Cisjordanie : la Cour suprême israélienne autorise la démolition de Khan el-Ahmar. L’armée israélienne en action violente contre les villageois.

Dernières nouvelles 14 septembre 2018

En ce moments même à Khan Al-Ahmar - Fermeture des routes, affrontements et arrestations

JERUSALEM (Ma’an) - Les forces d’occupation israéliennes ont fermé vendredi des routes menant au village de Khan al-Ahmar, à l’est de Jérusalem.

Les affrontements ont éclaté dans le village, blessant un certain nombre de citoyens et en arrêtant plusieurs autres, dont Suleiman al Hathalin, Abu Adel, Ibrahim Hassan Abou Dahouk Abu Bajas, Abou Nimr de Jéricho et Abdel Aziz de France.

Source : maannews
Traduction : Moncef Chahed


Nouvelles (12 septembre 2018)
Déclaration conjointe de la France, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni sur la situation du camp de Khan al-Ahmar

La France, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni ont à plusieurs reprises exprimé leur préoccupation au sujet du village de Khan al-Ahmar, situé en un lieu sensible de la zone C, d’importance stratégique pour la préservation de la contiguïté d’un futur État palestinien.

Nous avons pris note de la décision prononcée mercredi dernier par la Cour suprême d’Israël qui laisse la démolition de Khan al-Ahmar à la discrétion du gouvernement israélien.

En conséquence, nous nous joignons à la Haute représentante et Vice-présidente Mogherini pour appeler de nouveau le gouvernement israélien à ne pas donner suite à son plan de démolition de ce village, y compris son école, et de déplacement de ses résidents.

Les conséquences qu’une démolition et un déplacement auraient sur les résidents de cette localité, notamment leurs enfants, ainsi que sur les perspectives de la solution des deux États, seraient très sérieuses.
Source : France Diplomatie

et aussi

Khan Al-Ahmar – Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères (11 septembre 2018)

La France exprime sa très vive préoccupation concernant la situation du village palestinien de Khan al-Ahmar qui se trouve en Cisjordanie (zone C). Aux termes du jugement de la Cour suprême israélienne, la décision de démolition de ce village relève désormais du gouvernement israélien.

Je me joins à la voix de la Haute représentante de l’Union européenne et appelle les autorités israéliennes à ne pas procéder à la démolition de ce village.

La France rappelle que les démolitions d’infrastructures et d’habitations en Cisjordanie, territoire palestinien occupé, sont contraires au droit international humanitaire, et en particulier à la IVème Convention de Genève, en ce qu’elles entraînent des évacuations et des transferts forcés de populations, ainsi qu’aux résolutions du Conseil de sécurité.

La France prête une attention toute particulière au cas de Khan Al-Ahmar, en raison de sa localisation dans une zone d’importance stratégique pour la continuité d’un État palestinien et pour la viabilité d’une solution à deux États avec Jérusalem pour capitale. Elle alerte donc sur les conséquences que la démolition de ce village et le déplacement de ses habitants auraient sur le plan humanitaire aussi bien que politique.

La France poursuit ses efforts pour préserver la solution à deux États en lien avec l’Union européenne et ses proches partenaires internationaux.

Source : France Diplomatie


La Cour suprême israélienne a donné son accord, ce mercredi 5 septembre, pour la démolition du village bédouin Khan el-Ahmar en Cisjordanie occupée. Une décision qui, selon les Palestiniens, rend encore plus compliquée la formation éventuelle d’un État palestinien indépendant.

Selon la décision de la Cour suprême israélienne, les bulldozers pourront commencer la démolition de la majeure partie du village de Khan el-Ahmar une semaine après ce feu vert de la juridiction. En principe, plus aucun recours juridique n’est possible. Le tribunal a mis ainsi fin à des années de débat sur le sort du village bédouin situé en Cisjordanie, à l’est de Jérusalem à proximité immédiate de colonies de peuplement.

Des Palestiniens manifestent en soutien aux habitants du village bédouin de Khan el-Ahmar, menacé de démolition par les autorités israéliennes, le 1er août 2018.
ABBAS MOMANI / AFP

Le Ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, s’est félicité de la décision des juges qu’il a qualifiée de « courageuse », « face aux attaques hypocrites orchestrées par Abou Mazen [Mahmoud Abbas, le président palestinien - NDLR], la gauche et des pays européens ». La liste unifiée arabe a estimé dans un communiqué que la démolition du village sonnera le glas à tout espoir de création d’un état palestinien.

