L’ONU dénonce la détention de Salah Hamouri

Le groupe de travail du Conseil des droits de l’homme des Nations unies vient de publier un rapport concernant l’avocat franco-palestinien et estime que celui-ci doit être libéré immédiatement.

Fait rare qui montre la gravité de la situation : le groupe de travail du Conseil des droits de l’homme de l’ONU dédié aux détentions arbitraires vient de publier un rapport sur Salah Hamouri. Depuis le 23 août 2017, l’avocat franco-palestinien est en détention. Simple, au départ (il a été arrêté en toute illégalité à son domicile de Jérusalem-Est, occupée par Israël depuis 1967), transformée ensuite en détention administrative. Aux six mois exigés par le ministre de la Défense, Avigdor Lieberman, se sont ensuite ajoutés quatre-vingt-dix jours. Pourquoi ? Personne ne le sait. Le dossier est secret et même les défenseurs de Salah Hamouri n’en connaissent pas le contenu ! Tous les recours, y compris devant la Haute Cour de justice d’Israël, ont été rejetés.

Le procureur et les services secrets ont évoqué la possibilité de prolonger la détention de Salah Hamouri après le 30/juin.

Salah Hamouri est soumis à ce qu’on appelle le transfert « Bosta »

Le 5 janvier 2018, le groupe de travail de l’ONU s’est adressé au gouvernement israélien en posant plusieurs questions sur le cas de Salah Hamouri. Il n’a obtenu aucune réponse. Au regard du droit international, le groupe rappelle que la privation de liberté est notamment considérée comme arbitraire lorsque celle-ci est le résultat « de l’exercice des droits ou des libertés garanties par plusieurs articles de la Déclaration universelle des droits de l’homme » ou lorsqu’il est « clairement impossible de justifier une base légale  ». Le groupe de travail de l’ONU relève par ailleurs que, selon ses sources, Salah Hamouri a rencontré beaucoup de difficultés pour avoir accès à une assistance juridique légale et que « les autorités israéliennes n’ont pas permis au représentant du Consulat de France de rencontrer Salah Hamouri lorsque celui-ci était avec son avocat ».

Ce n’est que deux mois après sa mise en détention que le prisonnier franco-palestinien a pu recevoir la visite de sa famille, soit le 18 octobre 2017. Mais pas son épouse, Elsa, qui est interdite d’entrée sur le territoire israélien et donc non plus son fils, qui vient d’avoir 2 ans et réclame son père. Ces visites n’ont lieu qu’une fois par mois pour une durée de quarante-cinq minutes, « dans des conditions très restrictives ». Salah Hamouri ne peut voir sa famille qu’au travers d’une vitre et la communication se fait avec un téléphone. « De plus, note le groupe de travail, les salles de visites sont bondées (avec plus de détenus par salle), les téléphones sont sur écoute et ne permettent aucune confidentialité ». La prison de Naqab, où il a été placé au vingtième jour de sa détention, est située dans le désert (extrêmement chaud l’été, glacial l’hiver), à trois heures de route de Jérusalem-Est, où vivent ses parents.

Les sources contactées ont permis aux membres du groupe de travail de considérer que Salah Hamouri « a été interrogé dans des conditions inhumaines, placé à l’isolement dans une pièce qui ne remplissait pas les conditions de vie humaine minimales ». Tout semble bon pour tenter de briser physiquement et psychologiquement les prisonniers. Ainsi, Salah Hamouri est soumis à ce qu’on appelle le transfert « Bosta ». Chaque fois qu’il doit être entendu par le « tribunal », il est transféré la veille dans une autre prison, non loin de Jérusalem, à Ramleh où il passe une nuit « dans des conditions de détention inhumaines ». Même chose pour le retour. Des nuits qui peuvent s’additionner si l’audience est prévue un dimanche, début de la semaine en Israël, le prisonnier étant transféré le vendredi soir. Dans la prison même, la nourriture est très mauvaise et les prisonniers doivent payer s’ils veulent (et peuvent) améliorer leur ordinaire, les familles apportant également des couvertures, une paire de chaussures et le nécessaire pour la toilette. Salah Hamouri, qui était également en master lors de son arrestation, n’est pas autorisé à poursuivre ses études.

Aucune contrainte ne peut être exercée contre Israël

Fidèle à ses habitudes et à sa morgue, le gouvernement israélien n’a donc pas daigné répondre au groupe de travail du Conseil des droits de l’homme des Nations unies qui demandait si des circonstances exceptionnelles – et donc lesquelles – nécessitaient l’incarcération de Salah Hamouri. Dans ces conditions et puisque aucune preuve n’est fournie par Israël, la détention s’avère effectivement arbitraire, ce qui contrevient à la Convention internationale des droits politiques et civiques dans ses articles 9 et 26, dont Israël est pourtant signataire, ainsi que de la Déclaration universelle des droits de l’homme, articles 3, 8 et 9.

Le groupe de travail estime donc que Salah Hamouri doit être libéré immédiatement, qu’il convient de lui accorder le droit exécutable de compensations et de réparations, en accord avec les lois internationales, et il appelle le gouvernement israélien à prendre toutes les mesures contre les responsables de la privation de liberté de l’avocat franco-palestinien. Le rapporteur spécial de l’ONU pour la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés va être saisi.

