Blanchiment de l’information : Havas/Bolloré au cœur de la propagande israélienne

jeudi 17 septembre 2026

La guerre de l’information menée par le gouvernement israélien est sans précédent. Et au centre se trouve un groupe Français : l’agence de communication et de publicité Havas, dirigée par la famille Bolloré.

Billet de blog 4 septembre 2026

Préambule
Le gouvernement israélien a compris depuis longtemps que pour rendre acceptable par l’opinion publique mondiale les atteintes gravissimes aux droits humains, les massacres de masse, les crimes de guerre et une politique génocidaire, il faut déployer les grands moyens.

Après le 7 octobre 2023, Israël a intensifié cette stratégie : tous les aspects de la guerre informationnelle sont couverts, depuis la propagande institutionnelle, le lobbying ou la mobilisation de médias amis, jusqu’à des psyOps encore jamais vues, passant par une manipulation massive des influenceurs, du Web et des réseaux sociaux, et même des IA.

Toutes ces opérations seraient totalement opaques si le ministère de la justice américain n’avait pas contraint les entreprises américaines représentant des intérêts étrangers de déclarer ces activités d’influence (Foreign Agent Registration Act, ou FARA). Toutes ces déclarations sont publiquement accessibles.

La France a très tardivement tenté de mettre en place un système équivalent, qui s’est soldé par la publication de… 12 (oui, douze) formulaires en tout et pour tout. Pas de quoi pousser très loin une investigation ni permettre de se faire une idée, même vague, de l’étendue de la prise d’intérêts par des États tiers.

C’est donc vers les déclarations américaines FARA que nous nous sommes tournés dès 2025 pour connaître la cible, les canaux et les moyens déployés par le gouvernement israélien pour polir son image. Et ces documents révèlent qu’au centre de tout ceci on trouve une agence de communication bien connue, le groupe Havas.

Pour lire la suite : https://blogs.mediapart.fr/sleeping-giants-france/blog/040926/blanchiment-de-l-information-havasbollore-au-coeur-de-la-propagande-israelienne?xtor=EREC-83-%5BQUOTIDIENNE%5D-quotidienne-20260906-200559&M_BT=681716689579

C’est principalement par une de ses filiales allemandes, Havas Media Germany GmbH, basée à Francfort, que ces opérations sont menées. Avec de très gros budgets, et des résultats que vous avez certainement vus ou entendus, et ce probablement sans savoir qu’il s’agissait d’une opération de propagande d’un État étranger.

Le contexte
Nous avions déjà épluché quelques documents FARA dans un billet précédent, et nous étions aperçus notamment de l’implication d’Havas dans des opérations douteuses d’achat de messages d’influenceurs via un groupe de sociétés américaines sous-traitantes.

Depuis, l’investissement dans la propagande pro-israélienne s’est intensifié, et d’après les documents, Havas Media Germany sert de lien entre l’agence de publicité du gouvernement israélien (LAPAM, littéralement le “bureau de publicité gouvernemental”) et les multiples sociétés aux USA, souvent montées pour l’occasion, chargées de promouvoir les narratifs, la propagande ainsi que les intérêts du gouvernement israélien.

Ainsi, via un montage complexe et particulièrement opaque, Havas Media sert d’interlocuteur avec ces compagnies, mais sans doute bien plus. Les documents ne permettent pas de connaître l’implication exacte de Havas dans la stratégie ou son pouvoir décisionnel, mais le fait que LAPAM l’ait délégué à ce poste d’intermédiaire laisse présager une véritable utilité organisationnelle et la nécessité d’intervenir au niveau créatif.

Havas décide-t-elle des contenus et des stratégies ? C’est fort probable. Crée-t-elle des contenus ? Par elle transitent des budgets faramineux, faisant de l’État Israélien un client important du groupe. Pourtant, nulle mention de cette activité sur le site de Havas Media GmbH, l’entreprise ne se vante pas de la confiance absolue que l’État d’Israël lui accorde.

Quelle part du budget touche-t-elle ?
N’ayant connaissance que du volet américain, grâce à l’existence des documents FARA, on peut légitimement se demander si Havas est mandatée par LAPAM pour déployer les mêmes actions au sein de l’Union Européenne.

