Urgent : L’emprisonnement sans inculpation ni jugement de Khalida Jarrar, prolongé de six mois supplémentaires

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L’occupant militaire israélien a émis, mercredi, 27 décembre 2017, un ordre prolongeant de six mois supplémentaires la détention administrative arbitraire de la parlementaire et dirigeante nationale palestinienne Khalida Jarrar, quatre jours avant que n’expire sa détention. Jarrar a été arrêtée par les soldats d’occupation qui ont fait intrusion chez elle à El-Bireh le 2 juillet 2017. Dirigeante palestinienne bien connue, Jarrar est députée au Conseil Législatif Palestinien, présidente de sa Commission des Prisonniers et Vice-Présidente du Bureau de l’Association Addameer (Conscience) de Soutien aux Prisonniers et de défense des Droits de l’Homme.


Jarred est une des 11 parlementaires palestiniens emprisonnés par l’occupant israélien, la plupart d’entre étant incarcérés - comme elle - sans inculpation ni jugement sous le coup d’une détention administrative. Elle est l’une des trois femmes palestiniennes actuellement maintenues en détention administrative, en même temps que Khadija Ruba’i et la journaliste Bushra al-Tawil. Il y a un total de plus de 450 Palestiniens emprisonnés sans inculpation ni jugement sous le coup d’une détention administrative et au total plus de 6.100 prisonniers politiques palestiniens dans les prisons israéliennes.

La détention administrative est un produit du mandat colonial britannique sur la Palestine qui autorise l’armée israélienne à emprisonner arbitrairement les Palestiniens sans aucune inculpation et sans aucun jugement. Elle est fréquemment utilisée pour prendre pour cible des dirigeants de la collectivité comme Jarrar, et son usage largement répandu et systématique constitue une violation des Conventions de Genève et de la Convention Internationale sur les Droits Civiques et Politiques.

Des manifestations et des déclarations venues du monde entier, y compris de partis politiques et du gouvernement d’Afrique du Sud, ont instamment demandé la libération immédiate de Jarrar. Elle a été l’objet d’attaques répétées et continues de la part de l’occupant israélien, dont la tentative en 2014 de la déplacer de force de son domicile de Ramallah à Jéricho, suivie de son arrestation et de son emprisonnement en 2015. Elle a ensuite reçue un ordre de six mois en détention administrative ; toutefois, à la suite d’une protestation internationale, l’ordre de détention administrative à son encontre a été abrogé et au lieu de cela elle a reçu l’ordre de comparaître devant les non moins injustes tribunaux militaires israéliens, elle a été condamnée sur des accusations politiques et emprisonnée jusqu’en juin 2016.

Ce tout dernier renouvellement de la détention administrative de Jarrar va de pair avec l’arrestation de plus de 500 Palestiniens depuis l’impériale déclaration Trump, faite par le Président des Etats-Unis Donald Trump, prétendant reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël. Les arrestations massives, y compris le ciblage de la jeune militante Ahed Tamimi et de l’ancien gréviste de la faim de longue durée Khader Adnan, sont une tentative de faire disparaître la résistance à l’injustice du peuple palestinien et l’insurrection naissante. Ceci est une partie intégrante de la stratégie israélienne qui a pour but de refuser aux Palestiniens l’existence de leur direction active et morale à un moment déterminant de mobilisation.

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Samidoun, Réseau de Solidarité avec les Prisonniers Palestiniens appelle à la mobilisation internationale et à l’action pour exiger la libération immédiate de Khalida Jarrar, éminente parlementaire palestinienne, dirigeante de gauche et féministe, se consacrant à la liberté et à la libération de son peuple. Ceci est une tentative évidente de continuer à étouffer systématiquement les mouvements populaires palestiniens par les arrestations et par les tentatives d’intimidation par une force armée d’occupation avec le net soutien de la puissance impériale des Etats Unis.

Nous exhortons tous les amis de la Palestine et des Palestiniens à nous rejoindre en réactivant la Campagne de Solidarité avec Khalida Jarrar. La détention de Khalida Jarrar constitue une attaque contre les dirigeants, l’activité politique et l’organisation populaire des Palestiniens. Elle doit s’accompagner d’une solidarité accrue pour exiger la libération de Khalida Jarrar et de tous les milliers de prisonniers palestiniens qui sont derrière les barreaux des prisons de l’occupant israélien.

