Samar Haddad King : fondatrice et directrice artistique de Yaa Samar ! Dance Theatre

Dès l’âge de trois ans, Samar Haddad King utilise la danse et le mouvement comme un outil pour l’expression de soi. Grandissant comme américano-palestinienne dans la diaspora, King découvre que le mouvement aide à surmonter les obstacles à la communication : « Quand nous étions plus jeunes et que n’avions pas tous encore un langage commun, j’ai trouvé intéressante la façon dont la danse ou le mouvement pouvaient transcender le langage ». Devant son attirance évidente pour la danse depuis l’enfance, sa mère lui fait suivre des cours de danse, ce qui amène King finalement à rejoindre un conservatoire de ballet classique au lycée.

Pour poursuivre ses études, King va à New York et elle y apprend la chorégraphie au prestigieux programme Ailey/Fordham Bachelor of Fine Arts, où elle obtient son diplôme avec mention. A la suite de ce diplôme, elle reçoit la bourse du LMCC Swing Space en partenariat avec le Centre des arts scéniques Tribeca et commence ses répétitions dans un vieil entrepôt transformé en studio de danse. La représentation de sa première œuvre, en 2005, marque le début de sa compagnie de danse à but non lucratif, Yaa Samar ! Dance Theatre (YSDT), maintenant basée entre New York et la Palestine.

Un voyage en Jordanie permet à King de rencontrer les danseurs de dabke locaux qui lui font connaître tout un réseau de festivals de danse contemporaine en Jordanie, au Liban et en Palestine. En 2010, King s’installe en Palestine après que son mari, originaire du plateau du Golan, se soit vu refuser un visa pour les États-Unis. Comme beaucoup de Palestiniens, King doit s’adapter à sa nouvelle situation et commence à relier et accorder son travail entre ses danseurs de New York et ceux de Palestine.

Étant donné la difficulté pour les Palestiniens de sortir de leur pays, il s’avère qu’il est plus facile pour les danseurs de venir à King depuis l’étranger. « La faculté de s’adapter fait vraiment partie de moi. Le caractère explosif de l’occupation vous rend adaptable car c’est le seul moyen de survivre ». YSDT a des danseurs des deux côtés de la Ligne verte ; certains sont basés à Jérusalem, d’autres à travers la Cisjordanie, et d’autres encore sont des Palestiniens ayant la nationalité israélienne. Tous dépendent entièrement de l’autorisation du gouvernement israélien, qui n’est pas souvent accordée. Pour un projet, YSDT doit se diviser en six groupes différents afin de répéter – en des lieux différents – à cause des restrictions aux déplacements des Palestiniens ayant des statuts de résidence différents.

Les check-points perturbent constamment les déplacements de la compagnie de danse et King doit souvent se battre pour obtenir des lieux pour les répétitions en Palestine, c’est pourquoi elle décrit YSDT comme une « compagnie nomade »

Elle explique, « S‘agissant de ma vision artistique, elle ne peut dépendre d’une formule unique parce que les facteurs ne sont pas stables ici. Ce qui marche pour un projet ne marchera pas pour le suivant. Certains danseurs sont avec moi par vidéo-conférences, mais quand Internet ne fonctionne pas, c’est par des appels téléphoniques et des SMS. La façon de faire les choses change tout le temps, mais ça va, car ça fait partie de notre identité ».

King travaille en ce moment à une nouvelle pièce intitulée Last Ward – écrite et mise en scène par un collaborateur qui lui est coutumier, Amir Nizar Zuabi –, pièce qui incorpore une tonne de terre brute et dépeint le parcours d’un homme qui est admis dans un hôpital pour maladie chronique. Avec, dans le rôle principal, la célèbre actrice palestinienne Khalia Natour, la pièce devrait être présentée en première fin août en Palestine. Avec de telles œuvres, YSDT continue de dépasser les limites de l’occupation en racontant ses histoires à travers l’art.

Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine
Source : Imeu.org

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