Aucun doute : le rap palestinien est né avec DAM

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Du rap palestinien, on ne sait rien. Sauf que dans ce paysage désert, il y a DAM, un groupe engagé qui n’a cessé de faire entendre sa voix depuis plus de vingt ans. Aujourd’hui consacrés, ils ne s’arrêtent pas là et chantent maintenant en anglais, histoire de toucher le plus grand nombre.

Dénoncer la réalité. Les frères Tamar et Suhell Nafar accompagnés de Mahmoud Jreri, nés à Lod, en Israël, ont débuté leur carrière en hébreu, en 1999. L’histoire aurait pu s’arrêter là et le groupe rester dans un anonymat prophétique si la situation au Proche-Orient n’était pas une poudrière. Mais le début de la seconde Intifada, en 2000, inspire DAM et pousse le groupe à parler de la réalité des Palestiniens, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Ici encore, personne n’aurait pu prédire l’engouement autour du groupe.

Dépasser les frontières. Les voix des rappeurs ont vite eu une résonance au-delà du Proche-Orient. Rapidement, et c’était bien leur intention, le monde entier parle d’eux. Une occasion pour DAM de sortir son premier titre franchement politique, toujours en hébreu, qui bouscule les foules. Ils n’attendront pas longtemps pour signer un premier album, en 2008, entièrement en arabe, rempli de titres évocateurs comme I’m A Stranger In My Own Country, I Don’t Have A Freedom ou Change Tomorrow.

Avec trois albums sous le bras, le groupe a réalisé son rêve. Le trio a signé son nouvel EP « Street Poetry » sur Cooking Vinyl (un label indé londonien) et se produit en Grande-Bretagne. Et quand on leur parle d’influences, DAM est comme n’importe quel groupe vénère et revendicatif. Ils citent des politiques palestiniens et des rappeurs US comme Public Enemy, N.W.A, Biggie et 2Pac.

La polémique. Parce qu’ils ne parlent pas que du conflit israélo-palestinien, DAM a malgré tout déçu un pan de sa fan base. Car le groupe est très concerné par la condition des femmes et notamment par les violences domestiques et les mariages forcés dans les pays arabes. Aux détracteurs qui les accusent de donner le mauvais rôle aux Arabes, comme dans le titre al Hurriyah Unt’a (« Liberté pour mes sœurs » en français), DAM répond sans détour : « Ce problème n’est pas lié à l’occupation. On voit des femmes arabes tuées au nom de l’honneur familial en Jordanie, au Maroc, en Égypte… Il n’y a pas de tanks israéliens là-bas. » Si le sujet est sérieux, le trio essaie quand même de donner parfois dans l’humour quand il s’agit de parler de coexistence. En juin, ils ont mis en image leur titre Mama, I fell in love with a Jew. Dans un ascenseur, le Palestinien dit à l’Israélienne : « Cette fois, inversons les rôles, c’est moi qui te passerait les menottes. » Et cette fois, ils chantent en anglais.

Aujourd’hui, la carrière de DAM s’apprête à connaître un nouveau tournant. Tamer Nafar vient de gagner le prix du public lors de la Berlinale 2016 avec Junction 48, co-écrit avec un réalisateur israélien. Un film qui prône « l’amour et la coexistence » et qui mettra en lumière le rap palestinien sur les écrans américains, puisque Netflix vient d’en acheter les droits.

source : Jack - Canal plus

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