AFPS_Lettre mensuelle du GT Réfugiés_n°16_mars-avril 2021

mercredi 7 avril

Lettre mensuelle d’information réalisée par le groupe de travail Réfugiés de l’AFPS

Cette lettre veut se faire l’écho de l’actualité sur la question des réfugiés palestiniens – dans ses diverses dimensions – traitée par les médias et sites spécialisés français et étrangers. Elle fait connaître également les analyses et points de vue d’ONG ou d’organisations gouvernementales ou internationales.

Les textes sélectionnés n’engagent que leurs auteur·e·s.

COVID-19

L’UNRWA déclenche l’alarme sur la situation des réfugiés palestiniens au Liban
WAFA, Palestine News & Info Agency, le 2 avril 2021
« La misère dont j’ai été témoin ces deux derniers jours dans les camps de Ain al-Hilweh et de Nahr el-Bared est insondable » a déclaré le Commissaire général de l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine) Philippe Lazzarini lors de sa visite au Liban fin mars. Lazzarini occupait auparavant un poste de haut niveau aux Nations unies à Beyrouth. « Je suis également conscient que le pays tout entier est plongé dans sa pire crise depuis la guerre civile. Tout le monde, Libanais et autres, est en difficulté. Il est décourageant de revenir à un tel effondrement. […] Que répondez-vous à quelqu’un qui dit avoir trois options : mourir du Covid-19, mourir de faim ou prendre la mer dans l’espoir de commencer une nouvelle vie de l’autre côté de la Méditerranée ? » a-t-il demandé.

Dans le camp de réfugiés de Ain al-Hilweh, au Liban, le coronavirus se propage rapidement
Mountasser Abdallah, L’Orient le Jour, le 12 février 2021
Chaque jour de nouveaux cas sont signalés dans ce camp surpeuplé, le plus grand du Liban, près de Saïda, où vivent plus de 80 000 personnes. Face à l’explosion des cas, les comités populaires chargés de la gestion du camp ont appelé la population à respecter les mesures sanitaires. Mounir Maqdah, l’un des principaux responsables du Fatah à Ain al-Hilweh, a décidé de transformer l’hôpital al-Aqsa, contrôlé par sa formation, en hôpital de campagne, après la fermeture par l’UNRWA de l’école al-Samouh qui était un centre de quarantaine.

SOS Palestine – Coronavirus : Appel à dons
AFPS, le 26 mars 2020
La situation sanitaire atteint des proportions dramatiques en Cisjordanie et à Gaza, situation d’autant plus révoltante que les Palestiniens sont exclus des campagnes de vaccination qui font la gloire d’Israël, puissance occupante. Au-delà de notre action politique, nous pouvons apporter un soutien financier à nos partenaires, les ONG palestiniennes qui aident les populations sur place, à Gaza, en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et au Liban : le PMRS (Secours médical palestinien), l’UHWC (Union des comités des travailleurs de la santé), les comités et centres sociaux des camps de réfugiés, les organisations de la Résistance populaire qui soutiennent les populations au plus près, les associations Najdeh et Beit Atfal Assumoud pour le soutien aux réfugiés des camps du Liban.

UNRWA

Les Émirats arabes unis complotent-ils avec Israël contre les réfugiés palestiniens ?
Jonathan Cook, Middle East Eye, le 27 janvier 2021. En français sur le site AFPS.
Selon le quotidien Le Monde, les responsables israéliens et émiratis ont forgé un « axe stratégique » dans le cadre duquel ils réfléchissent à « un plan d’action visant à faire progressivement disparaître l’UNRWA sans conditionner cela à une quelconque résolution du problème des réfugiés [palestiniens] ». Un projet qui doit être pris au sérieux.
Source, en anglais
Voir aussi :
Les Émirats arabes unis soutiendront-ils le plan israélien de destruction de l’UNRWA ?
Ali Abunimah, The Electronic Intifada, le 28 décembre 2020, en anglais

L’Irlande annonce un financement de 6 millions d’euros à l’UNRWA
Palestine Chronicle, le 18 mars 2021, en anglais
Le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney a annoncé un programme triennal de soutien à l’UNRWA de 6 millions d’euros par an de 2021 à 2023 : « Je suis ravi d’avoir convenu d’un ensemble de mesures de soutien de trois ans qui aideront à donner à l’Office un certain degré de certitude financière pendant une période extrêmement difficile. »

Ancien responsable de l’UNRWA, Pierre Krähenbühl rejoint le CICR
Stephen Mossaz, Radio Télévision Suisse, le 26 mars 2021
L’ex-commissaire général de l’UNRWA Pierre Krähenbühl, qui avait démissionné à la suite d’un rapport interne l’accusant de mauvaise gestion et d’abus d’autorité, rejoint le CICR (Comité international de la Croix-Rouge). Le Genevois sera envoyé spécial du président du CICR en Chine et devrait prendre ses fonctions à la mi-mai. Cette affectation marque ainsi le retour de Pierre Krähenbühl au sein des institutions humanitaires.