Il est impossible d’imaginer que cette activité, de par son caractère sensible et son importance, soit ignorée par les responsables du groupe en France, et de Yannick et Vincent Bolloré eux-mêmes. Elle a assurément été approuvée au plus haut niveau.

Quel budget pour quels intervenants ?
Dans le cadre de la Hasbara (la défense et promotion de la position d’Israël auprès des publics étrangers, en un mot la propagande) le budget alloué aux campagnes de promotion et d’influence en 2026 est de 2,35 milliards de shekels, soit environ 670 millions d’euros (comparé à 125 mio d’euros en 2025). Seule une partie de ce budget conséquent est documentée dans les formulaires FARA comme étant affectée par Havas à des entreprises de com américaines.

On s’aperçoit que dans de nombreux cas, les sous-traitants sont des petites sociétés créées pour l’occasion, dont les responsables ou les activités sont inconnus.

Il n’est pas possible de savoir si un travail a réellement été fourni, et parfois on peut en douter.

L’effet réel de ces campagnes sur l’opinion est impossible à déterminer précisément. L’augmentation du budget a-t-elle pour but d’intensifier une stratégie qui a été prouvée efficace, ou au contraire tenter de lui faire acquérir un impact qu’elle n’a pas su encore trouver ?

Même si globalement les opérations militaires du gouvernement israélien ne soulèvent pas l’enthousiasme des populations en dehors de ses frontières, quelle aurait été l’opinion générale sans cette propagande menée à grands frais ?

Malgré le manque de moyens techniques et humains de notre collectif, nous avons pu analyser quelques-uns des documents FARA parmi les centaines présents en ligne, et en extraire certaines grandes lignes et exemples frappants.

Dans l’intégralité des dossiers que nous avons consultés, il apparaît que les sociétés chargées de mener à bien ces opérations n’ont pas comme interlocuteur direct une branche du gouvernement israélien mais bien Havas Media Germany, ou dans quelques cas, Havas Media Group USA.

Au-dessus de Havas, on peut s’étonner de trouver fréquemment, en tant qu’organisme commanditaire de l’opération, le “Ministère du Tourisme Israélien”. Lorsqu’on consulte le détail, on comprend vite qu’il ne s’agit pas de publicités pour les vacances à Tel Aviv, mais d’une opération de com très loin de toute publicité pour du loisir, dont ce ministère sert de couverture. Et que le Ministère du Tourisme Israélien est en fait LAPAM, l’agence de publicité du gouvernement israélien.

Etant donné que les documents FARA ne sont remplis que lorsqu’un des partenaires commerciaux est américain, on n’a une vision que de la partie émergée de l’iceberg, les opérations concernant directement le reste du monde passant alors sous les radars.

Il est ainsi impossible de savoir si Havas est également impliquée par des opérations ne transitant ou ne visant pas les États-Unis.

Parmi les opérations les plus marquantes faisant apparaître le gouvernement israélien (via LAPAM) comme payeur et Havas comme interlocuteur stratégique, on notera particulièrement :

La manipulation des IA et le blanchiment d’information

Une société américaine, Piro Inc. a été mandatée pour influencer les IA (LLM) afin de leur faire délivrer des réponses favorables à la propagande du gouvernement israélien.
Pour cela, elle a notamment créé un faux think tank appelé Hanover Institute, fournissant du matériel destiné à servir de source lors de l’apprentissage des modèles et ainsi influencer les résultats. Israël finance donc le déploiement de sites web et de contenus permettant d’influencer les IA lors de leur réponse à des questions courantes des utilisateurs.
Les titres des publications web du Hanover Institute sont calqués mot pour mot sur les questions typiquement tapées dans les espaces prompt d’un LLM. 

Quelques exemples sur un total de 124 publications du faux think tank en moins de deux semaines :

“Les Juifs sont-ils des occupants étrangers d’Israël ?”

“Qui est l’agresseur dans le conflit israelo-palestinien ?”

“Tsahal est-elle l’armée la plus morale du monde ?”

La première publication du Hanover Institute enregistrée sous FARA (le 07/08/2026) est “Quels discours antisémites suscitent le plus d’intérêt dans les moteurs de recherches ?”

