50 000 morts à Gaza : « Nous ne pouvons pas accepter un tel mépris de la vie humaine »

dimanche 30 mars 2025

Jolien Veldwijk, directrice pour la Palestine de l’ONG Care, s’est rendue à Gaza en février. Alors que l’armée israélienne a repris ses raids le 18 mars, faisant plus de 830 morts, elle appelle à un nouveau cessez-le-feu et à une reprise de l’aide humanitaire.

Pour lire la suite de l’article  : https://www.mediapart.fr/journal/international/270325/50-000-morts-gaza-nous-ne-pouvons-pas-accepter-un-tel-mepris-de-la-vie-humaine

Installée à Ramallah, en Cisjordanie, Jolien Veldwijk, directrice pour la Palestine de l’ONG Care, s’est rendue à Gaza du 11 au 25 février, alors qu’un nouveau cessez-le-feu était en vigueur et près d’un mois avant que l’armée israélienne ne reprenne ses raids le 18 mars. Care dispose d’une forte présence dans la bande de Gaza, avec 53 personnes qui travaillent également avec des partenaires locaux.

La situation humanitaire y est particulièrement dramatique depuis qu’Israël a refermé, le 2 mars, les points de passage pour l’aide, espérant faire plier le Hamas pour qu’il libère les otages toujours détenu·es. La reprise de l’offensive a fait plus de 830 morts, portant le total depuis le 7 octobre 2023 à plus de 50 000. Elle a provoqué, selon l’ONU, le déplacement de 142 000 personnes en une semaine, alors que la quasi-totalité des 2,4 millions d’habitant·es de Gaza ont été déplacé·es depuis le début de la guerre.

Mediapart a rencontré Jolien Veldwijk mercredi 26 mars, alors qu’elle était de passage à Paris. L’humanitaire, qui siège également au comité de direction de l’Association internationale des agences de développement (Aida), plateforme regroupant plus de quatre-vingts ONG internationales travaillant en Palestine, a l’habitude des régions frappées par la guerre, que ce soit le Soudan, le Yémen ou l’Afghanistan. Mais, explique-t-elle, Gaza est un endroit particulier, car elle n’a jamais vu « tant de destructions et donc de besoins […] regroupés dans un espace aussi étroit ».

Mediapart : Pouvez-vous nous décrire votre récent séjour à Gaza ?

Jolien Veldwijk : Je suis arrivée depuis Amman [en Jordanie – ndlr], c’est le passage obligé lorsqu’on est expatrié. Une fois la frontière franchie, un bus nous emmène, sous escorte militaire, jusqu’à Kerem Shalom. Il y a beaucoup de contrôles et de points de passage. Puis de Kerem Shalom, nous nous rendons à pied, avec nos bagages, dans la bande de Gaza. Là, des véhicules de l’ONU nous attendent, puis nous nous rendons à Khan Younès [dans le sud de la bande de Gaza – ndlr]. C’est le point de débarquement, où votre équipe vient vous récupérer.

Quitter Kerem Shalom, c’est entrer dans un no man’s land pendant vingt minutes. C’était comme conduire sur la Lune. On voit des montagnes de sable étranges. C’est dans cette zone qu’ont lieu la plupart des pillages. C’est la raison pour laquelle avant le cessez-le-feu, on ne pouvait se déplacer qu’en véhicule blindé, car la situation peut être assez violente. Lors de mon passage, tout le monde a mis son gilet pare-balles.

SOURCE : Médiapart


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