Plusieurs gouvernements européens, l’ONU et des ONG avaient exercé des pressions contre l’évacuation du village bédouin en affirmant notamment qu’elle provoquerait la scission de la Cisjordanie et éloignerait toute solution viable du conflit. La question est maintenant de savoir de quelle manière se réalisera l’évacuation et où seront transférés cette fois encore les membres de la tribu bédouine Jahalin.

Source RFI Moyen Orient
Avec notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul


Notre article du 15 juillet 2018
Village de Khan al-Ahmar : 70 ans après, le transfert forcé des Palestiniens continue

Le village de Khan al-Ahmar est devenu bien malgré lui un symbole, celui des destructions de villages et de transferts forcés de populations qui dure depuis plus de 70 ans en Palestine.

Situé à l’Est de Jérusalem et peuplé d’une communauté bédouine déjà chassée de ses terres en 1948, ce village à l’habitat précaire est au cœur d’une zone que l’État d’Israël entend annexer ce qui couperait le Nord de la Cisjordanie du Sud. Les populations qui y vivent ne se laissent pas faire et résistent contre vents et marées à l’armée d’occupation israélienne depuis des années. L’État d’Israël ne s’embarrasse pas du droit international qui lui impose pourtant d’assurer la protection des populations des territoires qu’il occupe : il a décidé de faire place nette, de les expulser par la force et de détruire leurs habitations, l’école du village ainsi que les bâtiments destinés à l’élevage, leur seule source de revenu.

Aucun permis de construire n’est donné aux Bédouins et ils n’ont pas d’autre choix que de construire sans autorisation. Israël estime alors que les constructions de ces villages sont illégales. Les conditions de vie que leur impose l’administration israélienne sont inhumaines : ils sont privés de tout raccordement à l’eau ou à l’électricité. Les installations fournies notamment par l’Union européenne sont régulièrement détruites par l’armée israélienne.

Après les ordres de démolitions, ce sont les ordres d’expulsions qui ont été présentés mardi aux habitants de Khan al-Ahmar par l’armée israélienne. Mercredi, Israël a déployé des engins de chantier pour préparer la destruction et l’armée a violemment réprimé les manifestations non violentes qui ont répondu à cette opération : plus de 10 arrestations et de 30 blessés. La résistance populaire palestinienne a montrée sa capacité de mobilisation ainsi que des militants internationaux et israéliens dont bon nombre ont été arrêtés.

Des dizaines de journalistes étaient présents jeudi à l’entrée du village malgré les tentatives des forces de police israéliennes d’en restreindre l’accès.

Des diplomates européens dont le consul général de France à Jérusalem Pierre Cochard ont apporté jeudi leur soutien aux habitants en leur rendant visite. L’armée israélienne leur a interdit l’accès à l’école du village.

"Nous voulions manifester notre solidarité à ce village qui est menacé de destruction, pour des raisons à la fois humanitaires (...) et parce que c’est un enjeu majeur de droit international", a déclaré Pierre Cochard. "C’est une violation très claire de la 4e convention de Genève qui détermine les obligations des puissances occupantes dans les territoires occupés", a-t-il ajouté. Alistair Burt, ministre d’État britannique chargé du Moyen-Orient, avait affirmé au mois de mai qu’une expulsion "pourrait constituer un transfert forcé du point de vue des Nations unies". Un transfert forcé de population est considéré comme une violation de la Convention de Genève.

le Consul Général de France en soutien du droit international

La mobilisation pour défendre le village de Khan al-Ahmar a porté ses premiers fruits : la Cour suprême israélienne a été contrainte de geler les ordres de démolitions. C’est incontestablement une première victoire. Elle reste à consolider.

Confisquer toujours plus de territoire aux Palestiniens, leur rendre la vie impossible pour les forcer à partir, « achever ce qui ne l’a pas été en 1948 », voilà ce qui se joue autour du village de Khan al-Ahmar, mais au-delà, quotidiennement, dans tout le territoire palestinien occupé et dans un silence assourdissant. C’est la Nakba – la catastrophe – qui continue. Si l’on veut que cela s’arrête, il va falloir aller au-delà des simples déclarations et condamnations. La communauté internationale doit prendre ses responsabilités et agir comme elle a commencé à le faire pour le cas de Khan al-Ahmar, mais avec une toute autre ampleur. La France a l’obligation de faire respecter les conventions de Genève et pour cela elle doit prendre avec d’autres États européens des décisions fortes en direction d’Israël pour lui imposer le respect du droit international.
Le Bureau national AFPS

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