Embargo sur les armes et le carburant : l’Espagne prend de nouvelles mesures « pour mettre un terme au génocide » à Gaza

samedi 13 septembre 2025

Le premier ministre Pedro Sánchez a annoncé lundi 8 septembre une série de mesures pour « stopper l’invasion et les crimes de guerre » commis par Tel-Aviv, dont un embargo sur les ventes d’armes vers Israël ou l’interdiction d’accueillir dans les ports ibériques des navires de carburant destinés à l’armée israélienne. L’Espagne ferme aussi ses portes aux personnes « qui participent au génocide » et aux produits « provenant des colonies illégales ».

Alors que Volker Türk, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, dénonçait ce lundi la « rhétorique génocidaire et la déshumanisation honteuse des Palestiniens par de hauts responsables israéliens » lors de l’ouverture à Genève de la 60e session du Conseil des droits de l’homme, le gouvernement espagnol, une fois n’est pas coutume, prouvait au même moment que les pays européens peuvent, s’ils en ont la volonté et le courage politique, s’affranchir d’une passivité complice vis-à-vis des massacres commis par le gouvernement de Benyamin Netanyahou.

Source : L’Humanité le 8 septembre 2025
Pour lire l’article : https://www.humanite.fr/monde/bande-de-gaza/gaza-embargo-consolide-interdiction-dentree-lespagne-prend-de-nouvelles-mesures-pour-mettre-un-terme-au-genocide-mene-par-le-gouvernement-net

Photo : Des milliers de sympathisants se sont rassemblés à Barcelone, en Espagne, le 31 août 2025, agitant des drapeaux palestiniens et scandant des slogans pour saluer le départ de la flottille vers Gaza.
© Wahaj Bani Moufleh/Middle East Images/ABACAPRESS.COM

Le Premier ministre Pedro Sánchez, dont le gouvernement de coalition qu’il dirige est sans doute la voix européenne la plus critique à l’égard des crimes d’Israélien depuis le 7 octobre 2023, a en effet annoncé ce lundi une série de neuf nouvelles mesures « pour mettre fin au génocide à Gaza  », dans une déclaration depuis le Palais de la Moncloa, à Madrid.

Parmi les mesures, qui seront mises en œuvre « immédiatement » figure l’approbation d’une loi visant à « consolider juridiquement l’embargo sur les armes destinées à Israël, que nous appliquons déjà de facto depuis octobre 2023 », a déclaré Pedro Sánchez, bien que de récentes révélations prouvent que cet embargo ne serait pas totalement respecté sans l’extrême vigilance de l’aile gauche de son gouvernement (représentée par la coalition Sumar) ainsi que des nombreux collectifs pro-palestiniens, extrêmement actifs en Espagne.

Interdiction d’entrée pour les personnes « qui participent au génocide »

De même, il sera interdit à tous les navires transportant des combustibles destinés aux forces armées israéliennes de faire escale dans les ports espagnols, et l’entrée dans l’espace aérien espagnol sera refusée aux avions transportant « du matériel militaire destiné à Israël », a ajouté le chef du gouvernement.

Plus encore : les personnes « qui participent directement au génocide » se verront dorénavant interdire l’entrée sur le territoire ibérique, tout comme les produits « provenant des colonies illégales de Gaza et de Cisjordanie ».

« En sanctionnant ainsi le régime génocidaire d’Israël, l’Espagne se conforme à ses obligations internationales », exprime Imen Habib, animatrice de la Campagne BDS France contactée par l’Humanité. Tout en saluant la prise de position du gouvernement espagnol, la militante exprime sa colère vis-à-vis du gouvernement français face à l’absence d’actions similaires malgré « la monstruosité du génocide en cours » à Gaza. « La France n’a toujours pas pris les mesures minimales pour stopper les massacres, souligne-t-elle, et ce malgré l’avis de la Cour Internationale de Justice qui demande aux états de prévenir le « risque plausible de génocide »  ».

Les ministres Yolanda Díaz et Sira Rego interdites d’entrée en Israël

Pour sa part, l’Espagne a aussi décidé d’augmenter son aide directe aux Palestiniens ainsi qu’à l’UNRWA, l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, véritable «  colonne vertébrale » de l’aide humanitaire sur place mais interdite d’activité en Israël par le gouvernement de Benyamin Netanyahou, depuis l’année dernière.

« Nous savons que toutes ces mesures ne suffiront pas à stopper l’invasion, ni les crimes de guerre, mais nous espérons qu’elles contribueront à exercer une pression sur le Premier ministre (Benyamin) Netanyahou et son gouvernement pour alléger une partie des souffrances que subit la population palestinienne », a exprimé Pedro Sánchez.

Ses déclarations n’ont pas manqué de provoquer un nouvel épisode de tension avec Tel-Aviv. Gideon Saar, le ministre israélien des Affaires étrangères, a accusé Madrid de mener une « campagne continue anti-israélienne et antisémite » qui aurait en réalité pour but de « détourner l’attention de graves scandales de corruption », dans un message publié sur X, faisant référence aux nombreuses affaires judiciaires qui affectent l’entourage du chef de l’Etat espagnol.

Gideo Saar n’a pas hésité à annoncer que son gouvernement interdirait l’entrée en Israël à deux membres du gouvernement issues de la plateforme Sumar, l’aile gauche de la coalition au pouvoir : la deuxième vice-présidente du gouvernement et ministre du Travail espagnole, la communiste Yolanda Díaz, ainsi que la ministre de la Jeunesse et de l’Enfance, Sira Rego, d’origine palestinienne, et par ailleurs invitée à participer à plusieurs débats vendredi prochain à la Fête de l’Humanité.


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