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Cinq jours après la démolition : ramasser les morceaux

vendredi 28 juin 2019

Des drapeaux palestiniens flottent sur les décombres de la maison de Mohammad al Dababsh, dans les collines du sud d’Hébron, tandis que des activistes locaux aident la famille à installer un abri temporaire. Des casseroles et des poêles sont éparpillées parmi les briques, le fer et la poussière – c’est tout ce qui reste de la maison de deux pièces qui a été démolie lundi. ISM a rejoint les activistes du comité « Protection and Sumud », un groupe qui protège les habitants contre les attaques de colons – dans le village de Khalet al Dabeh, où ils ont aidé la famille Dababsh à ériger une tente.

Cinq jours après la démolition : ramasser les morceaux

La maison fut la première de quatre maisons à faire face aux bulldozers le 17 juin alors que les forces de l’occupation procédaient à une série de démolitions dans deux villages, comme l’a rapporté l’ISM. 

ISM a parlé à Jaber Dababsh, le frère de Mohammad, de l’impact de la démolition sur sa famille.
« Ils sont complètement détruits car ils ont tout perdu en même temps : leur électricité, leur maison, leurs affaires, » a répondu Jaber Dababsh. « La situation est très dure, ils ont maintenant cette tente et nous espérons qu’ils pourront y emménager sous peu car toutes leurs affaires sont dehors, alors la plupart du temps ils sont dehors. »

Des villageois, des militants locaux et des membres de l’ISM installent une tente sur le site d’une maison démolie à Khalet al Dabeh

Il fait sombre sous la tente, les panneaux solaires qui fournissaient autrefois de l’énergie à la maison maintenant détruite ont été confisqués par les soldats lors de la démolition. Dans un contraste saisissant, la colonie illégale de Havat Maon brille au loin. « Les colons ont de grandes maisons, de l’eau courante et de l’électricité, » déclare un membre du comité à l’ISM. « Cette famille a juste une tente. »

Au cours de la démolition de lundi, un membre de la famille al Dababsh a traversé la zone militaire fermée entourant sa maison, dans une tentative désespérée de la sauver. Il a été violemment repoussé par la police des frontières israélienne qui l’a jeté au sol. Il a ensuite été hospitalisé.

Jaber dit à ISM que des travailleurs qui enlevaient les affaires de sa famille de la maison juste avant la démolition ont cessé lorsque son frère a traversé la zone militaire fermée. Cela signifie que bon nombre de leurs biens sont restés dans la maison lorsque le bulldozer a commencé à la démolir, y compris les cartables et les livres des enfants.

La porte d’entrée de la maison al Dababsh

Même la tente n’est pas à l’abri des forces d’occupation. Les tentes construites pour abriter les familles après les démolitions sont également systématiquement confisquées par l’administration civile israélienne.

ISM a demandé ce que ferait la famille si cela se produisait.
« Nous resterons ici, » répond Jaber. « Nous en installerons un autre. Ca ne nous surprendrait pas, c’est une chose qui peut se passer, sous cette occupation.

« lls font ça pour nous faire partir du village. Cela fait cinq jours que la démolition a eu lieu, et la famille al-Dababsh est toujours là, vivant dehors. »

Des villageois et des membres du comité Protection and Sumud posent avec un drapeau palestinien devant la tente qu’ils viennent de monter.

Les Palestiniens des collines du sud d’Hébron n’ont pas accès à l’eau courante, à l’électricité et l’occupation israélienne leur interdit de construire de nouvelles structures - y compris des écoles et des centres médicaux. La plupart des 30 villages de la région risquent d’être démolis.

Bien que privée de son droit fondamental à un logement, la famille al Dababsh est debout.
« Si vous démolissez, nous construirons, si vous déracinez nos arbres, nous en planterons davantage. » Tel est le message de la famille à l’occupation.

Source : ISM - Palsolidarity