Ces observations n’ont pas force de loi et aucune contrainte ne peut être exercée contre Israël. Elles montrent cependant que Tel-Aviv bafoue les droits de l’homme en plaçant en détention administrative des centaines de personnes, méprise les institutions internationales en refusant de répondre aux questions posées par un organisme de l’ONU. Le 22 mai, le tribunal de Jérusalem a confirmé la détention administrative de Salah Hamouri jusqu’au 30 juin. Le procureur et les services secrets ont, par ailleurs, évoqué la possibilité de prolonger la détention après cette date. Une question se pose désormais : Emmanuel Macron peut-il vraiment recevoir Benyamin Netanyahou le 5 juin prochain, alors qu’un Français est détenu arbitrairement en Israël, que près de 120 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza et des milliers d’autres blessés à balles réelles ?

Pierre Barbancey
Grand reporter - l’Humanité du 28 mai 2018


Notre article du 25 avril 2018
Salah Hamouri va avoir 33 ans, en prison !

Non seulement Salah Hamouri est en prison de manière totalement arbitraire mais, en plus et contre le droit le plus élémentaire, les Israéliens refusent à Salah - malgré les démarches du Consulat général de Jérusalem - de lui donner son courrier.

En conséquence et vu que la « protection consulaire » comporte cette clause de transmission de son courrier, nous proposons d’envoyer des cartes aux bons soins de l’Ambassade de France en Israël (Salah dépend d’elle en prison puisqu’il qu’il est dans le Néguev, territoire "israélien"), ambassade particulièrement absente sur son cas, ambassadrice qui est allée voir le Français trafiquant des armes entre Gaza et la Cisjordanie mais jamais Salah !

Le timbre à apposer sur les cartes sont à 1,30€. Bien cordialement,

Ecrivons massivement à Salah Hamouri, il ne peut pas passer son anniversaire seul et dans l’indifférence de notre gouvernement


notre article du 31 mars 2018
Salah est retourné fin janvier à la prison du Neguev :

Salah Hamouri
QEZIOT PRISON
PO Box 13
84102
ISRAEL
Affranchir à 1.30 €. Ne mettez pas votre adresse sur l’enveloppe.

Ce matin, Salah Hamouri a pu avoir la visite de sa mère et sa sœur, à la prison du Néguev. Les détenus administratifs n’ont le droit qu’à un seul parloir mensuel, avec leurs parents de premier degré uniquement. Elle se déroule derrière une vitre, par téléphone, aucun contact physique n’est possible.

➡ Salah garde le moral malgré le renouvellement de sa détention administrative et malgré la faible mobilisation d’Emmanuel Macron pour obtenir sa libération. Il sait que de nombreuses personnes le soutiennent en Palestine, en France, en Belgique... Cette solidarité est primordiale pour lui comme pour ses codétenus. Régulièrement, des détenus viennent le voir avec des courriers qu’ils reçoivent de leurs parrains Français. Tous sont touchés par cette solidarité venue du bout du monde.

Les détenus organisent leurs journées de façon à transformer cette privation de liberté en une acquisition de savoir, ils lisent, débattent, étudient. Salah donne des cours de français à ceux qui le souhaitent.

Il vous salue toutes et tous chaleureusement et vous remercie une nouvelle fois pour le soutien et pour toutes les actions que vous menez.


Salah Hamouri a été présenté le 1ermars devant le tribunal à Jérusalem. Salah a annoncé devant la cour qu’il boycottait ce tribunal qui n’est qu’une mascarade de justice et qui ne lui permet en aucun cas de prétendre à un procès équitable.

Il a déclaré : « Je ne veux ni avocat ni représentation légale pour le simple fait que la détention administrative est une pratique illégale qui me prive de liberté. Il n’y a aucune charge contre moi et mon incarcération repose sur un dossier secret qui est contrôlé uniquement par les services de renseignements. Je ne veux pas participer à cette procédure dans ce lieu où la justice est la grande absente. Je demande à mon avocat de se retirer de cette audience ».

Cette audience a uniquement pour but de prendre acte de la décision émise le 26 février par le ministre israélien de la Défense, Avidgor Liberman, de prolonger de 4 mois la peine de Salah. Comme toutes les précédentes, elle ne permet en aucun cas qu’un véritable procès se tienne puisque les éventuelles charges contre les détenus administratifs ne sont jamais énoncées et publiques de sorte que la défense ne peut donc pas faire triompher la justice.

Afin de dénoncer ce simulacre de justice ainsi que tout le système de la détention administrative, les 450 Palestinien-ne-s incarcérés sous ce régime mènent actuellement un mouvement de boycott des tribunaux. Le juge a annoncé que cette audience était donc repoussée au 5 mars. Salah a annoncé qu’il boycottera une nouvelle fois l’audience.

INTERPELLONS LE PRÉSIDENT MACRON
Président de la République : En remplissant le formulaire avec comme objet « Français de l’étranger »

CONTINUONS A ECRIRE A SALAH
Salah Hamouri
QEZIOT PRISON
PO box 13
84102 ISRAEL


Notre article du 29 février
Un rassemblement à l’Hôtel de ville de Martigues pour réclamer la libération de Salah Hamouri, au lendemain de la reconduite de sa détention.

Réuni(e)s à l’appel du Collectif Palestine, les citoyen(ne)s dénoncent l’injustice et interpellent le Président de la République.

Militant-e-s du PCF, de la France insoumise, de la CGT, du Mouvement de la Paix, de la Ligue des Droits de l’Homme et député (Pierre Dharréville) étaient rassemblé-e-s hier en fin d’après-midi sur le parvis de l’Hôtel de ville de Martigues, malgré le froid piquant, à l’appel du Collectif Palestine. Brandissant la « Une » de L’Humanité, reproduite sous forme d’affiche, avec le portrait de Salah Hamouri, ou les cartes pétitions à adresser au président de la République exigeant la libération de l’avocat franco-palestinien détenu depuis le 23 juillet 2017, toutes et tous ont écouté Elisabeth Grand, membre du Mouvement de la Paix, lire la déclaration du collectif. Au lendemain de l’annonce du renouvellement de la détention par Avigdor Lieberman, ministre israélien d’extrême-droite en charge de la Défense, les manifestant-e-s ont voulu signifier que « la France est humiliée » mais que « le combat continue ». Et ce même si « l’arbitraire et l’injustice les plus absolus demeurent » dans ce dossier.

