La France fait la promotion de fusils utilisés dans les massacres à Gaza

Le fabricant des fusils utilisés au cours des récents massacres à Gaza perpétrés par Israël exposera bientôt ses produits à un salon de l’armement parrainé par le gouvernement français.

Les enquêtes d’Amnesty International ont repéré le Tavor comme ayant été vraisemblablement une des principales armes à feu utilisées au cours des deux derniers mois par les tireurs d’élite israéliens qui attaquaient les manifestants palestiniens.

En tant que fabricant de ce fusil, la société Industries d’Armement d’Israël devrait être inscrite sur une liste noire par tous les pays qui déclarent être préoccupés par les droits de l’homme.

La France est un tel pays. Emmanuel Macron, son président, a condamné officiellement le massacre depuis le 30 mars de plus de 100 manifestants palestiniens. Sa condamnation était vide de sens. Elle est intervenue alors que les préparatifs du salon de l’armement d’Eurosatory à Paris étaient en cours.

Industries d’Armement d’Israël fait partie des sociétés dont il est prévu qu’elles aient un lieu d’exposition à ce salon, qui s’ouvrira d’ici moins de deux semaines.

Elle n’est que l’une des dizaines de sociétés de l’industrie israélienne d’armement – parmi lesquelles le premier fabricant de drones - Système Elbit– qui seront présentes à Eurosatory. Le Ministère israélien de la Défense est aussi enregistré en tant qu’exposant.

Le salon est organisé par le gouvernement français, travaillant en collaboration avec le groupe de pression français de l’armement.

Industries d’Armement d’Israël a profité de semblables salons pour exposer le dernier modèle du Tavor. Le programme officiel d’ Eurosatory signale que ces fusils seront exposés.

Un outil pour tuer

La société peut ne pas avoir rendu public son rôle d’avoir permis les massacres à Gaza. Cependant ses documents commerciaux soulignent que le Tavor est le « principal fusil d’assaut » pour toutes les unités d’infanterie et pour les « forces spéciales » de l’armée israélienne.

Selon le site Internet de la société, le Tavor a été mis au point « en étroite coopération » avec l’armée israélienne, qui a « testé - l’arme- avec rigueur ». Cela est une manière de dire de façon codée que le Tavor est un outil indispensable pour tuer et estropier les Palestiniens.

Certaines des actions de promotion de la société sont grossières. Le 13 mai, la division USA de Industries d’Armement d’Israël a tweeté un rappel précisant que c’était la Fête des Mères, avant de prier ses suiveurs d’« aller tirer ». Le lendemain, les tireurs d’élite israéliens ont abattu quelque 60 manifestants à Gaza. Dans le courant de la semaine, la société s’est vantée de la façon dont ses « fans » étaient « impatients » de connaître le nouveau modèle du Tavor.

La conclusion d’ Amnesty sur l’usage probable de fusils Tavor à Gaza a été publiée vers la fin d’avril. Cette conclusion n’a pas semblé refroidir les esprits chez Industries de l’Armement d’Israël.

Bouffonneries au milieu du carnage

Bientôt, ses représentants ont été ravis de s’amuser à la rencontre annuelle à Dallas de la National Rifle Association. Ils ont même organisé des concours, en offrant aux participants l’occasion de gagner un pistolet appelé Jericho, le nom d’une ville palestinienne sous occupation israélienne. Cette façon de faire le pitre en compagnie de la NRA a eu lieu au milieu d’une poussée de protestation sans précédent contre le lobby des armes aux USA, menée par les survivants d’un massacre en février dans une école de Parkland en Floride. Cette répulsion allait être renouvelée en mai après un autre massacre en mai dans un lycée, cette fois à Santa Fé au Texas.

Les arguments en faveur d’un embargo sur les armes à l’encontre d’Israël – comme l’exigent les associations de défense des droits humains, y compris Amnesty – sont convaincants depuis des décennies. Quand Industries d’Armement d’Israël recourt aux bouffonneries après avoir permis un carnage, cet argument devient énormément plus fort.

L’Union Européenne a non seulement refusé d’imposer un embargo sur les armes, elle aide les sociétés d’armement israéliennes à augmenter leurs ventes.

Mihnea Motoc fait partie de ceux qui doivent prendre la parole pendant les conférences qui accompagnent l’exposition. Auparavant ministre en Roumanie, il est maintenant conseiller de Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne Commission, dans le domaine de la promotion de l’industrie de l’armement.

J’ai demandé à Motoc s’il avait des préoccupations éthiques quant au fait d’approuver une exposition susceptible de présenter des armes utilisées contre des manifestants non armés. « Nous ne sommes pas en mesure de répondre à vos questions », a répondu son assistant.

Industries d’Armement d’Israël tire profit des souffrances des Palestiniens. Ses armes à feu « testées dans les combats » ont été achetées par les armées de l’Inde, de la Colombie, du Portugal, du Nigeria, de la Thaïlande et du Mexique. Au cours des cinq dernières années, elle a investi des moyens considérables en vue de vendre des armes conçues pour l’armée israélienne à la police nord-américaine, ainsi que pour organiser des sessions de formation sur leur utilisation.

Cette ardeur à exporter les instruments et les tactiques de l’occupation israélienne est extrêmement inquiétante. En intégrant le fabricant des fusils des tireurs d’élite israéliens à un salon dédié à l’armement, les autorités françaises aident à transformer des massacres en des occasions de faire du commerce.
massacres

David Cronin - the Electronic Intifada
(traduit de l’anglais par Yves Jardin, membre du groupe de travail de l’AFPS sur les prisonniers)

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