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Stop aux chiens de guerre : Campagne pour en finir avec l’usage de chiens d’attaque en Palestine

dimanche 17 juillet 2016

VICTOIRE : Suite à une campagne menée conjointement par des activistes pour les droits humains et des activistes pour les droits des animaux en Palestine. L’entreprise hollandaise, qui fourni des chiens pour être utilisés par l’armée israélienne dans le but d’attaquer des personnes palestiniennes, s’est engagée à arrêter l’exportation des "chiens d’attaque" !

Merci à toutes les personnes qui ont signé la pétition pour mettre un terme à cette cruelle pratique et qui ont soutenu cette campagne.

L’ALARM avait soutenu cette campagne, en relayant notamment l’appel lancé par la Palestinian Animal League : "Stop aux chiens de guerre : Campagne pour en finir avec l’usage des chiens d’attaque en Palestine"

Article de la Palestinian Animal League, traduit par un membre de l’ALARM en solidarité avec leur organisation et cette campagne.

Il y a quelques jours, un article troublant était publié par « The Electronic Intifada » - un journal indépendant couvrant la lutte palestinienne - et révélait l’usage de chiens d’attaque par les forces armées israéliennes sur des civils palestiniens. Ces chiens, souvent exportés par les pays européens - et en particulier par les Pays-Bas - ont été exploités pendant plusieurs années comme armes vivantes, provoquant d’importantes blessures sur de nombreux civils. L’organisation pour les droits de l’humain en Palestine : « Al Haq », a entrepris un travail afin d’encourager le gouvernement des Pays-Bas à agir et à bannir l’exportation de chiens pour cet usage.

Il va peut-être sans dire que les chiens utilisés sur des zones de conflit sont délibérément mis en situation de grand danger par leurs gardiens et en tant qu’organisation de protection des animaux, c’est une chose que la Palestinian Animal League ne croit être justifiée en aucune circonstance. En effet, il est incroyable de penser que l’entrainement et l’usage de chiens de combat soient considérés comme une des formes les plus brutales de maltraitance dans de nombreux pays, mais qu’en même temps des entreprises puissent réaliser du profit en entrainant des chiens à attaquer des gens pour ensuite les vendre aux gouvernements dans cette optique bien spécifique.

Mais il ne s’agit pas seulement de risque individuel, en tant que chien ou en tant que personne qui seraient attaqués par ces chiens, qui est la cause de tant de préoccupations. L’équipe de la Palestinian Animal League est également profondément préoccupée par l’impact sur la société, sur les animaux et les personnes, quand des animaux aussi intelligents et sociables que des chiens sont exploités à des fins aussi violentes contre la société dans son ensemble.

L’impact sociétal de l’usage des chiens comme armes

Dès leur plus jeune âge, on apprend aux enfants palestiniens à avoir peur des chiens. Et ce pour de bonnes raisons : en Palestine, tout le monde connaît quelqu’un qui a subi l’attaque d’un chien ordonnée par des membres des forces armées. Le résultat de tout cela est que les chiens sont à la fois craints et détestés, ce qui en retour conduit à des niveaux de violence élevés contre les chiens ; parfois par le biais de l’euthanasie des chiens errants par la municipalité ou encore des individus qui prennent la situation en mains et qui blessent et tuent des chiens qui représenteraient une menace ou une nuisance.

Pendant la phase de recherche du programme humain de gestion des chiens de rue qu’a réalisé la Palestinian Animal League, notre équipe s’est rendue compte qu’une écrasante majorité des intervenants citaient les « chiens d’attaque entrainés » comme l’un des problèmes majeurs préoccupant la population au sujet des chiens errants. Les intervenants nous ont confié que la peur à l’égard de ces chiens était créée, en grande partie, pour obtenir un soutien public dans les méthodes de contrôle létales utilisées en Cisjordanie. Bien que ces craintes ne soient pas infondées étant donné l’usage qui est fait contre les palestiniens avec ces chiens, nous nous sommes rendus compte que le nombre de morsures réellement enregistrées étaient infimes (8 au cours des douze derniers mois dans la ville la plus peuplée de Palestine), contrairement au niveau de préoccupations complètement disproportionnées par rapport à celui potentiel d’attaques de chiens. Pour résumer, notre recherche supposait que même si la vaste majorité des chiens des rues en Palestine n’était pas agressive, une partie importante de la population a peur d’eux de toute façon.

Cela nous a conduit à penser que les préoccupations autour de l’emploi de chiens comme armes par les forces armées israéliennes ne touchent pas uniquement les chiens et les personnes victimes de ces attaques, mais influencent également les décisions prises envers les population de chiens des rues. Cela se traduit en pratique (et douloureusement) par la mort de centaines de chiens palestiniens chaque année, les autorités tentant d’atténuer le problème pour satisfaire la demande publique.

Au cours de l’année où la Palestinian Animal League a travaillé avec les autorités locales pour développer le premier programme : « attraper, stériliser, vacciner et relâcher » pour les chiens errants, en Palestine, nous avons été agréablement surpris de savoir que les intervenants étaient intéressés pour essayer des alternatives au contrôle létal et ainsi le premier programme de contrôle non létal devrait débuter dans les prochains mois. Cependant, alors que les palestiniens continuent d’être sous la menace délibérée des chiens d’attaque par les forces de l’occupation, réaliser un progrès sur le terrain pour éclairer les perceptions à l’égard des chiens et de leur traitement par les membres de la population est un réel défi.

Aidez nous à protéger les personnes et les animaux de cette pratique cruelle

Il est clair pour nous, que dans les intérêts de la protection des humains et des animaux, l’usage des chiens d’attaque contre les palestiniens doit stopper. Nous croyons que c’est le seul moyen avec lequel nous pourrons commencer à travailler avec la société civile pour défaire les dommages causés de façon délibérée de la longue campagne lancée par les forces de l’occupation pour installer la peur des chiens dans le cœur de la population palestinienne.

Source : mille bâbords