Portraits de Salah Hamouri, affiches et cartes pétitions pour protester contre le prolongement de la détention de l’avocat franco-palestinien. Photo LFA -La Marseillaise


La justice et le droit, variables d’ajustement ?

« A l’arbitraire de l’Etat israélien s’ajoutent les responsabilités de la France, qui, au-delà de ses affirmations, n’ a pas mis en oeuvre les moyens conséquents dont elle dispose pour faire libérer un Français » déplorait Elisabeth Grand. Le 10 décembre dernier, lors de la visite de Benyamin Netanyahou à Paris, Emmanuel Macron était pourtant intervenu « personnellement »... Sa voix porterait-elle moins que lorsqu’il chuchote à l’oreille du Medef ? Sans doute un problème de communication.

Le collectif Palestine pointe les effets de la « Realpolitik », loin de l’image positive dont la France jouit encore ou dont elle se drape au gré des circonstances et des interlocuteurs : « la justice, le droit ne sont dans cette relation entre nos deux pays que des variables d’ajustement et non, coté français, des principes intangibles et universels à défendre farouchement en tout lieu et en tout temps ».

Face à cette situation, le collectif a appelé à manifester auprès de la présidence française « notre mécontentement légitime et notre volonté d’action à la hauteur de l’enjeu : il en va du destin d’un homme, du droit mais aussi de celui de notre pays ». Pour l’heure, alors que Salah Hamouri devait être libéré aujourd’hui même, le collectif demande que le président de la République reçoive l’épouse de l’avocat franco-palestinien, Elsa Lefort , « dans les plus brefs délais afin de lui faire part de ses intentions ».

Et si « l’arbitraire continue » selon les mots d’Elisabeth Grand, la détermination demeure aussi chez les membres du collectif. « Ceux qui croient que nous nous lasserons se trompent, nous puisons des forces nouvelles dans cette décision » concluait-elle.

J-F.A.

Source la Marseillaise - mercredi 28 février 2018


Lundi 26 janvier
Bonjour
la nouvelle vient de tomber : la détention administrative de Salah Hamouri est prolongée.
Protestons contre cette mesure arbitraire et ce système inique !



Dans une semaine prendra fin l’ordre de détention administrative contre l’avocat franco-palestinien, Salah Hamouri, signé par le ministre israélien de la Défense, Avigdor Liberman, figure de l’extrême droite israélienne

Le 28 février prochain, cela fera six mois que Salah Hamouri est détenu arbitrairement sans autre raison que d’être un militant de la paix, des droits et des libertés. Six mois d’emprisonnement de trop !

La France ne peut se contenter d’être « préoccupée » par le sort de Salah Hamouri et d’« espérer sa libération », comme l’avait déclaré le Quai d’Orsay. Le président Macron puisqu’il dit vouloir sa libération doit passer aux actes et intervenir auprès du gouvernement israélien.

Le 28 février, le risque est grand que l’ordre de détention soit renouvelé, sans motif, ni procès.


notre message du 31 décembre 2017

Salah Hamouri a été transféré dans une nouvelle prison

Sa nouvelle adresse est :
Salah Hamouri / Megiddo Prison / Megiddo / P.O. Box 2424 / Israel

L’avocat franco-palestinien, en détention administrative depuis le 23 août, a été déplacé ce dimanche 31 décembre de la prison du Negev à celle de Megiddo au sud-est de Haïfa. Une mesure qui s’apparente à une punition. Il est menacé d’être placé à l’isolement. Une question se pose maintenant : Emmanuel Macron intervient-il, ou non, pour la libération de notre compatriote ?

Emprisonné jusque là dans une prison du Negev, l’avocat franco-palestinien, Salah Hamouri a été transféré ce dimanche 31 décembre dans la prison de Megiddo de sinistre réputation. Selon des détenus palestiniens qui se trouvaient avec notre compatriote, il s’agirait rien moins que d’une « punition ». L’information de son transfert a été confirmée indirectement par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en charge des visites aux prisonniers palestiniens et qui a annoncé que la famille de Salah ne pourrait le voir demain, 1er janvier, la rencontre étant annulée.

