Après des mois de déni, Horvilleur, Sinclair et Sfar ouvrent les yeux sur les massacres à Gaza et déclenchent la polémique

Plusieurs personnalités de la communauté juive, avançant qu’elles s’étaient jusqu’ici faites discrètes pour ne pas alimenter l’antisémitisme, ont décidé de dénoncer publiquement les crimes israéliens en Palestine. Certains défenseurs de la cause palestinienne jugent ce revirement courageux, d’autres y voient un mea culpa hypocrite.
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Est-ce dû à l’annonce récente du renforcement par Israël de sa guerre génocidaire contre la bande de Gaza et son plan d’occupation totale ? À la famine que montrent des photos d’enfants aux corps rachitiques ? Aux images de milliers de camions chargés d’aide humanitaire bloqués par l’armée israélienne depuis le 2 mars ?
Depuis deux jours, la tectonique des plaques médiatico-politiques bouge en France. Plusieurs figures de la communauté juive française ont ainsi décidé de « sortir du silence » pour condamner solennellement les massacres à Gaza.
Tout a commencé jeudi 8 mai, avec la publication – en français et en hébreu – d’un texte de Delphine Horvilleur sur le site de la revue Tenou’a. Dans son éditorial, la rabbine, réputée progressiste mais très critiquée par une partie de la gauche pour sa réticence à condamner les crimes d’Israël en Palestine, fait, pour la première fois, amende honorable : « J’ai parfois bâillonné ma parole, pour éviter qu’elle ne nourrisse les immondices de ceux […] qui diabolisent et déshumanisent un peuple […]. J’ai censuré mes mots face à ceux qui trouvent des excuses à une déferlante antisémite “ici” au nom d’une justice absente “là‐bas”. […] Je me suis tue mais, aujourd’hui, il me semble urgent de reprendre la parole », écrit-elle.
Soulignant que c’est par « amour d’Israël » qu’elle appelle désormais ce pays à un « sursaut de conscience » au nom du « refus absolu de l’annihilation d’un autre peuple », elle critique en creux la « déroute politique et [la] faillite morale » du gouvernement Nétanyahou – jamais nommé dans le texte. Et exhorte à « soutenir ceux qui savent que, sans avenir pour le peuple palestinien, il n’y en a aucun pour le peuple israélien ».
SOURCE : Médiapart
