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« Entrée interdite aux minorités » : les règlements discriminatoires imposés aux jardins d’enfants par l’Hôtel de Ville de Jérusalem

lundi 29 avril 2019

La branche du mouvement réformiste israélien chargée du plaidoyer demande à la Ville de modifier des directives qui violent la loi

L’organisme antiraciste du mouvement réformiste israélien demande à la municipalité de Jérusalem d’annuler immédiatement des directives enjoignant au personnel enseignant et de service des jardins d’enfants de refuser l’accès aux personnes qui appartiennent à des groupes minoritaires.
Ces directives, publiées par le département Urgence et sécurité de la municipalité de Jérusalem et distribuées aux jardins d’enfants et écoles maternelles de la ville, indiquent que « les personnes extérieures à l’établissement ne doivent pas pénétrer dans ses locaux », précisant qu’« en règle générale, l’entrée n’est pas autorisée aux membres de groupes minoritaires ».

Selon les directives, si des membres de groupes minoritaires souhaitent pénétrer dans l’école, « l’agent de sécurité local doit être prévenu ». En Israël, le terme hébreu « groupes minoritaires » désigne habituellement les Arabes et autres non-Juifs.

Dans sa demande, le Centre de lutte contre le racisme (IRAC), qui dépend du Centre israélien d’action religieuse - branche du mouvement réformiste israélien chargée du plaidoyer – souligne que les directives de la municipalité interdisant globalement aux personnes extérieures à l’établissement et aux minorités non juives de pénétrer dans les jardins d’enfants bafouent leur droit à la dignité humaine et à l’égalité, et qu’elles sont donc condamnables, illégales et inadmissibles.

« Les Arabes en Israël sont considérés de fait comme dangereux, même en l’absence de tout signe réel et spécifique d’une menace potentielle qu’ils ou elles représenteraient. Dès lors, ils deviennent des suspects immédiats et sont ciblés plus que toute autre catégorie, en vertu de prétendues raisons de sécurité basées sur des stéréotypes religieux et ethniques », affirme la lettre.

La demande se poursuit ainsi : « … il est extrêmement important de protéger la sécurité des enfants et du personnel des jardins d’enfants. Cependant, les considérations de sécurité, malgré leur importance et leur utilité, ne justifient en rien une discrimination brutale envers les non-Juifs. Nous prions la municipalité de réexaminer cette question et d’annuler toute directive constituant une discrimination contre les minorités. »

Voici la réponse de la municipalité de Jérusalem : « les procédures de sécurité pour les établissements scolaires sont fixées par la police et le ministère de l’Éducation israéliens. La municipalité de Jérusalem agit conformément à ces procédures. Les directives auxquelles vous vous référez ont été données il y a un an et demi. Nous vous sommes reconnaissants de l’attention que vous avez accordée à la façon dont ces directives étaient rédigées et nous agirons rapidement afin de remédier à ce problème. »

Aida Touma-Sliman, membre arabe de la Knesset, a répondu par le tweet suivant : « Les membres de groupes minoritaires, même lorsqu’ils sont citoyens et résidants de ce pays, sont considérés comme des étrangers, des personnes a priori dangereuses… Qu’allons-nous encore subir si ce raciste de [Bezalel] Smotrich [membre de la Knesset] est nommé à la tête du ministère de l’Éducation ? » – se référant au politicien d’extrême droite, dernièrement réélu, qui passe pour être probablement le prochain ministre de l’Éducation.

Source : Nir Hasson pour Haaretz |Traduction SM pour l’AURDIP