Il y a deux semaines environ, des hommes - peut-être des services de renseignements - ont fait irruption dans la cellule de Salah Hamouri avec, dans leurs mains, un exemplaire de « l’Humanité ». On sait que, par l’intermédiaire de ses avocats, nous avions publié une interview de Salah Hamouri le 30 novembre dernier. Ces agents ont alors indiqué à Salah Hamouri qu’il allait être placé à l’isolement. Une forme de punition régulièrement utilisée par les autorités israéliennes contre les détenus palestiniens, mesure particulièrement inhumaine. Les représentants des prisonniers sont alors intervenus auprès de l’administration pénitentiaire pour empêcher l’application de cette décision. Mais, ce dimanche matin, les renseignements israéliens sont revenus à la charge en annonçant à Salah Hamouri son transfert à la prison de Megiddo, au sud-est de Haïfa. Il pourrait très bien se retrouver immédiatement à l’isolement.
Salah Hamouri se trouve incarcéré dans le cadre d’une détention administrative depuis le 23 août. Pour six mois, renouvelable autant de fois qu’en décide l’arbitraire de la « justice » israélienne. L’ordre a été donné par le ministre de la Défense, Avigdor Lieberman, qui mentionnait déjà la prison de Megiddo. La détention administrative est, en soi, un acte de torture mentale. Le témoignage d’un prisonnier est cité dans un livre. Il adressait alors - c’était en décembre 1996 - une lettre à l’écrivain nigérian Wole Soyinka. « Si je dois décrire ce que nous sommes, je dirais que nous sommes des otages politiques, écrivait-il. Nous ne pouvons jamais savoir à quel moment nous allons rentrer chez nous. Ce jeu cruel du « espoir/pas d’espoir » je l’ai une fois décrit comme un mélange de roulette russe « elle m’aime/elle ne m’aime pas » et (…) une variante du thème familier « En entrant ici, abandonnez tout espoir ». Rien ne permet d’espérer une libération prochaine puisque l’arbitraire règne. Développer l’espoir s’est s’exposer à une terrible désillusion en cas de renouvellement de la détention administrative. Ce cercle vicieux s’apparente bien à de la torture, ce qu’avait souligné en 1998 puis en 2003 le Comité des Nations unies pour les droits de l’homme qui s’était penché plus précisément sur la détention administrative pratiquée par Israël.
Contacté dimanche par « l’Humanité » concernant le sort de Salah Hamouri, le service de presse de l’Elysée n’a toujours pas répondu. La question est simple : le président de la république française intervient-il personnellement auprès des autorités israéliennes et plus particulièrement auprès de Benjamin Netanyahu, pour exiger la libération de notre compatriote comme le lui demandent des dizaines de parlementaires nationaux et européens et tout autant de conseils municipaux dans l’Hexagone ? Emmanuel Macron qui a le verbe haut s’agissant d’autres pays est bien silencieux dans ce dossier. Or, la diplomatie discrète a ses limites. Il a maintenant le devoir d’informer les Français : oui ou non intervient-il ?

Pierre Barbancey
Grand reporter - l’humanité


Le 31 décembre - Communiqué d’Elsa Lefort

« Nous apprenons par le Comité international de la Croix-Rouge que l’administration pénitentiaire a soudainement décidé de changer Salah Hamouri de prison et qu’il est transféré à la prison de Megiddo située au sud-est d’Haïfa, en guise de mesure punitive.

Sa visite familiale mensuelle prévue demain est également annulée.

Cet acharnement doit cesser ! La France ne peut plus se contenter de paroles mais doit faire place aux actes pour libérer notre concitoyen immédiatement ! »


Notre article du 22 décembre

Envoyons des cartes de vœux à Salah Hamouri !
Envoyons lui des centaines de cartes de Marseille, nous, nos amis, nos familles, nos collègues de travail. Envoyons lui des cartes de nos lieux de vacances.
Il doit savoir, le gouvernement israélien et notre président doivent savoir qu’il n’est pas seul, que nous sommes avec lui, que nous sommes déterminés à obtenir sa libération.


Ecrire à Salah Hamouri
QEZIOT PRISON
PO box 13
84102 ISRAEL

Ne pas mettre d’adresse au verso, la lettre vous serai retournée. Mettre un timbre à 1,30 euros.


A mi-peine, il est d’usage de repasser formellement devant le tribunal. Il n’y a rien à en attendre. Mais on notera qu’ils ne parviendront pas à briser son humanité et son sourire. Plus que jamais, alors que les fêtes de fin d’année approchent, liberté pour Salah. Le Président doit agir. Il rencontre Netanyahu début décembre. Il doit régler la question. Ça n’a que trop tardé. Cordialement.
Jean Claude lefort


notre article du 15 novembre 2017

"J’ai ressenti une étrange sensation, lorsque, le 23 août, aux alentours de 4h30, si je me souviens bien, j’étais tiré de mon sommeil par des bruits sourds. Quelqu’un s’acharnait sur la porte de mon appartement et appuyait nerveusement sur la sonnette à répétition. Je me suis dit que je connaissais ce type de vandalisme mais dans les toutes premières secondes, je pensais qu’il s’agissait d’un rêve. Je vis dans un bâtiment de six étages, à Jérusalem-Est. Chaque étage est composé de deux appartements. Les soldats et leur commandant ne savaient exactement dans quel appartement je vivais, alors, ils ont frappé brutalement à chaque porte. J’ai alors eu une pensée pour mes voisins, tous réveillés en plein nuit par les soldats, terrorisant chaque famille, je pouvais entendre des enfants pleurer.

Les soldats n’ont pas cessé de frapper sur ma porte jusqu’à ce que je finisse par ouvrir, encore engourdit par le sommeil. Le premier soldat que j’ai vu portait une cagoule. Je ne pouvais voir que ses yeux remplis de haine. Il m’a alors hurlé dessus, me demandant ma carte d’identité. Après vérification, les soldats présents ont appelé du renfort, en criant qu’ils avaient trouvé la personne qu’ils cherchaient. A la seconde où j’ai compris que la force occupante venait bien pour moi, mon cerveau m’a envoyé un ordre clair : « Une nouvelle bataille commence là pour toi, cet ennemi ne doit pas te vaincre une seule seconde ». Ils m’ont forcé à m’asseoir sur une chaise et trois soldats m’entouraient, leurs armes pointées sur moi. Pendant ce temps-là, leurs collègues ont fouillé tout l’appartement, bouleversant les meubles, les livres, les vêtements… Je les sentais fébriles, ils s’énervaient, ils ne trouvaient rien de ce qu’ils cherchaient dans cet appartement. Le commandant a fini par donner l’ordre de repli. Ils m’ont alors ordonné de m’habiller pour partir avec eux.

