Depuis la prison du Néguev, Salah Hamouri nous adresse un sourire de résistant.

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A mi-peine, il est d’usage de repasser formellement devant le tribunal. Il n’y a rien à en attendre. Mais on notera qu’ils ne parviendront pas à briser son humanité et son sourire. Plus que jamais, alors que les fêtes de fin d’année approchent, liberté pour Salah. Le Président doit agir. Il rencontre Netanyahu début décembre. Il doit régler la question. Ça n’a que trop tardé. Cordialement.
Jean Claude lefort


notre article du 15 novembre 2017

"J’ai ressenti une étrange sensation, lorsque, le 23 août, aux alentours de 4h30, si je me souviens bien, j’étais tiré de mon sommeil par des bruits sourds. Quelqu’un s’acharnait sur la porte de mon appartement et appuyait nerveusement sur la sonnette à répétition. Je me suis dit que je connaissais ce type de vandalisme mais dans les toutes premières secondes, je pensais qu’il s’agissait d’un rêve. Je vis dans un bâtiment de six étages, à Jérusalem-Est. Chaque étage est composé de deux appartements. Les soldats et leur commandant ne savaient exactement dans quel appartement je vivais, alors, ils ont frappé brutalement à chaque porte. J’ai alors eu une pensée pour mes voisins, tous réveillés en plein nuit par les soldats, terrorisant chaque famille, je pouvais entendre des enfants pleurer.

Les soldats n’ont pas cessé de frapper sur ma porte jusqu’à ce que je finisse par ouvrir, encore engourdit par le sommeil. Le premier soldat que j’ai vu portait une cagoule. Je ne pouvais voir que ses yeux remplis de haine. Il m’a alors hurlé dessus, me demandant ma carte d’identité. Après vérification, les soldats présents ont appelé du renfort, en criant qu’ils avaient trouvé la personne qu’ils cherchaient. A la seconde où j’ai compris que la force occupante venait bien pour moi, mon cerveau m’a envoyé un ordre clair : « Une nouvelle bataille commence là pour toi, cet ennemi ne doit pas te vaincre une seule seconde ». Ils m’ont forcé à m’asseoir sur une chaise et trois soldats m’entouraient, leurs armes pointées sur moi. Pendant ce temps-là, leurs collègues ont fouillé tout l’appartement, bouleversant les meubles, les livres, les vêtements… Je les sentais fébriles, ils s’énervaient, ils ne trouvaient rien de ce qu’ils cherchaient dans cet appartement. Le commandant a fini par donner l’ordre de repli. Ils m’ont alors ordonné de m’habiller pour partir avec eux.

En marchant vers la porte d’entrée de mon appartement, avant d’en sortir pour une durée qui m’était inconnue, je fixais la photo de mon fils accrochée au mur. Dans son regard, j’ai puisé de la force pour affronter les durs moments qui m’attendaient. Je l’imaginais me dire « Papa, sois fort, on sera vite réunis tous les trois ». Je lui promettais alors de rester fort et de ne jamais donner l’occasion à cette occupation de nous confisquer notre humanité et de détruire notre vie comme elle s’acharne à le faire. Ils me bandèrent ensuite les yeux et me conduisaient dans une voiture blindée. La marche vers ce nouveau destin commençait. Une marche pénible vers un monde que je ne connais que trop bien. Un monde dans lequel nous devons rester forts, humains et garder notre sourire en toute circonstance. Une nouvelle fois, je suis conduit dans ce véhicule blindé vers l’endroit le plus sombre et le plus misérable pour un être humain : une prison de l’occupant.

En arrivant dans la prison du Neguev, après deux semaines passées dans le centre d’interrogatoire, tout me semblait tristement familier. Je suis rentré dans la section 24, j’ai vite reconnu les visages que j’avais quittés il y a quelques années. Je n’ai pas su quoi leur dire, j’étais soudainement impressionné de les retrouver ici. Parmi eux, certains sont derrière les barreaux depuis plus de quinze ans. Ils me questionnaient et je ne savais pas quoi leur répondre. « Qu’est ce qui est arrivé, pourquoi es-tu là ? ». Je n’avais pas les réponses à leurs questions. Pas plus que je n’arrivais à leur parler de l’extérieur, eux, qui sont là depuis tant d’années. Que faisons-nous pour eux, pendant qu’ils paient le prix de leur lutte ? En les retrouvant, je me demandais si j’avais assez agi pour parler d’eux à l’extérieur. On a ensuite énormément discuté. Un détenu m’a dit « Ah tu es de retour, on va parler de nous en France alors ! ». J’ai réalisé alors que malgré ma nouvelle privation de liberté, je n’avais aucun doute sur le fait que la mobilisation allait se mettre en place en France, c’est un véritable espoir pour moi et pour eux. J’ai pensé à toutes les personnes qui avaient déjà lutté pendant ma première incarcération et depuis, toutes celles et ceux que j’ai rencontrés en France et en Palestine. Aucun doute qu’ils seraient tous à nouveau au rendez-vous pour dénoncer l’injustice qui nous frappe.

Et des éléments que je reçois par fragments, je sais que vous êtes même plus nombreux que la dernière fois ! Des personnalités que j’apprécie, des élu-e-s, des citoyen-ne-s en nombre plus nombreux encore vous vous êtes mobilisés pour dénoncer l’injustice, l’arbitraire et pour exiger ma libération.

Je vous en remercie très sincèrement. Je veux vous dire aussi que je serai digne du soutien que vous m’accordez. On ne marchande pas la liberté même si on la paie parfois très chère. Ce n’est pas une question d’entêtement mais de dignité et de principe : pour la liberté je ne lâcherai rien. Le peuple palestinien, comme tous les autres, ne veut pas vivre à genoux. Et quelle force cela nous procure que de savoir que, vous aussi, vous n’avez pas l’intention de lâcher. Cela, l’occupant ne le mesure pas. Moi je le ressens au fond de moi. Et c’est pourquoi même quand il pleut je pense au soleil qui vient…"

Salah Hamouri
Novembre 2017, prison du Néguev, section 24


notre article du 26 octobre 2017
Le Quai d’Orsay se dit « préoccupé » par le sort du Franco-Palestinien et dénonce « l’utilisation abusive et systématique de la détention administrative ».

C’est la première fois, depuis l’arrestation de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, arbitrairement détenu depuis le 23 août en Israël, que la France prend officiellement position dans cette affaire. « Nous demandons que l’ensemble des droits de Salah Hamouri soient bien respectés et espérons sa libération. Nous demandons aussi que sa famille puisse lui rendre visite », a déclaré hier la porte-parole du Quai d’Orsay, Agnès Romatet-Espagne.

Le but des autorités israéliennes « est clairement de le casser et de le contraindre à l’exil » accuse Elsa Lefort, son épouse. N. Marquès/KR Images

« Préoccupé » par le sort de notre compatriote, le ministère des Affaires étrangères s’étonne de ne disposer d’aucune information sur les charges retenues contre lui. « La France rappelle que l’utilisation abusive et systématique de la détention administrative porte atteinte au droit à un procès équitable et aux droits de la défense », a insisté Agnès Romatet-Espagne.

