Libérez Wael Naouar et les militants de la Flottille

lundi 14 septembre 2026

En juin 2025, Wael Naouar a organisé organisé une caravane terrestre au départ de Tunis vers Gaza, puis un mouvement de solidarité historique avec la Palestine. Aujourd’hui, dans une prison de Tunis, Wael Naouar entame son vingt-sixième jour de grève de la faim. Un ensemble d’organisations et personnalités lui apporte son soutien et appellent à sa libération immédiate, et celle des trois autres prisonniers de la flottille qui sont toujours en détention.

Tribune 10 septembre 2026
Les invité·es de Mediapart

Dans la prison de la Mornaguia, à Tunis, Wael Naouar entame ce 10 septembre 2026 son vingt-sixième jour de grève de la faim pour obtenir sa libération et celle de ses camarades. Son état de santé est gravement détérioré : il vomit du sang, est victime d’acouphènes, se trouve en détresse respiratoire et ne peut plus se tenir debout. Wael Naouar, Nabil Chennoufi, Ghassan Hanchiri et Ghassen Boughdiri sont emprisonnés depuis le 6 mars dernier par les autorités tunisiennes, sans procès ni preuves, accusés de « détournement de fonds et blanchiment d’argent », comme le furent récemment des militants antiracistes et travailleurs humanitaires tunisiens. Ces multiples accusations de corruption sont destinées à discréditer celles et ceux qui en sont victimes.

Wael Naouar, le 10 septembre 2025, à Tunis © YASSINE MAHJOUB / AFP

Le crime de Wael et de ses camarades ? Avoir organisé en juin 2025 une caravane terrestre au départ de Tunis vers Gaza, et en septembre 2025, un mouvement de solidarité historique avec la Palestine, en participant à la Flottille Global Soumoud, qui partit entre autres du port tunisien de Sidi Bou Saïd. Bénéficiant d’un soutien massif dans le pays, le mouvement inquiéta le pouvoir tunisien, et déplut aux impérialistes. Ainsi le gouvernement Netanyahou captura dans les eaux internationales et emprisonna quelques jours Wael et ses camarades tunisiens de la Flottille. Peu après leur retour en Tunisie, le pouvoir tunisien les a tous embastillés sans motif et pour une durée indéterminée.

Pour lire la suite : https://blogs.mediapart.fr/les-invite-es-de-mediapart/blog/100926/liberez-wael-naouar-et-les-militants-de-la-flottille

Wael est un militant de longue date. Emprisonné trois fois sous Ben Ali, il connut alors la torture et la clandestinité. Lorsque la Révolution tunisienne chassa le dictateur, en 2011, Wael fut élu à la tête du syndicat étudiant du pays. Il mena alors, de la rue jusque dans les universités, une bataille acharnée pour les droits des étudiants, et contre l’emprise grandissante des islamistes. Enfin, après le 7 octobre 2023, organisateur de la caravane pour Gaza et de la Flottille Global Soumoud, il défendit comme toujours l’honneur de la Tunisie telle qu’il la conçoit – libre, sociale, démocratique et internationaliste. C’est cette histoire récente de la Tunisie que le régime tunisien veut faire taire, c’est cette histoire récente de la Tunisie que le régime tunisien affame dans une cellule de prison surchauffée.

La bataille de Wael pour sa libération et celle de ses camarades prend d’autant plus de sens face à la poursuite du génocide, de la famine et du ciblage systématique des civils à Gaza, où plus de 1 200 Gazaouis ont été exterminés depuis le début du soi-disant « cessez-le-feu ». Cette bataille a lieu également dans un contexte international où les voix de soutien à la Palestine sont violemment criminalisées. À Paris, à Washington, à Berlin, à Londres comme dans les pays arabes, on jette en prison celles et ceux qui donnent de la voix pour la Palestine. On fait même appliquer des législations d’exception pour emprisonner ici l’auteur d’un statut sur les réseaux sociaux, là le porte-parole d’une association. La « liberté d’expression » s’arrête où la Palestine commence. C’est pourquoi la bataille de Wael nous concerne tous.

Dans ce contexte, les signataires ci-dessous déclarent :

Constituer un comité de soutien pour la libération de Wael Naouar et celle de ses camarades, et appeler toutes les forces, organisations, instances, membres de la société civile française soutenant le droit de la Palestine à disposer d’elle-même à nous rejoindre.
Tenir le régime tunisien pour pleinement responsable, sur les plans politique, moral, juridique et global, de la sécurité sanitaire de Wael Naouar et des complications éventuelles de sa grève de la faim.
Exiger la libération immédiate et sans conditions de Wael Naouar et des prisonniers de la flottille qui sont toujours en détention, ainsi que l’arrêt des procès politiques visant les militants du mouvement de soutien à la Palestine.

Signataires :

ORGANISATIONS

Comité de soutien à la Palestine 31

EuroPalestine

Global Sumud France

Secours rouge Toulouse

Solidarité Palestine Toulouse

UJFP

Urgence Palestine

PERSONNALITES

Nathalie Arthaud, LO

Ludivine Bantigny, historienne

Kaouther Ben Hania, réalisatrice tunisienne

Badiaa Bouhrizi, auteur-compositrice-interprète tunisienne

Nidhal Chamekh, artiste visuel

Sofian El Fani, directeur de la photographie tunisien

Annie Ernaux, Prix Nobel de littérature

Emma Fourreau, LFI

Bernard Friot, sociologue

Yosr Gasmi, réalisatrice tunisienne

Rima Hassan, LFI

Chantal Jaquet, philosophe, professeur émérite à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Stathis Kouvélakis, philosophe

Abir Kréfa, sociologue

Walid Mattar, réalisateur tunisien

Marie Mesmeur, LFI

Olivier Neveux, professeur des universités

Ugo Palheta, sociologue

François Piquemal, LFI

Thomas Portes, LFI

Philippe Poutou, NPA

Raphaëlle Primet, PCF

Mathieu Rigouste, sociologue

Maud Wyler, actrice


Agenda

Array

<<

2025

>>

<<

Juin

>>

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
      1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30