En marchant vers la porte d’entrée de mon appartement, avant d’en sortir pour une durée qui m’était inconnue, je fixais la photo de mon fils accrochée au mur. Dans son regard, j’ai puisé de la force pour affronter les durs moments qui m’attendaient. Je l’imaginais me dire « Papa, sois fort, on sera vite réunis tous les trois ». Je lui promettais alors de rester fort et de ne jamais donner l’occasion à cette occupation de nous confisquer notre humanité et de détruire notre vie comme elle s’acharne à le faire. Ils me bandèrent ensuite les yeux et me conduisaient dans une voiture blindée. La marche vers ce nouveau destin commençait. Une marche pénible vers un monde que je ne connais que trop bien. Un monde dans lequel nous devons rester forts, humains et garder notre sourire en toute circonstance. Une nouvelle fois, je suis conduit dans ce véhicule blindé vers l’endroit le plus sombre et le plus misérable pour un être humain : une prison de l’occupant.

En arrivant dans la prison du Neguev, après deux semaines passées dans le centre d’interrogatoire, tout me semblait tristement familier. Je suis rentré dans la section 24, j’ai vite reconnu les visages que j’avais quittés il y a quelques années. Je n’ai pas su quoi leur dire, j’étais soudainement impressionné de les retrouver ici. Parmi eux, certains sont derrière les barreaux depuis plus de quinze ans. Ils me questionnaient et je ne savais pas quoi leur répondre. « Qu’est ce qui est arrivé, pourquoi es-tu là ? ». Je n’avais pas les réponses à leurs questions. Pas plus que je n’arrivais à leur parler de l’extérieur, eux, qui sont là depuis tant d’années. Que faisons-nous pour eux, pendant qu’ils paient le prix de leur lutte ? En les retrouvant, je me demandais si j’avais assez agi pour parler d’eux à l’extérieur. On a ensuite énormément discuté. Un détenu m’a dit « Ah tu es de retour, on va parler de nous en France alors ! ». J’ai réalisé alors que malgré ma nouvelle privation de liberté, je n’avais aucun doute sur le fait que la mobilisation allait se mettre en place en France, c’est un véritable espoir pour moi et pour eux. J’ai pensé à toutes les personnes qui avaient déjà lutté pendant ma première incarcération et depuis, toutes celles et ceux que j’ai rencontrés en France et en Palestine. Aucun doute qu’ils seraient tous à nouveau au rendez-vous pour dénoncer l’injustice qui nous frappe.

Et des éléments que je reçois par fragments, je sais que vous êtes même plus nombreux que la dernière fois ! Des personnalités que j’apprécie, des élu-e-s, des citoyen-ne-s en nombre plus nombreux encore vous vous êtes mobilisés pour dénoncer l’injustice, l’arbitraire et pour exiger ma libération.

Je vous en remercie très sincèrement. Je veux vous dire aussi que je serai digne du soutien que vous m’accordez. On ne marchande pas la liberté même si on la paie parfois très chère. Ce n’est pas une question d’entêtement mais de dignité et de principe : pour la liberté je ne lâcherai rien. Le peuple palestinien, comme tous les autres, ne veut pas vivre à genoux. Et quelle force cela nous procure que de savoir que, vous aussi, vous n’avez pas l’intention de lâcher. Cela, l’occupant ne le mesure pas. Moi je le ressens au fond de moi. Et c’est pourquoi même quand il pleut je pense au soleil qui vient…"

Salah Hamouri
Novembre 2017, prison du Néguev, section 24


notre article du 26 octobre 2017
Le Quai d’Orsay se dit « préoccupé » par le sort du Franco-Palestinien et dénonce « l’utilisation abusive et systématique de la détention administrative ».

C’est la première fois, depuis l’arrestation de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, arbitrairement détenu depuis le 23 août en Israël, que la France prend officiellement position dans cette affaire. « Nous demandons que l’ensemble des droits de Salah Hamouri soient bien respectés et espérons sa libération. Nous demandons aussi que sa famille puisse lui rendre visite », a déclaré hier la porte-parole du Quai d’Orsay, Agnès Romatet-Espagne.

Le but des autorités israéliennes « est clairement de le casser et de le contraindre à l’exil » accuse Elsa Lefort, son épouse. N. Marquès/KR Images

« Préoccupé » par le sort de notre compatriote, le ministère des Affaires étrangères s’étonne de ne disposer d’aucune information sur les charges retenues contre lui. « La France rappelle que l’utilisation abusive et systématique de la détention administrative porte atteinte au droit à un procès équitable et aux droits de la défense », a insisté Agnès Romatet-Espagne.

Il y a quelques semaines, Amnesty International avait dénoncé la « détention arbitraire » de Salah Hamouri, emblématique, selon cette ONG, de « l’usage abusif de la détention administrative, permettant de détenir des suspects indéfiniment sans charges ni procès ». Le 9 octobre dernier, quarante-huit jours après l’arrestation de Salah Hamouri, son épouse, Elsa Lefort, son beau-père, Jean-Claude Lefort, et son avocat français, Me Bérenger Tourné, étaient enfin reçus par un conseiller diplomatique à l’Élysée. Défenseur des droits humains dans les territoires occupés, en particulier à Jérusalem-Est annexée, Salah Hamouri travaille pour l’ONG palestinienne Addameer. Il a déjà passé près de sept ans dans les geôles israéliennes entre 2005 et 2011, Israël l’ayant accusé sans preuves d’avoir projeté l’assassinat du rabbin ultraorthodoxe Ovadia Yossef. Les autorités françaises avaient alors observé, tout au long de sa détention, un silence assourdissant, en contraste avec l’activisme de Paris pour la libération du soldat franco-israélien Gilad Shalit, retenu en otage par le Hamas dans la bande de Gaza. Au terme d’une campagne internationale en faveur de sa libération, Salah Hamouri avait finalement été relâché dans le cadre d’un échange de prisonniers. En lui infligeant à nouveau l’épreuve de la détention arbitraire, le but des autorités israéliennes « est clairement de le casser et de le contraindre à l’exil, car il s’oppose à la politique israélienne », accuse Elsa Lefort.

