L’Alhambra Cinémarseille propose deux projections du film SAMOUNI ROAD - Jeudi 24 Mai à 16h15 et Mercredi 30 Mai à 20h30

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Dans le cadre de la reprise intégrale de la sélection de la Quinzaine des Réalisateurs en partenariat avec la Région PACA
L’Alhambra Cinémarseille propose deux projections du film
SAMOUNI ROAD de Stefano SAVONA
(Italie-France, 2h08)

- JEUDI 24 MAI à 16h15
- MERCREDI 30 MAI à 20h30


Notre article du 12 mai
Forte impression, jeudi après-midi, à la Quinzaine devant "Samouni Road", le documentaire de Stefano Savona sur une famille à Gaza, dix ans après l’opération "Plomb durci".

"Je ne sais pas raconter les histoires." Celle qui nous fait cet aveu, au tout premier plan de Samouni Road, est une petite fille d’environ 10 ans. Adossée à un champ de ruine, ou presque, gamine d’un pays qui n’existe pas, d’un endroit qui n’a comme pas d’existence officielle : pas un pays, une bande. Encerclée, étouffée : Gaza. Non, elle ne sait pas raconter les histoires ; ou plutôt, elle ne se raconte pas d’histoires. Les histoires, c’est pour les enfants d’en face. A Gaza, la petite fille n’a que de la géographie.

Il en va de même pour le film. Qui ne fait que ça : nous lancer sur des fausses pistes, pour mieux nous cueillir.

Il y avait sur le papier mille choses pouvant nous faire craindre le pire concernant Samouni Road. Quoi, un docu italien sur Gaza ? Avec, en plus, tout plein d’images d’animation, parce que l’animation, c’est cool. On aiguisait nos armes, se disant que les Palestiniens méritent (en plus d’un état) un film, pas un catalogue de poses. Mais voilà, Samouni Road va se révéler très vite un grand film, et son réalisateur, Stefano Savona, archéologue de formation, spécialiste du Soudan et du Moyen-Orient, déjà auteur entre autres d’un (bon) documentaire sur la place Tahrir (Tahrir Liberation Square, en 2011) un porte-voix idéal.

Vidéos, dessins et images de drones pour une histoire multifacette

Il connaît et filme la bande de Gaza et les Palestiniens depuis presque dix ans. Il sait d’abord deux, trois choses : il sait qu’on ne raconte pas l’histoire à la place des peuples. Il sait qu’on ne raconte pas l’histoire à la place des enfants. Il sait convoquer un dessin, non pas pour tourner les yeux mais pour faire entendre l’horreur là où les images n’existent pas. Il sait jongler avec trois sources : les images qu’il filme depuis des années (les enfants grandissent, et on voit qu’ils n’ont jamais été des enfants). Les crayonnés qui sont comme des archives impossibles, calcinées, d’une mémoire grise. Et puis, des images de drones avec en bande-son un soldat israélien qui attend les ordres de l’état-major pour tirer sur les cibles humaines dessinées par une caméra thermique.

"Ce sont des civils", répond le soldat aux ordres de tirer. Ou plutôt l’acteur, car toutes les failles manquantes de la tragédie sont rejouées par des comédiens, sur la base de témoignages. Dans cet édifice complexe et qui aurait pu se casser la gueule sous nos yeux, rien n’est laissé au hasard. Ses effets sont raisonnés, tout à l’inverse de l’horreur de la guerre qu’il raconte. Il fallait l’exposer, l’expliquer, cette histoire, celle de la guerre de Gaza de 2008-2009, opération "Plomb durci", Tsahal pilonnant les familles palestiniennes, chassant le Hamas partout, à commencer par là où il n’est pas. Donc la guerre, et comment elle touche d’abord ceux qui n’y participent pas, ceux qui ne la veulent pas, ceux qui ont cru à ce mirage amer, "la coexistence de deux nations sur une même terre". A savoir, une famille de paysans, les Samouni, victimes des crimes de guerre de l’armée israélienne.

Le film ausculte en toute neutralité les effets inverses et délétères de l’action de Tsahal. Ou comment les morts sont récupérés comme martyrs par les partis politiques, et les enfants laissés avec comme seul désir d’avenir celui de venger leurs pères. Samouni Road est un film sur la vie quotidienne en temps de guerre. Une vie où les morts deviennent plus nombreux que les vivants. "Pourquoi se marier ? Pour manquer à nos enfants", dit ce jeune couple de fiancés qui viennent de perdre leurs parents. Et demain ? Demain, les enfants joueront à la Palestine.

