Boycott ou maintien ? Le concert de l’Orchestre d’Israël sous tension, à la Philharmonie de Paris

vendredi 7 novembre 2025

Alors que la Philharmonie de Paris accueille ce jeudi 6 novembre l’Orchestre philharmonique israélien, des organisations appellent à la déprogrammation ou à la contextualisation du concert. Une lettre ouverte demande au contraire son maintien.

Par Antoine Pecqueur

La tension est palpable au sein des équipes de la Philharmonie de Paris. La salle organise jeudi 6 novembre un concert de l’Orchestre philharmonique d’Israël et de son chef Lahav Shani. Plusieurs organisations (Artistes pour la Palestine, BDS France, Snam-Île-de-France, Sud Culture Solidaires, Tsedek !, UJFP, Urgence Palestine) appellent à sa déprogrammation. « Ce concert revient à soutenir l’impunité d’Israël face au droit international et à instrumentaliser la musique classique », écrivent ces organisations dans un communiqué. La CGT demande pour sa part une « contextualisation » avant le concert : « La programmation de l’Orchestre d’Israël à la Philharmonie de Paris ne peut avoir lieu sans que celle-ci rappelle à son public à cette occasion que les premiers responsables de l’État israélien sont mis en cause pour des crimes contre l’humanité. » Le secrétaire général du Snam-CGT, Philippe Gautier, tient à nous le préciser : « Nous ne sommes pas pour l’annulation des spectacles, qui est une arme de l’extrême droite. Mais par contre, il faut que les choses soient dites. Si la musique est réconciliatrice, ce n’est pas dans le silence. »

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Selon nos informations, la direction de la Philharmonie de Paris a réuni, mardi 4 novembre, les représentants du personnel. Elle leur a dit avoir reçu des menaces et décidé de faire appel pour ce concert à une protection policière. Interrogée par Télérama, la Philharmonie de Paris indique que « des manifestations peuvent en effet avoir lieu ce jour-là et qu’[elle] demeure très vigilante pour assurer la sécurité du public et des artistes lors de ce concert ». Y aura-t-il une prise de parole, comme le demande la CGT ? « La question n’est pas encore tranchée », nous dit la Philharmonie de Paris.

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Il est peu de dire que le milieu de la musique classique, d’ordinaire policé, s’enflamme au sujet de cet événement. Dans une tribune parue sur le site OrientXXI, le pianiste Adam Laloum, qui se définit comme « juif et antisioniste », appelle à la déprogrammation. « La Philharmonie de Paris, par le maintien de ce concert, participe à la normalisation d’un État colonial et génocidaire. Nous devons nous y opposer », affirme l’artiste, qui dénonce le « deux poids deux mesures avec la Russie, notamment concernant la musique classique. Il crève les yeux, et celles et ceux qui refusent de l’admettre insultent notre intelligence ». La Philharmonie de Paris avait en effet annulé en 2022 les concerts de l’Orchestre du Théâtre Mariinsky, de Saint-Pétersbourg, dirigé par Valery Gergiev, et de l’ensemble MusicAeterna de Teodor Currentzis.
Rachida Dati prend position

Mais une autre partie du monde musical est au contraire favorable au maintien de ce concert. Une lettre ouverte à Olivier Mantei, directeur de la Philharmonie de Paris, a été signée par 20 000 personnes, dont la pianiste Martha Argerich et la chanteuse Natalie Dessay. Cette lettre s’oppose au boycott des artistes israéliens et défend « la liberté de la musique » : « Assimiler un orchestre à la politique d’un gouvernement, c’est instaurer une culpabilité par nationalité, ce qui est contraire à l’esprit même de la culture », écrivent les signataires, ajoutant : « Exiger qu’un concert soit précédé d’un avertissement politique reviendrait à placer la création sous surveillance idéologique. » La ministre de la Culture, Rachida Dati, est sur la même ligne : « Rien ne justifie un appel au boycott de ce moment de culture, de partage et de communion », écrit la ministre sur X. Une chose est sûre : la même problématique risque de se répéter dans les prochains mois. Les organisations propalestiniennes demandent déjà l’annulation du concert du Jerusalem Quartet, prévu le 16 janvier également à la Philharmonie.

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