Il y a quelques semaines, Amnesty International avait dénoncé la « détention arbitraire » de Salah Hamouri, emblématique, selon cette ONG, de « l’usage abusif de la détention administrative, permettant de détenir des suspects indéfiniment sans charges ni procès ». Le 9 octobre dernier, quarante-huit jours après l’arrestation de Salah Hamouri, son épouse, Elsa Lefort, son beau-père, Jean-Claude Lefort, et son avocat français, Me Bérenger Tourné, étaient enfin reçus par un conseiller diplomatique à l’Élysée. Défenseur des droits humains dans les territoires occupés, en particulier à Jérusalem-Est annexée, Salah Hamouri travaille pour l’ONG palestinienne Addameer. Il a déjà passé près de sept ans dans les geôles israéliennes entre 2005 et 2011, Israël l’ayant accusé sans preuves d’avoir projeté l’assassinat du rabbin ultraorthodoxe Ovadia Yossef. Les autorités françaises avaient alors observé, tout au long de sa détention, un silence assourdissant, en contraste avec l’activisme de Paris pour la libération du soldat franco-israélien Gilad Shalit, retenu en otage par le Hamas dans la bande de Gaza. Au terme d’une campagne internationale en faveur de sa libération, Salah Hamouri avait finalement été relâché dans le cadre d’un échange de prisonniers. En lui infligeant à nouveau l’épreuve de la détention arbitraire, le but des autorités israéliennes « est clairement de le casser et de le contraindre à l’exil, car il s’oppose à la politique israélienne », accuse Elsa Lefort.

source : Rosa Moussaoui
Jeudi, 26 Octobre, 2017
L’Humanité


Depuis 2 mois, un avocat français, Maître Salah Hamouri, est en prison en Israël sous le régime de la « détention administrative » sur ordre du ministre de la défense, Avigdor Lieberman. La détention administrative n’étant rien d’autre que l’équivalent des « lettres de cachet », autrement dit l’arbitraire le plus total puisque ni notre compatriote ni ses avocats ne connaissent la raison de cette détention pour 6 mois renouvelables qui est classée sous le sceau du « secret ».

Depuis 2 mois, sa femme Elsa Lefort se bat chaque jour, pied à pied, pour faire savoir auprès de tous, en particulier des autorités françaises et des grands médias, la situation de son mari. Comme pour notre compatriote Lou Bureau détenu arbitrairement en Turquie au motif qu’il aurait été membre d’une « organisation terroriste », elle demande que la France exige sa libération immédiate et sans conditions.

Devant l’absence d’actes nets de notre pays s’est constitué un « Comité de soutien » qui regroupe des milliers de citoyens et des personnalités françaises et étrangères diverses notoirement connues. Des élus de tous les « niveaux » en France et en Europe, des collectivités locales, des ONG, des syndicats, des partis ont pris position pour soutenir la demande de la femme de notre compatriote Salah Hamouri.

Citons parmi ces personnalités étrangères qui soutiennent l’exigence de libération de Salah Hamouri : Richard Falk, Jean Ziegler, Noam Chomsky, Angela Davis, Ken Loach, Brian Eno, Michael Mansfield QC, Roger Waters, Susan George, Pierre Galand et bien d’autres. Citons parmi les ONG internationales et les syndicats français : la CGT, la FSU, Solidaires, Amnesty International, la LDH, la FIDH, le MRAP, le Syndicat des Avocats de France, l’UNEF et bien d’autres.

Malgré ce large rassemblement marqué par le nombre et la qualité des soutiens, force est de constater que les autorités françaises restent dans un cadre silencieux et que les grands médias radiotélévisés ne soufflent mot de cette situation, ce qui est une manière de mettre Salah Hamouri une seconde fois en prison – la prison du silence.

Tout ceci est inacceptable. La liberté est universelle ou elle n’est pas. Le devoir d’agir et de parler pour défendre les Droits de l’Homme est une condition intrinsèque à la démocratie qui s’impose à tous.

Au second mois de détention arbitraire de notre compatriote Salah Hamouri, nous en appelons à la conscience et à la responsabilité de chacune et de chacun.

Le silence face à l’arbitraire est synonyme de complicité.

Un net sursaut s’impose. Nous l’appelons très vivement de nos vœux. La liberté doit être défendue dans chaque pays quel qu’il soit. Plus que jamais nous en appelons aux médias et aux autorités françaises : sortez de votre silence ! Se taire c’est accepter. Et nous ne pouvons en aucun cas l’admettre.


Mise à jour le 16 octobre
La réponse de l’Elysée à l’interpellation de l’AFPS de Gennevilliers pour l’intervention de la France pour Salah (ils ont bien de la chance, nous nous n’avons eu aucune réponse !)

En espérant que ces belles déclarations soient suivies d’effet, nous vous invitons à continuer à écrire au Président de la République et à manifester notre solidarité avec Salah Hamouri


Mise à jour, le 9 octobre 2017
Elsa Lefort, accompagnée de Maître Bérenger Tourné, avocat de Salah en France, et de son père, Jean-Claude Lefort, a été reçue le 9 octobre 2017 par la cellule diplomatique de l’Elysée. Au terme de la rencontre qui a duré 1 h30 elle a fait la déclaration suivante :

« Nous avons bien compris de notre entretien avec la cellule diplomatique de l’Élysée que l’action de la France ne se limiterait pas à la seule protection consulaire mais qu’il s’agit bien d’intervenir pour que cesse la détention arbitraire d’un ressortissant français, en l’occurrence Salah Hamouri. Nous restons donc mobilisés et dans l’attente d’avancées concrètes. »

Continuons à écrire au Président et à manifester notre solidarité avec Salah Hamouri


Plusieurs spécialistes en géopolitique considèrent que le silence du gouvernement français sur l’incarcération de Salah Hamouri, franco-palestinien de 32 ans, arrêté le 23 août dernier à Jérusalem, « n’est qu’un exemple parmi bien d’autres du deux poids deux mesures qui est de mise quand c’est l’Etat d’Israël qui viole les droits de l’Homme et ceux des peuples ».

Salah Hamouri, franco-palestinien de 32 ans, a été arrêté le 23 août dernier à Jérusalem où il est né et où il bénéficie du statut de résident.

« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde » écrivait Albert Camus, et c’est ce qui vient d’être fait dans cette première phrase.

Cette formulation, habituelle dans le discours français, est caractéristique du fait que nous nommons tout ce qui concerne le conflit entre l’Etat d’Israël et le peuple palestinien – qu’on appelle improprement le « conflit israélo-palestinien » – en utilisant le vocabulaire israélien. Pour être exact, il aurait fallu nommer correctement le lieu, à savoir « Jérusalem-Est » afin de ne pas maquiller le fait que cette partie de la ville a été annexée unilatéralement et illégalement par Israël. Quant au statut de « résident » dont les Palestiniens bénéficient il désigne le simple droit de résider dans leur propre ville et celui de voter aux seules élections municipales, mais pas la citoyenneté israélienne. Ces Palestiniens ne sont donc ni Israéliens ni Palestiniens. Ils « résident »…

Dire « Jérusalem » sans autre précision et dire « bénéficier du statut de résident » permettent donc de passer sous silence la réalité : une annexion, une occupation militaire, des habitants tolérés dans une seconde zone juridique sur une base de discrimination ethnique et religieuse.