L’Association Suisse-Palestine demande que l’enquête sur Pierre Krähenbühl soit publiée
Radio Télévision Suisse, le 4 mars 2021
Les conclusions de l’enquête interne de l’ONU sont restées confidentielles, regrette l’Association Suisse-Palestine qui exige dans une pétition « déjà signée par plus de cent personnalités importantes » qu’elles soient divulguées et que le Suisse soit réhabilité en cas d’innocence. « Cette action n’est pas seulement importante pour Pierre Krähenbühl. Elle devrait également encourager tous ceux qui ne veulent pas être intimidés par des puissances belligérantes à l’avenir », relève l’association qui a fustigé le ministre suisse des Affaires étrangères Ignazio Cassis, lui reprochant de n’avoir pas soutenu Pierre Krähenbühl et d’avoir suggéré que l’UNRWA constituait un obstacle à la paix.
Pétition de soutien à Pierre Krähenbühl, relayée par l’UJFP (Union juive française pour la paix).

Déclaration de Lazzarini à l’occasion de la journée internationale des droits de la femme
UNRWA, le 8 mars 2021, en anglais
« Je tiens à rendre un hommage particulier aux milliers de réfugiées palestiniennes qui travaillent sans relâche sur la ligne de front et qui ont apporté une contribution extraordinaire à leur communauté. […] Nous savons que la pandémie actuelle n’est pas seulement une crise sanitaire. Nos employées de première ligne des services aux femmes, des camps et des services communautaires, nos 15 500 enseignantes et membres du personnel d’éducation et nos plus de 200 travailleuses sociales sont essentielles à notre mission […]. Mais la pandémie a également souligné les fardeaux disproportionnés que les femmes portent, à la fois à la maison, où elles agissent souvent comme principales dispensatrices de soins pour les enfants et les personnes âgées, et au sein de leur profession, les femmes étant plus souvent employées dans le secteur de la santé et d’autres secteurs sociaux. »

NAKBA EN COURS

Le village d’Humsa Al Bqai’a attaqué pour la quatrième fois par l’armée israélienne
AFPS-Alsace, le 12 février 2021
Le 8 février, l’administration civile israélienne, accompagnée de militaires, est retournée dans le village de Humsa Al Bqai’a dans la vallée du Jourdain et a confisqué ou démoli 16 nouvelles structures résidentielles et animales. Treize avaient été fournies et financées par des donateurs à titre de réponse humanitaire aux incidents survenus début février, au cours desquels 46 structures avaient été détruites ou confisquées. Neuf ménages bédouins, comprenant 60 personnes dont 35 enfants, ont de nouveau été déplacés et courent un risque accru de transfert forcé. Leur vulnérabilité est aggravée par l’hiver et par la pandémie de Covid-19. (Rapport OCHA)

Israël commet une Nakba permanente à Jérusalem-Est occupée
Tamara Nassar, Agence Médias Palestine, le 28 mars 2021
Des organisations de colons menacent d’expulser par la force 15 familles palestiniennes de leurs domiciles à Jérusalem dans les mois à venir. Cela correspond à 37 maisonnées et à environ 195 personnes, selon le groupe palestinien de défense des droits humains Al-Haq. Les familles résident dans le secteur de Karm al-Jaouni, quartier de Sheikh Jarrah, et dans le secteur de Batan al-Hawa, quartier de Silwan. En novembre, des tribunaux israéliens se sont prononcés en faveur de groupes de colons et pour l’expulsion de familles palestiniennes.
En février, un tribunal de district de Jérusalem a débouté six familles vivant à Sheikh Jarrah qui avaient formé un appel contre leur expulsion. Elles possédaient avant la Nakba de 1948 des maisons et des terres dans ce qu’on appelle aujourd’hui Israël. Elles sont venues vivre et habitent dans des maisons construites dans le secteur de Karm al-Jaouni, quartier de Sheikh Jarrah, par le gouvernement jordanien et par les Nations unies dans les années 1950. En échange de promesses de propriété de la terre et des biens, les familles ont renoncé à certains droits que l’UNRWA pouvait leur assurer en vertu de leur situation de réfugiés.
Une coalition de 14 organisations de défense des droits humains, y compris Al-Haq, a envoyé un appel urgent aux experts des Procédures spéciales des Nations unies au début du mois de mars en les alertant sur les expulsions forcées imminentes à Jérusalem-Est occupée.
Source The Electronic Intifada. Traduction SM pour Agence Média Palestine.
Lire aussi : Sauver Sheikh Jarrah : la campagne qui donne espoir aux réfugiés palestiniens à Jérusalem-Est
Aseel Jundi, Middle East Eye édition française, sur le site de l’AFPS, le 31 mars 2021

