Palestine 13

Groupe local des Bouches-du-Rhône de l’AFPS

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Syndicalistes de retour de Palestine sur radio Galère

jeudi 26 mai 2016

Palestine 13 a invité un syndicaliste qui a participé à ce voyage :jeudi 28 septembre à 18h sur Radio Galère pour l’émission "Une heure en Palestine"

L’émission se déroulera avec un invité : Charles Hoarau, leader des comités de chômeurs CGT des Bouches du Rhône.

nous publierons bien sûr le compte rendu de cette rencontre sur le site de Palestine13


notre article du 26 mai 2016
Deux Perpignanais de retour de Palestine :
Rencontre imaginaire avec un Manuel Valls « implacable », et compte-rendu très réel de notre voyage solidaire

Nous sommes à Roissy ce matin après une nuit sans sommeil dans l’avion. On a lu que Manuel Valls doit se rendre en Palestine. Mais ne serait-ce pas Manuel Valls lui-même qui s’avance vers nous sur le Tarmac de Roissy Charles de Gaule ?

S’apprêterait-il déjà à monter dans cet avion que nous venons de quitter ? … Dans mon rêve éveillé, je m’adresse à lui : « Ah, monsieur Valls, bonjour, nous sommes des syndicalistes français et justement, nous rentrons de Palestine. Irez-vous, vous aussi, rencontrer les enfants des camps de réfugiés de Jalazon ou de Kalandia ?

Savez-vous que quand on demande à ces enfants des camps d’où ils viennent, ils ne disent pas : « je viens du camp de Jalazon" ou "je viens de Kalandia » mais "je viens du village où sont nés mes grands parents" et d’où ils ont été chassés en 1948 ? Monsieur Valls, si vous allez à Hébron, vous croiserez sur la route, au passage d’un rond point, un effrayant militaire israélien. Il se tient à demi couché sur le côté du rond point, comme en embuscade. Provocateur, il tient en joue tous les Palestiniens qui passent en voiture. Tous ces automobilistes sont dans la lunette de visée de son fusil mitrailleur….

Et puis aussi Monsieur Valls, il vous faudrait voir les enfants des quartiers de la vieille ville d’Hébron. Quand ils sortent dehors, leur parents s’inquiètent car des militaires israéliens ont lancé sur eux des grenades lacrymogènes, parce qu’ils jouaient simplement au ballon sur la place devant la maison familiale …". "Et ferez-vous en sorte de voir certains des 400 enfants palestiniens maintenus en prison par l’occupant israélien ?"

Le porte parole de la Farmers Union, le syndicat des agriculteurs de Jericho, nous parle de la confiscation des réserves d’eau par les colons israéliens

"Si vous allez à Jéricho, monsieur le Premier Ministre, interrogez donc les agriculteurs de la vallée du Jourdain. A 300 mètres au dessous du niveau de la mer, le climat tropical de la vallée du Jourdain pourrait produire une végétation luxuriante. Mais les paysans y sont souvent dans la misère et sont parfois contraints de vendre leur terre pour une bouchée de pain. Car l’eau n’est pas pour les paysans mais pour les colonies israéliennes pourtant illégales du point de vue du droit international. L’occupant israélien interdit aux Palestiniens de puiser l’eau nécessaire aux cultures ! »

Des terres non cultivées et vendues par les petits paysans de Jericho à de gros propriétaires parce que les colons leur interdisaient l’accès à l’eau...

Juste à côté, l’accès à l’eau donne cette luxuriante bananeraie, mais nous sommes ici en "zone C" où l’armée et les colons israéliens peuvent a tout moment couper l’eau

Mais ce n’est là qu’une imaginaire interpellation d’un Manuel Valls que nous n’avons aucune chance de croiser au cours d’un vol "class éco" pour le proche Orient.
Valls est dans un autre monde. Il va certes en Israël et en Palestine ces jours-ci. Mais il ne sera pas auprès du peuple palestinien. Suivi par une nuée de journalistes, le premier ministre français parlera une fois de plus sans y croire d’une improbable « relance du processus de paix ». Il n’aura pas un regard pour la souffrance des Palestiniens.

Complicité hypocrite et criminelle de l’Etat français.

