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Israël arrête de nouveau un ancien gréviste de la faim palestinien

vendredi 20 janvier 2017

Israël a de nouveau arrêté un journaliste palestinien qui avait mis sa vie en danger en 2016 en menant une grève de la faim de plusieurs semaines contre sa détention, ont indiqué mardi sa famille et les autorités israéliennes.

Mohammed al-Qiq, 34 ans, a été arrêté dimanche soir à un checkpoint israélien proche de Ramallah, en Cisjordanie occupée, a dit à l’AFP sa femme, Fayha Chalach. Il rentrait d’une manifestation contre le refus israélien de restituer les corps de Palestiniens abattus en commettant des attaques anti-israéliennes, a-t-elle dit. Il "s’est mis en grève de la faim sitôt arrêté" a-t-elle dit, précisant que son mari avait été incarcéré à la prison militaire israélienne d’Ofer en Cisjordanie.

Un porte-parole de l’administration pénitentiaire israélienne a démenti que M. Qiq soit en grève de la faim.

Journaliste de la chaîne de télévision saoudienne Al-Majd, M. Qiq était sorti de prison en mai 2016 après avoir livré aux autorités israéliennes un bras de fer qui l’avait laissé dans un état critique.

Il avait observé une grève de la faim de 94 jours selon ses proches, n’ingérant occasionnellement que des minéraux et des vitamines.

Arrêté en novembre 2015, il protestait contre son placement en détention administrative, un régime extra-judiciaire d’incarcération sans inculpation ni procès appliqué par Israël à des centaines de Palestiniens.

Israël l’accusait d’être un membre actif du Hamas, le mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza et qui est considéré comme "terroriste" par Israël. M. Qiq réfutait ces accusations.

La grande mobilisation dont M. Qiq avait été alors l’objet avait mis dans l’embarras Israël, déjà confronté les mois précédents aux cas de deux détenus administratifs palestiniens usant de l’arme de la faim pour défendre leur cause.

Israël avait fini par accepter que la période, théoriquement indéfiniment renouvelable, de détention administrative ne soit pas prolongée une fois arrivée à échéance.

La sécurité intérieure israélienne a indiqué que M. Qiq avait été arrêté dimanche en même temps que douze autres hommes, dont un parlementaire palestinien, pour appartenance à un réseau du Hamas.

Ils sont accusés d’être impliqués dans une série d’activités "économiques et sociales", comme l’organisation de manifestations et le soutien financier aux familles de prisonniers, en vue de "renforcer l’influence du Hamas en Cisjordanie et de renverser l’Autorité palestinienne", a-t-elle dit, en référence à l’instance dirigée par le président Mahmoud Abbas.
L’Orient le Jour avec AFP, mercredi 18 janvier 2017


notre article du 13 juin 2016
Dura (Territoires palestiniens) - Israël a libéré jeudi le journaliste palestinien Mohammed al-Qiq qui avait observé une grève de la faim pendant plus de trois mois

M. Qiq a retrouvé sa famille dans son village natal de Doura, près de Hébron, dans le sud de la Cisjordanie occupée, après sa libération de prison dans le sud d’Israël.

"Cette victoire prouve que l’occupation est fragile (...) et elle s’ajoute aux nombreuses victoires que le peuple palestinien accomplira avec plus de résilience", a-t-il affirmé aux journalistes.

Mohammed al-Qeeq, accueilli par sa famille à sa libération de prison - Photo : EPA

Au terme d’un accord avec l’Etat hébreu, le journaliste avait accepté de s’alimenter en février après 94 jours de grève de la faim qu’il avait entamée pour protester contre sa détention sans procès, ainsi que "la torture et les mauvais traitements qu’il a subis pendant son interrogatoire", selon Addameer, une organisation palestinienne de défense des prisonniers.

M. Qiq avait été arrêté en novembre à son domicile à Ramallah, en Cisjordanie occupée, et placé en détention administrative, une mesure extrajudiciaire qui permet à Israël de détenir des suspects sans procès ni inculpation pour six mois renouvelables indéfiniment.

Il était accusé par la sécurité intérieure israélienne d’être membre actif de l’organisation islamiste Hamas, considérée comme "terroriste" par Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne, mais le reporter de 34 ans de la chaîne de télévision saoudienne Al-Majd affirme, lui, ne se livrer qu’au journalisme.

Son cas avait été largement médiatisé et l’ONU avait exprimé sa préoccupation à son sujet.


Notre article du 16 mars 2016

Je suis anxieuse de voir arriver le printemps. Le parfum des fleurs et la brise ni chaude ni froide, parfaite.

