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Urgent : Le prisonnier palestinien Fares Baroud est mort dans une prison israélienne ; les prisonniers mettent en évidence la négligence médicale

dimanche 10 février 2019

Le prisonnier palestinien Fares Baroud, 51ans, du camp de réfugiés de al-Shati à Gaza, est mort mercredi 6 février quelques heures seulement après avoir été brusquement transféré à l’unité de soins intensifs de la prison de Ramon. Baroud souffre d’un certain nombre de problèmes de santé, parmi lesquels une hernie et une maladie du foie, et a, à maintes reprises, évoqué la négligence médicale et le refus aux prisonniers palestiniens de soins médicaux nécessaires.

Antérieurement, il a perdu 80 % de la vue en raison d’un problème de vision ; les soins pour son état de santé ont pendant quatre mois été différés par l’administration pénitentiaire. Les associations de prisonniers palestiniens ont déclaré que Baroud a, au cours des années, été soumis à une négligence médicale délibérée et qu’on lui a refusé les soins médicaux nécessaires qui auraient pu lui prolonger la vie.

Baroud a été pendant 18 ans interdit par l’occupant israélien de visites familiales, dont celles de sa mère, Rayya Baroud. Rayya a souffert du même problème de vision, et a perdu la vue et la vie avant de revoir son fils. Avant sa mort en 2018 à l’âge de 85 ans, elle a participé toutes les semaines aux veilles des familles de prisonniers devant le bureau du Comité International de la Croix-Rouge de la Ville de Gaza, en portant l’affiche représentant son fils et en exigeant la libération de celui-ci et celle de ses camarades prisonniers.

Rayya, la mère de Fares Baroud’. Photo : Palestine Information Center

Emprisonné depuis 1991, Baroud était un des prisonniers dont il était prévu qu’il soit libéré en 2013, comme faisant partie des négociations avec l’Autorité Palestinienne. Au lieu de cela, l’occupant a violé l’accord, en refusant de libérer les 30 derniers prisonniers désignés, parmi lesquels Baroud.

Il a participé à de nombreuses grèves de la faim et protestations au cours de ses années dans les prisons israéliennes. Plus récemment, il a mené en 2018 une grève de la faim illimitée contre les réductions par l’Autorité Palestinienne de l’aide aux prisonniers, en particulier celles à l’encontre des prisonniers venus de Gaza. Après sa grève, il a souffert d’une grave maladie du foie, mais il n’a pas bénéficié de soins médicaux rapides. Des mois plus tard, il a eu besoin d’être opéré du foie.

Baroud était détenu à la prison de Ramon et avait été transféré au cours des années dans de multiples prisons. A maintes reprises il a été détenu au secret au cours de ses 27 années d’emprisonnement.

A la suite de la mort de Baroud, il est fait état d’une colère générale et de protestations croissantes de la part des prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes. Un bouclage et un état d’urgence ont été imposés aux prisons de Ramon et de Nafha. Baroud est le 218ème prisonnier palestinien qui meurt dans les prisons israéliennes, beaucoup (étant morts) en raison de la négligence médicale, des mauvais traitements ou du refus des soins médicaux nécessaires.

Samidoun, Réseau de Solidarité avec les Prisonniers Palestiniens, déplore la perte de Fares Baroud, sa vie emportée par 28 années d’emprisonnement et de mise au secret - comprenant 18 années douloureuses de châtiment collectif pour lui et ses proches, les visites familiales étant refusées jusqu’au moment de sa mort. Nous prenons note que cette perte relève de la négligence médicale continue et systématique et des violences ayant lieu à l’intérieur des prisons israéliennes - comme nous le voyons ces derniers jours avec le renouvellement des ordres de détention administrative à l’encontre des prisonniers palestiniens gravement malades Walid Khaled Sharaf et Moataz Obaido, emprisonnés sans inculpation ni jugement alors que leur vie est en danger. Nous exhortons tous ceux qui soutiennent la justice en Palestine à continuer à se mobiliser pour exiger la liberté et la justice pour les près de 6.000 Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes - et la liberté et la justice pour la Palestine.
Samidoun | 6 février 2019