Agissez pour soutenir Khalida Jarrar :

* Prenez contact avec votre Député ou votre Député européen. L’attaque contre Khalida est une attaque contre la légitimité de la vie parlementaire et de l’expression politique et une violation de l’immunité parlementaire. Les parlementaires ont une responsabilité de faire pression sur Israël pour révoquer cet ordre.

* Ecrivez à Khalida et exprimez votre soutien. Bien que les geôliers sionistes censurent fréquemment le courrier des prisonniers palestiniens, ces lettres peuvent aider à soutenir leur moral et même à envoyer un message aux geôliers et aux censeurs eux-mêmes. Ecrivez à Khalida Jarrar à : HaSharon prison
Ben Yehuda, P.O. Box 7
40 330 Israel

5. Boycott, Désinvestissement et Sanctions. Tenez Israël comme devant rendre des comptes pour ses violations du droit international. N’achetez pas de produits israéliens, et faites campagne pour mettre fin aux investissements dans les sociétés qui tirent profit de l’occupation comme HP and G4S. Apprenez-en plus sur bdsmovement.net.


Notre article du 7 décembre 2017

7 personnes de la région de Pau ont passé une semaine en Palestine du 12 au 19 novembre, hébergées par des habitants tous originaires de Emwas (Emmaüs) dans la vallée de Latrun, village palestinien vidé de ses habitants le 6 juin 1967 et ensuite détruit et rasé. Elles relaient ici l’appel du mari de Khalida Jarrar, Défenseure des droits de l’Homme et députée palestinienne, en détention administrative depuis près de 5 mois.
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"Nos amis connaissent bien la famille de Khalida Jarrar et nous leur avions demandé si nous pourrions les rencontrer, alors qu’elle croupit dans sa prison, en détention administrative. Nous avons été reçus par Ghassan, le mari de Khalida, et Suha, sa fille. Ce fut une très belle rencontre. Ils nous ont raconté l’arrestation dans la nuit du 1er au 2 juillet où l’occupant, s’il a été à peu près correct avec Khalida, a été très brutal avec Suha et Ghassan enfermé sous bonne garde dans une pièce de la maison.

Khalida Jarrar est députée, mais comme d’autres députés, elle n’a pas bénéficié de son immunité de parlementaire, l’occupant israélien n’en n’a jamais respecté les codes. D’autre part, elle a été enlevée dans sa maison à Ramallah qui est en zone A d’après les accords d’Oslo et où les militaires israéliens n’ont pas le droit d’entrer. Nous savons qu’ils ne respectent aucun accord.
Elle a été arrêtée donc le 2 juillet et le renouvellement de sa détention administrative va intervenir dans les jours qui viennent. Nous avons demandé à Ghassan ce que nous pouvions faire pour eux et nous avons filmé sa réponse.

Nous devons répercuter partout son appel par tous les moyens possibles, en France, en Europe et partout où nous pourrons. Khalida ne doit pas faire un jour de prison de plus.

Valérie Revel, représentante des mairies de Lescar et Billère dans le cadre d’un projet de coopération décentralisée,
Germain Sarhy, responsable du village Emmaüs Lescar-Pau,
Vincent, membre du village Emmaüs,
Dominique Gautier, AFPS et réalisateur,
Moncef Chahed, AFPS, interprète arabe-français
Pierre Goaër, qui a réalisé les prises de vue, interprète français-anglais
Yves Goaër, AFPS


notre article du 14 octobre 2017
Un appel d’Amnesty International :

Khalida Jarrar, députée palestinienne et membre d’une organisation de défense des droits humains, est détenue à la prison de HaSharon depuis le 2 juillet. Elle été placée, le 12 juillet, sous détention administrative pour six mois.

Merci de demander sa libération en envoyant la lettre en pièce jointe (que vous pouvez modifier à votre convenance)
au Ministre de la Défense : minister@mod.gov.il ; pniot@mod.gov.il ;
avec copie au Ministre de la Sécurité Publique : gerdan@knesset.gov.il ;
et copie à l’Ambassade d’Israël : information@paris.mfa.gov.il ; info@amb-israel.fr ;


La députée palestinienne Khalida Jarrar, accusée d’activités au sein d’une organisation considérée comme "terroriste" par Israël, a de nouveau été arrêtée en Cisjordanie occupée, 13 mois après sa sortie de prison, a annoncé dimanche l’armée israélienne.

