La bataille du prisonnier contre la détention administrative s’intensifie ; Shokeh entre dans son 55ème jour de grève de la faim.

Comme encore plus de dirigeants et militants palestiniens ont reçu des ordres d’emprisonnement sans inculpation ni jugement, quatre prisonniers palestiniens sont en grève de la faim. Hassan Shokeh de Bethléem est en grève de la faim depuis maintenant 55 jour ; il proteste contre sa détention administrative.

Il était prévu que Shokeh soit libéré en juin ; lors de son arrestation en septembre 2017 - un mois seulement après sa libération d’un passage précédent en détention administrative - il a lancé une grève de la faim quand il a reçu une fois encore un ordre d’emprisonnement sans inculpation ni jugement. Son cas a été porté devant les tribunaux militaires et il a été condamné à six mois supplémentaires dans les prisons israéliennes. Cependant, quand sa peine est venue à expiration, il a reçu un ordre d’emprisonnement sans inculpation ni jugement dans le cadre de la détention administrative au lieu d’être libéré comme prévu.
Hassan Shokeh. Photo : Wattan TV

Shokeh, 30 ans, est détenu au secret à la clinique de la prison de Ramle, et son père a déclaré qu’il a perdu plus de 30 kilos de poids et qu’il souffre de douleurs constantes et d’une grave détérioration de son état de santé. Le père de Shokeh a critiqué l’insuffisance des actions de soutien pour sa libération, en disant que les actions des organisations de défense des droits humains ne sont pas allés au delà des activités habituelles de solidarité en faveur des familles des prisonniers.

L’avocat palestinien Moataz Shqeirat a déclaré que Shokeh doit utiliser un fauteuil roulant pour se déplacer et souffre de violentes douleurs aux yeux, de maux de tête, de fatigue et de nausées. Le tribunal militaire d’Ofer a tenu une audience hier pour examiner la demande de libération de Shokeh en raison de l’aggravation de son état de santé, mais elle a été reportée à mardi -(31juillet)- en déclarant que les dossiers médicaux complets devaient être conservés.

Depuis l’arrestation de Shokeh les visites de sa famille ont été refusées ; seule sa soeur âgée de 10 ans a été autorisée à lui rendre visite. Depuis qu’il a lancé sa grève, absolument aucune visite de sa famille n’a été autorisée. Shokeh a passé 12 ans dans les prisons israéliennes en raison de multiples arrestations, dont huit années en prison sans inculpation ni jugement dans le cadre de la détention administrative.

La grève de Shokeh fait partie d’une révolte dans les prisons contre la détention administrative. Il y a actuellement près de 450 Palestiniens - sur un total de plus de 6.100 prisonniers politiques - emprisonnés sans inculpation ni jugement dans le cadre de la détention administrative. Les ordres de détention administrative sont émis pour une durée de six mois à la fois sur la base de « preuves secrètes », et ils sont indéfiniment renouvelables. Des Palestiniens ont passé des années à la fois, emprisonnés sous le coup d’ordres de détention administrative qui sont renouvelés de façon répétée.

Depuis février, les détenus administratifs se sont unis pour boycotter les audiences des tribunaux militaires au cours desquelles sont approuvés leurs ordres de détention. Ils ont maintenu leur boycott pour exiger qu’il soit mis un terme à la pratique de l’emprisonnement sans inculpation ni jugement. Au moins deux enfants mineurs sont actuellement maintenus en détention administrative, Laith Abu Kharma du village de Kafr Ein, et Hussam Khalifa du village de al-Walaja.

Se sont joints à Shokeh en grève contre la détention administrative, Mahmoud Ayyad, pendant 21 jours et Anas Shadid, pendant 7 jours. Mohammed Dar Sattouf al-Rimawi a fait la grève de la faim contre son arrestation pendant 6 jours. Plusieurs de ses camarades détenus administratifs, pendant la lutte de Shokeh, se sont mis en grève de la faim, qui a été suspendue après l’assurance que leur ordre de détention ne serait plus renouvelé.

Photo : Anas Shadid

Shadid, 21ans, de la ville de Dura près de al-Khalil/Hébron, a anciennement mené une grève de la faim de 88 jours contre un emprisonnement antérieur sans inculpation ni jugement. Il a lancé sa toute dernière grève après que sa détention ait été renouvelée pour la troisième fois en juin 2018.

