Recomposition stratégique majeure au Proche-Orient

mardi 1er septembre 2026

Alors que l’issue du conflit en Iran demeure imprévisible, le Machrek connaît d’importants bouleversements géopolitiques avec deux ensembles qui se font désormais face. D’un côté, l’alliance entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan. De l’autre, l’axe Israël, Émirats arabes unis et Inde. Le tout sous l’œil attentif des États-Unis, soucieux de ne heurter aucun des camps.

par Ziad Majed

Nabil El Makhloufi. – « Les Attentes », 2025. © ADAGP, Paris, 2026 - L’Atelier 21, Casablanca

Le 7 août 2026, à La Mecque, l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé un accord de défense mutuelle. Il prévoit de renforcer la coopération, les échanges de renseignements, les exercices militaires conjoints ainsi que la coordination entre responsables politiques et sécuritaires pour parer à toute menace extérieure. Il ouvre également la voie à une collaboration plus étroite dans les industries et les technologies militaires ainsi que la cybersécurité. Présenté par ses signataires comme une alliance strictement défensive ne visant aucun État en particulier, l’accord traduit surtout leur volonté de resserrer leurs liens face aux profondes recompositions de l’équilibre régional, à la suite de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran et dans un contexte marqué par les projets expansionnistes de Tel-Aviv.

Cette évolution confirme que le Proche-Orient et son voisinage immédiat, au carrefour de l’Afrique, de l’Asie et de l’Europe, entrent dans une nouvelle séquence de leur histoire contemporaine. Celle-ci procède des bouleversements politiques et stratégiques survenus depuis 2023, qui redessinent les lignes de force d’un espace façonné par les guerres et par les frontières imposées au début du siècle dernier.

Ce qui a pu apparaître, sous la présidence de M. Barack Obama (2009-2017), comme une forme de désengagement américain — ou du moins comme un déclassement relatif du Proche-Orient dans la hiérarchie des priorités de Washington — a contribué, après le déclenchement des « révolutions arabes » en 2011, à l’émergence de nouvelles configurations régionales et d’agencements économiques inédits.

L’Iran, engagé dans un processus d’expansion, s’est alors affirmé comme la première puissance régionale. En 2012, son intervention en Syrie a permis le sauvetage provisoire du régime de son allié Bachar Al-Assad. Sa domination partielle sur l’Irak avait été rendue possible par la chute du régime de Saddam Hussein en (…)

Pour lire la suite : https://www.monde-diplomatique.fr/2026/09/MAJED/69835#nb6


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