Nous ne sommes pas des chiffres

vendredi 24 juillet 2026

Les voix de la jeunesse de Gaza
Disponible en librairie

L’émission radio Galère du 22 juillet 2026 - animation Anne de Vergnette avec la participation de Claude Zurbach, responsable d’édition du site Chronique de Palestine - avait pour but de présenter un nouveau livre paru en juin 2026 : « Nous ne sommes pas des chiffres - Les voix de la jeunesse de Gaza » paru aux éditions Demi-Lune.

Marion Zurbach a assuré la lecture d’un récit et d’un poème, et les intermèdes musicaux sont de Rim Banna et Amal Kaawash.

L’objectif de l’ouvrage, qui contient plus de 70 récits couvrant ces dix dernières années, est de faire connaître ces jeunes contributeurs de Gaza, et à travers eux la réalité vécue par l’ensemble de la jeunesse gazaouie, et aussi ses espoirs.

Ont été également abordés la situation actuelle à Gaza dans le contexte du génocide, son histoire et le blocus imposé depuis plus de 20 ans. Enfin, nous avons tenté de répondre à la question : Que peut-on faire pour Gaza et la Palestine ?

Le lien du podcast : https://radiogalere.org/emission/1-heure-en-palestine/1-heure-en-palestine-du-22-07-26

Le livre-témoignage pour commémorer les 10 ans de l’association « We Are Not Numbers ». Des récits, des chroniques et des poèmes écrits par des étudiants qui partagent leur quotidien, leurs joies comme leurs peines, pour nous aider à comprendre ce que signifie vivre à Gaza, de la prison d’avant le 7-Octobre, jusqu’à la période apocalyptique qui l’a suivi…

Commandez l’ouvrage en librairie !

Auteur : Ahmed ALNAOUQ & Pam BAILEY Sous-titre : Les voix de la jeunesse de Gaza Préface : Ayman QWAIDER & Samiha OLWAN Nombre de pages : 396 Format : 15 x 23 cm Traducteur : Claude ZURBACH *

Collection : Résistances
Prix : 22,00 € TTC
N° ISBN : 978-2-917112-59-5
* Responsable d’édition du site Chronique de Palestine

Émouvant et digne
Une adolescente contemple son toit, craignant qu’il ne s’effondre sur elle. Un jeune étudiant parcourt Internet à la recherche de photos de bibliothèques du monde entier, rêvant de pouvoir les visiter un jour.

Une autre arpente la ville, répertoriant tous les bâtiments qu’elle rêve de restaurer.
Voici les histoires des jeunes de Gaza, nés sous l’occupation et le blocus israéliens. Ce sont des personnes qui ont enduré des épreuves et des pertes indicibles, qui continuent de se battre pour être reconnues non comme de simples chiffres, mais comme des êtres humains avec leurs espoirs, leurs rêves et une vie qui vaut la peine d’être vécue.

Fondée en 2014, l’association « We Are Not Numbers » donne la parole à la jeunesse gazaouie. Ce recueil rassemble les contributions les plus marquantes (74 au total) de la dernière décennie, rédigées par 59 jeunes auteurs.

Essentiel, poignant et empreint d’humanité, il nous offre un aperçu unique sur le passé, ainsi que sur la génération actuelle et future de dirigeants, d’artistes, de scientifiques et d’universitaires palestiniens, et imagine la voie à suivre pour l’avenir.

Les auteurs
Ahmed ALNAOUQ a grandi à Gaza, où il a obtenu une licence de littérature anglaise à l’université Al-Azhar. Il est à l’origine de « We Are Not Numbers » (WANN), dont il a été le premier chef de projet. Lauréat de la prestigieuse bourse Chevening au Royaume-Uni, il a obtenu un master en journalisme international à l’Université de Leeds. Il travaille également comme chargé de plaidoyer et de sensibilisation pour l’Observatoire euro-méditerranéen des droits de l’homme. Ses écrits ont été publiés dans Gulf News, The New Arab et d’autres sites web. Il vit actuellement à Londres.

Pam BAILEY est journaliste indépendante et militante pour la justice sociale. Elle a vécu et travaillé dans la bande de Gaza immédiatement après l’offensive israélienne de 2008-09. Aujourd’hui, elle est consultante en communication et rédactrice pour des organisations à but non lucratif telles qu’ImpACT International for Human Rights Policies. Elle a également fondé More Than Our Crimes, une initiative à but non lucratif qui vise à offrir une seconde chance aux personnes condamnées pour crimes violents aux États-Unis. Elle vit à Washington DC.

Préface
Ayman QWAIDER et Samiha OLWAN
(extrait)

« Son nom est Alaa, la mère d’Eman, de Fayez et de Sara, une fille chérie, professeure de mathématiques, ma sœur cadette » : c’est ce que je me suis mis à répéter aux présentateurs et à leurs assistants lorsqu’ils m’ont contacté pour que je leur fasse le récit du meurtre de ma sœur dans une frappe aérienne qui a visé la maison familiale à Gaza au début du génocide en octobre 2023, bien conscient que son histoire n’est qu’une parmi tant d’autres, qui finissent par nous réduire à des individus sans nom et pour la plupart à des chiffres, soustraits à toute compassion. Sous l’emprise du chagrin causé par la perte de ma sœur et de ses trois enfants, j’ai tenté d’expliquer aux présentateurs, parfois pendant des heures à travers d’innombrables échanges d’e-mails et de messages, comment je souhaitais que son histoire soit restituée. Je voulais m’assurer que sa mort ne soit pas passée sous silence, que le contexte ne soit pas déformé ou occulté, et que le responsable soit clairement nommé.