En fait, à peine arrivé en Israël, Valls a déjà oublié sa promesse de reconnaissance de la Palestine. A propos de la campagne BDS : il a osé dire devant des étudiants de Tel Aviv : « derrière ce boycott nous savons bien ce qu’il y a : nous seulement la contestation, mais aussi la détestation de l’Etat d’Israël, la détestation d’un foyer juif, et donc des juifs dans leur ensemble ». Mensonge odieux et criminel dans la bouche de "notre" premier ministre. Nous avons rencontré pendant notre séjour à l’université de Birzeit l’un des animateurs sur le campus de la campagne internationale BDS. Il nous a dit que des militants palestiniens du BDS sont à présent menacés de mort par l’extrême-droite israélienne. Les mensonges de Valls à propos du BDS les exposent encore plus au risque de violence meurtrière.
En réalité, Valls sait parfaitement combien les militants de la solidarité avec la Palestine sont opposés à toute forme de discrimination raciale ou religieuse. La campagne BDS appelle au boycott d’une politique colonialiste et non au boycott d’un peuple.

La complicité des « gendarmes du monde »

Mais la solidarité de Manuel Valls avec l’Etat d’Israël se situe sur un tout autre plan que celui des valeurs morales ou des croyances religieuses. Valls, Hollande et Netanyahou ont une même vision du monde : ils sont là pour que l’ordre capitaliste règne. Dans un monde ou règne le profit, l’exploitation et les inégalités sociales, ils veulent être les gendarmes du monde. L’Etat d’Israël est pour eux comme un immense porte avion terrestre de béton et d’acier au cœur du Proche Orient. L’Etat français quant à lui se charge des interventions militaires en « Françafrique », protégeant les profits de ses groupes industriels. Et l’armée française y utilise des drones et de l’armement de fabrication israélienne.

La campagne internationale du BDS.

Pour contraindre nos gouvernements à faire pression sur l’Etat d’Israël, nous menons la campagne BDS qui est une campagne d’information et de sensibilisation de la population. Il faut obtenir que les Etats européens exercent une pression politique et économique forte et efficace contre l’Etat d’Israël. Il s’agit de contraindre Israël à appliquer le droit international. Il faut donc que l’opinion publique sache que les Palestiniens ne ressemblent pas à l’image déformée qu’en donnent les médias dominants.

Construire des solidarités de mouvement social à mouvement social

Les Palestiniens tentent de vivre et de travailler dans un pays occupé militairement. Rester en Palestine et continuer d’y travailler est un acte quotidien de courage et de résistance. Mais leurs préoccupations quotidiennes sont aussi les nôtres : trouver du travail, défendre leurs droits sociaux et leur pouvoir d’achat pour pouvoir nourrir leur famille. Car au moment même où l’ « implacable » Manuel Valls s’attaque brutalement aux travailleurs et aux jeunes en France, la contestation sociale gagne aussi la Palestine. Soumise à la pression des banques et de la finance internationale, ponctionnée par la colonisation israélienne, une Autorité palestinienne sans réel pouvoir tente de faire appliquer une nouvelle loi sur le travail menaçant les maigres acquis sociaux des travailleurs palestiniens.

Les solidarités entre nos deux peuples sont évidentes. Entre travailleurs et jeunes, avec ou sans emploi, nous devons multiplier les échanges entre la France et la Palestine occupée : établir des jumelages entre écoles, centres de santé, villes ou villages, entre syndicats aussi.

Les missions de solidarité doivent se développer. C’est une des priorités nationales de l’AFPS. Car ainsi, nous renforcerons et élargirons le mouvement de soutien à la Palestine, en rendant visible la réalité de la société civile là-bas.

C’était le but de notre voyage. Il s’inscrit dans la continuité des missions de solidarité syndicalistes que nous avons réalisées depuis une quinzaine d’années. Grâce à ce nouveau voyage, nous allons maintenant pouvoir organiser en France les rencontres nécessaires à la concrétisation des projets de coopération évoqués avec nos partenaires palestiniens.

La responsable du syndicat indépendant des travailleurs de la santé nous fait visiter son hôpital à Bethléem
De retour de Palestine, nous avons eu la joie de rencontrer à la conférence nationale des groupes locaux de l’AFPS Aurélie, une adhérente de l’association, membre de Solidaires, qui venait elle aussi de participer à une mission syndicale. Nous savons également qu’un voyage de représentants de la fédération CGT de l’Energie est en préparation. A leur tour, ils vont rencontrer les syndicats palestiniens qui animent les mouvements sociaux en cours.

Salariés, électriciens, ouvriers de tous les secteurs d’activité, ils étaient tous
rassemblés devant le ministère du travail pour exiger la justice sociale et la dignité pour les travailleurs

Vive la solidarité active de toutes les forces du mouvement social pour la Palestine !