Abdel-Majid Shadid, le frère d’Anas, a déclaré que son frère a été arrêté par les forces d’occupation en juin 2017 seulement deux semaines après qu’il ait gagné sa liberté par une grève de 88 jours. Il a effectué plusieurs grèves pendant cette période-ci de détention pour exiger sa libération.

Rimawi est en grève alors qu’il est détenu pour interrogatoire au centre d’interrogatoire d’Ashkelon. L’avocat palestinien Khader Daibes de Addameer a déclaré que les interrogateurs lui criaient dessus et le menaçaient ainsi que sa famille, tout en l’empêchant de prendre des douches et en fouillant sa cellule la nuit pour le priver de sommeil. Il a été convoqué le 19 juillet à la prison d’Ofer pour interrogatoire et ensuite le droit de partir lui a été refusé et au lieu de cela il a été transféré au centre d’interrogatoire d’Ashkelon. Rimawi a été libéré il y a six mois après une peine de trois ans et demi d’emprisonnement dans les prisons israéliennes.

De nombreux dirigeants palestiniens éminents sont emprisonnés sous le coup de la détention administrative, parmi lesquels la parlementaire, de gauche et féministe, emprisonnée, Khalida Jarrar, et le juriste et avocat franco-palestinien Salah Hamouri.

Wasfi Qabha. Photo : Asra Media

Alors que les prisonniers intensifient leur lutte contre la pratique de la détention sans inculpation ni jugement - introduite pour la première fois en Palestine par le mandat colonial britannique et reprise ensuite par les colonialistes sionistes - l’occupant israélien a continué d’envoyer des ordres de détention administrative à davantage de Palestiniens. Wasfi Qabha, 56 ans, l’ancien ministre palestinien des prisonniers, à reçu un ordre de détention de cinq mois indéfiniment renouvelable après qu’il ait été arrêté le 5 juillet par les forces d’occupation. Il avait été libéré il y a seulement cinq mois d’une période de 8 mois de détention administrative.

Thabet Nassar. Photo : Asra Media

Thabet Nassar, 40 ans, infirmier, a reçu un ordre de six mois de détention administrative après qu’il ait été arrêté le 28 juin à son domicile de Naplouse le 28 juin, cinq mois seulement après qu’il ait été libéré d’un détention administrative de 20 mois. Ancien gréviste de la faim, il a été huit fois arrêté et a passé 14 ans dans les prisons israéliennes, dont 9 sans inculpation ni jugement sous le régime de la détention administrative without charge or trial under administrative detention.

Pendant ce temps, Ayman al-Tabeesh, un ancien gréviste de la faim de longue durée qui a mené une grève de la faim de 105 jours pour obtenir sa libération de la détention administrative, a vu son ordre de détention renouvelé pour la cinquième fois consécutive pour une durée de six autres mois. Il a passé plus de 12 ans dans ls prisons israéliennes, dont la majeure partie en détention administrative ; il est actuellement emprisonné depuis le 2 août 2016. Il a été détenu au secret pendant huit mois en suscitant des protestations répétées parmi ses camarades prisonniers, et n’est revenu dans les sections normales de la prison que ces derniers jours.

Samidoun, Réseau de Solidarité avec les Prisonniers Palestiniens, appelle instamment à intensifier les manifestations et les actions de solidarité avec la lutte pour mettre fin à la détention administrative. La détention administrative est une arme coloniale utilisée pour séparer les dirigeants du peuple palestinien par une détention arbitraire sans inculpation ni jugement. C’est aussi une forme de torture psychologique pour à la fois les prisonniers et leur famille, en leur refusant même de connaître quand ou si ils seront libérés. Nous appelons instamment à la fin de la pratique de la détention administrative et à la libération de tous les prisonniers palestiniens. Alors que les prisonniers boycottent les tribunaux militaires, il est de notre responsabilité d’intensifier les campagnes de boycott, de désinvestissement et de sanctions pour isoler l’état israélien qui confisque les terres, les droits et la liberté des Palestiniens.
Source : Samidoun

Pour parrainer un prisonnier politique palestinien

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