Aggravation du blocus de Gaza : Israël n’épargne même plus l’éducation, et pourtant la rentrée 2018 s’est effectuée pour un million trois cent mille élèves palestiniens

Peut-on faire pire que le blocus de Gaza, qui ruine l’économie de ce territoire et pousse toute sa population, malgré son extraordinaire volonté de vivre, à la misère et au désespoir ? En renforçant ce blocus, qui dure depuis plus de 11 ans, Israël montre une fois encore qu’il peut aller toujours plus loin dans son entreprise de destruction de la société palestinienne à Gaza.

La dernière décision d’Israël : fermer le dernier point de passage encore en service, Karem Abou Salem, à toute marchandise hors d’un flux réduit de produits alimentaires et agricoles et de fournitures médicales. Les rares dérogations permettant l’exportation de produits agricoles ou de fabrications de Gaza, obtenues de haute lutte, sont supprimées.


En cette période de préparation de la rentrée scolaire, les fournitures pour l’imprimerie ou pour la fabrication des vêtements sont également bloquées. La rentrée, déjà compromise dans les camps de réfugiés par l’asphyxie de l’UNRWA, risque maintenant de se faire sans livre ni fourniture scolaire.

De plus, aucun matériau de construction ne pourra passer, alors que la reconstruction à la suite des destructions massives de 2014 est très loin d’être terminée. Et la zone de pêche, déjà très restreinte, est à nouveau réduite.

En arraisonnant immédiatement le bateau qui tentait de sortir de Gaza avec à son bord des blessés graves et des étudiants qui n’avaient pas obtenu l’autorisation de sortir, Israël montre que son objectif est aussi de tuer tout espoir.

L’argument des "cerfs-volants incendiaires" est dérisoire : malgré quelques incendies de cultures, il n’y a eu aucune victime du côté israélien. Ces cerfs-volants, traditionnels symboles d’espoir et de liberté, sont surtout là pour tenter de rappeler à Israël que la population de Gaza existe. Avec le renforcement du blocus comme réponse, on est dans la logique de "punition collective" strictement interdite par toutes les conventions internationales.

Détruire l’économie palestinienne de Gaza, détruire sa société, tirer sur les civils pour les tuer ou les mutiler et refuser toute commission d’enquête, mettre en œuvre des techniques d’enfermement de plus en plus sophistiquées, expérimenter de nouvelles armes sur les civils : c’est la politique qu’Israël met en œuvre depuis 11 ans que dure le blocus, et qu’il vient ainsi de considérablement renforcer avec l’objectif à peine masqué de couper complètement Gaza de la Cisjordanie et d’en finir ainsi avec le projet national palestinien.

Au-delà des crimes de guerre commis contre les manifestants de Gaza, c’est un crime contre l’humanité qui se déroule sous nos yeux. Jusqu’à quand les grandes puissances, dont la France, vont-elles laisser faire cette abomination ? La situation de Gaza ne se débloquera que par la levée du blocus. Une levée immédiate et sans condition avec des priorités clairement affichées : libre circulation des personnes, y compris entre Gaza et la Cisjordanie, reprise de l’activité économique, reconstruction.

Compte tenu de l’attitude du gouvernement israélien, qui refuse même la commission d’enquête décidée par l’ONU, la seule voie pour y parvenir, ce sont les sanctions. Le gouvernement français, les gouvernements européens, l’ensemble de la communauté internationale doivent choisir : obtenir, par des sanctions, la levée immédiate du blocus de Gaza, ou être complices des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par l’Etat d’Israël contre la population de Gaza.

Le Bureau national de l’Association France Palestine Solidarité - 13 juillet 2018

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L’article et les photos de ce jour de notre ami Ziad Medoukh

Une rentrée scolaire réussie malgré la souffrance en Palestine

La rentrée scolaire 2018/2019 dans les territoires palestiniens a été marquée par la volonté des familles d’envoyer leurs enfants à l’école en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, en dépit d’une situation très difficile à tous les niveaux.

Plus d’un million trois cent mille élèves ont repris le chemin de l’école cette semaine, parmi eux 800 mille en Cisjordanie et 500 mille dans la bande de Gaza.

On compte presque 750.000 élèves inscrits dans les écoles publiques, 450.000 dans les écoles de l’UNRWA pour les réfugiés palestiniens, et 100.000 dans les écoles privées.

Le taux de scolarisation cette année dépasse les 93%, malgré toutes les difficultés sur place affrontées par toute une population civile en souffrance permanente sous occupation israélienne. Et malgré les récentes restrictions budgétaires, notamment dans les écoles de l’UNRWA, causées par la décision américaine de ne plus financer cette organisation internationale qui s’occupe des réfugiés palestiniens partout dans le monde.

Cette volonté montre que l’éducation est un enjeu pour les Palestiniens qui continuent à croire en un avenir meilleur pour eux et pour leurs enfants.

En Cisjordanie, la rentrée scolaire est reprise dans le village Khan-Hamar, près de Jérusalem, un village détruit plusieurs fois par les forces de l’occupation israélienne.

Les élèves affrontent de nombreuses difficultés devant le mur, les barrages militaires israéliens et les check-points afin de joindre leurs écoles.

Dans la bande de Gaza, la rentrée scolaire est reprise dans la souffrance et les difficultés économiques, quatre ans après la fin de l’offensive militaire de 50 jours en été 2014, qui a causé la destruction de 30 écoles et de nombreuses classes qui ne sont pas reconstruites jusqu’à maintenant à cause de l’interdiction israélienne de faire entrer les matériaux de construction dans cette région sous blocus.

Une rentrée scolaire dans les larmes et les ruines, mais avec une volonté remarquable de nos élèves à poursuivre leur scolarité même dans des écoles et classes endommagées par les bombardements israéliens, même dans des classes nombreuses avec 50 élèves par classe.

Une nouvelle rentrée scolaire sous blocus israélien inhumain dans cette région de plus en plus isolée et enfermée qui continue de subir des bombardements israéliens, avec des conséquences sur la disposition des livres et manuels scolaires pour ces milliers d’élèves.

Malgré le mur de la honte, les check-points, les mesures atroces de cette occupation aveugle, et les difficultés économiques, les élèves en Cisjordanie insistaient pour rejoindre leurs écoles.

Malgré le blocus israélien inhumain, la fermeture des frontières, le chômage, la non reconstruction des écoles et classes détruites, et les coupures d’électricité, les élèves de Gaza étaient nombreux dans les salles de cours.

C’est la volonté d’apprendre en Palestine malgré tout !
C’est la continuité de la vie dans notre Palestine !
L’éducation est la lumière de la Palestine !
L’éducation est sacrée en Palestine !
L’éducation est une forme de résistance en Palestine !
C’est un signe d’espoir pour l’avenir !
Un avenir de liberté, de paix et de justice !

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