source : Rosa Moussaoui
Jeudi, 26 Octobre, 2017
L’Humanité


Depuis 2 mois, un avocat français, Maître Salah Hamouri, est en prison en Israël sous le régime de la « détention administrative » sur ordre du ministre de la défense, Avigdor Lieberman. La détention administrative n’étant rien d’autre que l’équivalent des « lettres de cachet », autrement dit l’arbitraire le plus total puisque ni notre compatriote ni ses avocats ne connaissent la raison de cette détention pour 6 mois renouvelables qui est classée sous le sceau du « secret ».

Depuis 2 mois, sa femme Elsa Lefort se bat chaque jour, pied à pied, pour faire savoir auprès de tous, en particulier des autorités françaises et des grands médias, la situation de son mari. Comme pour notre compatriote Lou Bureau détenu arbitrairement en Turquie au motif qu’il aurait été membre d’une « organisation terroriste », elle demande que la France exige sa libération immédiate et sans conditions.

Devant l’absence d’actes nets de notre pays s’est constitué un « Comité de soutien » qui regroupe des milliers de citoyens et des personnalités françaises et étrangères diverses notoirement connues. Des élus de tous les « niveaux » en France et en Europe, des collectivités locales, des ONG, des syndicats, des partis ont pris position pour soutenir la demande de la femme de notre compatriote Salah Hamouri.

Citons parmi ces personnalités étrangères qui soutiennent l’exigence de libération de Salah Hamouri : Richard Falk, Jean Ziegler, Noam Chomsky, Angela Davis, Ken Loach, Brian Eno, Michael Mansfield QC, Roger Waters, Susan George, Pierre Galand et bien d’autres. Citons parmi les ONG internationales et les syndicats français : la CGT, la FSU, Solidaires, Amnesty International, la LDH, la FIDH, le MRAP, le Syndicat des Avocats de France, l’UNEF et bien d’autres.

Malgré ce large rassemblement marqué par le nombre et la qualité des soutiens, force est de constater que les autorités françaises restent dans un cadre silencieux et que les grands médias radiotélévisés ne soufflent mot de cette situation, ce qui est une manière de mettre Salah Hamouri une seconde fois en prison – la prison du silence.

Tout ceci est inacceptable. La liberté est universelle ou elle n’est pas. Le devoir d’agir et de parler pour défendre les Droits de l’Homme est une condition intrinsèque à la démocratie qui s’impose à tous.

Au second mois de détention arbitraire de notre compatriote Salah Hamouri, nous en appelons à la conscience et à la responsabilité de chacune et de chacun.

Le silence face à l’arbitraire est synonyme de complicité.

Un net sursaut s’impose. Nous l’appelons très vivement de nos vœux. La liberté doit être défendue dans chaque pays quel qu’il soit. Plus que jamais nous en appelons aux médias et aux autorités françaises : sortez de votre silence ! Se taire c’est accepter. Et nous ne pouvons en aucun cas l’admettre.


Mise à jour le 16 octobre
La réponse de l’Elysée à l’interpellation de l’AFPS de Gennevilliers pour l’intervention de la France pour Salah (ils ont bien de la chance, nous nous n’avons eu aucune réponse !)

En espérant que ces belles déclarations soient suivies d’effet, nous vous invitons à continuer à écrire au Président de la République et à manifester notre solidarité avec Salah Hamouri


Mise à jour, le 9 octobre 2017
Elsa Lefort, accompagnée de Maître Bérenger Tourné, avocat de Salah en France, et de son père, Jean-Claude Lefort, a été reçue le 9 octobre 2017 par la cellule diplomatique de l’Elysée. Au terme de la rencontre qui a duré 1 h30 elle a fait la déclaration suivante :

« Nous avons bien compris de notre entretien avec la cellule diplomatique de l’Élysée que l’action de la France ne se limiterait pas à la seule protection consulaire mais qu’il s’agit bien d’intervenir pour que cesse la détention arbitraire d’un ressortissant français, en l’occurrence Salah Hamouri. Nous restons donc mobilisés et dans l’attente d’avancées concrètes. »

Continuons à écrire au Président et à manifester notre solidarité avec Salah Hamouri


Plusieurs spécialistes en géopolitique considèrent que le silence du gouvernement français sur l’incarcération de Salah Hamouri, franco-palestinien de 32 ans, arrêté le 23 août dernier à Jérusalem, « n’est qu’un exemple parmi bien d’autres du deux poids deux mesures qui est de mise quand c’est l’Etat d’Israël qui viole les droits de l’Homme et ceux des peuples ».

Salah Hamouri, franco-palestinien de 32 ans, a été arrêté le 23 août dernier à Jérusalem où il est né et où il bénéficie du statut de résident.

« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde » écrivait Albert Camus, et c’est ce qui vient d’être fait dans cette première phrase.