Dans le cas de Salah Hamouri, détenu depuis un mois, la presse en général et le gouvernement français sont restés silencieux. Etonnant ! Car les conditions de sa détention devraient soulever l’indignation. En langage conforme au discours israélien on écrira : « La justice israélienne l’a condamné à six mois de détention administrative ».

En fait, cette justice qui met en « détention administrative », c’est ni plus ni moins que le même principe que les « lettres de cachet ». Salah Hamouri, comme 400 autres Palestiniens actuellement, est « embastillé » et non pas détenu : pas de jugement contradictoire, pas d’inculpation, pas de preuves, un dossier secret. Et cette peine de 6 mois est renouvelable à l’infini sans avoir à en justifier.

Depuis le 23 août, rien ne permet de penser que le gouvernement français ait agi pour obtenir la libération de Salah Hamouri ou bien il l’aurait fait avec la discrétion et la retenue qui sont de mise quand les violations du droit international sont le fait de l’Etat israélien. Israël n’est tout de même pas la Turquie, le Venezuela ou la Hongrie de Victor Orban… C’est vrai, sauf dans les Territoires palestiniens occupés de Cisjordanie et de Gaza.

Or le cas de Salah Hamouri, notre compatriote, est emblématique de la répression exercée par l’Etat d’Israël et son armée d’occupation contre toute la population palestinienne à commencer par sa jeunesse. Mais en France, on ne parle pas « d’armée d’occupation israélienne ». On dit « Tsahal », un nom bien sympathique qui signifie « armée de défense ». Salah Hamouri a fait sept ans de prison entre 20 et 27 ans, de 2005 à 2011 sur la base d’une accusation que la France a finalement jugée sans fondements, mais elle ne l’a pas défendu pour autant. La France se mobilisait alors uniquement pour Gilad Shalit, soldat de « Tsahal », c’est à dire, en réalité, d’une armée d’occupation qui participait au terrifiant blocus de deux millions de civils.

Capturé par le Hamas à Gaza, Gilad Shalit, soldat israélien (mais pas « soldat franco-israélien » comme on l’a beaucoup écrit) méritait la sollicitude de la France en tant que prisonnier de guerre maltraité. Mais la France n’a jamais défendu les prisonniers politiques palestiniens maltraités détenus injustement et illégalement en Israël, dont, à l’époque, Salah Hamouri faisait partie. En dépit de ses engagements de signataire des conventions internationales, en particulier la 4ème convention de Genève, la France reste silencieuse et inactive face aux emprisonnements, hors du territoire occupé, de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, dont le seul crime est d’exister, et de ce fait de résister là où l’Etat d’Israël veut établir ses colons. Mais un « résistant » palestinien est considéré comme un « terroriste » de même que tous les Palestiniens dès l’âge des premières arrestations : 12 ans.

Aujourd’hui, jeune avocat, Salah Hamouri est persécuté. Depuis un an et demi il est privé du droit de vivre avec son épouse française qui travaillait à Jérusalem dans un service français. Il est privé de son enfant. Sa femme française a été expulsée en janvier 2016 alors qu’elle était enceinte de six mois et l’enfant du jeune couple est né en France. Et le voilà emprisonné sans inculpation, sans jugement contradictoire parce qu’il résiste à l’expulsion déguisée que représente l’interdiction faite à son épouse et à son enfant de vivre à Jérusalem. « Qu’il parte ! Comme tous les Palestiniens de Jérusalem et de Cisjordanie, qui devraient être expulsés en Jordanie ou bien en Egypte et, en attendant, être regroupés dans les enclaves palestiniennes de zone A et B » ! Voilà ce que veulent Avigdor Lieberman et le gouvernement extrémiste israélien, Lieberman qui a signé l’ordre de détention administrative de Salah Hamouri. Mais, si on reprend comme d’habitude le vocabulaire israélien pour évoquer cette expulsion programmée des Palestiniens, on n’emploiera jamais le mot de « déportation » qui est le seul mot juste.

Ne pas défendre Salah Hamouri, accepter que la persécution qu’il subit l’amène un jour à abandonner sa ville natale et ses compatriotes palestiniens pour venir vivre en France – ce qu’il ne fera pas ! – c’est donner son assentiment à la politique d’expulsion menée à Jérusalem et en zone C pour faire place à la colonisation israélienne du pays, achever la conquête, annexer la Cisjordanie. Est-ce la politique de la France ?

Continuer, dans le discours gouvernemental et dans les médias à utiliser le vocabulaire et les formulations martelés par la propagande israélienne, c’est accepter le crime en cours et ceux qui se préparent. S’en faire complice. Cela signifierait que, pour la France, la colonisation n’est pas un crime contre l’humanité partout. Autrefois, en Algérie alors que le concept n’existait pas encore, c’est un tel crime qui avait été perpétré, selon le président de la République. Aujourd’hui, en Palestine colonisée, il semblerait que ce ne soit pas un sujet et que toute mise en cause de cette colonisation-là doive être évitée pour ne pas nuire à nos excellentes relations avec la puissance coloniale, Israël et son « Cher Bibi ».

Le sort qui est fait à Salah Hamouri en France, l’absence de vigoureuse campagne de presse en sa faveur alors qu’Amnesty international, par exemple, s’élève contre le déni de droit dont il est victime, le silence du gouvernement français face à l’expulsion de son épouse et à ses incarcérations n’est qu’un exemple parmi bien d’autres : du deux poids deux mesures qui est de mise quand c’est l’Etat d’Israël qui viole les droits de l’Homme et ceux des peuples. C’est une erreur d’un point de vue intellectuel et politique. C’est une faute contre les valeurs dont la République française se réclame. Les conséquences en politique intérieure et en politique internationale en sont déjà lourdes. Elles le seront plus encore à l’avenir : un tel parjure finit par se retourner contre ses auteurs.

Les signataires :
Monique Cerisier ben Guiga, sénatrice honoraire,
Dominique Vidal, historien et journaliste,
Géraud de la Pradelle, professeur émérite des Universités,
René Backman, journaliste,
Giovanna Tanzarella, militante associative,
Pierre Blanc, universitaire,
Agnès Levallois, consultante,
Jean-Paul Chagnollaud, professeur émérite des Universités.


mardi 26 septembre 2017
Après une multitude de pressions, le conseiller diplomatique de Macron recevra Elsa, l’avocat de Salah et Jean Claude Lefort, rue de l’Elysée... le 9 octobre


Lundi 18 septembre
La nouvelle est tombée : Salah a pris 6 mois de détention administrative, renouvelables, sur ordre du fasciste Lieberman. Un déni de droit absolu !
Aucune charge ne pèse sur lui et il n’a droit à aucun procès. Cette détention peut-être renouvelée tous les six mois sans que les autorités israéliennes n’apportent la moindre preuve d’une quelconque culpabilité.
Dans un silence total des autorités de notre pays. On ne lâche rien ! Liberté !

