Palestine 13

Groupe local des Bouches-du-Rhône de l’AFPS

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Faire des sciences sociales en Palestine ?

dimanche 22 mai 2016

Violence politique et chaos institutionnel qualifient trop souvent le quotidien des Palestiniens. Même s’ils détiennent une tradition universitaire et scientifique solidement ancrée, comment peuvent-ils faire des sciences sociales, à la fois autochtones et autonomes, dans un contexte privé de paix, de libertés et d’État ? Comment définissent-ils leurs disciplines alors qu’ils sont militairement occupés, opprimés et colonisés ? Comment ces scientifiques et universitaires peuvent-ils se former, se recruter et travailler tout en étant emprisonnés dans leurs enclaves ? Et enfin, comment le nationalisme de survie, qui étreint chaque Palestinien, oriente ou permet-il l’élaboration de projets académiques
Reposant sur plusieurs années de recherches de terrain, notamment pendant le soulèvement palestinien – Intifada Al-Aqsa – de 2000 à 2005, ce livre permet de répondre, en expliquant les mécanismes disciplinaires et universitaires fonctionnant sous contrainte coercitive permanente. Il permet de comprendre ce qui pousse des Palestiniens à embrasser la profession de chercheur et d’enseignant en sciences sociales depuis les années soixante-dix. L’espace universitaire des Territoires occupés et l’espace disciplinaire des sciences sociales sont analysés ici au prisme de trajectoires d’individus en forte ascension sociale, dans le cadre d’une oppression collective bientôt centenaire.
Mettant en relation science politique et sociologie des sciences, cet ouvrage contribue à une anthropologie politique des sciences sociales. Il montre que nationalisme et dépendance scientifique constituent des ressources de survie individuelle et collective, en maintenant une connexion constante entre les universitaires palestiniens et l’espace international des sciences sociales.


Vincent Romani

Doctorat en science politique de l’Université Paul Cézanne,
Aix-Marseille III, Institut d’Études Politiques d’Aix-en-Provence (2008)

Membre associé au CIRST (Centre interuniversitaire de recherche
sur la science et la technologie)

Chercheur associé à l’IREMAM (Institut de recherches et d’études
sur les mondes arabe et musulmans, Aix-en-Provence)

"Politologue et arabisant, j’ai suivi un cursus de science politique jusqu’à la thèse de doctorat à l’Institut de Recherches et d’Études sur les Mondes Arabes et Musulmans (CNRS) et l’Institut d’Études Politiques (Université Paul Cézanne), à Aix-en-Provence (France). Dans ce cadre et depuis 2000, j’ai vécu huit années en Syrie, Territoires occupés palestiniens et Égypte, et je retourne régulièrement sur ces terrains.

L’enquête de terrain et l’immersion constituent donc mon approche privilégiée et qualitative ; je mobilise pour mes recherches et mes enseignements les disciplines des sciences sociales qui analysent les phénomènes et luttes politiques, sans égards aux frontières disciplinaires. Je privilégie les approches critiques et intersectionnelles (notamment féministes et décoloniales).

Mes objets de recherche suivent deux axes, le premier s’intéresse aux sciences sociales à partir de l’étude des champs universitaires, et de leurs rapports avec les champs du pouvoir, dans des espaces autoritaires. Le second axe s’intéresse à la matérialisation de l’autoritarisme, c’est-à-dire à la violence sous toutes ses formes et sa production, gestion et circulation entre public et privé, politique et civil, local et global.

Politiste et arabisant, Vincent Romani est professeur régulier au département de science politique de l’université du Québec à Montréal. Ses recherches portent sur la violence politique, l’enseignement supérieur et les sciences sociales. Il a dirigé le dossier de la Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée (numéro 131, 2012) portant sur « Enseignement supérieur, pouvoirs et mondialisation dans le Monde arabe ».
Éditions :
27 euros
Source : Lettre d’information du site Délinquance, justice et autres questions de société
Laurent Mucchielli