De Vienne à Dublin : Rassemblement pour le deuxième congrès antisioniste

mercredi 24 juin 2026

Les débats à Dublin doivent se concentrer sur la libération de la Palestine du sionisme et de son génocide militarisé, et même sur la libération de tout le Moyen-Orient de la monstruosité qu’est devenu Israël.

Le congrès de Dublin a un programme très chargé, avec pour objectif de passer du simple débat à l’action politique. (Photo : Fournie)

Source : Palestine Chronicle le 11 juin 2026
par Haim Bresheeth-Žabner
https://www.palestinechronicle.com/from-vienna-to-dublin-gathering-for-the-second-anti-zionist-congress/

Il y a moins d’un an, le premier Congrès antisioniste se réunissait à Vienne pour trois jours de débats et de discussions, dans cette même ville où, en février 1896, Theodor Herzl publiait « L’État juif », le petit ouvrage qui a donné naissance au sionisme politique et qui a conduit au mouvement sioniste et à l’État colonial d’Israël, aujourd’hui impliqué dans un véritable génocide, le nettoyage ethnique de la Palestine, une guerre contre l’Iran et la destruction et le génocide au Sud-Liban. Cent trente ans de sionisme ont engendré les pires monstres politiques depuis le Troisième Reich. Tout cela, bien sûr, au nom de la libération des Juifs.

L’État d’apartheid juif a été instauré la même année, 1948, que l’État d’apartheid blanc en Afrique du Sud. Au moins, ce monstre a disparu, même si la manière dont cela s’est fait n’a pas permis d’atteindre la libération tant espérée, et les Noirs d’Afrique du Sud subissent encore de nombreuses inégalités héritées du régime d’apartheid blanc.

Pourtant, en Palestine, l’État colonial de peuplement israélien semble plus puissant que jamais, contrôlant l’agenda, les décisions et l’orientation politique d’une grande partie du monde occidental, tout en se livrant au génocide le plus terrifiant de notre époque. Malgré le fait que cela dure depuis près de trois ans, l’oppression, les souffrances et la destruction de la vie palestinienne sur sa propre terre ne semblent pas près de se terminer. Chaque organisation, institution, et même chaque État ayant participé à la lutte contre les crimes de guerre israéliens est écrasé et puni par la puissance conjuguée du monde occidental.

N’est-ce pas une conséquence inévitable de la perte de nos droits à la liberté d’expression, au droit de manifester et au devoir de faire respecter la loi, tant nationale qu’internationale, sous des gouvernements unis pour soutenir des crimes contre l’humanité ? Prétendre que cela se fait au nom de la lutte contre l’antisémitisme envers les Juifs est l’un des mensonges les plus tenaces de notre époque. Et les Juifs du monde entier s’unissent pour le dénoncer.

L’an dernier, le Congrès de Vienne a réuni un millier de militants afin d’amorcer la construction d’une opposition juive mondiale au sionisme, à Israël et à ses crimes, ainsi qu’aux États qui soutiennent ces atrocités illégales – militairement, politiquement et financièrement. Les bases étant posées, nous devons désormais aborder la prochaine étape : développer le mouvement, définir ses objectifs, écouter et collaborer avec le mouvement palestinien mondial et contribuer à faire des communautés juives, actuellement centres de soutien servile aux crimes israéliens, des acteurs de l’opposition antisioniste à l’entité génocidaire israélienne.

Dublin fut choisie pour la deuxième édition du Congrès en raison du rôle particulier joué par les Irlandais dans l’opposition et la défaite du colonialisme de peuplement britannique sur l’île d’Irlande, du moins dans le Sud. L’Irlande fut la première colonie du jeune Empire britannique, et il nous parut opportun d’aborder la future défaite de sa dernière colonie, l’État sioniste en Palestine.

C’est là que ce mal politique a pris racine, et c’est là qu’il convient d’aborder la fin de la colonisation de la Palestine, initiée par l’Empire britannique avec son sordide don de la Palestine au mouvement sioniste en 1917, par la Déclaration Balfour. La Grande-Bretagne fut le premier empire à soutenir le sionisme et a continué de le faire sans interruption pendant 110 ans. Tous les gouvernements britanniques, quelle que soit leur orientation politique, ont soutenu les crimes d’Israël, et le gouvernement britannique actuel prouve qu’il est prêt à tout pour perpétuer ce soutien, jusqu’à pervertir la justice en Grande-Bretagne même.

