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Sofiane Abidat, l’œil braqué sur l’équipe de foot de Palestine

samedi 2 mars 2019

Durant deux mois, le Toulonnais Sofiane Abidat, spécialiste des analyses de match en vidéo, a intégré le staff de l’équipe nationale de Palestine qui a disputé la Coupe d’Asie des Nations en janvier.

Sofiane Abidat vient de vivre une expérience exceptionnelle. Lui qui baigne dans le football depuis son plus jeune âge a intégré le staff de la sélection nationale de Palestine à l’occasion de la Coupe d’Asie des Nations, qui s’est déroulée aux émirats Arabes Unis entre le 5 janvier et le 1er février.

Un rôle de superviseur

« C’est Noureddine Ouldali qui m’a proposé à sa fédération. Il était intéressé par mon travail d’analyste vidéo. » Les deux hommes se connaissent et s’apprécient et le Marseillais du Rouet n’a pas hésité à faire confiance au Toulonnais d’adoption pour apporter une touche technologique à son travail. « Il me connaît depuis longtemps et savait quel était mon travail. Lorsqu’il m’a dit qu’il y avait une place pour moi dans son staff, je n’ai pas hésité ! »

Après une carrière de joueur où il est passé par plusieurs clubs varois avant de se poser au Racing Club Toulon, Abidat s’est en effet spécialisé dans les analyses vidéo. C’est à Londres, au sein de la Manager Software, qu’il a peaufiné sa formation. « Noureddine souhaitait mettre à profit cette nouvelle technologie pour aider son groupe à progresser. »

Sofiane a donc été amené à superviser les futurs adversaires de la Palestine. Monter des vidéos qu’il fournissait à Noureddine Ouldali pour qu’il prépare au mieux les matches. Il était en quelque sorte les yeux du sélectionneur en amont du tournoi. Un travail dont il a pu voir la concrétisation lors du stage au Qatar, puis aux émirats Arabes Unis.

« J’ai intégré le groupe le 20 décembre. J’ai immédiatement été adopté et l’ambiance était au top. » Au fil des jours, des matches de préparation, Sofiane a pu sentir monter l’adrénaline. « Il y a eu ce match amical contre l’Iran, où nous faisons 1-1, qui a fini de souder l’équipe. Nous sentions qu’il y avait moyen de réussir quelque chose de fort ! »

Après deux semaines intenses à Doha, le groupe s’est envolé pour Sharjah, ville du premier match face à la Syrie. « C’était la seconde fois que la Palestine participait à un tournoi majeur. Les joueurs étaient fiers d’être arrivés là. »

Un échec aux portes des 8e de finale

Malgré le standing des adversaires (Jordanie, Syrie et même Australie, qui fait partie de la zone Asie en football) les Palestiniens n’ont pas eu peur. Au contraire. « C’était l’occasion de montrer les progrès réalisés depuis la dernière édition en 2015. Les joueurs pouvaient se régaler sur le terrain et offrir du bonheur au peuple palestinien par le biais du football. »

Le score du match d’ouverture face à la Syrie (0-0) a été vu comme une victoire. « C’était notre premier point dans un tableau final. Un match qui a été difficile, face à un adversaire solide, que nous avons joué en infériorité numérique durant 35 minutes. »

Le deuxième, face à l’Australie, va être cruel (défaite 3-0). « C’était pour nous le "big match", face à une formation qui joue à l’européenne et a fait plusieurs coupes du Monde. Mais nous n’avons pas à rougir car le score ne reflète pas la qualité de notre jeu. Les Australiens ont fait la différence sur coups de pied arrêtés. » Cette défaite ne fermait pas pour autant la porte à une qualification historique en 8e de finale.

« Il nous restait un match, contre la Jordanie. Une victoire et nous passions. » Le regard de Sofiane Abidat. « C’était symbolique car il y a des liens forts entre la Palestine et la Jordanie. Nous savions que cela allait être regardé, épluché, que chaque fait serait commenté au pays. » Contre des Jordaniens déjà qualifiés, Noureddine Ouldali a tenté un pari en changeant son système de jeu. « Il a mis deux attaquants de pointe, pour que nous ayons plus de présence devant le but adverse. Nous avons fait un match énorme mais hélas, nous avons manqué de réussite. »

Un 0-0 a sanctionné les débats. Pour la Palestine, il restait encore un petit espoir de qualification, au titre de meilleur troisième de poule. Ce qui ne s’est finalement pas produit. « Nous n’avons pas à rougir car notre tournoi a été honorable. Nous nous sommes battus avec nos armes et tout le monde a fait les efforts pour que le groupe progresse. »

« J’ai trouvé une deuxième famille »

Que va retenir Sofiane Abidat de ces deux mois au sein de la sélection nationale de Palestine ? « Il n’y a que du positif. J’ai trouvé une deuxième famille et je peux dire qu’il y a dans ma vie un avant et un après et je referai cela avec plaisir. »

Depuis qu’il a retrouvé sa place à Toulon, il reçoit des sollicitations. « Je ne veux pas brûler les étapes. Je fais d’abord profiter mon club de cette expérience exceptionnelle qui m’a été proposée. » Il est toujours en contact avec Noureddine Ouldali, qui est retourné en Palestine pour préparer les prochaines échéances de la sélection.

Source : la Marseillaise - 28 février 2019

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