Israel - Palestine, des artisans de paix témoignent : conférence le 12 février à 20h30 à Gardanne

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A l’initiative du CCFD-Terre Solidaire, du Secours Catholique et de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail (FSGT), une conférence « Israël-Palestine, des artisans de paix témoignent » aura lieu lundi soir à Gardanne. Elle sera animée par Jean-Claude Sauzet, ancien aumônier national du CCFD, résidant à Jérusalem, et Jean-Yves Fauchon, qu’on a rencontré.

Qu’est-ce qui vous a fait adhérer à la FSGT ?
Je suis militant de la FSGT depuis 35 ans. J’ai toujours fait du sport dans ma vie. Pour moi, c’est un vecteur de vivre-ensemble. J’ai rejoint le comité départemental FSGT dans les années 1990. Il y a une douzaine d’années, quand Claude Jorda a été élu conseiller départemental, il a fallu trouver un président pour le remplacer, ça m’est tombé dessus (rires) ! Depuis 10 ans au sein de la FSGT, je fais partie d’un groupe de pilotage des activités internationales. A ce titre, j’ai participé à l’élaboration de projets en Palestine. Je pilote aussi un projet de formation d’animatrices sportives dans les camps de réfugiés sahraouis. Depuis deux ans, je fais partie de la direction nationale de la FSGT.

Quelles actions sont menées en Palestine par la FSGT ?
On est en Palestine depuis 1982, année où la FSGT a signé avec l’OLP une convention d’échanges d’animateurs sportifs. Cette convention a consisté, pendant les vacances scolaires, à envoyer de jeunes animateurs français à la rencontre des jeunes des quartiers d’Hébron. En 10 ans, on a réussi à y créer un réseau d’animateurs et de responsables associatifs. Dès 1986, on a essayé de structurer le sport en Palestine à travers la mise en place d’une fédération de sport pour tous gérée par des Palestiniens. On a fait le forcing pour que cette fédération soit reconnue par le Comité international olympique. On a été très fiers de voir nos partenaires porter le drapeau de la délégation palestinienne aux jeux d’Atlanta en 1996. En 2000, on a signé des conventions avec le ministère de l’éducation de l’autorité palestinienne, pour former des profs de gym et l’équivalent de nos inspecteurs de l’éducation nationale. On a des projets en cours financés par l’agence française de développement et on est soutenu par le service culturel de l’ambassade de France à Jérusalem. Depuis quelques années, on a des projets structurés par phases de 4-5 ans. Le projet actuel qui va se terminer fin 2018, emploie deux personnes à temps plein sur place et un salarié en France. Avec le Syndicat National de l’Education Physique, nous allons former des profs de gym qui vont eux mêmes former des animateurs dans les associations sportives pour créer du lien entre les quartiers défavorisés de Palestine. Au début, on était sur Hébron et maintenant on intervient sur toute la Palestine, sauf Gaza. On avait la volonté d’y aller mais avec les problèmes de blocus, on a pas réussi à faire sortir les gens de Gaza pour qu’ils puissent venir en formation. Mais on essaie d’avoir un maillage territorial de toute la Palestine. L’idée est de former des animateurs partout, pour créer des rencontres entre eux et qu’ils puissent ensuite proposer des activités aux jeunes de leurs secteurs. Aujourd’hui, la continuité territoriale n’existe pas du fait des colonies, la mixité entre les territoires ne peut pas se faire puisque les Palestiniens du nord ne peuvent pas aller dans le sud. C’est la notion d’espace qui nous a guidés à proposer des activités pour rendre service à la population. On est farouchement opposés à la politique menée par l’Etat d’Israël et par la colonisation portée par les sionistes. On ne va pas s’en cacher : on est des militants pro-palestiniens mais on est pas anti-israéliens, j’insiste là dessus. C’est d’ailleurs l’une des missions qu’on se donne quand on envoie des jeunes en Palestine : on veille à ce qu’à leur retour, ils ne deviennent pas des militants anti-israéliens. C’est important pour nous.

Quel sera l’objet de cette rencontre à deux voix lundi ?
Avec Jean-Claude Sauzet, on ne s’est pas encore rencontré. Mais on a des expériences communes, des connaissances communes qui ont à coeur de former des citoyens qui travaillent en paix. Le sport peut être un vecteur de paix. La Palestine fait partie du CIO au même titre que les autres pays alors qu’à l’ONU, les Palestiniens ont une voix depuis 1973, mais à titre consultatif. C’est ce qui me fait dire que le sport fait plus pour la paix que les Nations Unies.

Réalisé par Sabrina Guintini
La Marseillaise - samedi 10 février 2018

Réécoutez l’émission "une heure en Palestine" avec Jean-Yves Fauchon


lundi 12 février à 20h30
Halle de Gardanne
Conférence Israël - Palestine, des artisans de paix témoignent

avec
Jean-Claude Sauzet , ancien aumônier national du CCFD-Terre Solidaire, résidant aujourd’hui à Jérusalem, accompagne des groupes, en tant que guide officiel, à la rencontre des palestiniens et des israéliens de leur réalité quotidienne au service de la justice et de la paix.
Jean-Yves Fauchon , a travaillé dans une entreprise de Gardanne et pratiqué intensément le sport. Il va depuis de longues années en Palestine, dans le cadre de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail, promouvoir le sport, en particulier le foot, parmi les jeunes palestiniennes les plus marginalisés (35 ans de présence de la FSGT).

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