SAMOUNI ROAD, de Stefano Savona (Quinzaine des réalisateurs).
Source : Grazia.fr


Notre article du 2 mai 2018

Pour la première fois, il y aura un pavillon palestinien au Festival de Cannes 2018

En 2002, Intervention divine d’Elia Suleiman avait obtenu le prix du jury au festival de Cannes, Dégradé des frères Abu Nasser avait été selectioné durant l’édition 2015 de la Semaine de la Critique, et l’année dernière, le film palestinien Ghost Hunting a remporté le prix du meilleur documentaire au Festival international du film de Berlin… Le cinéma palestinien pèse lourd et le Festival de Cannes a choisi, cette année, de le faire rayonner encore un peu plus.

C’est donc une grande première : les cinéastes palestiniens disposeront, pour la première fois, de leurs propres pavillons durant la cérémonie qui débutera le 8 mai prochain.

Inauguré en 2000, au sein du Festival de Cannes, le Village International (où se trouve la cinquantaine de Pavillons) est un espace privilégié où le cinéma de tous les horizons s’exprime. L’objectif ? permettre aux pays de promouvoir leur cinématographie, leur signature artistique, leur identité culturelle et leurs institutions. Producteurs, distributeurs, commissions et organisateurs s’installeront donc, le temps du Festival, au Village International pour rêver, imaginer et penser le cinéma de demain…


La Palestine à Cannes. Pour la première fois il y aura un Pavillon palestinien au 71e Festival de Cannes, du 8 au 19 mai

Cette initiative est lancée par "Palestine Film Institute" avec 10 projets de films, 5 fictions, et 5 documentaires choisis pour participer au Producers Network, au sein du Marché du Film.

L’Institut du film Palestine (PFI) est une structure qui prend en charge la production de films et de la Palestine, en fournissant le développement et le conseil, l’accessibilité croissante au financement, et la connexion des talents cinématographiques et des experts. Le PFI est enraciné dans la tradition du cinéma politique, de la pratique du cinéma indépendant et de l’engagement à filmer comme outil de changement social.

Un événement organisé par :
• Al Ard [doc] Film Festival (Italie)
• Boston Palestine Film Festival (USA)
• Bristol Palestine Film Festival (Angleterre)
• DC Palestinian Film and Art Festival (USA)
• Doha Palestine Festival Cinéma Festival (Qatar)
• Festival Ciné Palestine
• Haifa Independent Film Festival (Palestine 48)
• Nazra Palestine Short Film Festival (Italie)
• Palestine Withe Love Brussels (Belgique)
• Toronto Palestine Film Festival (Canada)

Film Festival Cocktail le 13 mai 2018 Pavillon Palestine de 18h à 20h.

« Changer l’opinion en Occident (sur les Palestiniens) est notre combat beaucoup plus que de faire des films pour le divertissement ou le box-office », a expliqué le cinéaste Mohanad Yaqoubi à l’AFP

« La Palestine a presque chaque année un film sélectionné à Cannes mais jusqu’à présent nous n’avions pas de représentation officielle », a expliqué le cinéaste Mohanad Yaqoubi, un des co-fondateurs du Palestine Film Institute, cité par la même source.

« C’est très important d’avoir un organisme qui essaye de représenter (le cinéma palestinien) et d’établir des contacts », a-t-il ajouté, s’exprimant en anglais.

Le pavillon est en grande partie financé par le ministère palestinien de la Culture. Lina Bokhary, chef du département cinéma du ministère, a expliqué que cette décision faisait partie d’une politique plus large visant à promouvoir le cinéma palestinien.

« Cannes est important car c’est une plaque tournante, la porte d’entrée à toute l’Europe qui est un grand marché pour les films palestiniens », a-t-elle dit.
Changer les opinions, combattre les préjugés…

En 2017, le film palestinien Ghost Hunting, sur les prisons israéliennes, a remporté le prix du meilleur documentaire au Festival international du film de Berlin.
En 2002, "Intervention divine" de Elia Suleiman avait obtenu le prix du jury au festival de Cannes.
« Chaque film est réalisé pour changer les opinions dans les pays occidentaux et combattre les préjugés contre les Palestiniens », ajoute-t-il.


Nos articles sur le festival de Cannes 2017
* Le cinéaste primé Ken Loach fait don des recettes des projections de son film au mouvement BDS
* Israël : la ministre se déchaîne contre un film candidat aux Oscars

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