Faihaa Shalash épouse de Mohammed al-Qeeq journaliste palestinien, détenu sans procès ni accusation, gréviste de la faim pendant 100 jours. Selon un accord avec Israël, il restera en détention jusqu’au 21 mai.

Ce ne serait pas exagéré de dire que j’y pense tous les jours. Les images ne se brouillent pas avec le passage du temps. Elles reviennent comme neuves en février et au début du mois de mars.

Cet hiver a été coloré de différentes nuances de souffrance. Le jour où Mohammad [Al-Qiq] et moi, nous nous sommes levés pour nettoyer les tapis, une tâche qui nous a pris toute la journée, je ne savais pas que nous ne passerions pas le reste de l’hiver ensemble dans la chaleur de notre foyer. Je ne savais pas que cet hiver serait différent de tous ceux où nous avons appris à vivre ensemble, dans la joie et la peine.

Après tout, même les jours difficiles ont quelque chose de doux lorsqu’on est en bonne compagnie.

J’aimais regarder les fleurs d’amandiers chaque fois que j’allais d’un quartier à l’autre. En fait, j’en voyais presque tous les jours. Je portais toujours aussi sur moi une lettre de mon mari qui souffrait sur un lit d’hôpital. C’est une lettre magnifique, elle est porteuse d’un message de dignité que tout le monde doit entendre, même s’il est difficile à entendre.

J’admire les amandiers, qui sont connus pour leur joli vert tendre quand les fruits arrivent à maturité, et pour leur combat solitaire contre les pluies et les vents violents.

Il n’est pas possible de décrire ces journées et je ne vais pas tenter de le faire parce que les sentiments dont je vais parler sont trop difficiles à décrire. Il faut continuer à vivre sans crainte et, donc, j’ai refoulé mes émotions d’épouse éprouvée et de mère inquiète. Je les ai ensevelies en moi parce qu’il fallait que, devant le public, je me montre dynamique et forte.

J’évitais de regarder les images et les reportages concernant mon mari et j’essayais de vaquer à mes occupations sans laisser la tristesse m’envahir. Si je m’étais laissée aller, cela aurait eu des conséquences désastreuses. Cela aurait également inquiété tous ceux qui nous entouraient, y compris les hypocrites. Oui, ça a été très difficile, mais je n’avais pas le choix.

Un jour, pendant la semaine de protestation, j’ai ouvert la fenêtre de la voiture, alors que nous passions dans l’un des districts du nord : mon cœur s’est empli de lumière quand j’ai vu les fleurs d’amandiers. Je ne sais pas d’où venait cette lumière. Elle m’a envahie quand j’ai posé les yeux sur les fleurs blanches des amandiers. J’ai eu un sentiment de fierté et d’acceptation en regardant la magnifique floraison de ces fleurs qui triomphaient de la rudesse de l’hiver.

Cela m’est arrivé quelques heures seulement avant d’apprendre qu’un début d’accord avait été conclu qui mettrait fin à la souffrance de mon mari qui durait depuis près de 100 jours, depuis qu’il avait été placé en détention administrative, tout au long de l’hiver froid et neigeux.

Oui, les fleurs d’amandiers viennent en leur temps. Nos rêves se croisent avec une vérité chère : nos précieuses enveloppes charnelles se flétrissent, mais nous prouvons que nous sommes une nation de gens qui aiment la vie et, grâce à cet amour, nous trouvons notre voie. Nous n’aimons pas la mort, ni la faim. Nous ne voulons pas vivre seulement d’eau, mais nous voulons adresser ce message aux opprimés : nous sommes résolus soit à vivre libres soit à mourir, avec notre dignité intacte.

8 mars 2016 - Middle East Monitor - Vous pouvez consulter cet article à : https://www.middleeastmonitor.com/b...Traduction : Info-Palestine.eu - Dominique Muselet


le 29 février 2016
Un « compromis » est ainsi intervenu, annoncent vendredi les médias israéliens et palestiniens, aux termes duquel Mohammed al-Qiq, en détention arbitraire depuis novembre dernier, sans qu’aucune charge soit retenue contre lui, va cesser sa grève de la faim ; il continuera d’être soigné dans un hôpital israélien et ne repassera pas par la case prison.

Par sa grève de la faim héroïque, qui a mis sa vie en danger et très certainement compromis sa santé de manière irréversible, cet homme de 33 ans, marié et père de deux jeunes enfants, a servi la cause de tout le peuple palestinien, et en particulier celle des victimes de l’odieuse « détention administrative » pratiquée par le régime d’apartheid.