Cette opération d’influence particulièrement insidieuse a été largement documentée dans la presse lorsqu’elle a été mise à jour. Mais on ignore si après ces révélations, les patrons des IA ont fait blacklister Hanover Institute ou l’utilisent toujours dans leur collecte.

Ce qui a été moins documenté, ce sont les liens entre Havas Media et Piro Inc, exposés dans les déclarations FARA.

Les descriptifs de prestation de Piro sont volontairement vagues, apparaissent sur deux factures pour un montant de 1 million de dollars. Havas (Havas Media via sa branche allemande) joue ici clairement le rôle de maître d’œuvre .

Les stratégies de manipulation des IA pour leur faire régurgiter des fake news sont bien sûr toutes nouvelles mais ont déjà été utilisées par le gouvernement russe dans une forme bien plus brutale, par la multiplication de sites fournissant le même article.

Ces stratégies de masse ont-elles été détectées et contournées par les robots de collecte des IA ? Est-ce pour cela que Havas, avec Piro, ont misé sur une stratégie de désinformation bien plus subtile ?

Influence des moteurs de recherche et faux sites Web
Afin de donner plus de visibilité au narratif gouvernemental israélien, Clock Tower X, une société que nous avions déjà rencontrée dans notre billet précédent et dirigée par Brad Pascale, est chargée d’augmenter la visibilité de ce narratif dans les résultats de recherche (SEO).

Elle totalise à elle seule plus de 130 déclarations FARA.

De plus, ici encore, la manipulation des LLM (spécifiquement ChatGPT) est à l’ordre du jour, un sujet qui semble tenir à cœur au donneur d’ordre (le gouvernement israélien ou Havas ?)
Pour cela, une IA est mise à contribution dans ce projet qui devait initialement durer 4 mois, et doté d’un budget déjà impressionnant : 9 millions de dollars. Ce budget a rapidement été revu à la hausse, pour atteindre un total de 31,5 millions de dollars (27 millions d’euros) sur 7 mois !

De plus, de nombreux autres contrats annexes concernent des employés de Clock Tower X, laissant présager une addition encore plus salée.

Même si l’opération SEO/ChatGPT est massive et a certainement été coûteuse, Pascale a assurément empoché un petit pactole.

Ci-dessous, extrait d’un contrat de 2025 entre Brad Pascale (Clock Tower X) et Havas (pour LAPAM)

Placement en haut des résultats de recherches des contenus pro-Israël, de propagande israélienne en utilisant une plateforme tech de modélisation pour les moteurs de recherche.

Dans le cadre de cette opération, des sites web divers, blogs ou pseudo-sites de “debunking” ont été ainsi créés, probablement avec l’aide d’une IA, pour servir la propagande gouvernementale israélienne sous une apparence sérieuse, avec liens et notes de bas de pages.

L’objectif ? Une prise en compte par les moteurs de recherches et les IA, qui les proposeront alors aux internautes ou intègreront leurs contenus.

Un des formulaires déposés par Clock Tower X apporte enfin une précision importante et clarifie l’implication opérationnelle d’Havas : Havas Media Network, entité regroupant plusieurs branches nationales d’Havas est ici décrite comme : “missionnée par l’État d’Iraël pour élaborer et mener une campagne nationale aux États-Unis pour lutter contre l’antisémitisme.”
Havas n’est clairement pas cantonnée au paiement des sous-traitants mais tient un rôle actif dans la fabrication et le suivi des campagnes de propagande.

Manipulation des réseaux sociaux
Nous avions déjà vu dans notre billet précédent que les influenceurs et les réseaux sociaux étaient particulièrement visés par les opérations de propagande du gouvernement israélien. Certains influenceurs étaient même rétribués jusqu’à 7000$ par post favorable.

Parallèlement des comptes sont créés pour l’occasion. Une opération menée par un sous-traitant américain, Targeted Communication, a consisté à créer un site web de support et des comptes sur plusieurs réseaux sociaux destinés à diffuser du matériel de propagande.