Cette formulation, habituelle dans le discours français, est caractéristique du fait que nous nommons tout ce qui concerne le conflit entre l’Etat d’Israël et le peuple palestinien – qu’on appelle improprement le « conflit israélo-palestinien » – en utilisant le vocabulaire israélien. Pour être exact, il aurait fallu nommer correctement le lieu, à savoir « Jérusalem-Est » afin de ne pas maquiller le fait que cette partie de la ville a été annexée unilatéralement et illégalement par Israël. Quant au statut de « résident » dont les Palestiniens bénéficient il désigne le simple droit de résider dans leur propre ville et celui de voter aux seules élections municipales, mais pas la citoyenneté israélienne. Ces Palestiniens ne sont donc ni Israéliens ni Palestiniens. Ils « résident »…

Dire « Jérusalem » sans autre précision et dire « bénéficier du statut de résident » permettent donc de passer sous silence la réalité : une annexion, une occupation militaire, des habitants tolérés dans une seconde zone juridique sur une base de discrimination ethnique et religieuse.

Dans le cas de Salah Hamouri, détenu depuis un mois, la presse en général et le gouvernement français sont restés silencieux. Etonnant ! Car les conditions de sa détention devraient soulever l’indignation. En langage conforme au discours israélien on écrira : « La justice israélienne l’a condamné à six mois de détention administrative ».

En fait, cette justice qui met en « détention administrative », c’est ni plus ni moins que le même principe que les « lettres de cachet ». Salah Hamouri, comme 400 autres Palestiniens actuellement, est « embastillé » et non pas détenu : pas de jugement contradictoire, pas d’inculpation, pas de preuves, un dossier secret. Et cette peine de 6 mois est renouvelable à l’infini sans avoir à en justifier.

Depuis le 23 août, rien ne permet de penser que le gouvernement français ait agi pour obtenir la libération de Salah Hamouri ou bien il l’aurait fait avec la discrétion et la retenue qui sont de mise quand les violations du droit international sont le fait de l’Etat israélien. Israël n’est tout de même pas la Turquie, le Venezuela ou la Hongrie de Victor Orban… C’est vrai, sauf dans les Territoires palestiniens occupés de Cisjordanie et de Gaza.

Or le cas de Salah Hamouri, notre compatriote, est emblématique de la répression exercée par l’Etat d’Israël et son armée d’occupation contre toute la population palestinienne à commencer par sa jeunesse. Mais en France, on ne parle pas « d’armée d’occupation israélienne ». On dit « Tsahal », un nom bien sympathique qui signifie « armée de défense ». Salah Hamouri a fait sept ans de prison entre 20 et 27 ans, de 2005 à 2011 sur la base d’une accusation que la France a finalement jugée sans fondements, mais elle ne l’a pas défendu pour autant. La France se mobilisait alors uniquement pour Gilad Shalit, soldat de « Tsahal », c’est à dire, en réalité, d’une armée d’occupation qui participait au terrifiant blocus de deux millions de civils.

Capturé par le Hamas à Gaza, Gilad Shalit, soldat israélien (mais pas « soldat franco-israélien » comme on l’a beaucoup écrit) méritait la sollicitude de la France en tant que prisonnier de guerre maltraité. Mais la France n’a jamais défendu les prisonniers politiques palestiniens maltraités détenus injustement et illégalement en Israël, dont, à l’époque, Salah Hamouri faisait partie. En dépit de ses engagements de signataire des conventions internationales, en particulier la 4ème convention de Genève, la France reste silencieuse et inactive face aux emprisonnements, hors du territoire occupé, de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, dont le seul crime est d’exister, et de ce fait de résister là où l’Etat d’Israël veut établir ses colons. Mais un « résistant » palestinien est considéré comme un « terroriste » de même que tous les Palestiniens dès l’âge des premières arrestations : 12 ans.

Aujourd’hui, jeune avocat, Salah Hamouri est persécuté. Depuis un an et demi il est privé du droit de vivre avec son épouse française qui travaillait à Jérusalem dans un service français. Il est privé de son enfant. Sa femme française a été expulsée en janvier 2016 alors qu’elle était enceinte de six mois et l’enfant du jeune couple est né en France. Et le voilà emprisonné sans inculpation, sans jugement contradictoire parce qu’il résiste à l’expulsion déguisée que représente l’interdiction faite à son épouse et à son enfant de vivre à Jérusalem. « Qu’il parte ! Comme tous les Palestiniens de Jérusalem et de Cisjordanie, qui devraient être expulsés en Jordanie ou bien en Egypte et, en attendant, être regroupés dans les enclaves palestiniennes de zone A et B » ! Voilà ce que veulent Avigdor Lieberman et le gouvernement extrémiste israélien, Lieberman qui a signé l’ordre de détention administrative de Salah Hamouri. Mais, si on reprend comme d’habitude le vocabulaire israélien pour évoquer cette expulsion programmée des Palestiniens, on n’emploiera jamais le mot de « déportation » qui est le seul mot juste.

Ne pas défendre Salah Hamouri, accepter que la persécution qu’il subit l’amène un jour à abandonner sa ville natale et ses compatriotes palestiniens pour venir vivre en France – ce qu’il ne fera pas ! – c’est donner son assentiment à la politique d’expulsion menée à Jérusalem et en zone C pour faire place à la colonisation israélienne du pays, achever la conquête, annexer la Cisjordanie. Est-ce la politique de la France ?

Continuer, dans le discours gouvernemental et dans les médias à utiliser le vocabulaire et les formulations martelés par la propagande israélienne, c’est accepter le crime en cours et ceux qui se préparent. S’en faire complice. Cela signifierait que, pour la France, la colonisation n’est pas un crime contre l’humanité partout. Autrefois, en Algérie alors que le concept n’existait pas encore, c’est un tel crime qui avait été perpétré, selon le président de la République. Aujourd’hui, en Palestine colonisée, il semblerait que ce ne soit pas un sujet et que toute mise en cause de cette colonisation-là doive être évitée pour ne pas nuire à nos excellentes relations avec la puissance coloniale, Israël et son « Cher Bibi ».

