dans cette région sous blocus.
C’est seulement à Gaza, que le nombre d’étudiants dans les universités et les facultés augmente, et que le nombre d’université s’accroit , avec 15 grandes universités et facultés qui accueillent plus de 120.000 étudiants , malgré le taux de chômage qui dépasse les 65%, et l’absence de perspectives pour l’avenir.

C’est seulement à Gaza que presque le tiers de la population n’a jamais voyagé.
C’est seulement à Gaza que presque toute la population passe les vacances sur place, à cause de la fermeture des passages.
C’est seulement à Gaza, que le taux de scolarisation dépasse les 93%, en dépit d’une situation catastrophique.
C’est seulement à Gaza qu’on vit encore à côté des ruines des maisons détruites.
C’est seulement à Gaza que les cours se font dans des classes et écoles détruites.
C’est seulement à Gaza qu’on supporte un blocus inhumain qui dure depuis plus de dix ans.
C’est seulement à Gaza, qu’on n’a pas le droit à une liste de 1300 produits qui n’entrent pas dans cette région par ordre militaire de l’occupation.
C’est seulement à Gaza, que quand il y a un bombardement, les habitants avec leur courage se rassemblent sur le lieu du bombardement pour aider les secouristes et les pompiers.
C’est seulement à Gaza que les paysans continuent de cultiver leurs terrains dans les zones tampons et frontalières, malgré la présence et les menaces des soldats de l’occupation.
C’est seulement à Gaza que les pêcheurs continuent de pêcher dans des zones limitées, malgré la présence et les menaces de la marine de l’occupation.
C’est seulement à Gaza, que la moitié de la population vit avec moins de 2 euros par jour.
C’est seulement à Gaza que la population a subi trois offensives militaires en 5 ans.
C’est seulement à Gaza, cette région sur la côte, que les habitants n’ont pas un accès facile à la mer, soit à cause de la présence de la marine de l’occupation, soit à cause de la pollution.
C’est seulement à Gaza que la majorité des fonctionnaires touchent entre 30 et 40 % de leurs salaires et continuent à travailler.
C’est seulement à Gaza qu’une mère de famille se réveille à deux heures du matin quand il y a du courant pour faire fonctionner les appareils électriques.
C’est seulement à Gaza, que les jeunes fréquentent les cafés munis des générateurs pour réviser leurs cours et préparer leurs examens .
C’est seulement à Gaza que des personnes se lèvent à n’importe quel moment, la nuit, quand il y a le courant, pour donner des nouvelles sur la situation sur place et pour témoigner pour le mouvement de solidarité.
C’est seulement à Gaza que la solidarité familiale et l’accueil des étranger se développent malgré la pauvreté et le manque de ressources.
C’est seulement à Gaza, que la population s’accroche à la vie, alors que les voisins plus que les ennemis veulent qu’elle disparaisse.

C’est seulement à Gaza qu’on continue à vivre alors que tous les secteurs vitaux sont paralysés.
C’est seulement à Gaza que la population est toujours debout malgré la crise humanitaire et malgré toutes les mesures atroces de l’occupation.
C’est seulement à Gaza que le sourire des enfants est un acte de résistance !
C’est seulement à Gaza qu’on supporte l’insupportable !
C’est seulement à Gaza qu’on réclame dignité avant nourriture !
C’est seulement à Gaza qu’on résiste pour vivre, et qu’on vit pour résister !
C’est seulement à Gaza qu’on vit l’injustice et le malheur, mais on garde espoir pour l’avenir !