le livre du lundi : "Les Enfants du ghetto - Je m’appelle Adam" d’Elias Khoury

À New York où il enseigne la littérature arabe, l’auteur dit avoir rencon­tré un certain Adam Dannoun, mystérieux marchand de falafel israélien ; il aurait réussi à acquérir des cahiers en partie calcinés trouvés dans l’appartement après la mort de ce dernier. Il s’agit de deux romans ina­chevés.

Le premier raconte l’histoire d’un poète arabe de l’époque omeyyade, Waddâh al-Yaman, amant de la femme du calife. Celle-ci le cachait dans un coffre du palais ; l’ayant appris, le calife ordonna de déposer le coffre au fond d’un puits, où le poète mourut noyé sans avoir pu ou voulu prononcer un mot.
Le second manuscrit, bien plus ample, se présente comme un récit autobiographique. Il rapporte en détail, en retraçant la destinée d’une foule de personnages, les événements tragiques survenus à Lod en 1948, quand presque tous les habitants de la ville furent expulsés ; ceux qui y étaient restés, dont Adam, encore nourrisson, furent regroupés dans un camp sordide auquel les vainqueurs donnèrent cruel­lement le nom de ghetto…

Dans cette nouvelle approche, après La Porte du soleil, de la Nakba palestinienne de 1948, Elias Khoury aborde des thèmes majeurs comme l’identité, la mémoire, le rapport du roman à l’histoire, mais il se pose surtout, en les croisant, cette question : comment restituer en littérature des crimes dont les victimes se sont murées dans le silence ? Il emprunte pour y répondre plusieurs masques, le dernier étant celui d’un témoin oculaire auquel Adam Dannoun, incapable de raconter lui-même l’épisode le plus monstrueux, demande de le relayer.

sur France Culture :
Elias Khoury : "La révolte des étudiants et la cause palestinienne se sont mélangées en mai 68 au Liban, pour nous il n’y avait pas de séparation"

Elias KHOURY
Né à Beyrouth en 1948, Elias Khoury est actuellement rédacteur en chef de la Revue d’études palestiniennes (édition arabe) à Beyrouth.Critique littéraire, essayiste et chroniqueur, il est surtout l’auteur d’une dizaine de romans, dont La Porte du soleil qui a obtenu le plus grand prix littéraire palestinien et qui a été traduit dans plusieurs langues, dont l’anglais et l’hébreu.

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