Ces comptes YouTube, Instagram, TikTok, Facebook et X, nommés FreedomNotTerror, ont diffusé massivement des vidéos ciblant le Hamas, afin de justifier les exactions de l’armée israélienne sur Gaza. Le cynisme de cette campagne, censée plaindre et soutenir les Gazaouis aux prises avec la sauvagerie du Hamas, atteint des sommets.

Visiblement de gros moyens ont été dépensés pour produire et promouvoir ces vidéos. Par le biais de l’achat de vues, une d’entre elles a cumulé 23 millions d’affichages mais n’a récolté que quelques centaines d’interactions, montrant le désintérêt du public pour ce contenu.
Un flop qui n’est pas sans rappeler, sous certains aspects, le scandale franco-français du Fonds Marianne.

Les comptes “FreedomNotTerror” ont été pour la plupart supprimés dès la fin de l’opération, ou sont inactifs depuis. Le site Web, lui, est toujours en place et le nom de domaine, déposé en août 2025, a été renouvelé en août 2026 pour un an de plus.

L’offensive sur les médias
La même société américaine, Targeted Communication est également chargée par Havas de mettre en place une énorme opération de lobbying auprès des médias américains. La déclaration FARA en fournit le détail. Le public américain a peu de chance d’échapper au narratif du gouvernement israélien qui y est distillé.

Mais cette déclaration FARA présente dès le départ quelques particularités intéressantes.

Tout d’abord, ce n’est pas Havas Media GmbH (Allemagne) qui sert de maître d’œuvre mais bel et bien Havas Media Group USA.

Ensuite, les responsables de Targeted Communication ont été forcés de déclarer les dons personnels à des campagnes politiques américaines, ce qui fait apparaître les noms de responsables de cette entreprise pour le moins opaque.

On y trouve ainsi un conseiller stratégique spécialiste des campagnes politiques, un directeur de com de diverses organisations et personnalités politiques, et un pur homme de pub, de quoi séduire LAPAM et Havas.

Mais tout ceci n’est qu’un petit bonus. Le sujet de la déclaration FARA, c’est de permettre au narratif du gouvernement israélien d’être diffusé dans les mass-medias américains, pour un budget de près de 10 millions de dollars (8,6 millions d’euros). Sur ces 10 millions, 3,5 avaient déjà été dépensés au moment du dépôt du dossier.

Ils consistent principalement en de la production de contenu sous-traitée à des petites sociétés, du consulting, et des campagnes de pub dans des médias d’extrême-droite (Breitbart News ou The Daily Caller) mais surtout sur Twitter/X d’Elon Musk, qui empoche à lui seul 2 millions de dollars sur les 3,5 dépensés.

Le document présente également plusieurs pages des nombreux contacts établis avec des médias américains, pour l’obtention d’interventions à l’antenne ou l’exposé d’argumentaire. Ces contacts visent principalement les chaînes de TV nationales (Fox News, CNN, NBC, Bloomberg,..) mais aussi des médias régionaux. Une très grosse opération de lobbying destinée à saturer l’espace informationnel télévisuel et web.

En voici une page d’exemple.
“La vérité n’a plus d’importance”
Dans la guerre informationnelle, où placer les lignes rouges entre influence, désinformation, propagande, manipulation, mensonge et ingérence électorale ou sociétale ?

En visant large et par tous les canaux à sa disposition, le gouvernement israélien pousse son narratif dans l’espace personnel de tous les utilisateurs d’Internet. Il convainc par l’effet de masse, en tentant d’imposer un schéma de pensée destiné à devenir mainstream par la submersion des paroles dissidentes.

Le trumpisme a eu le mérite de démontrer qu’il n’existait aucune ignominie, aussi révoltante soit-elle, qui ne puisse être normalisée dans l’opinion publique par une campagne ciblée, basée sur des narratifs extrêmement simples répétés sans honte, barrière morale ou décence.

Cette méthode est reprise ici et industrialisée, visant à convaincre des personnes jusqu’ici attachées aux droit humains que les massacres qui se déroulent sous leurs yeux sont soit imaginaires, soit nécessaires et justifiés, et à des militants anti-racistes que l’antisémitisme est subitement devenu la seule discrimination encore pratiquée, toutes les autres ayant cessé ce jour dramatique de 2023.