Les forces d’occupation israéliennes ont arrêté Khalida Jarrar, membre du Conseil législatif palestinien, et Khitam Saafin, présidente de l’Union des comités de femmes palestiniennes. Elles ont été emmenées dans un lieu non divulgué, avec 9 autres personnes dans un raid à l’aube ce dimanche 2 juillet 2017.

Khalida Jarrar (54 ans), une des figures les plus connues du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), avait été libérée en juin 2016 après avoir passé 14 mois dans une prison israélienne pour avoir, selon l’Etat hébreu, encouragé des attaques contre des Israéliens. Elle a été arrêtée dans la région de Ramallah en Cisjordanie.

Le FPLP est une formation de la gauche historique palestinienne considérée comme terroriste par Israël. De nombreux responsables de cette organisation d’inspiration marxiste ont été arrêtés à de multiples reprises.

Selon l’armée israélienne, "après sa libération, Khalida Jarrar a repris ses activités au sein de l’organisation terroriste du FPLP" dont elle serait une des dirigeantes en Cisjordanie. "Elle a été appréhendée parce qu’elle a repris ses activités au FPLP et non en raison de son statut de membre" du Conseil législatif palestinien (Parlement), a ajouté l’armée. Khalida Jarrar est membre du Parlement palestinien élu en 2007.

Plusieurs députés palestiniens sont actuellement détenus par Israël.

L’ONG palestinienne Addameer a précisé qu’au cours du même raid, une dizaine d’autres personnes avaient été arrêtées par les forces israéliennes, dont Khitam Saafin, présidente de l’Union des comités pour les femmes palestiniennes.

source : l’Orient le Jour

signer la pétition de Samidoun, réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens
cette pétition sera remise à :
> Forces d’Occupation Israéliennes
> Benjamin Netanyahu
> Ministère de la Justice israélien


Notre article du 6 juin 2016
La députée palestinienne Khalida Jarrar libérée par Israël après un an de prison
La députée palestinienne Khalida Jarrar a été libérée ce vendredi 3 juin par Israël. Emprisonnée pendant plus d’un an pour « incitation à la violence et au terrorisme », elle a été accueillie par un petit comité d’accueil ce vendredi. La parlementaire, membre du Front populaire de libération de la Palestine a toujours plaidé non coupable mais la justice militaire israélienne assure que son appartenance à ce parti, considéré comme une organisation terroriste par Israël, l’avait condamnée à une peine de 15 mois de prison. Un emprisonnement qui avait mobilisé l’opinion publique palestinienne.

Plusieurs dizaines de Palestiniens habillé en rouge étaient rassemblés ce 3 juin pour accueillir Khalida Jarrar au check-point de Jubara, à côté de Tulkarem dans le nord de la Cisjordanie. C’est là où la députée palestinienne membre du parti de gauche FPLP a été libérée. Le premier a être venu à sa rencontre a été le député arabe-israélien Ayman Odeh, à la tête depuis plusieurs mois de la mobilisation en faveur de la parlementaire.

Arrêtée en avril 2015, Khalida Jarrar a finalement été condamnée à la fin de l’année dernière pour « incitation à la violence et au terrorisme » par la justice militaire israélienne. Une accusation de réfute la députée de 53 ans. Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme ainsi que des partis politiques européens avaient réclamé sa sortie de prison.

La justice a finalement décidé de sa libération anticipée arguant que les prisons israéliennes sont pleines. Selon l’organisation de soutien aux prisonniers Addameer, 7 000 palestiniens sont actuellement derrière les barreaux. Ils n’ont jamais été aussi nombreux depuis la fin de la deuxième intifada au milieu des années 2000.
source : REUTERS/Abed Omar Qusin - RFI voix du monde

Nous dénonçons l’arrestation de Khalida Jarrar et de Khitam Saafin ! Nous appelons à leur libération immédiate !


notre article du 8 mars 2016

Khalida Jarrar, la féministe palestinienne, parlementaire et dirigeante politique emprisonnée, a publié une déclaration depuis la prison d’HaSharon à l’occasion de la Journée Internationale des Femmes, saluant toutes les femmes en lutte dans le monde. Le message a été transmis par l’avocate palestinienne Hanan al-Khatib, qui a rendu visite à Jarrar dans sa prison ; elle purge une peine de 15 mois d’emprisonnement après avoir été arrêtée le 2 avril 2015. Voici sa déclaration :