Le Royaume-Uni est le seul pays à avoir arrêté plus de 3 000 personnes, dont beaucoup de personnes âgées et fragiles, pour le crime odieux d’avoir affiché une pancarte manuscrite, considéré comme un acte terroriste. Ce faisant, il justifie des poursuites pour terrorisme contre des citoyens respectueux des lois, par un régime qui fait preuve d’un profond mépris des droits humains, non seulement en Palestine, mais aussi en Grande-Bretagne. Dublin est un lieu historique idéal pour rappeler au régime britannique que la lutte contre l’injustice est parfois couronnée de succès. En réalité, à long terme, elle l’est toujours.

Le Congrès de Dublin a un programme chargé, visant à passer du simple débat à l’action politique. Avec la participation de figures de proue de la lutte pour la libération palestinienne et la justice internationale, parmi lesquelles Ilan Pappé, Ramzy Baroud, Francesca Albanese, Jérôme Lagarce et Craig Mokhiber, le Congrès entend dépasser l’analyse pour élaborer des stratégies concrètes afin de contrer le sionisme et de soutenir la liberté palestinienne.

La plupart des États occidentaux continuent de soutenir les crimes israéliens. La plupart des Juifs d’Occident soutiennent encore Israël, et il est impératif de changer la donne. La plupart des communautés juives continuent d’envoyer leurs fils et leurs filles servir dans une armée génocidaire.

La plupart des synagogues britanniques organisent encore des événements sionistes et des prières pour Israël et l’armée israélienne. La plupart des communautés juives continuent de propager la propagande israélienne (Hasbara), de faire taire toute action en faveur de la Palestine et de se présenter, ainsi qu’Israël, comme l’éternelle victime, plutôt que d’admettre les crimes du sionisme, crimes auxquels ces mêmes communautés se sont adonnées et qu’elles ont encouragés. Ces communautés restent réfractaires à tout argument, à toute preuve, au droit international, et même à toute morale.

En tant que Juifs antisionistes, nous sommes bien placés pour changer la donne et contribuer à la décolonisation, à la désionisation et à la libération de la Palestine de l’oppression sioniste que la Grande-Bretagne a imposée à sa population autochtone. Depuis deux millénaires, les Juifs subissent diverses formes d’oppression, notamment l’un des plus grands génocides de l’histoire. Cela devrait inciter tous les Juifs à s’opposer au génocide, et plus particulièrement à celui perpétré par des Juifs au nom de tous les Juifs !

Les débats à Dublin doivent se concentrer sur la libération de la Palestine du sionisme et de son génocide militarisé, et même sur la libération de tout le Moyen-Orient de la monstruosité qu’est devenu Israël – le moteur du chaos en Occident, impliqué dans la destruction et la mort de six États au cours des deux dernières années.

Mais il existe un autre type de libération que nous devons obtenir à Dublin : la libération de l’esprit juif, aujourd’hui sous l’emprise du sionisme, du militarisme, du racisme et de la suprématie juive. Le sionisme n’a pas seulement occupé la Palestine et d’autres États du Moyen-Orient ; il a occupé et détruit le judaïsme lui-même, substituant à la divinité et à l’histoire juives le racisme militarisé du colonialisme de peuplement israélien.

Telle est la première mission du Congrès : libérer le judaïsme, partout dans le monde, des griffes du sionisme génocidaire. Unissons-nous pleinement aux Palestiniens dans leur lutte pour la justice, la paix et l’égalité, pour la liberté sur leur terre. Faisons tout notre possible pour mettre fin au génocide, réparer ses ravages, contribuer à la reconstruction de Gaza et de la Palestine, et traduire en justice les responsables de ces crimes génocidaires.

C’est la seule façon d’assurer un avenir à l’humanité en Palestine : libérer la Palestine en mettant fin au sionisme, c’est créer un judaïsme indépendant et juste, affranchi de l’antisémitisme et de l’islamophobie. Une telle coexistence a existé dans de nombreuses sociétés arabes et musulmanes où juifs, musulmans et chrétiens vivaient ensemble, une coexistence qualifiée de « convivencia » par les historiens.

Ces sociétés étaient exemptes du racisme profond qui sévit en Europe et qui connaît aujourd’hui un renouveau. Si cela a été possible en Al-Andalus, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, en Iran, en Turquie et dans les Balkans, pourquoi ne le serait-ce pas maintenant ? L’abolition du sionisme pourrait ouvrir la voie à une nouvelle ère de convivialité, et pas seulement en Palestine.

Pour en savoir plus sur le Congrès, son programme, et pour vous inscrire et y participer, veuillez consulter le site web du Congrès : https://jazic.org . Si vous ne pouvez pas y participer, merci de nous soutenir en faisant un don : https://jazic.org

Haim Bresheeth-Žabner est professeur associé de recherche à l’université SOAS de Londres et auteur de *An Army Like No Other : How the IDF Made A Nation*, publié chez Verso en 2020. Il a contribué à cet article pour le *Palestine Chronicle*.


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