Le photographe Niraz Saied est mort dans une prison du régime syrien

Il avait été primé pour son travail sur la Syrie et la Palestine.

Niraz Saied, un photographe palestinien syrien, dont le travail a été salué par la communauté internationale, est mort dans une prison du régime syrien, trois ans après son arrestation, ont annoncé ses proches ce lundi.

« Il n’y a rien de plus difficile que d’écrire ces mots, mais Niraz ne doit pas mourir en silence. Ils ont tué mon chéri, mon époux, mon Niraz […]. Niraz est mort dans les prisons du régime syrien », a indiqué sa femme Lamis Alkhateeb, réfugiée en Allemagne, sur son compte Facebook. Elle n’a pas précisé comment la nouvelle lui était parvenue.

Ahmed Abbassi, un ami de Niraz Saied, interpellé en 2015, a confirmé son décès. « Aux premiers jours de son arrestation, on savait qu’il était en vie. Mais après on était sans nouvelle », a-t-il indiqué.

Le photographe syrien palestinien était emprisonné depuis trois ans/Capture Facebook

Des organisations de défense des droits de l’Homme accusent régulièrement le régime du président syrien Bachar al-Assad de torture et d’exécutions extrajudiciaires.

« Les Lettres de Yarmouk »

Niraz Saied avait remporté fin 2014 le premier prix d’un concours de photographie organisé par l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) et l’Union Européenne avec un cliché pris dans le camp de Yarmouk à Damas où il vivait. Créé par l’ONU dans les années 1950 pour accueillir les Palestiniens chassés de leurs terres ou fuyant la guerre israélo-arabe après la création de l’Etat hébreu en 1948, le camp s’est transformé au fil des décennies en un quartier résidentiel et commercial de Damas.

cette photo a reçu de nombreux prix. Elle s’intitule : Les Trois rois. ©Il Mandji.

Niraz Saied avait 23 ans lorsqu’il avait remporté le concours de l’UNRWA et de l’Union Européenne. Sa photo en noir et blanc, intitulée « Les trois rois », représentait trois frères en bas âge, attendant une évacuation pour recevoir des soins médicaux. Sur le cliché, la tristesse et la douleur peuvent se lire sur leur visage. « J’ai toujours eu l’impression que dans chaque portrait d’une famille palestinienne, on peut voir l’ombre d’un absent, et c’est pour cela que mes photos sont faiblement éclairées », avait-il confié à l’époque, cité par un communiqué de l’UNRWA. Il avait rencontré sa femme en 2014 lors du tournage du documentaire « Les Lettres de Yarmouk », qui reprenait des vidéos tournées par le jeune homme, illustrant le difficile quotidien du camp durant la guerre qui a débuté en 2011.

Source :Le Parisien 16 juillet 2018

Yarmouk

Ton sang coule
Comme ta rivière éponyme
Les larmes tombent
Impétueuse est ton synonyme

Yarmouk
Ton oeil s’est éteint hier
Il a mis dans ses paupières
Les dernières lueurs
Sombre, tu es lunaire

Yarmouk
Ton sang coule
A ta bataille éponyme
Les hommes tombent
Innocente est ton synonyme

Yarmouk
Les âmes courent
Tu es desert anonyme
Des nuits de tombes
L’enfer a son paroxysme

Yarmouk
Souviens-toi des foules
Les chants Firqat Al-Ashiqin
Les joies d’ombres
‘ajmal alzuhuar tati min’

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