L’impact du Boycott sur la société israélienne : Conférence de SHIR HEVER

Conférence de Shir Hever sur l’’impact du Boycott sur la société israélienne
Organisée par le Collectif 69 de soutien au peuple palestinien le mardi 2 février 2016

De nombreux Israéliens réalisent aujourd’hui que les ressources nécessaires pour remédier à la dégradation de la situation sociale en Israël sont mobilisées par la sécurité et par l’armée. Depuis peu ils réalisent aussi que le mouvement BDS (Boycott – Désinvestissement – Sanctions) ajoute un coût important à la crise économique. Ils réalisent enfin que la politique d’occupation, de colonisation et d’apartheid de leur gouvernement est la raison de cette situation.

Compte rendu de la conférence

A Lyon, devant une salle attentive, Shir Hever a développé son analyse de l’impact de la campagne BDS (Boycott – Désinvestissement – Sanctions) sur la société israélienne.

Lancée en juillet 2005, un an après l’avis de la Cour de Justice Internationale condamnant le mur de séparation, la campagne BDS n’a d’abord suscité que moqueries de la part de la classe politique israélienne.

BDS n’est pas comme l’indique ses détracteurs une attaque de destruction d’Israël, il ne s’agit pas de faire le blocus d’Israël comme le subit Gaza depuis 2007, mais c’est un outil pour obtenir une solution politique.

L’année 2014 en Israël a été un tournant, BDS a fait irruption partout, dans les journaux, à la télévision ... Les politiciens étaient divisés, pour certain, comme avant BDS restait insignifiant, d’autres ont accusé le monde d’antisémitisme, d’autres ont dit qu’il fallait investir de l’argent et agir avec les service secrets contre BDS, d’autres ont indiqué qu’il fallait continuer le processus de paix pour contrer BDS [c’est à dire continuer de parler, mais pas de faire des concessions aux Palestiniens ...]. Netanyahu, lui, a cherché à unifier les israéliens contre les Palestiniens en désignant le Hamas et a déclenché l’offensive que l’on sait en Cisjordanie puis contre Gaza. Les israéliens dès lors ne parlaient plus de BDS mais de leur peur.

2014 a été une année catastrophique pour le tourisme (qui ne s’est pas encore relevé) et pour les investissements. Comment faire face à la crise économique sans baisser le budget de la défense ? [ce budget représente 6,4 % du PIB, contre 2,5 pour la France]. Netanyahu a déclaré "la vie est plus importante que la qualité de la vie", sa seule solution politique est de toujours terroriser les israéliens en désignant un ennemi : L’Iran ou les Palestiniens.

Conséquence de la situation politique et de BDS : les israéliens qui ont de l’argent le placent en dehors d’Israël, plus de la moitié des jeunes ne vont plus à l’armée et les jeunes diplômés partent à l’étranger.

La Knesset (parlement) a engagé un débat sur BDS, mais le débat fut stérile, elle a alors décidé de créer une commission pour traiter le problème, cette commission n’est toujours pas constituée. Il y a aujourd’hui un vide politique, personne ne veut être premier ministre pour ne pas assumer cette situation.

Quand l’Union Européenne a demandé l’étiquetage des produits des colonies, elle a déclaré qu’il ne s’agissait que d’une mesure technique pour informer les consommateurs. Le gouvernement Israélien a crié au boycott ! Et c’est lui qui a raison, en effet il est impossible à Israël d’étiqueter. Pour Shir Hever, tout l’économie est fondée sur le système colonial.

Le boycott, même avec un faible impact, fragilise l’économie israélienne car celle-ci est très dépendante des échanges.

En conclusion Shir Hever indique que le problème de la Palestine n’est pas une question locale, mais il s’agit d’un combat global pour le respect du droit, il s’agit d’un symbole pour le monde entier.

Pour lui, la société israélienne approche du point de rupture.
source : http://collectif69palestine.free.fr

Shir Hever est un chercheur israélien de l’Alternative Information Center, une organisation israélo-palestinienne. Il travaille actuellement à l’université à Berlin. Ses recherches portent sur les effets de la campagne BDS (boycott, désinvestissement et sanctions contre Israël) sur la société israélienne, l’aspect économique de l’occupation israélienne des territoires occupés, la privatisation de la sécurité en Israël. Il est intervenu au Tribunal Russell sur la Palestine. Son premier livre : économie politique de l’occupation israélienne : Répression Au-delà de l’exploitation, a été publié par Pluto Press.

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