Ecrire à Salah (pas de coordonnées au dos de l’enveloppe)

Signer la pétition
Ecrire au Consulat général de France à Jérusalem
Ecrire au Ministère des affaires étrangères
Ecrire au Président de la République : En remplissant le formulaire avec comme objet « Français de l’étranger »


Lire le bel article " Salah Hamouri face au silence « pesant » de la France"
de CHLOÉ DEMOULIN
ARTICLE PUBLIÉ LE MARDI 19 SEPTEMBRE 2017

et la réaction d’AMNESTY INTERNATIONAL
Israël/Territoires palestiniens occupés. Un défenseur des droits humains franco-palestinien détenu sans inculpation ni jugement

En réaction à l’information selon laquelle un tribunal israélien a confirmé la détention administrative pour six mois de Salah Hammouri, chercheur de terrain pour l’ONG palestinienne de défense des droits humains Addameer, la directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International, Magdalena Mughrabi, a déclaré :
« La détention arbitraire de Salah Hammouri représente un nouvel exemple du recours abusif par les autorités israéliennes à la détention administrative, afin de détenir des suspects pour une durée indéterminée sans inculpation ni jugement. Au lieu de l’enfermer sans fournir la moindre preuve à son encontre, les autorités
israéliennes doivent l’inculper d’une infraction pénale dûment reconnue ou ordonner sa libération immédiate.
« Depuis 50 ans, Israël a recours à la détention administrative pour éliminer la dissidence pacifique et pour remplacer les procédures pénales. Désormais, les autorités israéliennes semblent l’utiliser pour cibler les militants des droits humains. Elles doivent prendre de toute urgence des mesures pour mettre fin une fois pour
toutes à cette pratique cruelle. »
Salah Hammouri, ressortissant français, est le deuxième employé d’Addameer à être placé en détention administrative. Le coordinateur médias de l’association, Hasan Safadi, est détenu depuis le 10 juin 2016 sans inculpation ni jugement. Cinq autres employés se sont vus interdire de quitter Israël et la Palestine. Membre
du conseil d’administration d’Addameer, Khalida Jarrar a également été placée en détention administrative le 2 juillet 2017.


C’est aujourd’hui dimanche à 14h30 que le Cour de district de Jérusalem va décider la peine exacte (ou non - rêvons un instant) de Salah. Vous serez informés aussitôt que la nouvelle nous parviendra :
Le tribunal s’est réuni à 14 h 30 à huis clos. Au terme de cette réunion le juge a demandé un "temps de réflexion" pour décider. Ce soir ou demain. Sadiques.


ASSEZ ! Combien de rebondissements, de reports, de changements de tactique, de prisons ou de tribunaux, de condamnations provisoires, de nouvelles condamnations, d’annonces de libération ou de mises en détention administrative, d’ordres du ministre de la défense, d’appels du procureur, de décisions provisoires, combien de coups au cœur Salah Hamouri va-t-il devoir encore subir avant que le Président de la République ne réalise qu’il se passe de l’autre côté de la Méditerranée un véritable scandale, un déni de justice, une atteinte aux droits humains élémentaires qui auraient déjà dû attirer son attention depuis le 23 août.

Monsieur le Président, Salah Hamouri n’est pas un jouet à disposition de qui entend se distraire et tester votre silence ! C’est un être humain, un citoyen français, défenseur des droits humains, avocat, père de famille ! Il est tombé dans les griffes d’un pouvoir qui n’a que faire de l’humanité de l’Autre ou du droit international ne serait-ce qu’en ce qui concerne le traitement des prisonniers politiques qui, contre toute notion de droit, remplissent les prisons en Israël.

Cela fait plus de 15 ans que le pouvoir israélien s’acharne sur ce jeune homme franco-palestinien qui, comme c’est son droit le plus élémentaire, refuse d’accepter l’occupation, l’annexion et la colonisation de sa ville, Jérusalem Est, l’occupation et la colonisation de son pays, la Palestine. Comment tolérez-vous qu’un gouvernement étranger, qui a fait du non respect du droit international et des droits humains sa marque de fabrique, traite de cette manière quelqu’un qui est en droit d’attendre de vous protection et fermeté face à son bourreau ?

Cela fait 23 jours que l’armée israélienne, en force, est venue le cueillir dans son sommeil. Depuis 23 jours, il a été entendu 20 minutes en tout et pour tout. Il est ballotté d’une prison à l’autre, d’une cour à l’autre, d’une perspective à l’autre et les échéances sont reportées sans cesse de 2 jours en 2 jours ou de manière incertaine sans qu’aucun fait ne lui soit reproché.

Monsieur le Président de la République, c’est avec force et détermination que nous vous demandons d’agir et de siffler la fin de la partie. Salah Hamouri, c’est tout à son honneur, ne lâche rien sur ce qui pour lui est au dessus de tout : être fidèle à ses idées et au respect du droit. D’autres Français l’ont fait avant lui. En le laissant seul face à ses bourreaux, c’est à l’image de la France que vous portez atteinte. Salah Hamouri ne doit pas rester un jour de plus en prison, c’est de votre responsabilité !

Le Bureau national de l’AFPS - 15 septembre 2017


Des nouvelles de Salah Hamouri
le 14 septembre à 10h30 : Finalement Salah Hamouri est placé en détention administrative. La Cour de district de Jérusalem décidera de sa peine exacte dimanche à 14 h 30 (heure de Paris). Le pire est à craindre....

le 13 septembre : L’audience qui devait se tenir ce jour a été annulée. Le juge de la Haute cour a décidé que Salah passera devant la " District cour" de Jérusalem, ceci la semaine prochaine, sans préciser la raison ni le jour et ni l’heure. Ces manœuvres indignes témoignent d’un acharnement qui tourne au sadisme contre Salah lequel est toujours en prison dans le désert du Néguev. Macron doit agir ! Plus que jamais : haut et fort clamons notre volonté de justice et de liberté. On redouble d’efforts. Ils ne nous aurons pas à l’usure ! Amplifions !


La Marseillaise de ce jour rend compte des deux rassemblements

Deux rassemblements avaient lieu simultanément hier devant la préfecture à Marseille et la sous-préfecture d’Istres.
Depuis l’annonce de son arrestation chez lui à Jerusalem-Est le 23 août, l’indignation grandit et plusieurs comités ont été activés pour exiger sa libération, que beaucoup considèrent comme arbitraire, voire comme du harcèlement. A Martigues et Istres, plusieurs associations, syndicats et partis politiques ont décidé de s’inscrire dans cette démarche en créant le Comité de soutien pour Salah Hamouri Ouest étang de Berre, dont la première action s’est tenue hier devant la sous-préfecture d’Istres. Une délégation a été reçue afin de demander « sa libération complète et inconditionnelle ainsi qu’une protection pour lui et sa famille » auprès de l’Etat français. Au même moment et pour le même motif, un autre rassemblement avait lieu devant la préfecture à Marseille.