"En ce jour, nous affirmons que nous sommes des prisonnières palestiniennes en lutte, que nous faisons partie du mouvement des femmes palestiniennes, et que la lutte nationale et sociale se poursuit sans cesse et de façon continue jusqu’a ce que nous atteignons notre libération de l’occupation, et, en tant que femmes, notre liberté de toutes les formes d’injustice, d’oppression, de violence et de discrimination à l’encontre des femmes. En ce jour, les femmes palestiniennes marquent cet évènement en mettant en évidence les crimes de l’occupant contre les femmes, les enfants, les personnes âgées et les jeunes de Palestine. Cette année, notre appel met l’accent sur la liberté et l’auto-détermination de notre peuple, et sur la liberté et l’auto-détermination des Palestiniennes : pour parvenir à l’égalité et à la libération, pour mettre fin à toutes les formes d’oppression et d’injustice commises contre elles. Nous constituons, avec tou-te-s les combattant-e-s dans le monde pour la liberté des femmes, une partie du combat mondial : contre l’injustice, l’exploitation et l’oppression."
source : http://samidoun.net

décembre 2015 :
Khalida Jarrar condamnée à 15 mois d’emprisonnement par un tribunal militaire israélien.
nous devons agir, protester, écrire, signer contre l’inadmissible...
Khalida Jarrar, parlementaire palestinienne de gauche et féministe et avocate des prisonniers politiques, a été condamnée, aujourd’hui 6 décembre, à 15 mois d’emprisonnement par un tribunal militaire israélien à Ofer.

Après son arrestation par les forces militaires d’occupation, qui ont fait intrusion le 2 avril dans sa maison de Ramallah, l’emprisonnement de Jarrar, ancienne directrice exécutive et actuelle vice-présidente du bureau des directeurs de l’Association Addameer (= Conscience) de Soutien aux Prisonniers et des Droits de l’Homme, a déclenché une indignation générale en Palestine, dans le monde arabe et sur le plan international.

Jarrar est membre du Conseil Législatif (= Parlement) Palestinien au nom du bloc Abu Ali Mustafa, le bloc parlementaire affilié au Front Populaire de Libération de la Palestine, organisation de gauche. En 2014, elle a été l’objet d’un déplacement forcé de Ramallah à Jéricho par un ordre de l’armée d’occupation, qu’elle a réussi à faire échouer après un sit-in qui a duré un mois au bureau du CLP et une campagne internationale de soutien.

En avril, elle a été immédiatement mise en détention administrative sans inculpation ni jugement suite à son arrestation. Une campagne internationale – comprenant un vote du parlement portugais exigeant sa libération– s’en est suivie, et elle a alors été inculpée devant les tribunaux militaires israéliens. Bien que les tribunaux militaires fassent preuve d’une apparence de "jugement", ces jugements ne sont en réalité pas plus justes ou équitables que la détention administrative arbitraire. 99.74% des Palestiniens qui comparaissent devant eux sont déclarés coupables.

Jarrar a été inculpée de douze chefs d’accusation entièrement politiques concernant son activité politique publique, parmi lesquels les discours qu’elle a prononcés, les réunions publiques auxquelles elle a assisté, et les demandes de libération de prisonniers politiques palestiniens. Elle a été accusée d’"incitation" pour avoir prétendument appelé à l’enlèvement de soldats israéliens d’occupation par la résistance palestinienne afin de faire libérer des prisonniers palestiniens. En dépit de cette affirmation de l’armée d’occupation, celle-ci n’a pas pu produire de témoin pour confirmer que Jarrar ait pu dire ceci – et les témoins qu’elle a présentés ont tous précisé qu’ils avaient été menacés et torturés pour les amener à témoigner contre Jarrar.

En dépit de la nature éminemment politique des accusations contre Jarrar, une dirigeante parlementaire et politique reconnue internationalement, et du plaidoyer résolu de ses avocats d’Addameer, elle a été déclarée coupable par les tribunaux militaires israéliens – comme il est tout à fait classique – et condamnée à passer quinze mois dans les prisons de l’occupation israélienne.