CISJORDANIE

Pendant la pandémie, les incursions des FOI dans les camps continuent
PCHR, Palestinian Centre for Human Rights, rapports hebdomadaires, en anglais
Entre autres exactions, une vingtaine d’incursions répétées des forces d’occupation israéliennes entre le 18 et le 31 mars, à Shu’fat, Qalandiya, al-Am’ari, Dheisheh, Jénine, Jalazone, Aida, Aqabat Jabr, ont fait des blessés et plusieurs dizaines d’arrestations, dont sept à Jalazone le 24 mars.

Une incursion [parmi d’autres] dans le camp de Qalandia
B’Tselem, 24 février 2021, en anglais
La police aux frontières israélienne entre dans le camp de réfugiés de Qalandiya, agresse un adolescent palestinien, tire sans discrimination et en blesse cinq. Certains agents se sont dispersés dans les rues avoisinantes et d’autres sur les toits, et une dizaine de membres de l’USP (unité spéciale) sont entrés avec un chien dans la maison de la famille Hamad, où vivent dix personnes. Ils ont attaqué Nasrallah Hamad (15 ans) et enfermé le reste de la famille dans des chambres séparées. Les agents ont ensuite procédé à une fouille de la maison, au cours de laquelle ils ont brisé des portes et déchiré le rembourrage des meubles. Une demi-heure plus tard, les agents sont partis, emmenant deux membres de la famille, Muhammad (28 ans) et Mu’az (21 ans).

En Palestine, la résistance se lit sur les murs
Melina Tiphticoglou, Université de Genève, le 25 février 2021
Les murs d’une ville parlent. Mais que disent-ils quand il s’agit d’un camp ? Clémence Lehec, géographe à l’Institut de gouvernance de l’environnement et développement territorial (GEDT) de l’UNIGE, s’est intéressée aux graffitis du camp de réfugié·e·s de Dheisheh, en Cisjordanie, et plus particulièrement à ce qu’ils pouvaient nous apprendre sur la notion de frontière. Sur les murs de Palestine, paru cet automne aux éditions Métis Presses, révèle les dessous du mouvement graffiti palestinien. Un projet de longue haleine, auquel la chercheuse a consacré huit ans de travail, deux mémoires de master, une thèse, la publication d’un livre ainsi qu’un documentaire.

BANDE DE GAZA

Les réfugiés protestent contre la décision de l’UNRWA de réduire les coupons alimentaires
ISM, source Middle East Monitor, le 22 février 2021
Organisée par un comité populaire affilié à l’OLP, une manifestation s’est tenue devant le centre de distribution alimentaire de l’UNRWA dans le camp de réfugiés de Al Shati (Beach Camp). Des représentants des factions nationales, des associations et des institutions communautaires dans les camps de réfugiés y ont participé. Les manifestants ont accusé l’Office de prendre les premières mesures pratiques pour réduire ses services essentiels pour les réfugiés.

LIBAN

Solidarité et émotion en direct des camps de réfugiés du Liban
Najdeh/AFPS54, en français et arabe avec traduction en français, le jeudi 21 janvier 2021
Pour voir – ou revoir – la visioconférence AFPS 54 (Lorraine-Sud) / Najdeh. Durée 3 h. Côté lorrain, animation Alain Desmarest, traduction Ahmad, introduction Patrice Klis, avec l’appui de Sophie et de Chinez. Au Liban, interventions de Leïla El Ali, directrice de Najdeh pour les camps du Liban, Hasna Al Famawhi (collégienne de 11 ans du camp de Chatila), et Mahmoud (du camp de Ain el Hilweh), Hiba (du camp de Borj el Chemali). Depuis 2019, les conditions de vie dans les camps ont été détériorées par la crise sanitaire et la crise économique et sociale libanaise, aggravée par les pressions exercées sur l’UNRWA pour qu’elle réduise ses prestations aux réfugiés palestiniens.
Le public était au rendez-vous avec 180 personnes qui ont suivi la soirée, ont posé beaucoup de questions et posté de nombreux commentaires.

AFPS
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