Franco-palestinien, Salah Hamouri a déjà connu les geôles israéliennes durant près de 7 ans. La mobilisation autour de lui, déjà importante à l’époque, avait peut-être permis qu’il fasse partie des 1027 prisonniers libérés en échange du soldat franco-israélien Gilad Shalit en 2011. Il décide alors d’entamer des études de droit pour devenir avocat et pouvoir défendre les prisonniers palestiniens : « il y a aujourd’hui 6300 prisonniers politiques dans les prisons israéliennes, dont 450 dans le cadre d’une détention dite "administrative" de 6 mois, renouvelable à l’infini ! Ils peuvent rester en prison des années sans aucun jugement. C’est purement arbitraire » dénonce un des membres du comité. Pour le Mouvement de la Paix, au-delà de Salah Hamouri, « c’est toute la cause palestinienne qui reste au cœur de notre action, comme l’initiative que nous avons mené il y a quelques années, "un bateau pour Gaza" ».
Devant la préfecture de Marseille, au centre le nouveau secrétaire départemental du PCF Jérémy Bacchi au côtés de militants de Palestine13, BDS, UJFP, BDS Marseille, Génération Palestine Marseille....

Pierre Dharréville écrit au président de la République
Le député Pierre Dharréville a interpellé Emmanuel Macron afin qu’il œuvre pour sa libération, alors qu’il subit depuis des mois des pressions incessantes, qu’il est limité dans ses déplacements à Jérusalem, séparé de son épouse et de leur enfant contraints de vivre en France : « à l’arbitraire de l’incarcération s’ajoute une injure à un accord précédemment signé avec la diplomatie française » écrit-il, « de quelle façon notre diplomatie est-elle intervenue pour la libération de Salah Hamouri ? Quelle est la position de l’exécutif ? La France doit user de tous les moyens nécessaires auprès de l’Etat d’Israël pour exiger sa libération. Salah Hamouri ne doit pas passer un seul jour de plus en prison, ni trois mois, ni six mois ».

Pour tous les acteurs du comité, l’intervention des autorités françaises est en effet essentielle, de même que la mobilisation des citoyens : « s’il y a une chose que déteste Israël, c’est la mauvaise publicité. Surtout quand on évoque le sort des prisonniers palestiniens. Donc il faut qu’on se fasse voir, qu’on fasse beaucoup de bruit, c’est la seule chance pour Salah Hamouri ! ». Des pétitions sont lancées sur papier et sur tous les réseaux sociaux.

Nathalie Pioch - La Marseillaise le 14 septembre 2017

A noter, la demande d’audience auprès du cabinet du Préfet a été refusée, un courrier a cependant été déposé, nous vous informerons de la réponse de monsieur Bouillon, Préfet des Bouches du Rhône et de la Région PACA.


Deux rassemblements de soutien à Salah Hamouri sont organisés mercredi 13 septembre à 11h 30 pour témoigner notre solidarité à Salah et pour rappeler fermement à notre gouvernement son devoir d’agir pour sa libération immédiate.

RENDEZ-VOUS :
Mercredi 13 septembre à 11h 30
* devant la Préfecture de Marseille à l’appel d’un collectif de soutien à la Palestine
* devant la sous préfecture d’Istres à l’appel du comité Palestine Ouest Étang de Berre

VENEZ NOMBREUX. FAITES CIRCULER L’INFORMATION


dernière nouvelles : ce mardi 12 septembre 2017
Salah : résultat de l’audience ce jour à Jérusalem :

Le tribunal s’est réuni ce matin à Jérusalem. L’audience s’est tenue à huis clos à la Haute court israélienne. Le verdict est repoussé à la demande du juge à jeudi 14 septembre. Une nouvelle fois, les autorités israéliennes décident de faire traîner la procédure et de laisser Salah Hamouri totalement incertain sur son propre sort. Amplifions la mobilisation, les autorités françaises doivent intervenir et stopper le plus rapidement possible cet acharnement et obtenir la libération de Salah Hamouri !


l’Humanité.fr propose en accès libre et en exclusivité le documentaire de Nadir Dendoune : "L’affaire Salah Hamouri"

Le 23 août dernier, trois jours après avoir obtenu son diplôme d’avocat, Salah Hamouri, un Franco-Palestinien de 32 ans a été une nouvelle fois arrêté par l’armée israélienne à son domicile de Jérusalem. Ce mardi 29 août, un tribunal militaire, illégal au regard du droit international, a décidé de le placer en détention administrative pour une durée de six mois. La détention administrative permet à Israël de maintenir arbitrairement des personnes en prison pendant plusieurs mois renouvelables indéfiniment, sans leur en notifier les raisons.

Ce n’est pas la première fois que Salah Hamouri est incarcéré en Israël. Il a déjà passé près de 7 ans en prison, entre 2005 et 2011, accusé d’avoir projeté l’assassinat d’Ovadia Yossef, alors leader du parti israélien ultra-orthodoxe Shas. Peu de temps avant sa libération, Alain Juppé, alors ministre français des Affaires étrangères avait estimé que le dossier judiciaire de Salah Hamouri était vide.

A l’époque, Nadir Dendoune était journaliste indépendant. Il lui arrivait de travailler pour la télévision publique française. Il s’est rendu compte que ni lui, ni aucun de ses collègues n’avaient entendu parler du cas de Salah Hamouri.

Alors, il a décidé d’aller, muni de sa caméra, à la rencontre de toutes celles et ceux qui ont été concernés par cette affaire. Parmi elles, Denise, la mère de Salah Hamouri,
Patrick Le Hyaric, directeur de L’Humanité, Charles Enderlin, l’ex correspondant de France Télévisions à Jérusalem, Jean-Claude Lefort, ex-président de l’association France Palestine Solidarité et du comité de soutien à Salah Hamouri, l’essayiste Dominique Vidal, Jonathan Curiel, membre du comité de soutien à Gilad Shalit, ou encore Richard Prasquier, ancien président du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF).

Le film de Nadir Dendoune, "L’affaire Salah Hamouri" questionne le faible intérêt des médias pour le cas de ce franco-palestinien. Une interrogation d’autant plus légitime qu’à la même époque, le sort du soldat franco-israélien Gilad Shalit, capturé le 25 juin 2006, à la lisière de la bande de Gaza, par des combattants proches du Hamas, avait fait l’objet d’une intense campagne politique et médiatique pour sa libération. Le président Sarkozy appellera même en 2008 à sa libération, alors que dans le même temps, Salah Hamouri croupissait encore en prison sans procès. Sa mère Denise n’aura jamais droit aux mêmes égards de la part des autorités françaises...

Voir le film sur le site de l’Humanité


Voir aussi
le film d’Eric Biesse, « Salah mon fils, mon frère ».


Le témoignage de son épouse :
Elsa Lefort, l’épouse française de Salah Hamouri. ne peut plus se rendre à Jérusalem depuis son expulsion en 2016 . Pour œuvrer à la défense d’un époux, et envisager une vie à deux, ou plutôt à trois avec leur fils. Elle en appelle aujourd’hui à l’Etat français pour qu’il interpelle le premier ministre israélien afin de libérer ce ressortissant français.