Tout comme lui, près de 700 Palestiniens (sur un total de 7.000 prisonniers) sont toujours les otages d’un tel système, contraire à toutes les normes du droit international, à travers lequel Israël maintient des hommes et des femmes en prison indéfiniment, sans procès ni mise en examen.

Et il aura fallu que Mohammed al-Qiq soit au seuil de la mort pour que les dirigeants israéliens se résolvent à promettre sa libération.

La lutte pour la libération des « détenus administratifs » et plus généralement de tous les prisonniers palestiniens doit se poursuivre et s’intensifier.

mise à jour 1er mars 2016 - source CAPJPO-EuroPalestine


Muhammed al Qiq se laisse mourir pour protester contre sa détention
Lettre de Jérusalem.

Il se laisse mourir. Lentement, obstinément. Mohammed Al-Qeq est allongé sur un lit d’hôpital dans la ville d’Afula, dans le nord d’Israël. Ce journaliste de 33 ans est en grève de la faim depuis près de trois mois.

Officiellement, il n’accepte que de boire de l’eau. On ne sait si des compléments alimentaires y sont ajoutés. Mais une vidéo, tournée par des proches, le montre décharné et barbu comme un naufragé sur une île. Il souffre de problèmes d’audition, d’élocution, de douleurs aux jambes et à la tête. Il refuse de s’alimenter et de se faire soigner tant qu’il n’aura pas recouvré la liberté et obtenu un rapatriement en Cisjordanie.

L’équipe médicale qui s’occupe de lui à l’hôpital HaEmek a décidé de respecter son choix, allant à l’encontre du comité d’éthique de l’établissement, qui prônait l’alimentation forcée, comme la loi l’y autorise. Même s’il arrêtait, ce mercredi 24 février, sa grève de la faim, après quatre-vingt-douze jours, les séquelles physiques seraient sérieuses.

Mohammed Al-Qeq est journaliste pigiste, travaillant en Cisjordanie pour un bouquet de chaînes saoudiennes, Almajd. Il a été actif au sein du Bloc islamique, le mouvement étudiant du Hamas à l’université de Bir-Zeit, et entretient des contacts avec des cadres du mouvement islamique dans la bande de Gaza, selon le Shin Beth, le service de sécurité intérieur, pour lequel Qeq représente une « menace ». C’est, explique-t-on, un activiste du Hamas, qui a déjà été détenu pour des activités liées au terrorisme. « Il n’appartient pas au Hamas, sinon il aurait été inculpé et jugé », assure son avocat, Ashraf Abou Snaineh.

Dimension politique

Il a été arrêté le 21 novembre 2015, à Abou Qash, près de Ramallah, où il vit avec sa femme et leurs deux enfants. Il a entamé sa grève de la faim quatre jours plus tard, pour dénoncer les mauvais traitements subis lors de son interrogatoire. Le 20 décembre, il a été placé en détention administrative pour six mois, la durée habituelle, reconductible à volonté. Son action s’est longtemps heurtée à une certaine indifférence. Un cas de détention abusive, un parmi tant d’autres.

Il est admis depuis longtemps qu’il existe un traitement judiciaire particulier pour les Palestiniens, très différent de celui réservé aux Israéliens, même si certains extrémistes juifs ont fait récemment l’expérience de la détention administrative.

Le 18 janvier, l’ambassadeur américain à Tel-Aviv, Dan Shapiro, a noté publiquement l’existence d’un système répressif à deux vitesses et à sévérité variable, s’attirant les foudres du gouvernement. Le diplomate a dû, tête basse, reconnaître par la suite un « timing » inapproprié.

Mais le refus du journaliste d’accepter tout aménagement ou compromis autre que sa liberté a fini par provoquer un dilemme au sein du gouvernement et de la justice. L’affaire a pris une dimension politique. Lors d’une rencontre avec John Kerry, à Amman, dimanche 21 février, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a demandé au secrétaire d’Etat américain d’intercéder auprès des Israéliens afin que Mohammed Al-Qeq soit libéré. A maintes reprises, l’ONU a appelé l’Etat hébreu à mettre un terme à la pratique de la détention administrative.

Négociations intenses

Le système sécuritaire déteste se déjuger dans ce domaine sensible. Pourtant, le 4 février, dans une décision étonnante, la Haute Cour de justice a « suspendu » la détention du journaliste, mais sans l’autoriser à quitter l’hôpital, où il demeure sous bonne garde. Voilà l’affaire entrée dans une zone grise totale, du point de vue du droit.

Des négociations intenses, avec de nombreux intervenants, ont été ouvertes pour parvenir à un compromis qui lui sauverait la vie. Les services de sécurité ne veulent pas qu’il soit pris en charge médicalement à Ramallah. Un transfert dans un établissement de Jérusalem-Est a été proposé. Mais le journaliste lui-même refuse d’y être conduit, car l’endroit se trouve encore en territoire sous « occupation israélienne ».

