A ECOUTER (11mn:39s) : Elias Sanbar : "La solution à deux États, c’est fini, c’est impraticable"

jeudi 23 janvier 2025

Elias Sanbar est né en 1947, au moment de la création de l’État d’Israël. Toute sa vie, il a donc connu le conflit israélo-palestinien. Alors que le gouvernement israélien vient de donner le feu vert à l’accord de cessez-le-feu, qui prévoit une trêve et la libération de premiers otages israéliens en échange de détenus palestiniens, cet ancien ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco salue "un soulagement indéniable, que le massacre permanent des populations civiles s’arrête. Cela dit, c’est un processus, ce n’est pas un traité de paix, ce n’est pas la fin de la guerre, elle va continuer".

Il ajoute que ce processus, selon lui, est "très vulnérable dans la mesure où chacune de ces phases est tributaire de la réussite de celle qui la précède. Donc s’il y a le moindre accroc, on ne verra pas la deuxième phase", dit-il, ajoutant que ce conflit pousse toutefois à "ne plus jamais utiliser le terme de choses "définitives" en politique, puisque ce conflit a commencé par une affirmation du Premier ministre israélien qu’il allait annihiler le Hamas", ce qu’il n’a pas fait.

"Les États-Unis n’avalent plus les couleuvres du Premier ministre israélien"

Deux autres choses sont à prendre en compte selon lui, à la fois le fait que des changements peuvent intervenir qui ne sont pas annoncés, d’une part, et que le paysage est remodelé d’autre part : "L’affaiblissement de l’Iran, le changement au Liban, la chute d’une dictature absolument terrifiante en Syrie, et le fait qu’il y a un nouvel acteur sur scène, l’administration américaine, qui pour la première fois n’avale plus les couleuvres du Premier ministre israélien". "Les États-Unis n’ont pas changé de position vis-à-vis d’Israël, mais certainement vis-à-vis de ce gouvernement israélien, qui ne leur convient pas, qui leur échappe, qui n’est pas dans la norme", analyse-t-il.

Sur les bombardements qui ont lieu ces derniers jours, Elias Sanbar rappelle que "c’est hélas un classique sordide et terrifiant de toutes les fins d’affrontement. Dans tous les conflits, celui qui va être obligé d’arrêter va en faire autant qu’il le peut pour dire à ceux qui vont être soulagés "ne rêvez pas plus qu’il ne le faut"". Lui qui a été promoteur de la solution à deux États, il affirme aujourd’hui "c’est fini, parce que impraticable : qui va aujourd’hui mener une guerre civile en Israël pour déloger les colons et dire, voici le territoire du deuxième État ?. Nous entrons dans une phase où il faut faire preuve d’imagination en partant du réel".

Mais "peut-on espérer une cohabitation, une coexistence  ? Je ne sais pas sous quelle forme juridique, étatique, mais oui, ça reste un but, bien sûr. Il va falloir inventer des formes nouvelles. Et on se heurte beaucoup à cette nostalgie des deux États parce que la formule avait donné beaucoup d’espoir à beaucoup de gens. Mais c’est fini".

Source : FRANCE INTER
https://www.radiofrance.fr/francein...


Agenda

Array

<<

2026

 

<<

Février

 

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
      1
2345678
9101112131415
16171819202122
232425262728