Dans quelles conditions votre époux Salah Hamouri a-t-il été arrêté ?

Cela s’est passé le 23 août dernier au petit matin à son domicile de Jérusalem, où il vit seul étant donné que j’ai été expulsée du pays en 2016 et suis interdite de séjour sur place. Plusieurs véhicules blindés de l’armée israélienne sont arrivés devant son domicile, les militaires sont rentrés pour l’arrêter et l’emmener.

Cette arrestation a dû le ramener plus de 10 ans en arrière et à sa précédente arrestation. Depuis sa libération en 2011, avait-il subi des pressions de la part des autorités israéliennes ?

Oui. A chaque voyage, par exemple, il subit de longs interrogatoires à l’aéroport, avec le risque à chaque fois de rater ses avions. Puis ils le laissent partir. C’est presque devenu la routine... Mais cela tourne parfois à l’acharnement. Régulièrement, les autorités lui interdisaient de se rendre sur les territoires palestiniens de Cisjordanie. Alors que c’est là que se trouve son université. Il se retrouvait coupé de sa vie sociale et universitaire sur un simple coup de téléphone.

Quels sont les motifs invoqués pour justifier ces mesures d’interdiction ?

Aucun ! Ou plutôt si, toujours le même : la sécurité de l’Etat d’Israël. Ce qui est totalement incohérent car si le prétexte est la sécurité de l’État d’Israël pourquoi l’empêcher d’aller en territoires palestiniens ? C’est des citoyens israéliens qu’ils devraient l’éloigner...

Des agissements qui ont des répercussions sur votre vie familiale.

Tout à fait. Nous nous sommes mariés en mai 2014. A l’époque, les autorités israéliennes ont refusé de m’octroyer un visa, alors que j’aurais dû en avoir un, comme toutes les compagnes des Palestiniens vivant à Jérusalem. Ils ont refusé. J’ai pu en obtenir grâce au Consulat de France où je travaillais à Jérusalem. Puis, en 2016, j’ai été expulsée d’Israël. J’avais passé quelques jours en France. Quand je suis rentrée, on m’a mis trois jours en prison, puis on m’a expulsée. Du coup, Salah est actuellement séparé de sa femme et de son fils. On a compris qu’ils nous utilisaient pour obliger Salah à nous rejoindre et quitter le pays.

Quel était, jusqu’à son arrestation du 23 août, le quotidien de Salah Hamouri ?

Après des études de sociologie, il s’était lancé dans des études de Droit et était entré avec succès au Barreau palestinien, trois jours avant son arrestation. Il travaille au côté de l’ONG Addameer, de défense des droits des prisonniers politiques palestiniens.

Depuis son arrestation, avez-vous pu communiquer avec lui ?

Non. Il communique uniquement avec son avocat. Il a reçu une protection consulaire française. Mais il ne peut communiquer directement avec sa famille. Pour les audiences qui ne seront pas à huis-clos, sa famille pourra s’y rendre, mais juste le voir. Pas lui parler.

Comme en 2005, une mobilisation populaire d’organisations de solidarité et politiques se développe en France. Pensez-vous qu’elle puisse faire obtenir la libération de votre époux ?
Oui, cela fait chaud au cœur. Et depuis sa précédente arrestation de 2005, les réseaux sociaux aident encore plus à diffuser les informations. Salah n’est plus un inconnu. Quand il était en prison, il recevait des milliers de lettres dans sa cellule. Depuis sa sortie, les gens ont pu le connaître, le rencontrer à des débats et des conférences, à Paris ou en province. Des rassemblements vont avoir lieu ces jours-ci. Et la première réunion de son comité de soutien se tient ce mardi.

Mais malheureusement, ce qui ne change pas c’est la faible mobilisation des autorités françaises, à part la protection consulaire sur place. J’estime que le président Emmanuel Macron doit contacter Benjamin Netanyahu pour exiger sa libération comme il l’a fait, à juste titre, avec le président turc Erdogan pour le journaliste français Loup Bureau. Nous ne demandons pas un traitement de faveur, juste un traitement égal. Et que la France se saisisse de cette question. Au plus haut sommet de l’Etat. Car là-bas, c’est le ministère de la Défense qui mène le dossier.

Réalisé par Sébastien Madau
source : La Marseillaise
Pour plus d’informations, voir la page facebook « Liberté pour Salah Hamouri »


notre article du 31 août 2017
DERNIERE NOUVELLE

Nous apprenons que l’audience où le juge doit donner sa décision sur la demande de détention administrative voulue par Lieberman en personne - qui a signé cet ordre - est repoussée au mardi 5 à 9 heures (Paris) à la demande des avocats de Salah Hamouri.

Ce message nous montre que le gouvernement israélien peut reculer.

Et il nous donne 5 jours de plus pour amplifier la mobilisation, et relancer élus et partenaires pour les messages à envoyer (voir ci-dessous)


L’arbitraire israélien vient encore de frapper Salah Hamouri : sa détention administrative de six mois vient d’être prononcée par un tribunal militaire d’occupation, sur ordre du ministère de la défense israélien. Tout cela en violation des normes du droit international et en particulier des articles 78 et 72 de la Quatrième Convention de Genève qui stipulent qu’un individu accusé a le droit de se défendre. Et de l’article 66 de la quatrième Convention de Genève et les normes fondamentales d’un procès équitable

Salah Hamouri, citoyen français et Palestinien n’a rien fait d’autre que militer contre et résister à l’occupation. Sa simple appartenance à une organisation politique palestinienne lui a déjà coûté 7 ans de prison. Aujourd’hui jeune avocat de 32 ans enquêteur de terrain pour l’organisation de défense des prisonniers palestiniens Addameer, il subit à nouveau la répression israélienne. Ce que l’on attend de lui, c’est qu’il quitte la Palestine, et qu’il renonce. C’est aussi pour cela que l’on interdit à son épouse et son fils français eux aussi d’entrée du territoire. Mais il ne renonce pas.

La machine à broyer des prisons israéliennes s’est donc remise en marche. Le silence du gouvernement français, est aujourd’hui scandaleux. Il protège l’oppresseur contre toute évidence et renie son obligation de protection envers ses ressortissants. Nous avons tous le devoir et la responsabilité de défendre Salah Hamouri et ses droits comme citoyen français et comme résistant à l’occupation palestinienne. Des pétitions circulent qui demandent sa libération immédiate et qui interpellent le président Macron pour une intervention forte et publique du gouvernement français. Pour l’obliger à ouvrir les yeux sur la juridiction illégale du régime qu’il protège, sur l’incroyable déni de droit dont il se rendrait coupable s’il ne réagissait pas immédiatement et très fermement. Signons d’urgence ces pétitions et par milliers.