Après Amnesty et d’autres ONG, Hagai El-Ad, le directeur de B’Tselem, qui dénonce année après année les abus des détentions administratives, a adressé une lettre au premier ministre, Benyamin Nétanyahou, afin de demander la remise en liberté immédiate du journaliste, « seule issue morale possible ».

Au 31 décembre 2015, 584 Palestiniens étaient incarcérés en détention administrative dans les prisons israéliennes, dont trois femmes et six mineurs, sur un total de 6 000 détenus palestiniens. Dans leur cas, impossible de connaître exactement la durée de leur peine. Impossible, pour leurs proches et leurs avocats, de prendre connaissance des soupçons ou des détails des preuves retenus contre eux. Pas d’inculpation, pas de procès.

Cette arme administrative redoutable, présentée comme étant de nature préventive, donne une immense latitude aux services de sécurité israéliens. Ils se soustraient ainsi aux contraintes de l’Etat de droit, au nom de l’urgence sécuritaire.

mise à jour le 25 février 2016 - source Piotr Smolar, Le Monde, mercredi 24 février 2016


l’AFPS relaie la pétition d’Amnesty International
Monsieur le Premier ministre,
Je vous écris pour vous faire part de mes préoccupations concernant l’état de santé de Muhammed al Qiq. Ce journaliste palestinien est détenu sans inculpation ni jugement depuis près de trois mois. En date du 25 novembre, Muhammed a entamé une grève de la faim pour protester contre les actes de torture et autres mauvais traitements dont il affirme avoir été victime aux mains des autorités israéliennes et pour demander sa libération.
La santé de cet homme est aujourd’hui gravement menacée.
En tant que détenu non condamné, il a le droit de recevoir un traitement par les médecins de son choix. Compte tenu de son état de santé critique, je vous exhorte à faire en sorte que les autorités compétentes mettent immédiatement fin à tout traitement médical non consenti et facilitent de toute urgence son transfert vers un hôpital palestinien de Ramallah, qui est prêt à le recevoir, conformément sa volonté.

Je suis également vivement préoccupé(e) par le fait que sa détention administrative - comme cela a été le cas pour plusieurs détenus - puisse être utilisée comme un moyen de le punir sans inculpation, ce qui équivaudrait à la détention arbitraire d’une personne qui n’a commis aucune infraction.

Par conséquent, en plus de l’urgence que représente son transfert vers l’hôpital de son choix, je vous demande également d’annuler son ordre de détention administrative et de le libérer, à moins qu’il ne soit inculpé d’une infraction dûment reconnue internationalement et jugé conformément aux normes internationales d’équité.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de ma haute considération.

Vos signatures seront remises rapidement, agissez maintenant.
Signer la pétition


L’article du 5 février 2016 : Le journaliste palestinien Mohammed al-Qiq mène une grève de la faim depuis plus de deux mois pour protester contre sa torture et son placement en détention administrative.

En violation du droit international et de l’éthique médicale, les médecins de l’hôpital d’Afula l’ont traité de force.

À la suite de son arrestation, Mohammed al-Qiq a été torturé et interrogé pendant deux semaines par l’Agence de sécurité d’Israël. Ses interrogateurs l’ont maintenu pendant des heures ligoté dans des positions douloureuses, menacé d’agression sexuelle et lui ont infligé des injures et des hurlements continus. Au quatrième jour d’interrogatoire, Mohammed al-Qiq a entamé une grève de la faim.

Mohammed Al Qiq, 33 ans et père de deux enfants, correspondant pour la chaîne de télévision d’Arabie saoudite Almajd TV, a été arrêté le 21 novembre dans sa maison de Ramallah, en Cisjordanie.

Le 17 décembre, les autorités militaires l’ont placé en détention administrative, sans inculpation ni jugement, pour une période de six mois renouvelables indéfiniment, sur le fondement de preuves tenues secrètes et auxquelles ni lui ni son avocat n’ont accès. Mohammed al-Qiq a intenté un pourvoi contre cette décision et n’a pu voir son avocat pour la première fois que le 24 décembre, lorsqu’il a été présenté au tribunal militaire en fauteuil roulant. Le tribunal, la cour d’appel militaire et la Cour suprême ont confirmé son placement en détention administrative.