En résumé
Les méthodes abjectes employées sinon pour convaincre, tout au moins pour anesthésier l’opinion publique, parfois pour déstabiliser en attisant dans notre pays les haines et les clivages, sont placées sous la houlette d’une filiale d’un groupe Français.

Vincent Bolloré, industriel, homme d’affaires, propriétaire de médias et milliardaire français d’extrême droite, avec ses médias et la propagandiste russe Xenia Fedorova, pousse le narratif du gouvernement russe, gouvernement qui mène régulièrement des opération psy-op de déstabilisation, documentées par Viginum.

Simultanément, son fils Yannick, via une filiale de son groupe, organise la propagande du gouvernement israélien, sa réécriture des massacres à Gaza et son dénigrement des opposants par leur qualification systématique d’antisémitisme.

A certains moments, les intérêts des deux puissances se croisent. A plusieurs reprises, la Russie a monté de fausses opérations antisémites destinées à pousser les communautés les unes contre les autres et entamer la cohésion nationale. Reprises par les médias avant d’être débunkées, elles ont été malgré tout utilisées par les pro-israéliens pour prouver leur nécessité de se protéger et de se défendre par tous les moyens.

L’une d’entre elles, les “mains rouges”, bien que l’origine russe en ait été clairement établie, y compris par la justice qui a depuis condamné les auteurs, est pourtant encore présente dans le clip de publicité récent pour le Mémorial de la Shoah, notamment diffusé sur… CNews.

Du Togo à Viginum

Cet automne, Vincent Bolloré sera jugé pour l’affaire du Togo.

Comme Le Monde nous le rappelle : “La justice soupçonnait son groupe d’avoir conseillé, à moindre coût, la campagne présidentielle victorieuse de Faure Gnassingbé en 2010, au travers de sa filiale Havas, en échange de l’obtention de la gestion, très lucrative, du port de Lomé.”

Certes, il appartient à la justice de faire son travail et d’en apporter les preuves. Ce qui nous interpelle est le fait d’avoir possiblement utilisé l’agence Havas pour une opération d’ingérence manifeste dans le processus électoral d’un État étranger en échange de faveurs économiques.

Et dans le contexte actuel du travail effectué par Havas pour l’État d’Israël : qu’espère obtenir l’empire financier Bolloré, quel objectif pourrait justifier la facilitation voire participation à une entreprise de propagande, de négationnisme qui vise à changer, durablement, la réalité historique des événements ?!

Quelle crédibilité accorder à l’éthique de cette agence, qui n’hésite pas à organiser une opération de désinformation destinée à couvrir des crimes de guerre ?

Pourtant, “..le patron de Viginum part pour créer une agence de lutte contre les ingérences avec Havas”

Ce titre de Challenges (groupe LVMH) est consternant, confronté à ce billet sur le rôle prépondérant de Havas dans une opération d’ingérence, de blanchiment de l’information, de manipulation des LLM pour le compte du gouvernement israélien.

Beaucoup de choses méritent d’être dites sur le timing de ce départ, mais avant tout, comment est-ce possible de s’allier à une entreprise au cœur d’une campagne de désinformation et qui appartient à un milliardaire idéologue instrumentalisant ses médias pour faire arriver au pouvoir l’extrême-droite ?!

Doit-on se dire que Monsieur Brillant ne s’est pas renseigné sur les qualités et défauts de son partenaire commercial ? Impensable.

Après avoir déployé son expertise pour la France, après avoir observé les pires méthodes d’ingérence digitales, peut-il sans hésitation créer une entreprise avec Havas qui fait exactement cela ?! Dépitant.

Son entreprise va-t-elle détecter les ingérences israéliennes et alors dénoncer son propre partenaire (si Havas Media est également mandaté pour l’Union Européenne voire spécifiquement pour la France) ?

Et si l’ingérence vient de l’extrême-droite, défendue par tous les médias de Bolloré, que va faire l’agence de Monsieur Brillant ?

L’alliance annoncée jette un trouble sur son agence, il est inconcevable de faire un partenariat avec Havas/Bolloré et revendiquer une probité indispensable dans la détection des ingérences et la lutte contre celles-ci. La confiance est rompue, avant même que cette nouvelle agence ait vu le jour.


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