Palestine 13

Groupe local des Bouches-du-Rhône de l’AFPS

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Taysir BATNIJI au FRAC à Marseille

lundi 5 décembre 2016

Dans le cadre de l’exposition : D’UNE MEDITERRANEE, L’AUTRE -
du samedi 26 novembre au dimanche 12 février
au FRAC (Fond régional d’art contemporain) - 20, Boulevard de Dunkerque, 13002 Marseille

Horaires d’ouverture des expositions :
Du mardi au samedi de 12 h à 19 h
Le dimanche de 14h à 18h ( entrée gratuite).
Fermé lundi
Un vendredi par mois : nocturne gratuite de 18h à 22h

Taysir BATNIJI
artiste, né à Gaza (Palestine) vit à Paris

Les 26 photographies noir et blanc de Batniji montrent des tours de contrôle
en Cisjordanie. Interdit d’entrée en Cisjordanie, l’artiste mandate un photographe autorisé pour prendre les photos à sa place.
Cela donne des images brutes, qui semblent prises au hasard, parfois floues sombres. Le contexte particulier de ces prises de vue évoque à la fois la situation géopolitique sensible et conflictuelle de la Palestine et le style légendaire des artistes allemands Bernd et Hilla Becher.

« L’idée du projet Watchtowers,West Bank m’est venue lors de la rétrospective du travail de Bernd et Hilla Becher au Centre Pompidou en 2004. La ressemblance, formelle, entre les châteaux d’eau en particulier et les miradors israéliens qui envahissent le territoire palestinien m’a frappée. C’est pourquoi j’ai décidé de répertorier ces architectures de guerre à la manière des Becher. Comme le couple d’artistes allemands qui a, dès la fin des années 1950, essayé de documenter le patrimoine post-industriel en Europe, j’ai tenté d’établir une typologie des miradors en Palestine (en Cisjordanie).

J’ai voulu créer l’illusion, une sorte de Cheval de Troie, que le spectateur qui se trouve face à ces photos pense en connaître les auteurs. Mais, en regardant de plus près, on s’aperçoit vite qu’il ne s’agit pas là de la technique poussée des photographes allemands ni bien sûr de châteaux d’eau. Les conditions particulièrement périlleuses des prises de vue en question, effectuées par un photographe palestinien délégué (né à Gaza, je ne suis pas autorisé à me rendre en Cisjordanie), sont visibles : flous, bougés, cadrages maladroits, lumière imparfaite...
Pas moyen, sur ce terrain, d’installer le lourd matériel des Becher, de patienter plusieurs jours avant de trouver la lumière idéale, de prendre le temps de la pose. Pas d’esthétisation possible. Pas moyen d’envisager ces constructions militaires
fonctionnelles comme des sculptures ou encore comme un patrimoine. »