Pour signer les pétitions :
- Adameer :
- LibertéPourSalahHamouri !​

Voici aussi ci-dessous les adresses auxquelles vous pouvez écrire :
- Consulat général de France à Jérusalem
- Ministère des affaires étrangères
En remplissant le formulaire avec comme objet « Français de l’étranger »
- Présidence de la République :

Pour complément d’information :
- le communiqué d’Adameer sur la détention de Salah
- la page facebook Liberté pour Salah Hamouri

Source : Le Bureau national de l’UJFP le 30-08-2017


Nous avons envoyé le courrier ci-dessous aux députés et sénateurs dse Bouches-du-Rhône ce lundi 28 août matin, nous vous tiendrons informés de leurs réponses :

Madame, Monsieur

Nous avons appris l’arrestation de Salah Hamouri par le message de son épouse Elsa Lefort, retranscrit ci-dessous :

"Salah Hamouri a été arrêté cette nuit à notre domicile de Jérusalem-Est par l’armée d’occupation venue en grand nombre le cueillir dans son sommeil. Comme souvent, les autorités militaires ne donnent aucun motif à cette arrestation et nous n’avons que peu d’informations au sujet de sa détention, il n’a pu contacter personne. Nous demandons à la France d’agir avec conviction pour protéger et obtenir la libération de notre concitoyen qui subit une fois de plus l’arbitraire israélien."

L’arrestation de notre concitoyen est inadmissible et insupportable. Les autorités françaises ne doivent pas laisser passer une telle infamie.

Le tribunal s’est réuni dimanche matin à Jérusalem. La détention de Salah Hamouri est prolongée de 48h, pour « les besoins de l’enquête ». C’est l’arbitraire et l’acharnement qui continuent . Nous vous appelons solennellement à interpeler le chef de l’État pour qu’il intervienne avec force auprès des autorités israéliennes, comme il l’a fait récemment pour deux compatriotes français emprisonnés en Turquie.

Nous vous remercions par avance de nous tenir informés de votre démarche
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de notre haute considération
Les membres de Palestine13

Nous avons aussi envoyé vos pétitions au Président de la République :

et écrit au Consul de Jérusalem, au Ministère des Affaires Étrangères et au président de la République.

Si vous ne l’avez pas encore fait, envoyez vous aussi vos messages


Dernières nouvelles, un message de Jean-Claude Lefort

"Le tribunal vient d’accéder à la demande de l’armée et a décidé de prolonger de deux jours la détention de Salah "pour les besoins de l’enquête". Ensuite il prendra sa décision. C’est de l’acharnement qui mêle sadisme et arbitraire absolu. Le Président ne peut se soustraire à ses devoirs. En Turquie il est intervenu pour deux de nos compatriotes. Salah n’est pas un citoyen français de seconde zone ! Liberté immédiate !"

Nous devons absolument continuer et amplifier la campagne de messages, et partout où ça n’a pas été fait, écrire aux préfets pour transmission immédiate au Président de la République.

Salah Hamouri ne doit pas passer un jour de plus dans les geôles israéliennes. Nous sommes déterminés à obtenir justice.


Salah Hamouri, a été arrêté mercredi 23 août dans la nuit, à son domicile de Jérusalem-Est, par l’armée israélienne d’occupation. Il a 32 ans. Il est Franco-Palestinien et a le statut de Résident de Jérusalem-Est où il vit.

Aucun motif ne lui a été signifié lors de son arrestation, ce qui est tristement la « norme » pour l’armée israélienne d’occupation envers les Palestiniens. Cet arbitraire, Salah en a l’habitude depuis son plus jeune âge : arrêté en 2005, il avait alors passé 7 années dans les prisons israéliennes. Il avait été libéré suite à un très large mouvement de solidarité notamment en France. Arbitraire et acharnement : à sa libération, il a été interdit de se rendre en Cisjordanie occupée où il entendait suivre des études d’avocat. Son épouse, de nationalité française, et son fils ne peuvent le rejoindre à Jérusalem-Est, interdits de séjour par l’arbitraire du pouvoir israélien : ils seraient « un danger pour la sécurité d’Israël ».

Après sa libération, il a contribué à faire connaitre la situation des prisonniers politiques palestiniens, notamment en France. Il vient d’obtenir son diplôme d’avocat et il se consacre maintenant à la défense des droits humains et des droits des prisonniers politiques palestiniens. Il n’entend pas plier, ni renoncer à vivre dans sa ville, Jérusalem-Est, sur sa terre, en Palestine avec sa femme et son fils. Rester, c’est résister ! Voilà pourquoi Israël veut le faire taire.

Cette nouvelle arrestation arbitraire est inadmissible et insupportable. La France a le devoir de défendre partout ses citoyens contre les injustices dont ils sont victimes. Les autorités françaises doivent se mobiliser fermement pour que soit mis fin sans délai à cette infamie.

La comparution du 23 août a conclu à une détention "pour enquête" - on arrête d’abord et on enquête après - sans qu’aucun chef d’inculpation ne soit retenu contre lui. Cela nous fait craindre que notre concitoyen ne soit encore une fois victime de l’arbitraire des forces d’occupation israéliennes et de la justice militaire d’occupation. La mobilisation citoyenne doit s’amplifier d’ici dimanche, date de la prochaine comparution qui pourrait être décisive pour notre ami et sa famille.

Salah Hamouri doit retrouver la liberté - tout comme les presque 7000 prisonniers politiques palestiniens. Il doit pouvoir vivre à Jérusalem avec sa femme et son fils. L’arbitraire et le harcèlement dont il est victime doivent cesser - tout comme l’occupation et la colonisation de la Palestine.

Le Bureau national de l’AFPS


Écrivez ou envoyez le modèle ci-dessous pour demander la libération immédiate de Salah Hamouri

Monsieur le Consul,
ou Monsieur le Ministre des affaires étrangères
ou Monsieur le Président de la République,

Je viens d’apprendre l’arrestation de Salah Hamouri par le message de son épouse Elsa Lefort, retranscrit ci-dessous :

"Salah Hamouri a été arrêté cette nuit à notre domicile de Jérusalem-Est par l’armée d’occupation venue en grand nombre le cueillir dans son sommeil. Comme souvent, les autorités militaires ne donnent aucun motif à cette arrestation et nous n’avons que peu d’informations au sujet de sa détention, il n’a pu contacter personne. Nous demandons à la France d’agir avec conviction pour protéger et obtenir la libération de notre concitoyen qui subit une fois de plus l’arbitraire israélien."

L’arrestation de notre concitoyen est inadmissible et insupportable. Les autorités françaises ne doivent pas laisser passer une telle infamie.

Je vous demande d’œuvrer dès aujourd’hui, au nom de la France, pour la libération de Monsieur Salah Hamouri.

Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de ma haute considération.

Voici ci-dessous les adresses auxquelles vous pouvez écrire :

- Consulat général de France à Jérusalem en suivant ce lien :
https://jerusalem.consulfrance.org/Contactez-nous-par-mail

- Ministère des affaires étrangères à l’adresse suivante :
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/mentions-legales-infos-pratiques/nous-ecrire/

En remplissant le formulaire avec comme objet « Français de l’étranger »

- Présidence de la République
http://www.elysee.fr/ecrire-au-president-de-la-republique/


À l’instar de 1 500 prisonniers palestiniens le mois dernier, Salah Hamouri avait cessé de s’alimenter en 2011. Cet ex-détenu témoigne sur ses conditions de détention, qui l’avaient poussé à cette ultime forme de contestation.