Le 30 décembre, l’état de santé de Mohammed al-Qiq se détériorant, il a été transféré de la prison de Ramle à l’hôpital d’Afula où les gardiens de prison l’ont attaché à son lit et ont aidé à plusieurs reprises le personnel médical à lui poser une intraveineuse pour le traiter de force. M. Al-Qiq avait pourtant clairement notifié son refus de recevoir un traitement. Ce traitement forcé a été autorisé par le Comité d’éthique médical de l’hôpital alors même qu’il constitue une forme de traitement cruel, inhumain et dégradant selon le Rapporteur spécial des Nations unies sur la torture.

Les autorités israéliennes essaient ainsi de briser le seul mode de protestation à la disposition des détenus palestiniens pour revendiquer le respect de leurs droits fondamentaux.

le 5 janvier (source Le Monde), la justice israélienne a suspendu la détention administrative sans inculpation ni procès de Mohammed Al-Qiq, en grève de la faim depuis soixante-douze jours. La Cour suprême a justifié cette décision, jeudi 4 février, « en raison de son état de santé » préoccupant.

Ses proches peuvent à présent lui rendre visite, mais le reporter, qui reste en état d’arrestation, n’a pas le droit de quitter sans autorisation l’hôpital d’Afoula, où il a été admis depuis la fin du mois de décembre, dans le nord d’Israël. Journaliste pour la chaîne saoudienne Al-Majd, Mohammed Al-Qiq a jusqu’à présent répété qu’il ne recommencerait pas à manger tant qu’il ne recouvrerait pas totalement la liberté, a souligné son avocat, Jawad Boulous.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/02/05/israel-suspend-la-detention-d-un-journaliste-palestinien-en-greve-de-la-faim_4860137_3218.html#wkOmeIwslMEf8hwp.99
Des Palestiniens manifestent pour la libération du journaliste palestinien Mohammed al-Qiq devant la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem le 22 janvier 2016 Photo AHMAD GHARABLI. AFP

CONTEXTE

Les Palestiniens dans les prisons israéliennes

Fin décembre 2015, 6800 Palestiniens étaient détenus dans les prisons israéliennes. Les conditions de détention des Palestiniens sont extrêmement dures et impliquent un large éventail de violations du droit international : torture, transferts de prisons à prisons, détention administrative, isolement, interdiction de visites, absence de traitements médicaux... La plupart des prisonniers palestiniens sont détenus sur le territoire israélien, en violation de la Quatrième Convention de Genève qui régit les situations d’occupation.

La détention administrative, illégale au regard du droit international

Plus de 650 Palestiniens sont actuellement en détention administrative. Selon la Quatrième Convention de Genève, la détention administrative doit demeurer une mesure exceptionnelle, « absolument nécessaire » et justifiée par « d’impérieuses raisons de sécurité ». La détention administrative telle que prévue et appliquée par Israël est donc une violation manifeste du droit international humanitaire. Plusieurs autorités des Nations unies ont estimé que le recours à la détention administrative par Israël était « incompatible avec le droit international des droits de l’Homme et devrait être terminé ». Elles ont enjoint Israël de les inculper ou les libérer.

L’adoption de la loi sur l’alimentation forcée

Le 30 juillet 2015, le Parlement israélien a adopté une loi autorisant l’alimentation forcée des détenus. Cette loi vise à empêcher les prisonniers palestiniens de se mettre en grève de la faim, seul moyen de contestation et de revendication dont ils disposent. Le Comité international de la croix-rouge (CICR) est opposé à l’alimentation forcée des détenus et souligne l’importance de respecter les choix et de préserver la dignité des détenus. L’Association Médicale Mondiale (AMM) s’est clairement prononcée contre cette pratique : « L’alimentation forcée n’est jamais acceptable. Même dans un but charitable, l’alimentation accompagnée de menaces, de coercition et avec recours à la force ou à l’immobilisation physique est une forme de traitement inhumain et dégradant. ». Les Rapporteurs Spéciaux des Nations unies sur la torture et le droit à la santé ont vivement condamné l’adoption de la loi sur l’alimentation forcée et l’ont qualifiée de pratique analogue à un traitement cruel inhumain et dégradant.

Dans les années 1970, les autorités israéliennes avaient autorisé l’alimentation de force des prisonniers en grève de la faim, avec pour conséquence la mort de plusieurs prisonniers ; Ali Al-Ja’fari, Rasem Abu Al-Halawa, and Ishaq Maragha.
source : ACAT , lundi 1er février 2016

Islam, 3 ans, devant une affiche en soutien à son père Mohammed Al-Qiq, le 31 janvier 2016, à Ramallah.
Photo ABBAS MOMANI / AFP

REAGISSONS
En téléchargeant la lettre ci-dessous et en l’envoyant à l’Association médicale israélienne avec copie à l’Association médicale mondiale