Le sort qui est fait à Salah Hamouri en France, l’absence de vigoureuse campagne de presse en sa faveur alors qu’Amnesty international, par exemple, s’élève contre le déni de droit dont il est victime, le silence du gouvernement français face à l’expulsion de son épouse et à ses incarcérations n’est qu’un exemple parmi bien d’autres : du deux poids deux mesures qui est de mise quand c’est l’Etat d’Israël qui viole les droits de l’Homme et ceux des peuples. C’est une erreur d’un point de vue intellectuel et politique. C’est une faute contre les valeurs dont la République française se réclame. Les conséquences en politique intérieure et en politique internationale en sont déjà lourdes. Elles le seront plus encore à l’avenir : un tel parjure finit par se retourner contre ses auteurs.

Les signataires :
Monique Cerisier ben Guiga, sénatrice honoraire,
Dominique Vidal, historien et journaliste,
Géraud de la Pradelle, professeur émérite des Universités,
René Backman, journaliste,
Giovanna Tanzarella, militante associative,
Pierre Blanc, universitaire,
Agnès Levallois, consultante,
Jean-Paul Chagnollaud, professeur émérite des Universités.


mardi 26 septembre 2017
Après une multitude de pressions, le conseiller diplomatique de Macron recevra Elsa, l’avocat de Salah et Jean Claude Lefort, rue de l’Elysée... le 9 octobre


Lundi 18 septembre
La nouvelle est tombée : Salah a pris 6 mois de détention administrative, renouvelables, sur ordre du fasciste Lieberman. Un déni de droit absolu !
Aucune charge ne pèse sur lui et il n’a droit à aucun procès. Cette détention peut-être renouvelée tous les six mois sans que les autorités israéliennes n’apportent la moindre preuve d’une quelconque culpabilité.
Dans un silence total des autorités de notre pays. On ne lâche rien ! Liberté !

Ecrire à Salah (pas de coordonnées au dos de l’enveloppe)

Signer la pétition
Ecrire au Consulat général de France à Jérusalem
Ecrire au Ministère des affaires étrangères
Ecrire au Président de la République : En remplissant le formulaire avec comme objet « Français de l’étranger »


Lire le bel article " Salah Hamouri face au silence « pesant » de la France"
de CHLOÉ DEMOULIN
ARTICLE PUBLIÉ LE MARDI 19 SEPTEMBRE 2017

et la réaction d’AMNESTY INTERNATIONAL
Israël/Territoires palestiniens occupés. Un défenseur des droits humains franco-palestinien détenu sans inculpation ni jugement

En réaction à l’information selon laquelle un tribunal israélien a confirmé la détention administrative pour six mois de Salah Hammouri, chercheur de terrain pour l’ONG palestinienne de défense des droits humains Addameer, la directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International, Magdalena Mughrabi, a déclaré :
« La détention arbitraire de Salah Hammouri représente un nouvel exemple du recours abusif par les autorités israéliennes à la détention administrative, afin de détenir des suspects pour une durée indéterminée sans inculpation ni jugement. Au lieu de l’enfermer sans fournir la moindre preuve à son encontre, les autorités
israéliennes doivent l’inculper d’une infraction pénale dûment reconnue ou ordonner sa libération immédiate.
« Depuis 50 ans, Israël a recours à la détention administrative pour éliminer la dissidence pacifique et pour remplacer les procédures pénales. Désormais, les autorités israéliennes semblent l’utiliser pour cibler les militants des droits humains. Elles doivent prendre de toute urgence des mesures pour mettre fin une fois pour
toutes à cette pratique cruelle. »
Salah Hammouri, ressortissant français, est le deuxième employé d’Addameer à être placé en détention administrative. Le coordinateur médias de l’association, Hasan Safadi, est détenu depuis le 10 juin 2016 sans inculpation ni jugement. Cinq autres employés se sont vus interdire de quitter Israël et la Palestine. Membre
du conseil d’administration d’Addameer, Khalida Jarrar a également été placée en détention administrative le 2 juillet 2017.


C’est aujourd’hui dimanche à 14h30 que le Cour de district de Jérusalem va décider la peine exacte (ou non - rêvons un instant) de Salah. Vous serez informés aussitôt que la nouvelle nous parviendra :
Le tribunal s’est réuni à 14 h 30 à huis clos. Au terme de cette réunion le juge a demandé un "temps de réflexion" pour décider. Ce soir ou demain. Sadiques.


ASSEZ ! Combien de rebondissements, de reports, de changements de tactique, de prisons ou de tribunaux, de condamnations provisoires, de nouvelles condamnations, d’annonces de libération ou de mises en détention administrative, d’ordres du ministre de la défense, d’appels du procureur, de décisions provisoires, combien de coups au cœur Salah Hamouri va-t-il devoir encore subir avant que le Président de la République ne réalise qu’il se passe de l’autre côté de la Méditerranée un véritable scandale, un déni de justice, une atteinte aux droits humains élémentaires qui auraient déjà dû attirer son attention depuis le 23 août.

Monsieur le Président, Salah Hamouri n’est pas un jouet à disposition de qui entend se distraire et tester votre silence ! C’est un être humain, un citoyen français, défenseur des droits humains, avocat, père de famille ! Il est tombé dans les griffes d’un pouvoir qui n’a que faire de l’humanité de l’Autre ou du droit international ne serait-ce qu’en ce qui concerne le traitement des prisonniers politiques qui, contre toute notion de droit, remplissent les prisons en Israël.

Cela fait plus de 15 ans que le pouvoir israélien s’acharne sur ce jeune homme franco-palestinien qui, comme c’est

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