“La déclaration de la culpabilité de Khalida Jarrar ne constitue pas une surprise ; les tribunaux militaires israéliens n’ont pour seule fonction que de constituer un instrument de répression dirigée contre les Palestiniens. Khalida Jarrar est une dirigeante politique palestinienne et une combattante pour la justice internationalement renommée. Elle a consacré sa vie à travailler pour la libération de son peuple et de son pays, et en particulier pour la libération des prisonniers politiques palestiniens,” a déclaré Charlotte Kates, coordinatrice de Samidoun, Réseau de Solidarité avec les Prisonniers Palestiniens.

“Il est urgent que nous construisions internationalement le mouvement pour exiger la libération de Jarrar et de près de ses 7.000 sœurs et frères détenus en tant que prisonniers politiques palestiniens dans les geôles israéliennes. Khalida Jarrar est une lutteuse de longue date pour la liberté et la justice sociale, aux niveaux palestinien, arabe et international. Nous devons faire tout notre possible pour avancer vers les buts qui sont les siens – pour voir la Palestine, débarrassée du colonialisme et de l’oppression, dans la justice et la liberté pour tous, y compris en manifestant, en s’organisant et en bâtissant la campagne pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions, et l’isolement international d’Israël.”
Traduit de l’anglais par Yves Jardin, membre du GT de l’AFPS sur les prisonniers

pour agir :
http://samidoun.net/2015/12/breaking-news-khalida-jarrar-sentenced-to-15-months-imprisonment-by-israeli-military-court/

Khalida Jarrar, sur le mur de Bethléem - photo CB
Addameer (association Addameer pour la défense des prisonniers palestiniens) a publié le 7 décembre le communiqué suivant sur l’emprisonnement de Khalida Jarrar :

La Députée Khalida Jarrar devra passer 15 mois en prison

Le 6 décembre 2015, l’acte d’accusation de la Députée a été modifié en passant de 12 à 2 chefs d’accusation : à savoir, l’appartenance à une organisation illégale et l’incitation. Sa condamnation a été fixée à 15 mois d’emprisonnement, avec une amende de 10.000 NIS (environ 2400 €) et une condamnation avec sursis de 12 mois d’emprisonnement dans un délai de 5 ans.

La Député Khalida Jarrar a été arrêtée le 2 avril 2015 et placée initialement sous le coup d’un ordre de détention administrative de 6 mois, qui a été par la suite ramenée à un mois et deux jours. Elle a été alors inculpée de 12 chefs d’accusation, à la suite d’une protestation internationale contre son ordre de détention administrative.

Addameer souligne que les renseignements utilisés contre Mme Jarrar comportent des renseignements remontant parfois à 2009, et que le fait qu’elle ait été inculpée des années plus tard en 2015 indique que son arrestation était due à des motifs politiques. L’acte d’accusation a aussi était fondé sur les témoignages de témoins y compris ceux de prisonniers libérés, dont la présentation des témoignages a été retardée par l’échec de l’accusation à les produire. De tels retards en plus du processus de transfèrement épuisant des détenus dans leur transfèrement des prisons au tribunal militaire lui-même ont entraîné le consentement des accusés à accepter des ententes relatives au plaidoyer.

Addameer souligne également que le recours ininterrompu de ces tribunaux militaires dans les jugements de civils palestiniens et de dirigeants palestiniens représentatifs ne sont pas conformes au droit international, contrevenant en particulier aux articles 64 et 66 de la Quatrième Convention de Genève (12 août 1949), et à l’article 43 des Conventions de la Haye (1907).

Addameer demande une prise de position juridique nationale en faveur du boycott de ces tribunaux militaires qui contreviennent au droit international. Elle demande aussi le renvoi du recours ininterrompu à ces tribunaux militaires dans les jugements de civils et de dirigeants représentatifs palestiniens devant la Cour Pénale Internationale et la Cour Internationale de Justice, étant donné que ces tribunaux militaires faillissent à assurer les normes minimales de garantie d’un procès équitable telles que codifiées par la Quatrième Convention de Genève, et que ces violations à l’encontre des prisonniers et des détenus peuvent constituer des crimes de guerre.


Communiqué conjoint sur la condamnation choquante de la défenseure des droits de l’Homme palestinienne Khalida Jarrar
12 janvier 2016 - Addameer, National Lawyers Guild, Lawyers for Palestinian Human Rights

L’association palestinienne de défense des droits des prisonniers Addameer, la National Lawyers Guild (NLG, association américaine d’avocats), et Lawyers for Palestinian Human Rights (LPHR, association d’avocats palestiniens) publient un communiqué sur la condamnation de la députée palestinienne Khalida Jarrar, survenue en décembre 2015 à l’issue d’une détention administrative de 8 mois.

