Six familles palestiniennes expulsées ; des colons s’emparent de la propriété historique de la famille Al-Basha dans la vieille ville de Jérusalem

vendredi 14 août 2026

Mercredi dernier, des colons ont occupé une propriété de la famille al-Basha dans la vieille ville de Jérusalem, après huit années de conflit juridique qui s’étaient soldées par un avis d’expulsion pour six familles palestiniennes. Les colons affirmaient que la propriété appartenait à des Juifs avant 1948. Situé au cœur de la vieille ville, ce bâtiment historique est construit en pierre de Jérusalem et conserve ses fenêtres et portes anciennes. La famille al-Basha y a vécu pendant près d’un siècle.

Source : SILWANIC le 26 juillet 2026
https://www.silwanic.net/article/news/80020/six-palestinian-families-evicted-settlers-seize-historic-al-basha-family-property-in-old-jerusalem

Suite à l’expulsion, les colons ont changé les serrures des portes, affiché des drapeaux israéliens sur l’extérieur du bâtiment et fixé des mezouzas — des textes religieux juifs traditionnellement placés sur les montants des portes — à ses entrées.

Le différend juridique a débuté en avril 2018 lorsque l’autorité israélienne chargée de la gestion des propriétés juives antérieures à 1948 et le groupe de colons Ateret Cohanim ont déposé une demande de propriété.

L’entrée du bâtiment de la yeshiva Torat Hayim, rue al-Wad, dans la vieille ville

Ces affirmations reposent sur le fait qu’avant 1948, l’étage supérieur, côté ouest du bâtiment, abritait une synagogue et une école religieuse appelée « Torat Chaim ». Il est maintenant loué à l’organisation de colonisation Ateret Cohanim.

La famille Al-Basha affirme que la partie orientale du bâtiment a été acquise par leur grand-père, Jawdat Abdul Ghani Al-Basha, après l’avoir achetée aux enchères publiques au début du siècle dernier pour régler les dettes de son ancien propriétaire juif. Le cadastre a officiellement enregistré la propriété à son nom dans les années 1940.

Durant la guerre de 1948, les Juifs abandonnèrent la synagogue et en confièrent les clés à Jawdat Al-Basha selon un protocole garantissant la préservation du bâtiment. Par la suite, des organisations de colons profitèrent de la situation pour revendiquer également la partie orientale, arguant qu’elle faisait partie de la propriété d’origine, et exigèrent l’expulsion des familles qui occupaient ses trois étages.

La bataille juridique

L’affaire a donné lieu à de nombreuses audiences sur une période de huit ans, au cours desquelles la famille Al-Basha a présenté des documents officiels et des titres de propriété pour affirmer son droit de propriété exclusif sur la partie est du bâtiment. Elle a également démontré avoir acquis légalement la propriété au début du siècle dernier et a souligné son droit de possession et d’occupation de longue date, s’étendant sur plusieurs décennies.

Bien que la famille ait fourni tous les documents de propriété pertinents, le tribunal a refusé de les prendre en compte et a rejeté l’argument fondé sur la prescription. Il a considéré la propriété comme un bien unique et a soutenu que les propriétés juives, y compris certaines gérées par le « Custodien public », ne sont pas soumises à la prescription applicable aux biens privés. Cette décision a favorisé les associations de colons et a entraîné l’expulsion définitive des familles.

L’affaire « Al-Basha Property » illustre un schéma inquiétant : la cession systématique de bâtiments historiques dans la Vieille Ville est justifiée. Les autorités instrumentalisent le droit et le deux poids, deux mesures pour modifier le paysage démographique et architectural de la ville, contribuant ainsi à la perte de logements et de patrimoine pour des centaines d’habitants de Jérusalem, tandis que six nouvelles familles s’installent dans les zones de colonisation en cours.

Cette décision marque une intensification des efforts de colonisation. Depuis le début de l’année, l’association Ateret Cohanim s’est emparée de 17 appartements résidentiels à Jérusalem, principalement dans le quartier de Batn al-Hawa, à Silwan. Elle affirme que les terrains appartiennent à des Juifs yéménites, ce qui fait craindre que ces actions ne dépeuplent certains quartiers de Jérusalem et n’en modifient profondément le caractère.

A propos de Silwan : https://www.silwanic.net/aboutsilwan


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