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Pétition de soutien à Dareen Tatour qu’Israël veut renvoyer en prison pour ses poèmes

vendredi 2 août 2019

Dareen Tatour, poétesse palestinienne, appelle à la soutenir en signant la pétition ci-dessous. Déjà emprisonnée, puis libérée, pour avoir publié sur les réseaux sociaux un poème intitulé "Résiste ô mon peuple, résiste", elle risque d’être à nouveau incarcérée, la Cour Suprême israélienne ayant fait appel d’une décision rendue en sa faveur.

La pétition s’intitule "La poésie n’est pas un crime" et elle dit :

"Je suis la poétesse palestinienne Dareen Tatour, je viens de Reineh a côté de la ville de Nazareth. Je viens vers vous car je dois, une fois encore, faire face à la persécution politique de l’Etat d’Israël pour l’écriture et la publication de mes poèmes. Entre octobre 2015 et septembre 2018 un tribunal Israélien m’a accusé d’« incitation à la violence » a cause d’un poème et m’a condamné à cinq mois de prison et 3 ans de résidence surveillée. Le poème « Résiste mon peuple, résiste-leur » aborde les crimes de l’occupation envers les palestiniens. L’intention de ce jugement était de me réduire au silence en tant que personne et poétesse. Pourtant, il m’a mis en danger, pas seulement moi mais la liberté d’expression en général. Indépendamment de la sévérité de mon emprisonnement, j’ai continué à écrire et publier mon travail.

Le 1er juillet 2019, j’ai soudainement reçu une décision de la Cour Suprême, déclarant que le bureau du procureur avait décidé de faire appel de la décision rendue en ma faveur par le Tribunal du district de Nazareth datée au 16 mai 2019. Cette décision m’avait acquittée des charges liées au poème que j’avais écrit, au terme d’une bataille longue et sans relâche. Une fois de plus, la Cour Suprême cherche à affaiblir mon droit a l’expression artistique. La Cour Suprême a fixé au 6 septembre 2019 la date limite à laquelle mon avocat.e doit envoyer une déclaration. Si nous ne parvenons pas à convaincre la Cour Suprême que les charges retenues doivent être abandonnées et que la requête du procureur est acceptée, mon cas sera ré-ouvert et je devrais faire face à de nouvelles poursuites. C’est pourquoi j’ai besoin de votre soutien. Je vous prie de bien vouloir signer cette pétition comme un symbole de résistance populaire et sociale contre l’oppression et le silence. Ne laissez pas une fois de plus l’Etat d’Israël réussir à me criminaliser, pas seulement moi-même mais plus largement les voix et récits palestiniens.

Je suis consciente que même des milliers de signatures ne pourront affecter ni la branche juridique israélienne de la Cour Suprême ni la politique de réduction au silence et d’intimidation de l’Etat d’Israël contre les opinions critiques. Mais cette pétition incarne d’une voix forte et unifiée : nous sommes ensemble. Nous ne serons pas réduits au silence. Nous protégeons l’art, la poésie et la liberté d’expression. Je sais que je ne suis pas seule dans ce combat. Je n’abandonnerais pas car je sais qu’il s’agit d’un combat collectif pour protéger nos droits fondamentaux. Malgré l’épreuve de devoir faire face à un nouveau procès, je continuerais mon combat pour la liberté d’expression et surtout pour l’expression artistique. Ce procès n’est pas mon procès personnel. Il s’agit du procès de chaque artiste, poète, écrivain.e et être humain."

Dareen Tatour

PÉTITION A SIGNER :


Notre article du 21 mai 2018

Une Arabe israélienne reconnue coupable d’incitation à la violence

Une cour israélienne a reconnu coupable jeudi une Arabe israélienne d’incitation à la violence et "soutien à une organisation terroriste" dans des poèmes qu’elle a publiés sur les réseaux sociaux.

Selon l’acte d’accusation, Darine Tatour a publié en octobre 2015 —alors qu’Israël, Jérusalem et les Territoires palestiniens étaient en proie à des violences— une vidéo dans laquelle on l’entend lire son poème "Résiste, mon peuple, résiste-leur", illustré avec des images d’affrontements entre Palestiniens et forces israéliennes. "Je ne me contenterai pas d’une solution pacifique, je ne baisserai pas mes drapeaux, jusqu’à ce que je les expulse de ma terre (...) Résiste aux vols du colon et suis la caravane des martyrs", dit-elle notamment.

L’accusation affirme par ailleurs que le 4 octobre 2015, Darine Tatour a cité un communiqué du Jihad islamique appelant à "la poursuite de l’intifada dans chaque recoin de la Cisjordanie", territoire palestinien occupé par Israël depuis plus de 50 ans, et a manifesté son soutien à cette organisation radicale. Les audiences qui vont déboucher sur l’énoncé de sa peine doivent débuter le 31 mai.

Darine Tatour, originaire d’un village près de Nazareth (nord), a été arrêtée le 11 octobre 2015 et inculpée le 2 novembre de la même année.Photo : Reuters

Le groupe d’écrivains internationaux Pen a pris jeudi la défense de Mme Tatour. "Darine Tatour a été reconnue coupable pour avoir fait ce que font les écrivains tous les jours— nous utilisons nos mots pour défier pacifiquement l’injustice", a dit le groupe dans un communiqué.

Hanane Ashrawi, une responsable de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), a dénoncé la différence de traitement appliquée aux Israéliens juifs dans des circonstances similaires, citant le cas du député Betzalel Smotrich. Ce dernier avait déploré sur Twitter que l’adolescente palestinienne Ahed Tamimi, condamnée à de la prison par la justice militaire israélienne, n’ait pas reçu une balle dans le genou. "Comme ça, elle aurait été assignée à résidence pour le reste de ses jours", disait le parlementaire, familier des polémiques, en référence au handicap permanent que pouvait causer une telle blessure. Jugée pour avoir frappé des soldats postés devant chez elle, en Cisjordanie occupée, et des faits antérieurs, l’adolescente palestinienne a été condamnée à huit mois de prison par un tribunal militaire. "Smotrich n’a pas été jugé pour incitation à la violence ou soutien d’actes terroristes contre les Palestiniens", a affirmé Mme Ashrawi dans un communiqué.

Source : L’Orient le Jour avec AFP