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Israel arme des néo-Nazis en Ukraine

jeudi 19 juillet 2018

Des armes israéliennes sont envoyées à une milice néo-nazie lourdement armée en Ukraine.

La propagande en ligne du Bataillon Azov montre des fusils Tavor ayant une licence israélienne, dans les mains du groupe fasciste, tandis que des militants israéliens de défense des droits humains ont protesté contre les ventes d’armes à l’Ukraine au motif que les armes pourraient être introduites au sein de milices antisémites.

Le bataillon Azov se sert du symbole nazi Wolfsangel comme logo. Son fondateur, Andriy Biletsky (au centre) a agi pour faire interdire « le mélange des races » au Parlement ukrainien. (Azov/Twitter)

Dans une lettre « sur des licences pour l’Ukraine » obtenue par The Electronic Intifada, l’agence chargée de l’exportation des armes du ministère israélien de la défense dit qu’ils sont « précautionneux dans l’octroi de licences » à des exportateurs d’armes « en complète coordination avec le ministère des affaires étrangères et d’autres instances gouvernementales ». La lettre du 26 juin a été envoyée en réponse à l’avocat israélien Eitay Mack qui avait formulé une requête détaillée exigeant la fin de toute aide militaire d’Israël à ce pays.

Le statut officiel d’Azov dans les forces armées ukrainiennes signifie qu’on ne peut pas vérifier que « les armes et l’entraînement israéliens » ne sont pas utilisés par des « soldats antisémites ou néo-nazis », ont écrit Mack et 35 autres militants des droits humains. Ils avaient écrit que les forces armées ukrainiennes utilisent des fusils fabriqués en Israël « et sont entraînés par des Israéliens » selon des rapports émanant du pays.

Le chef de l’agence israélienne d’exportation d’armes a refusé de démentir le rapport, ou même de discuter de l’annulation des licences d’armes, au nom de questions de « sécurité ».

Des fusils israéliens en Ukraine

Le fait que des armes israéliennes soient destinées à des néo-nazis ukrainiens est soutenu par la propre propagande en ligne d’Azov. Sur son canal youtube, Azov a posté une « revue » vidéo de copies produites localement de deux fusils Tavor israéliens visibles ici :

Les fusils sont fabriqués sous licence de Israel Weapons Industries (IWI), et en tant que tels, ont dû être autorisés par le gouvernement israélien.

IWI désigne le Tavor comme « l’arme première » des forces spéciales israéliennes.

Il a été utilisé dans les récents massacres de Palestiniens non armés prenant part aux manifestations de la Grande Marche du Retour à Gaza.

De plus, la société d’armement ukrainienne d’État qui produit les fusils sous licence, a une page sur le Tavor sur son site. Le logo de Israel Weapons Industries apparaît aussi sur son site, y compris sur la page « Nos partenaires ».

Ayant commencé comme une bande de casseurs fascistes, le bataillon Azov est l’une des milices d’extrême droite qui a maintenant été intégrée comme unité de la Garde Nationale d’Ukraine.

Antirusse fervent, Azov a combattu la police des émeutes pendant les manifestations « Euromaidan » de 2013 à Kiev, la capitale, soutenues par les USA et l’UE.

Les manifestations et les émeutes ont ouvert la voie au coup d’état de 2014 qui a démis le président prorusse Viktor Yanoukovitch.

Cette photo tirée du site d’Azov, montre un officier de la milice néo-nazie armé d’une version du fusil Tavor israélien. Le Tavor est fabriqué sous licence israélienne par Fort, le fabricant d’armes national d’Ukraine.

Quand a commencé la guerre civile dans l’Est de l’Ukraine contre les séparatistes appuyés par la Russie, le nouveau gouvernement appuyé par l’Ouest a commencé à armer Azov. La milice est rapidement passée sous la compétence du ministère de l’intérieur ukrainien et a vu quelques uns des plus intenses combats sur le front contre les séparatistes.

Le groupe est accusé dans les rapports des Nations Unies et de Human Rights Watch de commettre des crimes de guerre contre des séparatistes prorusses lors de la guerre civile dans la région orientale du Donbass, avec tortures, violences sexuelles et ciblages de maisons de civils.