LPHR, Addameer et la NLG sont profondément consternés de la condamnation de la défenseure des droits de l’Homme palestinienne Khalida Jarrar à 15 mois de prison par un tribunal militaire israélien le 7 décembre 2015. Elle a également été condamné à payer une amende de 10 000 shekels (2 350 euros) et à une peine de 12 mois avec sursis valable pour une période de 5 ans.

Mme Jarrar a accepté de plaider coupable à propos de deux des 12 accusations qui étaient retenues contre elle - appartenance à une organisation illégale et incitation à l’enlèvement de soldats israéliens - malgré son rejet du bien-fondé de toutes les accusations portées à son encontre. Elle a, avec réticence, accepté le plaider-coupable car elle estimait que le système de justice militaire israélien - qui a rapporté un taux de condamnation de 99% - ne lui donnerait pas accès à un procès équitable. Elle était également consciente que sa peine, si elle était condamnée pour toutes les accusations, s’élèverait à 3 ans et demi minimum, 7 ans au maximum.

Lorsque le procureur militaire a proposé l’accord de plaider-coupable, il a insisté qu’il maintenait l’accusation d’incitation (à l’enlèvement de soldats) contre Mme Jarrar malgré les arguments de la défense selon lesquels le déroulement du procès, débuté le 25 août 2015, démontrait que le parquet ne disposait pas de preuves fiables. Concernant l’accusation d’appartenance à une organisation illégale, le problème fondamental auquel Mme Jarrar a été confrontée est que tous les partis politiques palestiniens sont considérés illégaux selon les ordres militaires israéliens. C’est dans ce contexte inacceptable que Mme Jarrar s’est sentie forcée d’accepter l’accord de plaider-coupable afin de voir sa peine réduite.

Mme Jarrar effectuera sa peine de 15 mois d’emprisonnement dans la prison d’Hasharon en Israël, et ce malgré l’interdiction en droit international du transfert forcé et de la détention de personnes protégées en dehors du territoire occupé (article 49 de la Quatrième Convention de Genève).

Mme Jarrar a été continuellement détenue depuis son arrestation à son domicile le 2 avril 2015 vers 1h30 du matin. Les 12 accusations portées contre Mme Jarrar indiquent que son arrestation, sa détention et sa condamnation par les autorités militaires israéliennes résultent directement de son travail de défense des droits des prisonniers, et de l’exercice de son droit à la liberté d’expression et de réunion.

Mme Jarrar est membre du Conseil législatif palestinien (CLP, parlement palestinien) et vice-présidente du Conseil d’administration d’Addameer. Elle est à la tête de la Commission des Prisonniers du CLP depuis 2006, et a été nommée au Comité national palestinien en février 2015 pour le suivi du dossier palestinien à la Cour pénale internationale.

LPHR, Addameer et la NLG ont déposé plainte auprès du Rapporteur spécial des Nations unies sur les Défenseurs des Droits de l’Homme en juin 2015, détaillant notre sérieuse préoccupation quant au fait que Mme Jarrar a illégitimement été ciblée et punie par l’armée israélienne du fait de son important travail de promotion et protection des droits des prisonniers palestiniens.

Nous avons documenté le fait que l’arrestation, la détention, l’utilisation de preuves secrètes et la condamnation de Mme Jarrar constituent une violation grave et illégitime d’une série de droits fondamentaux selon le droit international des droits de l’Homme. Nous avons ensuite clarifié le fait que les efforts pacifiques de Mme Jarrar à promouvoir, protéger et appliquer les droits de l’Homme et libertés fondamentales signifient qu’elle doit bénéficier des protections exposées dans la Déclaration des Nations unies sur les Défenseurs des droits de l’Homme.

LPHR, Addameer et la NLG demandent au Rapporteur des Nations unies sur les Défenseurs des Droits de l’Homme de prendre immédiatement contact avec le gouvernement israélien afin de contester la condamnation de Mme Jarrar, qui résulte d’une procédure dénuée du respect de droits civils et politiques basiques. Lorsque des défenseurs des droits de l’Homme tels que Mme Jarrar, sont empêchés de travailler à cause d’une arrestation, détention ou intimidation, ils ne peuvent pas protéger efficacement les personnes confrontées à la violation de leurs droits.

Source : http://www.addameer.org/news/joint-...*]

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