Le projet secret du gendre de Trump contre l’ONU

Chargé du dossier israélo-palestinien auprès de son beau-père, Jared Kushner veut dynamiter la prise en charge internationale des Palestiniens.

Il a beau être jeune, fier et fringant, le conseiller pour le dossier israélo-palestinien de Donald Trump (et par ailleurs son beau-fils), Jared Kushner, tente, à marche forcée, de paver le terrain pour la mise en œuvre d’un plan visant à effacer une fois pour toutes la revendication nationale palestinienne. Selon le magazine américain Foreign Policy, lors de son déplacement en Jordanie, au mois de juin, il a demandé, ou plutôt exigé, que deux millions de réfugiés palestiniens soient rayés des listes de l’Unrwa, l’agence des Nations unies pour ces réfugiés. Établie en 1949, l’Unrwa apporte son aide à des millions de Palestiniens enregistrés comme réfugiés dans les territoires palestiniens, en Jordanie, au Liban ou en Syrie, survivants ou descendants de Palestiniens ayant fui la première guerre israélo-arabe en 1948, qui a suivi la création de l’État d’Israël. Pays économiquement le plus puissant, surtout à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis contribuaient jusque-là pour 30 % des fonds de ­l’Unrwa. En janvier, Washington a annoncé qu’il n’octroierait que 60 millions de dollars cette année à l’agence, contre 360 millions l’année dernière. De quoi l’asphyxier.

Un don de 325 860 dollars au bénéfice de l’armée israélienne

Foreign Policy a pu consulter des mails envoyés par Kushner en date du 11 janvier et ayant comme destinataires un certain nombre d’officiels américains, dont l’envoyé spécial pour le Moyen-Orient, Jason Greenblatt. Il s’y exprime sans détour. « Il est important de faire un effort sincère et honnête (sic) pour déstabiliser l’Unrwa », écrit-il. Et encore : cette agence « perpétue le statu quo, est corrompue, inefficace et n’aide pas à la paix ». Une phrase qui a toute sa valeur quand on sait que la Fondation Kushner, qu’il dirige avec papa et maman, a fait des dons pour un montant de 325 860 dollars à l’organisation Friends of the Israel Defense Forces (FIDF) – association qui collecte des dons au bénéfice de l’armée israélienne. Sur sa lancée, il suggère : « Notre but ne peut pas être de garder les choses stables et comme elles sont… Parfois vous devez stratégiquement briser les choses pour atteindre vos objectifs. »

« Une décision dangereuse dont toute la région souffrira »

L’idée est claire. Il s’agit d’en finir avec le statut de réfugiés gérés par l’ONU. Les pays qui les accueillent devraient désormais s’en charger. Selon Hanan Achrawi, membre du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), les pays du Golfe pourraient être chargés par les Américains de couvrir financièrement le coût occasionné pour la Jordanie dans une telle éventualité qui concernerait, pour ce seul pays, deux millions de réfugiés palestiniens. « Ils veulent prendre une décision irresponsable et dangereuse dont toute la région souffrira », fait valoir la dirigeante palestinienne.

Les réfugiés ne sont pas prêts à être traités « comme des chiffres »

Plus d’ONU donc, plus de problème international. Le droit au retour, pourtant inscrit dans la résolution 194 des Nations unies, disparaîtrait ainsi purement et simplement. Un véritable tour de passe-passe qui oublie néanmoins deux paramètres. Les réfugiés eux-mêmes, d’abord, qui ne sont pas prêts à être traités « comme des chiffres », ainsi que nous l’avons entendu au Liban. D’autre part, l’Assemblée générale de l’ONU et les membres du Conseil de sécurité auront peut-être leur mot à dire sur ce qui s’apparente à un véritable tsunami géopolitique qui révèle la véritable nature du « plan de paix » de Trump : tout entier dévoué aux intérêts d’Israël.

Mardi, 7 Août, 2018
Pierre Barbancey pour l’Humanité

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