« Psychologiquement, c’est beaucoup trop pour un seul homme », résume Salah Hamouri au sujet de son emprisonnement. Incarcéré dans les prisons israéliennes de 2005 à décembre 2011, ce Franco-Palestinien ne connaît que trop bien les conditions de détention que dénonçait une grande partie de la population palestinienne le mois dernier. Pendant 41 jours, près de 1 500 prisonniers ont fait la grève de la faim, afin de forcer une évolution de leur situation carcérale et d’alerter une nouvelle fois la communauté internationale sur les traitements infligés aux détenus palestiniens en Israël. Un mouvement lancé par Marwan Barghouti, un leader régulièrement désigné par ses défenseurs comme le « Mandela palestinien ». Pour L’Orient-Le Jour, Salah Hamouri revient sur ses années passées en prison, et détaille les circonstances pénitentiaires qui l’avaient, lui aussi, poussé à une grève de la faim en 2011.

Arrêté au check-point de Qalqiliya il y a maintenant douze ans, Salah Hamouri décrit son début de détention comme un déchaînement de « torture psychologique permanent ». « Tout a commencé quand ils m’ont demandé de sortir de ma voiture, m’ont menotté en me mettant un chiffon blanc sur les yeux et m’ont mis à terre pendant près d’une heure et demie, le temps que l’armée vienne me chercher », raconte le jeune homme. De là, il est transféré dans un centre d’arrestation, où il est alors interrogé pendant près de 56 jours. Placé à l’isolement dans une cellule de 2 mètres de large pour 3 mètres de long, Salah Hamouri n’a, durant cette période, aucun droit de visite, ni de la Croix-Rouge ni même de son avocat.

« Lors des interrogatoires, on peut passer entre 20 et 22 heures attaché à une chaise, sans même pouvoir dormir », raconte-t-il. Légalement, cette période intensive est appelée « détention administrative ». Cette procédure juridique, appliquée par l’armée israélienne, peut se prolonger sur une durée de six mois, renouvelable sans que le détenu n’ait droit à un procès. Une détention arbitraire qu’Israël justifie en évoquant la nécessité de prévenir une potentielle menace à la sécurité du pays. Au terme de celle-ci, les captifs sont alors jugés devant des tribunaux militaires, dont la procédure peut parfois durer des années. « C’est la même chose qu’un tribunal normal, sauf que le procureur et le juge sont issus de l’armée, que les civils jugés ne sont que des Palestiniens, et qu’on ne peut pas voir son avocat », raconte le Franco-Palestinien.

La même chose, donc, ou presque. Car le droit à la défense ne semble pas être une priorité dans la « seule démocratie au Moyen-Orient ». Au terme des trois mois passés dans ce premier centre de détention, le jeune homme est transféré dans la prison de Beer Sheva, où il restera sans jugement pendant près de trois ans. Au cours de cette période, les avocats sont autorisés à rendre visite aux prisonniers, sous réserve que la prison où ils se trouvent ne soit pas trop éloignée. « Quand on est détenu à Beer Sheva, on est à l’autre bout du monde, alors les avocats n’y viennent pas souvent », explique M. Hamouri, avant d’ajouter : « La défense dépend de la localisation de la prison. »

« Bus de torture »

En avril 2008, il est finalement condamné à sept ans d’emprisonnement. Deux chefs d’accusation sont à l’époque retenus contre lui : appartenance au Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et intention de participer à l’assassinat du rabin Ovadia Yosef.

Au cours de ces années d’incarcération, l’ancien prisonnier passera par une dizaine de centres pénitentiaires différents. Pour lui, les conditions des transferts qui entrecoupent ces réintégrations visent à humilier un peu plus encore les prisonniers. « En Israël, on est transféré dans des bus de torture : les sièges, le toit, le sol, tout est en métal ; ce qui veut dire que l’été comme l’hiver, la température est insupportable », explique-t-il. Salah raconte que les prisonniers peuvent passer plus de dix heures enfermés dans ces convois, sans même pouvoir assouvir leurs besoins primaires.

Tout ce qui se passe au sein des prisons israéliennes vise alors à faire ressentir aux prisonniers qu’« ils ne sont plus de ce monde », selon ce Franco-Palestinien. Si Salah Hamouri n’a pas subi de torture physique lors de son incarcération, l’atteinte à la dignité des prisonniers passe, pour lui, par d’autres biais. « Quand on est en prison, le plus dur est de garder le moral et de faire fonctionner l’esprit », explique-t-il. Il pointe dès lors l’importance primordiale des visites et de l’accès aux livres pour pouvoir tenir ce combat permanent. Deux droits, qui ont été largement réduits au cours des dernières années, et pour lesquels les prisonniers palestiniens se battaient encore la semaine passée.

« Leur but, c’est de nous couper de tout contact avec l’extérieur », estime-t-il. Avant l’accord conclu vendredi dernier entre l’administration pénitentiaire et les représentants des prisonniers, ces derniers ne pouvaient voir leur famille proche qu’une seule fois par mois, pour une durée de 45 minutes maximum. Si les autorités israéliennes assurent n’avoir fait aucune concession, des responsables palestiniens ont assuré avoir obtenu, via l’accord de vendredi dernier, un allongement des temps de visite, une seconde visite mensuelle et des engagements sur la climatisation et surpopulation.

Évoquant le droit à l’éducation, Salah Hamouri affirme que s’il y a bien un système de cours au sein des prisons, « c’est les prisonniers eux-mêmes qui le développent ». Le Franco-Palestinien s’était ainsi improvisé professeur de français, notamment auprès de Marwan Barghouti, alors que les deux hommes étaient incarcérés dans la même prison. Face à ces conditions, les détenus avaient lancé une grève de la faim en 2011, à laquelle l’ex-détenu avait alors participé. Une contestation toujours difficile à mener, alors que le gouvernement israélien use de toutes les manœuvres pour étouffer le mouvement.

Barbecue devant les grévistes

« Quand tu es en grève, ils font tout pour briser ta volonté », explique Salah Hamouri. Si la contestation ne dure à cette époque que 13 jours, interrompue par une libération de masse, cet ex-détenu retrouve aujourd’hui les mêmes pratiques israéliennes qu’il a autrefois subies pour casser le mouvement. « Ils transfèrent sans arrêt les grévistes pour les affaiblir et distribuent des tracts dans les cellules, où il est écrit qu’on va rapidement mourir, sinon devenir aveugle, ou perdre nos cheveux », explique-t-il. M. Hamouri ajoute que les militaires israéliens avaient également organisé à l’époque un barbecue devant les prisonniers en grève de la faim. Une pratique reproduite cette année.

Libéré en décembre 2011, Salah Hamouri s’installe alors à Jérusalem-Est, où il continue de vivre aujourd’hui. Pour lui, le dernier mouvement de grève apparaît comme une « réussite totale ». « Ce mouvement a enfin remis les revendications sur la table des négociateurs » affirme-t-il, avec l’espoir que la communauté internationale ne fermera plus les yeux sur ces réalités, qui durent depuis maintenant plus d’un demi-siècle.

source : Lucile Wassermann, L’Orient le Jour

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