Aujourd’hui, Azov est dirigé par Arsen Avakov, le ministre de l’intérieur ukrainien. Selon la BBC, il paie ses combattants et a embauché un de ses commandants militaires, Vadym Troyan, comme adjoint, avec mission de contrôle de la police.

Avakov a rencontré l’année dernière le ministre de l’intérieur d’Israël, Aryeh Deri pour discuter de « coopération fructueuse ». Le jeune fondateur d’Azov qui fut son premier commandant militaire, Andriy Biletsky est aujourd’hui député au Parlement ukrainien.

Comme l’a expliqué le journaliste Max Blumenthal sur The real News en février, Biletsky a « argumenté pour la restauration de l’honneur de la race blanche et a proposé des lois interdisant le « métissage ». Selon le Telegraph, Biletsky a écrit en 2014 que « la mission historique de notre nation dans ce moment critique est de conduire les races blanches du monde dans une croisade finale pour leur survie ». Une croisade contre les sous-hommes dirigés par les Sémites.

Dans un camp d’entraînement militaire pour enfants l’année dernière, le Guardian a remarqué que plusieurs instructeurs d’Azov avaient des tatouages nazis et autres tatouages racistes, dont une svastika, le symbole de squelette des SS et un tatouage « Fierté blanche ».

Un soldat de Azov a expliqué au Guardian qu’il se bat contre la Russie parce que « Poutine est juif ». S’adressant au Telegraph, un autre a loué Adolf Hitler et dit que l’homosexualité était une « maladie mentale » et que l’ampleur de l’Holocauste « est une grande question ». Un sergent instructeur d’Azov a dit un jour « en riant » à USA Today que « pas plus de la moitié de ses camarades sont des nazis ». Un porte-parole d’Azov a minimisé cette estimation, prétendant que « seulement 10 à 20% » des membres du groupe sont des nazis. Le sergent a néanmoins « promis que lorsque la guerre prendra fin, ses camarades et lui marcheront sur la capitale, Kiev, pour renverser un gouvernement qu’ils considèrent corrompu.

Après qu’Andriy BIletsky, le fondateur d’Azov, soit entré au Parlement, il a menacé de le dissoudre. « Croyez moi sur parole » a-t-il dit, « nous nous sommes rassemblés ici pour commencer la lutte pour le pouvoir ».

Ces promesses ont été faites en 2014, mais il y a des signes précurseurs qu’elles soient tenues aujourd’hui. Cette année, le bataillon a fondé une nouvelle « Milice nationale » pour amener la guerre au pays. Ce gang bien organisé est à l’avant-garde d’une vague croissante de violence raciste et antisémite en Ukraine.

Conduite par ses vétérans de l’armée, elle se spécialise dans les pogromes et la mise en œuvre par la violence de son programme politique.

Au début de ce mois, revêtus de cagoules, avec des haches et des battes de baseball dans les mains, des membres du groupe ont détruit un camp rom à Kiev. Sur une vidéo, apparemment tournée par les voyous d’Azov eux-mêmes, la police est arrivée vers la fin de la destruction du camp.

Ils ont l’air de ne rien faire tandis que les voyous crient « Gloire à la Nation ! Mort aux ennemis ! ».

Le ministre israélien de la défense, Avigdor Lieberman (à gauche) a rencontré le premier ministre d’Ukraine l’an dernier pour discuter de liens militaires plus poussés (portail du gouvernement d’Ukraine). L’aide militaire d’Israël à l’Ukraine et à ses néo-nazis imite de semblables programmes menés par les États Unis et d’autres pays de l’OTAN dont le Royaume Uni et le Canada.

Ils sont tellement obsédés par l’idée de battre ce qu’ils perçoivent comme une menace de la part de la Russie, qu’ils semblent heureux d’aider des milices ouvertement racistes, du moment qu’elles combattent de leur côté.
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Avec la traduction en hébreu de Dena Shunra
Asa Winstanley rédacteur associé de The Electronic Intifada.
Source : The Electronic Intifada
Traduction : SF pour l’Agence Média Palestine