Pendant des années, les tentatives visant à réduire au silence les voix palestiniennes ne se sont pas réduites à des coups de feu et des avions de combat israéliens, mais aussi à de brefs reportages destinés à discréditer les récits palestiniens à coups de questions qui présupposent que la situation est un cycle sans fin de violence à travers une version sioniste du conflit. Au cours des trois dernières années, nous avons constaté que les restrictions imposées par les représentations dans les médias occidentaux, décontextualisées et déhistoricisées, qui se prétendent « objectives », constituent une autre façon de réduire au silence les palestiniens.

Tout au long du génocide, les récits palestiniens provenant de Gaza et concernant Gaza ont été ensevelis dans un narratif qui a pratiquement étouffé toute possibilité de s’exprimer pour tenter d’humaniser les Palestiniens de Gaza, face à un discours médiatique dominant qui a contribué à leur déshumanisation pour justifier leur effacement. En octobre 2023, Yoav Gallant disait : « J’ai ordonné un siège complet de la bande de Gaza. Il n’y aura ni électricité, ni nourriture, ni carburant, tout est bouclé (…) Nous combattons des animaux humains, et nous agissons en conséquence » (Middle East Eye, 2023).

Dans cette couverture médiatique, le 7 octobre a également été désigné comme un point de « départ » avant ou au-delà duquel rien ne semblait vraiment avoir d’importance. Cette omission délibérée, par les médias grand public, de décennies de contexte historique et politique ainsi que des réalités du colonialisme de peuplement, de l’apartheid, de l’occupation illégale de Gaza et du blocus illégal israélien qui dure depuis vingt ans, a réduit les récits palestiniens à une interpellation sur « qui est responsable ? » ou « condamnez-vous le Hamas ? »

C’est pourquoi l’édition d’un ouvrage qui restaure et rend plus visibles les récits palestiniens issus de Gaza, prend tout son sens. Tout d’abord, ces témoignages constituent une forme d’autobiographie : ce sont les récits rapportés par plusieurs narrateurs, de jeunes écrivains et journalistes palestiniens en herbe, nés et ayant grandi durant les années du blocus israélien.
En relatant leurs expériences quotidiennes, ou des fragments de celles-ci, ils expliquent les réalités de la vie sous le siège et l’occupation, presque totalement coupés du reste de la Palestine et du monde. Ils mettent en lumière les défis, les épreuves, les malheurs, célébrant parfois les succès, et moquant parfois la misère de ces réalités, tout en soulignant les actes quotidiens de résistance et de résilience. Ainsi, ces récits rendent-ils plus précis et plus vivants les concepts abstraits, tels qu’ils peuvent circuler parmi les lecteurs même bien informés et les militants de la solidarité. Ils donnent la dimension humaine des expériences vécues et concrètes, à des concepts abstraits comme l’apartheid ou le blocus miliaire.

Et tandis que les rapports des principales organisations de défense des droits humains, notamment le Centre palestinien pour les droits de l’homme, Adala, Gisha, B’Tselem et Amnesty International, documentent depuis des années les implications de ces politiques d’apartheid sur la vie des Palestiniens, ces témoignages de première main vont au-delà des aspects généraux pour entrer dans les détails de ce que signifie réellement vivre ces réalités au quotidien, et y survivre : comment votre père parvient à garder son emploi de chauffeur de taxi alors que le carburant vient à manquer en raison du siège ; comment votre frère finit par se tourner vers le travail dangereux dans les tunnels, dont certains sont sur le point de s’effondrer, pour faire passer en contrebande les biens indispensables pour la bande de Gaza sous blocus ; comment, dans la poursuite de votre rêve de devenir médecin pour sauver des vies, vous devez accepter le fait que sauver une vie à Gaza ne dépend pas seulement de vos compétences en tant que médecin, mais aussi de la pénurie de fournitures médicales et des restrictions de déplacement pour les patients qui ont besoin d’examens et d’un traitement en Cisjordanie ou à l’étranger, devant parfois admettre votre impuissance face à vos patients en train de mourir en attendant des autorisations militaires.

Et tandis que vous contemplez la mer en espérant obtenir un permis pour sortir de la bande de Gaza pour poursuivre vos études, vous réalisez que : « Ce n’est même pas une mer ; c’est un lac. C’est un lac de 5 à 10 kilomètres de large dont les limites changent au gré d’Israël. Il ne s’étend jamais et ne fait que se rétrécir. » Pour les Palestiniens de Gaza, quitter le territoire est presque impossible en raison du blocus israélien et des contrôles les plus stricts imposés par l’Égypte au poste-frontière de Rafah. Ceux qui souhaitent voyager doivent obtenir des autorisations auprès des autorités israéliennes pour passer par le poste-frontière d’Erez, autorisations qui ne sont accordées que dans des cas exceptionnels. Dans la pratique, cela a isolé la population de Gaza du reste des territoires palestiniens occupés, d’Israël et du reste du monde. Bien qu’Israël ait affirmé s’être retiré militairement de Gaza en 2005, il a maintenu un contrôle absolu sur la zone, renforçant ce contrôle par un blocus total par les airs, la mer et la terre, ainsi que par des politiques qui isolent Gaza de la Cisjordanie. […]

Parution : Juin 2026
A commander en librairie !


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